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 La mélodie qui s'efface (Jeanne&Callum)

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MessageSujet: La mélodie qui s'efface (Jeanne&Callum)   Jeu 13 Aoû - 12:01



La mélodie qui s'efface
car si elle, il faut qu'elle se souvienne, moi, il faut que j'oublie
Ma grand-mère est arrivée hier après-midi à l'hôpital. Elle s'est brûlé le pied en faisant tomber l'eau chaude pour le thé. C'était un peu la panique, j'ai vu ça alors que je rentrais de ville et elle était assise sur une chaise, pleurant silencieusement. J'ai appelé les urgences, et quelques minutes plus tard, ils l'embarquaient.

Alors que je frappe à la porte, j'ai le ventre en compote. Je n'aime pas la voir ici, à l'hôpital. A chaque fois qu'elle y vient, les médecins lui disent "Vous savez madame, à votre âge, vous seriez mieux en maison de retraite et blablabla". Mais qu'est-ce qu'ils en savent, eux ? Rien, rien du tout. Ils ne connaissent pas ma grand-mère. Ce dont elle a besoin c'est de son chat, de ses orchidées, et de moi. Elle va dépérir comme une fleur fanée dans un lieu si proche du tombeau.

Elle est éveillée lorsque je rentre avec ma valise remplie de ses orchidées (il y en a 6, j'espère qu'elles n'ont pas été abîmées durant le trajet) et le synthétiseur. Ce n'est pas son grand piano, mais c'est mieux que rien.

"Bonjour mamie !"
Je souris. Elle me regarde en fronçant les sourcils, avant de sourire de tout son dentier.
"Bonjour Mary".
Mon coeur se tord comme une éponge. Shit. Elle me prend pour sa fille. Bon, pas grave... Le principal étant qu'elle se souvienne qu'elle a une descendance. Je ne perds pas de temps et installe le synthétiseur juste à côté de son lit, de manière à ce qu'elle puisse y poser ses doigts.
"Tu as vu ? Je t'ai apporté tes orchidées." dis-je tandis que je les enlève de la valise et que je les dispose sur l'étagère en face de son lit.
"Merci beaucoup, ça me fait très plaisir, et ça me fait aussi très plaisir de te voir, depuis le temps."
Depuis le temps... Forcément, si elle pense à sa fille ! Je m'assois ensuite sur le bord du lit, face au synthétiseur. Je jette un coup d'oeil à ma grand-mère.
"C'est quoi ta chanson préférée ?"
Je le sais très bien, mais ça, c'est pour lui faire travailler sa mémoire.
"L'eau vive. Mais pourquoi me demandes-tu ça ?"
Je suis soulagée. Elle s'en souvient.
Je me tourne vers elle, et l'aide à se mettre assise.
"Tu veux la jouer ?"
Elle n'attend pas ma réponse et pose ses doigts sur le clavier. Elle commence à jouer cette petite et simple mélodie. Je l'encourage dans ma tête. Ne t'arrête pas. Ne t'arrête pas de jouer.
Mais elle s'arrête, les mains en suspension, ne sachant plus où les poser. Do, mamie, c'est un do. Do. Do. Fais-le. Je ferme les yeux, sentant les larmes peu à peu venir. Do. Mamie, allez.
Mais rien. Elle se retourne vers moi, le regard inquiet.
"Je ne me souviens plus de la suite."
"C'est un do."
Je suis incapable de parler plus. D'habitude, elle ne s'arrête pas au milieu. D'habitude, elle se souvient de cette chanson. Elle me regarde en fronçant les sourcils.
"C'est où le do ?"
Les larmes me montent aux yeux, et je me mords la lèvre inférieure pour ne pas me mettre à pleurer. J'inspire. Et j'abats ma main sur le clavier. Le son est moche, grave. Elle sursaute. Puis, je me ressaisis.
"Ce n'est pas grave. Il vaut peut-être mieux que tu te reposes."
Elle hoche la tête, et s'allonge, ne sachant que faire d'autre. Do, c'était un simple do, bordel.
"Je vais jouer un peu, si tu veux."

