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 Hi, dad ~ Gab' & Adam

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MessageSujet: Hi, dad ~ Gab' & Adam    Jeu 15 Jan - 1:13

(Je mets en forme plus tard, je file au lit là ♥)

Le paysage défile inlassablement par la fenêtre. Le ronronnement du moteur charme les oreilles d'Adam et le berce paisiblement contre le siège en cuir de la banquette arrière. La radio est allumée pourtant, et crache à la suite des musiques de fous à lier qui auraient donné envie à n'importe qui de sauter de la voiture en marche. Il y a Mary aussi. Mary, c'est l'assistante sociale. Une rousse à lunettes qui parle sans arrêt. Elle ne peut pas s'arrêter, c'est impossible. Adam ne l'a jamais vu silencieuse. Il ignore pourquoi elle fait ça. Il voit bien qu'elle se force à sourire de la sorte à longueur de temps. C'est idiot, parce qu'elle a l'air d'une bécasse et qu'elle doit  attraper des crampes vraiment très douloureuses à force. Mary est gentille, mais Adam a vraiment hâte de ne plus la voir. Il est pressé de ne plus devoir l'entendre lui parler encore et encore, juste pour lui faire oublier pourquoi elle est là et où elle l'emmène en ce moment même. Mais cette fois, Adam n'a pas envie de faire d'effort. Il ne fait plus attention à elle. Il n'y a que ce siège en cuir qui le soutient, cette vitre qui le fascine et le bruit du moteur qui le captive.

Le décor change dehors. Les quelques arbres et les grands champs qui bordent l'autoroute laissent progressivement place à des habitations. Il s'agit tout d'abord de petites maisons accueillantes, puis de grands immeubles et enseignes commerciales. Sur un énorme panneau, Adam a pu lire le nom de cet endroit. « Manchester ». Il a senti son cœur se serrer, mais n'a pas bronché d'un pouce. Voilà, il est presque arrivé maintenant. Les rues s'enchaînent les unes après les autres. La voiture tourne plusieurs fois, Adam a perdu le compte. Finalement, le taxi s'éloigne du centre-ville. Il bifurque encore à plusieurs reprises et puis, enfin, ça s'arrête. Mary crie de joie de la même façon qu'une souris affolée et décroche sa ceinture avant de sortir du véhicule en coup de vent. Le petit garçon la suit brièvement des yeux avant qu'elle ne disparaisse totalement de son champ de vision. Il baisse la tête sur ses mains, posées sur ses genoux, et se demande s'il va vraiment descendre de cette voiture. S'il va vraiment poser ses valises dans cette maison qu'il n'ose pas regarder. Et s'il va réellement vivre avec cet homme qui vient de sortir sur le perron, et qu'il ne connaît presque pas. Il ne sait plus exactement combien d'années séparent la dernière fois qu'il a vu son père. Adam se demande s'il va le reconnaître lorsqu'il va le revoir. Et comment il va être accueilli. Peut-être que Gabriel Cartwright n'avait pas envie de voir son fils débarquer chez lui du jour au lendemain et traîner dans ses pattes sans qu'il n'ait rien demandé. Lassé de toutes les questions qui tournent dans sa tête, Adam pousse un long soupir avant de s'enfoncer plus encore dans le moelleux de la banquette. Dehors, il entend la voix criarde de Mary parler avec son père. Il ne sait pas ce qu'elle peut bien lui raconter, si ça le concerne vraiment lui ou si elle est en train de traiter de l'état de la bourse en Biélorussie.