Elle hoche la tête et ferme les yeux. Je continue alors le morceau qu'elle avait commencé, et abandonné en son milieu. Et à mesure que les notes se déversent dans cette petite chambre d'hôpital, quelques larmes tombent. Mes épaules tremblent, je n'entends plus rien que ce morceau que je répète en boucle, en boucle, pour que jamais elle ne l'oublie. Je commence à avoir mal aux mains à force de faire les mêmes mouvements, mais je n'en ai rien à faire, il y a plus important : immortaliser cette mélodie dans sa tête. Lorsque je jette un coup d'oeil dans sa direction, je vois sa poitrine se soulever et s'abaisser calmement : elle dort. Mais je continue à jouer, car si elle, il faut qu'elle se souvienne, moi, il faut que j'oublie. Et je n'entends plus rien d'autre que cette mélodie qui résonne doucement dans mes oreilles et efface mes larmes.
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MessageSujet: Re: La mélodie qui s'efface (Jeanne&Callum)   Sam 29 Aoû - 4:50


“La mélodie qui s'efface”
Callum & Jeanne


Liam est au volant de l'ambulance quand on reçoit un appel du central. Une vieille dame qui a eu un accident en faisant bouillir de l'eau. Un accident classique pour cette tranche d'âge, le central nous communique l'adresse qui ne m'est pas inconnue, nous nous sommes souvent déplacés Liam et moi à cette adresse. Mon meilleur ami enclenche les sirènes tandis qu'il pousse à fond le pied sur l'accélérateur. Je me trouve caler contre mon siège et une pousser d'adrénaline me gagne, c'est ce que j'aime de mon métier. Il me fait sentir tellement vivant. Quand on arrive sur les lieux, Liam s'occupe de prendre la trousse qui dépose sur la civière que l'on pousse ensuite à l'intérieur. Une jeune fille nous accueille et nous indique l'endroit où se trouve sa grand-mère. La vieille dame sanglote assise sur une chaise de cuisine, son pied est à découvert. La peau est rouge vif, une brûlure aux deuxièmes degrés, nous allons devoir l'embarquer avec nous. Surtout que la dame n'est pas à son premier accident, je laisse Liam gérer l'adolescente tandis que je me penche pour observer la blessure de plus près. Je dois tout d'abord refroidir la blessure c'est ce que je dois faire dans l'immédiat à l'hôpital ils s'occuperont de lui donner des médicaments pour éviter l'infection. Les personnes âgées sont plus sensibles aux infections que les adultes. Je lui offre mon aide pour qu'elle puisse s'installer sur la civière. Elle me remercie en me disant que je suis un véritable "gentleman" ce qui me vaut un sourire en coin de la part de Liam. J'ai la cote auprès des femmes du troisième âge. Sa petite fille va se rendre à l'hôpital par ses propres moyens. Liam m'aide avec la civière jusqu'à l'ambulance, je monte à l'arrière pour poursuivre les premiers soins tandis que Liam se glisse derrière le volant. Mon collègue est bien meilleur conducteur que moi. Quand nous arrivons à l'urgence, nos collègues médecins prennent en charge aussitôt la patiente.

Ce n'est que des heures plus tard que je me retrouve à vagabonder dans les corridors de l'hôpital. Je viens tout juste de terminer mes heures de travail. Je pourrais rentrer chez moi, mais me retrouver seul entre mes quatre murs avec Gatsby (c'est mon chat) ne me tente pas plus qu'il le faut. Je croise le médecin qui a pris en charge la vieille dame plus tôt dans la journée. Je lui demande des nouvelles, si sa brûlure ne va pas lui nuire trop longtemps.

- Ce n'est pas sa brûlure qu'il m'inquiète le plus, mais plutôt son incapacité à vivre seule. Sa petite fille est mineure, elle ne peut pas subvenir aux besoins de sa grand-mère à la santé déclinante.
- Elle n'a pas de famille autre que sa petite fille?  

Mon collègue m'informe que non, la gentille grand-mère s'occupe de sa petite fille depuis quelques années maintenant. Malheureusement, si la vieille dame subit un autre accident c'est la maison de retraite obligatoire et les services sociaux pour l'adolescente.