Finalement, les petits talons de l'assistante sociale se rapprochent vivement. La portière s'ouvre, l'instant d'après le soleil se déverse en masse à l'intérieur du véhicule. Adam grimace un peu mais se plie sans rien dire aux indications de Mary. Il défait à son tour sa ceinture de sécurité et s'extrait hors de son siège qu'il n'aurait jamais voulu quitter. Enfin, le trottoir rencontre la semelle de ses chaussures. La première chose qu'il voit, c'est un studio dont la porte a été laissée ouverte. Et à quelques pas de là, juste devant, il y a son père. Planté comme lui sur le bitume. Adam ne sait pas trop ce que ça lui fait de l'avoir en face de lui après tout ce temps. Il est juste certain que cette lourdeur qui pèse sur sa poitrine depuis plusieurs jours est toujours là. Il n'esquisse pas un geste et laisse plutôt Mary s'affairer joyeusement autour d'eux. Elle ouvre le coffre et dépose la valise de son soi-disant protégé aux pieds d'Adam. Quelques secondes après, la voilà revenue pour lui fourrer dans les bras le vieil ours en peluche dont le garçon n'a pas voulu se séparer. Le coffre se referme dans un bruit sec. L'assistante sociale revient glisser quelques mots Gabriel avant de réapparaître aux côtés d'Adam. Encore une fois, il entend à peine ce qu'elle lui dit. Il n'est plus à ça près de toute façon. Tout compte fait elle décide de le laisser en paix en déposant une bise sur son front. Adam aperçoit une dernière fois son atroce sourire. L'instant d'après, une main vient ébouriffer ses cheveux. Lorsqu'il rouvre les yeux, un monticule de mèches obstrue sa vue, mais au moins Mary a disparu. Ça y est, le voilà seul. Seul avec sa dernière famille. Pour toute réaction, Adam soupira en replaçant ses cheveux. Bon sang, ce qu'il détestait quand elle faisait ça.
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MessageSujet: Re: Hi, dad ~ Gab' & Adam    Jeu 15 Jan - 9:40

Ce matin-là, je m’étais levé comme tous les jours. Mon réveil avait sonné, je l’avais envoyé valser. Je me demandais comment ce machin-là tenait encore d’ailleurs…Il finissait au sol tous les matins, et pas forcément de la façon la plus douce qu’il soit. J’avais poursuivi ma routine matinale, et j’étais juste douchée et à peine habillé lorsque la sonnette avait retenti dans mon petit appartement. Propre à moi-même, je m’étais demandé qui pouvait venir m’emmerder comme ça le matin. Il était 8h30, je commençais vers les 9 heures à la Taylor Company et je n’avais pas le temps ni aucune envie d’écouter la diatribe d’un énième vendeur de surgelés. En grognant et encore pieds nus j’étais allé ouvrir cette foutue porte.
Une petite rousse à lunettes se trouvait devant chez moi. Elle n’avait pas le genre vendeuse de porte à porte. Elle portait un petit tailleur noir plutôt sévère et les horribles chaussures qui vont avec ce look. Déjà, je devenais suspicieux avant même qu’elle n’ait pu ouvrir la bouche. Elle avait l’air d’une comptable, ou un truc comme ça. Je n’avais pas imaginé qu’elle ait pu être assistante sociale. Pour moi, c’était une journaliste déguisée qui essayait d’enquêter sur Grace. Cette dernière devait se câcher pour éviter les ragots et puisqu’on m’avait aperçu avec elle ce n’aurait pas été la première fois qu’un journaliste venait m’arracher des confidences. J’avais eu de tout : des femmes magnifiques et prêtes à tout, les mecs suppliants, les mecs presque violents parfois et même certains déguisé en petite grand-mère qui prétendait être ma voisine… J’avais donc fait un pas vers elle.

« Bonjour. Je peux vous aider ? »

Ce qu’elle répondit me laisse carrément stupéfait. « Bonjour. Monsieur Cartwright c’est ça ? Je m’appelle Mary Leaver et je suis assistante sociale. Je suis en charge du dossier d’Adam Cartwright. C’est moi qui vous ai appelé pour vous annoncer la mort de votre femme, Manika. C’est moi aussi qui vous ai contacté pour vous dire que nous ne savions pas où était Adam pour le moment. Je vous rassure nous l’avons retrouvé. J’ai essayé de vous contacter à de nombreuses reprises mais vous étiez injoignable. »

Déjà, au mot assistance sociale, ma gorge commençait à se serrer. La mort de Manika m’avait plus remué que ce que je n’imaginais. Le fait que personne n’ai retrouvé Adam encore plus. J’avais essayé d’avoir des informations, j’avais appelé plusieurs services mais quand je donnais mon nom personne ne me répondait. Qui voulait donner des informations sur son fils à un ex taulard ? Personne. Alors j’avais un peu enterré tout ça, me concentrant sur le travail. Je sais que j’ai l’air d’un parfait salaud. Qui peut oublier son fils ? Son enfant ? La chair de sa chair ? Qui préférait travailler plutôt que d’essayer de retrouver son fils qui venait de perdre sa mère ? A ma décharge, je n’avais connu cet enfant que très peu de temps avant d’être envoyé sous les barreaux.
Je me souviens encore du jour de sa naissance. J’avais ressenti une sorte d’étrange truc. C’était mon fils. Lorsque feu Manika m’avait annoncé qu’elle me quittait et qu’ils ne viendraient plus me voir en prison, j’avais senti mon cœur se briser presque. C’était au début de ma peine et je ne les avais plus revus depuis. Je comprenais pourquoi elle avait fait ça. Je comprenais qu’apprendre que son mari et le père de son enfant était en fait un homme « violent » qui se battait contre d’autres hommes pour le plaisir faisait du mal. Mais elle n’avait pas le droit de m’empêcher de voir mon fils. Je lui en avais terriblement voulu.
Les mots de Mary m’ôtèrent un poids des épaules. Mon fils était vivant et sain et sauf. Me rendant compte que j’avais laissé un certain silence s’installer, je secouais la tête et repris la parole.