- Ce n'est pas un peu drastique comme méthode?
- C'est le système qui est comme cela, excusez-moi Callum, mais j'ai d'autres patients à voir. Bonne soirée!

C'est probablement ce que j'aurais vécu si les services sociaux auraient su pour notre père. Mon frère aîné a fait un travail remarquable avec nous quand notre père était trop soûl pour s'occuper de nous. Je continue mon chemin quand j'entends une mélodie qui se glisse à mes oreilles. Je reconnais la mélodie pour l'avoir joué quelques fois à mon piano, le titre de la composition est "L'eau vive". Je m'arrête dans l’embrasure de la porte et écoute les notes que la jeune fille joue sans relâche sur le synthétiseur.

- Tu joues plutôt bien, c'est ta grand-mère qui t'a montré à jouer?

Les doigts de la jeune fille s'arrêtent de courir sur l'instrument et elle se tourne vers moi méfiante. Je présume qu'elle doit se faire harceler par les médecins à propos de sa grand-mère. Je vois les brochures de maison de retraite déposer dans la corbeille. Mes collègues n'ont pas été très doux dans leur démarche.

- Je m'appelle Callum, je suis l'un des ambulanciers qui c'est occupés de ta grand-mère.

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MessageSujet: Re: La mélodie qui s'efface (Jeanne&Callum)   Sam 29 Aoû - 15:04



La mélodie qui s'efface
car si elle, il faut qu'elle se souvienne, moi, il faut que j'oublie
Je suis tellement concentrée que je ne relève brusquement la tête que lorsque j'entends une voix par-dessus la mélodie que je joue. J'arrête subitement de jouer. Je détaille rapidement la personne qui vient de s'introduire dans la pièce. Je le reconnais. C'est l'ambulancier, celui qui a emmené ma grand-mère à plusieurs reprises déjà jusqu'à l'hôpital. Je détourne mon regard pour le porter à nouveau sur le clavier du synthétiseur, et pose mes mains sur mes genoux. Heureusement que mes larmes ont disparu avant qu'il n'arrive. Si jamais les gens de l'hôpital se rendent compte que je craque un tant soit peu, ils seraient capables de sauter sur l'occasion pour mettre ma grand-mère en maison de retraite. J'ai bien envie d'aller dire à cet ambulancier de dégager d'ici, mais à mon plus grand étonnement, il ne parle pas de maison de retraite. Je lui laisse une chance, mais une toute petite, hein.

"Merci, mais c'est plus simple sur un synthétiseur que sur un vrai piano". Mon côté modeste toujours présent... "Oui, c'est elle." Et je jette instinctivement un coup d'oeil dans sa direction. Elle dort paisiblement. J'espère qu'à son réveil ça ira mieux...

Je me lève du lit et vais en entrouvrir la fenêtre. Il fait toujours trop chaud dans les hôpitaux. J'étouffe presque. Je m'assois sur la chaise près de la fenêtre et pose ma main contre la mince ouverture. Je regarde dehors. Il y a un grand arbre juste devant la fenêtre. Et un petit oiseau qui s'envole.
"Je sais." Je l'ai déjà croisé. "Jeanne". Juste mon prénom, pour être un minimum polie, même s'il doit sûrement le connaître. Je me ronge légèrement l'ongle du pouce. Et je m'en fiche que ça ne soit pas élégant. Les minutes s'égrènent, mais il ne semble pas partir. Ce n'est pas que je n'ai pas envie de parler. C'est juste que je n'ai rien à lui dire. Sans le regarder, je le préviens : "Si vous êtes là pour me proposer une brochure de maison de retraite, vous pouvez la déposer ici." Je désigne la poubelle de ma main. Ma gorge se noue instinctivement lorsque le sujet est abordé, et ma voix que je voudrai ferme ne l'est pas tant que ça. On dirait presque une note de musique qui vacille. Je me retourne et le fixe du regard, attendant sa réaction. Va-t-il soupirer, s'énerver, sortir le-discours-tout-prêt, partir, claquer la porte ? Ou autre chose ?
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