« Heu oui. J’ai cassé mon téléphone personnel et je n’en ai pas encore racheté… »

Voyant que je répondais enfin, la rouquine repris ses bavardages. « Il va bien. Il est allé quelques jours dans une famille d’accueil, des gens charmants si vous voulez mon avis. Et comme je n’ai pas pu vous contacter, le jugement a été rendu sans que vous ne soyez là. Votre femme habitait à Londres, et le jugement a été rendu là-bas. Adam a été très sage pendant le jugement, vraiment. La juge n’a pas arrêté de parler de lui en disant qu’il était un petit garçon exemplaire ! Bref, Adam a été plaçé sous votre garde. Si vous l’acceptez bien sûr. Sinon il sera placé en familles d’accueil jusqu’à ses 18 ans. »

Les mots de l’assistance sociale étaient forts. Alors certes, il fallait faire le tri dans ce qu’elle disait, parce certaines choses étaient plus ou moins utiles mais j’étais clairement à deux doigts de tomber sur les fesses en attendant que mon fils était placé sous ma garde. J’étais assez partagé somme toute. J’hésitais entre sauter de joie, j’allais enfin pouvoir le retrouver et partager des choses avec lui et partir en courant. Depuis que j’étais sorti de prison ma vie avait été simple : boulot. Je n’avais à me préoccuper de personne d’autre que moi je vivais comme un égoïste. Et ça me convenait parfaitement à vrai dire. Récupérer mon enfant allait demander des ajustements et beaucoup de changements dans ma vie. Néanmoins, je ne laisserais pas fils être balloté de famille en famille alors que je suis là pour m’occuper de lui, même si cela me complique la vie.

« Parfait.. Heu je suis très heureux. Où est-il et quand pourrais-je aller le chercher ? »

J’espérais avoir quelques jours pour mettre un peu d’ordre dans ma vie en réalité. Aménager la chambre d’amis qui n’était qu’un débarras pour l’instant, prévenir ma tyrannique patronne qui n’allait pas apprécier et ce genre de choses.. Mais l’assistante sociale me répondit avec un grand sourire « Je l’ai amené avec moi. Il sera mieux avec vous que dans n’importe qu’elle famille d’accueil pas vrai ? »

Là, j’étais paniqué. Mais tétanisé par la panique. Je ne savais comment gérer ça. Elle s’en chargea pour moi. Je la vit ouvrir la portière d’Adam, sortir sa valise et lui donner son ours en peluche. Nom de dieu ce qu’il avait grandi. Et il avait un regard d’adulte, grave et sérieux. Il m’observait. Il devait sûrement se demander comment l’homme qui l’avait à peine élevé allait l’accueillir. Pauvre gosse…
Mary m’adressa à nouveau la parole. « Bon eh bien je vais vous laisser. Voici mon numéro si vous avez besoin de quoi que ce soit. Tâchez de racheter un téléphone, que je puisse vous joindre si besoin est… » Elle adressa ensuite quelques mots à Adam puis elle partit. Je me retrouvais seul avec mon fils, pieds nus sur le perron. J’hésitais un moment sur la conduite à adopter puis lui touchais l’épaule.

« Viens Adam. Rentrons. »

Je pris sa valise et refermais la porte derrière lui. Sans un mot je lui montrais le porte manteau et l’endroit où étaient entassées mes chaussures. Je partis dans le salon où je mis une chaine de dessins animés et lui fit signe de venir.

« Tiens, je t’ai mis la télé. J’ai quelques petites choses à régler pour pouvoir passer la journée avec toi et qu’on t’installe correctement ici. »

Je lui souris et pris le téléphone, prévenant la Taylor & Co que j’étais malade et au fond du lit pour la journée. Il valait mieux gérer une chose à la fois pour le moment. Une fois cela fait je soupirais et allumais une cigarette, regardant dans le vague pendant quelques minutes. Enfin, je retournais dans le salon et regardais le garçon quelques secondes.
« Tu as mangé ce matin ? »
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MessageSujet: Re: Hi, dad ~ Gab' & Adam    Jeu 15 Jan - 11:38

Il y avait au moins une chose dont Adam était sûr, c'était que son père, tout comme lui, n'avait pas l'air forcément heureux de la tournure que prenait les choses. Toutefois, il n'avait pas l'air fâché de ce qui venait de lui tomber sur le coin de l’œil. Juste énormément surpris et … gêné du pesant mutisme s'étant installé après le départ de Mary. A force de l'entendre parler à longueur de temps, le petit garçon en avait presque oublié le son du silence. Il se passa une bonne poignée de secondes avant que l'un d'eux ne se décide à réagir. Ce fut Gabriel qui bougea le premier, faisant un pas vers lui pour poser une main sur l'épaule de l'enfant. Adam le regarda saisir la poignée de la valise et se contenta d'écouter docilement ce qu'on venait de lui dire. Il rentra à l'intérieur sans un mot, en se demandant réellement ce qu'il allait bien pouvoir découvrir à l'intérieur. Maintenant qu'il y pensait, il y avait peut-être quelque chose qu'il redoutait en passant le seuil de cette porte. Il avait peur de découvrir une femme plantée dans le couloir, poings sur les hanches, et demandant des explications sur l'apparition soudaine de ce môme. Ou encore deux autres gamins gambadant dans le salon avant de partir à l'école. Plus que tout, Adam craignait d'atterrir au sein d'une famille dont il ne faisait pas partie, et dont il ne voulait pas faire partie. Il ne voulait pas apprendre qu'il avait un demi-frère ou une demi-sœur, tout comme il voulait éviter de constater que son père avait refait sa vie avec une autre femme que Manika. Bien sûr, c'était son droit. Mais savoir que Gabriel avait construit quelque chose de nouveau, à défaut de pouvoir récupérer ce qu'il avait avant, aurait été quelque chose de particulièrement difficile à avaler pour Adam. Si ça avait été le cas, il aurait sûrement rappelé Mary dans la nuit pour lui demander de venir le chercher. Il n'avait pas envie de s'incruster dans un foyer où de toute évidence il n'aurait été qu'un intrus. Mais visiblement, et en vue du calme qui régnait à l'intérieur, Adam s'était inquiété pour rien.

Il leva les yeux pour observer ce nouvel environnement tandis que son père lui désignait l'endroit où poser sa veste. Ça ne ressemblait pas vraiment à l'appartement qu'il partageait avec sa mère avant. C'était un peu plus petit. C'était propre, même si quelques affaires traînaient par-ci, par-là, et que les murs manquaient quelque peu de décoration. Un appartement d'homme, ni plus ni moins. Il n'y avait pas la moindre trace de femme ici, c'était certain. Même si ça le changeait de ce dont il avait l'habitude, Adam décida ça lui plaisait.

Il n'avait toujours pas décroché un mot quand il entra dans le salon. Lorsqu'il remarqua le programme télé que son père venait de lui mettre, Adam ne put s'empêcher de constater tout le temps qu'il avait à rattraper avec lui. Petit Ours Brun n'était, de toute évidence, plus vraiment dans ses goûts actuels. Néanmoins, il attendit sagement le temps que Gabriel finisse de régler ses problèmes. Il posa sa peluche sur l'accoudoir du canapé, avant de se laisser tomber entre les coussins. En tendant un peu l'oreille, il entendit son père raconter un énorme mensonge au téléphone. Le petit garçon ignorait à qui il pouvait bien parler, mais il se demanda malgré tout pourquoi il n'expliquait pas la véritable raison de son absence. Est-ce que son père comptait garder l'existence de son fils secrète ? Adam conclu finalement que Gabriel s'était libéré exprès pour lui aujourd'hui, et que ça ne pouvait que témoigner d'une bonne volonté. Il avait réellement l'air décidé de passer la journée avec lui, et ce malgré son arrivée un peu soudaine et abrupte dans sa vie.

La silhouette de son père revint finalement dans son champ de vision. Adam cligna plusieurs fois des yeux en le regardant, en attendant ce qui allait se passer maintenant. Il remarqua le bâton de nicotine coincé entre les doigts de cet homme dont il n'avait que si peu de souvenirs. C'est vrai que son père avait toujours été un gros fumeur. Il s'en rappelait maintenant. Sa mère râlait toujours un peu lorsqu'il fumait à l'intérieur. Force était de croire que Gabriel n'avait jamais assimilé cette règle, puisqu'il laissait sa fumée s'étirer paresseusement dans l'air du séjour. Enfin, le son de sa voix se fit de nouveau entendre. Cette fois, il lui posait directement une question. Adam pinça légèrement ses lèvres, avant de détourner brièvement les yeux en faisant balancer ses jambes dans le vide.

- Je n'ai pas faim.

C'était bien la première fois de la journée qu'il ouvrait la bouche. Mary lui avait pourtant bien posé la même question il y avait quelques heures de ça, mais le garçon s'était contenté de hausser les épaules en ponctuant le tout d'une moue ronchon. Elle n'avait pas insisté, elle en était sûrement venu à la déduction qu'Adam n'avait pas un gros appétit de manière générale. Et puis, de toute façon, ça ne serait bientôt plus son problème.

L'odeur de la nicotine vint lui chatouiller le nez. Manika avait toujours pesté contre la fumée des gens qui l'entouraient. Elle trouvait ça irrespectueux et dangereux pour la santé des autres. Adam, lui, ça ne le dérangeait pas plus que ça. Il releva la tête vers son père et, entraîné dans son élan, décida de parler encore un peu.

- Tu fumes encore, constata-t-il, non pas comme un reproche, mais vraisemblablement comme une tentative d'accroche avec le passé.
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MessageSujet: Re: Hi, dad ~ Gab' & Adam    Ven 16 Jan - 22:40

Une clope. Il me fallait une clope. J’avaismis Adam devant les dessins animés, parce que je ne savais pas quoi faire d’autre. Est ce qu’il avait encore l’âge d’en regarder au moins ? Où est ce qu’il allait me prendre pour un gros naze qui ne sait pas ce qu’aime son fils ? De toute façon, si ce n’est pas le cas maintenant, dans 10 ans je serais un gros naze de toute façon… Je m’étais enfui dans la cuisine, allumant un bâtonnet de nicotine. Les premières bouffées calmèrent l’accès de panique qui montait doucement dans mon corps. J’essayais de respirer, et de me dire que tout allais bien aller. Je venais, pour la première fois, de mentir pour ne pas aller au boulot. J’espérais qu’ils ne me demanderaient pas plus de justificatifs : je n’en avais pas. Et un ex taulard peut vite être remplacé par un autre… A la moitié de ma cigarette, je semblais sortir de mon éta tcotonneux, et j’arrivais à demander à mon fils si il avait fail. Celui ci me répondit que non et je secouais la tête ne répondant même pas.

J’ouvris mon placard et préparais machinalement deux bols de nesquicks avec du lait. Oui, je mange toujours des céréales à 30 ans et alors ? Il y a certaines habitudes dont on ne se passe pas. Pendant que je préparais notre petit déjeuner, Adam m’adressa la parole. Etrangement, son ton me surpris. Il était sérieux mais il ne me reprochait rien. Je ne savais pas quoi répondre à ça, alors je m’étais contenté d’hocher la tête. J’avais ensuite écrasé ma cigarette avant de marcher vers le salon et de déposer les deux bols sur la table basse.

“Il faut manger. Le petit déjeuner c’est le premier repas de la journée.”

Je lui fit un petit sourire et je partis vers ma chambre.

“Je vais me changer, je reviens. J’ai l’air d’un pingouin là j’ai horreur de ça.”

Aujourd’hui, j’avais du mettre une tenue plus habillée que d’habitude car Grace voulait me traîner à je ne sais quel déjeuner d’affaires. Je portais donc un gilet, une chemise et une sorte de pantalon à pinces. Elle avait tout choisi, bien évidemment. Je virais cet accoutrement et enfilais un vieux pantalon de jogging, en matière souple et un tee shirt blanc. Des vêtements pour rester à la maison quoi.

Je m’assis à côté d’Adam sur le canapé après avoir allumé la console de jeu. On verrait bien si il était un gamer ou non. J’avais mis Call of Duty, le genre de jeu hyper violent qu’un père ne met pas à son fils mais je ne savais vraiment pas être un père normal. J’étais persuadé que je n’y arriverais jamais d’ailleurs. Comment est ce que j’arriverais à l’engueuler pour ses conneries alors que je faisais les mêmes à son âge probablement ? Et puis ce gamin avait l’air tellement plus adulte que moi.. Je lui avais donc tendu une manette et je lui avais parlé, entre deux bouchées de céréales.

“Tu sais y jouer ?”

Je continuais à manger mes céréales, attendant sa réponse pour lancer la partie. Je mangeais rarement le matin mais lorsque je mangeais j’avais clairement une faim de loup. Une fois mon bol fini, je me levais pour aller le poser dans l’évier, la vaisselle on verrait ça plus tard. J’eus une soudaine envie de nicotine et me rallumais une deuxième cigarette. Je pouvais voir mon fils de là où j’étais, et j’étais appuyé dans l’embrasure de la porte. Je me souvins soudain que Mary m’avait remis un tas de documents dans un dossier.

“J’arrive, je finis ma clope et je regarde un truc.”

J’épluchais les documents et me rendis compte que les démarches pour scolariser Adam avaient été faites. Il aurait du aller à l’école aujourd’hui aussi.

“Tiens, la rouquine excitée t’as parlé de ta nouvelle école ? C’est à deux rues d’ici. Tu aurais du y aller ce matin d’ailleurs… Mais être nouveau un jeudi ou un vendredi ça craint non ? Tu iras lundi. Je t’emmènerais.”

Je tirais quelques bouffées de ma cigarette, regardant les autres papiers que l’assistante sociale m’avait donné.

“Ca nous laisserait un peu de temps pour préparer ta chambre. Je n’ai pas de meubles et les murs ont encore un papier peint avec des fleurs assez hideux.. On va s’occuper de repeindre et de te trouver des meubles. Comment est ce que tu l’aimerais ta chambre ?”

J’aurais aimé pouvoir choisir ma chambre quand j’étais gosse et je me disais que peut être qu’Adam serait motivé pour choisir ses meubles et son papier peint ou sa peinture. Et puis ça nous permettrait de passer un peu de temps ensemble, autour d’un truc utile. De toute façon, j’avais bien l’intention de profiter des prochains jours pour être avec Adam.

A cette pensée, une nouvelle bouffée d’angoisse monta en moi. Comment est ce que j’allais arriver à lui donner une belle vie ? Je ne savais même pas cuisiner ! Je mangeais des plats livrés tous les soirs ! Une nouvelle bouffée de cigarette me détendit un peu. Je l’écrasais finalement et retournais sur le canapé avec mon fils.

“On se la fait cette partie ??”
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MessageSujet: Re: Hi, dad ~ Gab' & Adam    Jeu 29 Jan - 10:56

Adam avait dit la vérité. Il n'avait pas faim. C'était toujours comme ça lorsqu'il n'était pas trop bien. Quand il était plus petit, il refusait d'avaler quoi que ce soit quand il perdait malencontreusement sa peluche préférée. Il avait l'estomac noué, et l'idée même de manger l’écœurait. Pourtant, son père n'avait pas l'air de vouloir voir les choses de cette manière. Il semblait décidé à le faire déjeuner avec un argument imparable que sa mère lui avait déjà sorti … « Le petit déjeuner c’est le premier repas de la journée ». Donc c'était important. Adam était persuadé que Gabriel avait aussi d'autres types de délires d’adulte, comme manger cinq fruits et légumes par jour, lorsqu'il sortit une singulière boîte jaune d'un placard. Le petit garçon haussa les sourcils avant de les froncer, nez et lèvres retroussés dans une expression dubitative. Son père … mangeait du Nesquick ? Non, de toute évidence, Gabriel venait de perdre toute crédibilité. Le regardant préparer deux bols de céréales, Adam se dit qu'il ne devait pas juger son père trop vite et décida de lui laisser une seconde chance. Après tout, voir un grand gaillard, clope au bec, concocter un bol de lait était pour le moins incongru. Alors, sans un mot, le petit garçon observa son papa venir déposer sa mixture devant lui. Adam se pencha un peu en avant pour mieux examiner la nourriture. C'était vrai que le chocolat donnait une couleur appétissante, tout comme la légère odeur sucrée qui venait effleurer son nez. Il allait faire un effort, il ne voulait pas fâcher son père et encore moins le décevoir après vingt minutes seulement de cohabitation !

Mais déjà, Gabriel repartait. Une question de vêtement semble-t-il. Cette fois, Adam se renversa sur le canapé pour le voir s'éloigner dans la maison au-dessus de l'accoudoir. Lorsque son père réapparut, il avait l'air d'un tout autre homme. Le genre de mec qui mangeait du Nesquick tous les matins par exemple. Il s'assit à côté d'Adam, sans qu'il ne le quitte des yeux. Plus les minutes avançaient, plus l'enfant essayait de mieux le cerner. Visiblement, son père n'avait rien à voir avec la vision qu'il avait eue de lui lorsqu'il était descendu de voiture.

- Moi je ne trouve pas ça ridicule, affirma-t-il en hochant la tête quant au costume que Gabriel avait sûrement dû balancer en boule dans sa chambre. Ma maman voyait beaucoup de types habillés comme ça et elle n'a jamais trouvé ça drôle. Mais je pense que c'était obligatoire pour son travail. Tu travailles où, toi ?

Les mots semblaient s'enchaîner dans la bouche d'Adam, et fuser sans qu'on ne puisse freiner cet étrange phénomène. Depuis le décès de Manika, le nombre de fois où il avait prononcé deux phrases complètes à la suite se comptait sur les doigts de la main. Bizarrement, la singularité de son père le rendait d'un coup beaucoup plus bavard. C'était peut-être le fait de le voir engloutir ses céréales comme un ogre affamé. Ça le détendait un peu plus. C'était sûrement la première fois qu'il n'avait pas l'impression d'être ballotté dans tous les sens et confronté à des problèmes trop compliqués pour un garçon de son âge depuis qu'il avait quitté son ancien chez lui. Alors qu'il avait connu Mary seulement capable de s'occuper d'un tas de papiers, son père, lui, se concentrait sur des choses … secondaires et dénuées d'importance. Comme un jeu vidéo. Les yeux d'Adam valsèrent plusieurs fois entre la manette et le visage déterminé de Gabriel, avant qu'il ne se décide à saisir ce qu'on lui tendait.

- Bien sûr ! Harry avait cette console chez lui, on y jouait toujours à la place de faire nos devoirs quand j'allais chez lui.

Peu honteux de son aveu, le garçon saisit délicatement son bol pour imiter son père et ingurgiter une première cuillère de nourriture.

- Tu es sûr de vouloir te confronter à moi ? Ajouta-t-il en léchant ses lèvres imbibées de lait. J'ai une montagne d'heures d'entraînement sur ce jeu. Tu vas sûrement perdre … sans vouloir me vanter.

Peut-être que son père prit effectivement peur, finalement. Il se leva du canapé et disparut une fois encore dans la pièce d'à côté. Là où Adam n'avait pas bougé de son coussin depuis qu'il était arrivé, Gabriel ressemblait plus, pour sa part, à une véritable pile électrique. Il ne faisait que graviter autour de son fils sans jamais réussir à se poser plus de cinq minutes. Il n'y avait qu'à voir la vitesse à laquelle il avait englouti son petit-déjeuner. C'était lui qui le rendait nerveux, ou il était comme ça de nature ? Quoi qu'il en soit, Adam se pencherait sur cette question un peu plus tard. Son père venait de se matérialiser dans le salon avec toute une liasse de documents entre les mains. Et le sujet qu'il aborda ensuite fit aussitôt retomber le moral d'Adam. L'école, c'était bien l'une des conséquences qui l'embêtait le plus dans cette foutue histoire. C'était clair qu'il n'avait pas envie de découvrir un nouvel établissement scolaire, alors qu'il avait laissé tous ses amis à Londres. Il n'avait pas du tout hâte d'être la prochaine bête de foire de son école, et même le fait de retarder l'échéance de quelques jours n'allégea qu'un petit peu sa peine. De ce fait, il ne répondit pas à ce que venait de dire son père. De toute façon, il avait l'air absorbé dans le dossier, et c'était tant mieux.

- Euh, je ne sais pas trop … admit-il quand vient la question de sa chambre. Je n'ai pas trop réfléchi à ça.

D'un côté, l'idée de pouvoir choisir comment arranger sa chambre l'enchantait réellement. En plus de ça, ça voulait dire que Gabriel avait bel et bien l'intention de l'accueillir chez lui comme il se doit. Il n'allait pas lui refiler la vieille piaule à fleurs défraîchies le temps qu'il atteigne sa majorité et qu'il libère les lieux. Non, son père avait vraiment l'air de vouloir s'occuper de lui. Déjà, un petit sourire revint faire frémir les coins de ses lèvres. Le voilà de nouveau rassuré.

Son père revint s'asseoir à côté de lui, oubliant les détails administratifs pour le moment. Sans plus attendre, Adam reposa son bol sur la table basse et essuya ses mains contre son pull avant de reprendre la manette de jeu.

- Je croyais que tu t'étais dégonflé, lança-t-il en avalant sa dernière bouchée de céréales. Prêts à prendre la raclée de ta vie ?
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MessageSujet: Re: Hi, dad ~ Gab' & Adam    Sam 31 Jan - 13:34

Jamais je ne me serais attendu à ça. Je n’aurais jamais pu imaginer qu’Adam sonne à ma porte un matin comme ça. Bon ce n’était pas exactement lui qui avait sonné mais enfin le résultat était là. Alors j’essayais de gérer comme je pouvais. J’avais été un père pendant très peu de temps et j’allais devoir tout reprendre à zéro. J’étais flippé et même pire que ça. Je ne savais plus où me mettre.

Comment j’allais pouvoir élever un enfant tout en sachant que je sortais de prison ? Je ne savais déjà pas m’élever moi même… Bien évidemment, je ne montrais pas cette angoisse à mon fils. Devant lui j’étais un peu agité peut être mais j’essayais d’avoir l’air d’un adulte. J’ai bien dit “essayer”. Je l’avais donc plus ou moins forcé à manger, parce que je trouvais important qu’il ait quelques dans l’estomac. Au final il avait l’air d’avoir apprécié le petit déjeuner puisqu’il avait fini son bol.

J’avais ensuite proposé une partie de playstation avant d’examiner les papiers. Il m’avait même dit qu’il allait m’écraser. J’avais rit et lui avait répondu.

“Dis donc toi petit mec ? Tu crois que j’ai moins d’heures d'entraînement que toi ? Ne me prends pas pour un vieux croulant, c’est toi qui va perdre !”

Il avait bien évidemment fallu regarder les papiers ensuite. L’école, les aides auxquelles on aurait droit et plein de choses. J’avais bien vu la tête de mon fils. Je comprenais que c’était horrible pour lui de quitter la sienne pour rejoindre une nouvelle école. Il allait devoir se faire de nouveaux amis et essayer de s’adapter. J’aurais détesté ça à son âge.

“Je sais que ça ne va pas être facile… Je peux repousser l’échéance encore un peu si tu veux mais il faudra que tu y ailles malheureusement…”

Je lui fis un petit sourire triste. J’allais essayer de lui faire oublier ça : je lui parlais donc de sa chambre.

“Tu n’y a jamais jamais réfléchi ? A ce qui te ferait plaisir ? Une idée d’un nthème ?”

Je marquais un petit temps pour réfléchir puis repris la parole.

“On pourrait aller voir cet après midi si tu veux. J’aimerais qu’on so’ccupe de ça assez vite, ça t’aiderait à te sentir chez toi ici.”

Oui j’étais stressé et oui je ne savais pas si j’allais réussir à gérer le fait d’élever mon fils. Mais il ne fallait que je lui montre cette facette. Il fallait que je lui montre que j’étais pluôt content qu’il soit là et que je ferais tout pour qu’il se sente bien dans cette ville. Il avait perdu sa mère, il allait avoir besoin de moi. Pour changer de sujet, je repartis sur le sujet de la playstation. Il me dit qu’il croyait que je m’étais dégonflé ce qui me fit éclater de rire.

“Sûrement pas tiens !”

Je pris la manette et lançais le jeu. Nous jouâmes pendant une bonne heure, nous battant à tour de rôle et entrant totalement en compétition. J’étais un vrai gamin et je le reconnaissais. Je serais plus doué dans ce rôle que dans le rôle d’un vrai papa. Mais au moins, Adam aurait quelqu’un qui serait toujours là pour lui..

Au bout d’un bon moment, je m’écroulais dans le canapé en soupirant.

“Ok, ok, j’abdique. Tu as gagné…”

Je fermais les yeux quelques instants, un peu fatigué puisque j’avais travaillé jusque tard hier soir. Les yeux toujours fermés, je l’interrogeais quand au programme de la journée.

“Tu veux faire quoi ce matin ? Regarder la télé ? Aller se promener ? On peut aller au macdo ce midi. D’ailleurs je crois qu’on va y aller mon frigo est complètement vide.”
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Hi, dad ~ Gab' & Adam

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