AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
ღ N'hésitez plus, et venez nous rejoindre ! Place garantie pour tout le monde ♥️
» pour «

Partagez | 
 

 Beautiful nightmare ♦ Emma

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

libre

avatar



INSCRIT DEPUIS LE : 05/08/2014
MESSAGES : 1957
POINTS : 7459



MessageSujet: Beautiful nightmare ♦ Emma   Mer 27 Avr - 10:56



   
   Emma & Damian
   Beautiful nightmare

Ç
a faisait un petit moment déjà que je ne m'étais pas aventuré au plus profond des rêves de quelqu'un d'autre. Je n'en avais pas ressenti la nécessité. Ce besoin malsain de se nourrir du sommeil d'un inconnu s'était lui-même montré assez endormi ces derniers temps. Allez savoir pourquoi. Surtout, allez savoir quand est-ce qu'il allait se décider à revenir.

De tous les rêveurs présents aux kilomètres alentours, il y en avait certains que je me refusais d'aller visiter. La plupart parce que les méandres de leur inconscient semblaient mornes et ennuyeux à mourir. D'autres parce qu'ils semblaient bien trop fragiles pour apporter quelque chose d'intéressant à l'expérience. Et quelques uns encore, juste par principe. Mais force était de constater que certaines choses avaient changé.

L'inconscient d'Emma Rosebury n'avait pour ainsi dire rien à voir avec le reflet impitoyable qu'elle renvoyait dans sa vie de tous les jours. Si je m'étais plu à la comparer parfois à un pitbull enragé, la substance de son rêve de ce soir était bien au contraire empreinte de douceur, saupoudrée d'une chaude mélancolie. Néanmoins, l'air sembla tressaillir lorsque mon intrusion dans sa tête se fit remarquer. Même si je ne bougeais pas, même si en soi rien n'avait changé dans le déroulement de la scène, Emma avait senti la présence néfaste d'un élément extérieur : moi.

Sans y prêter réellement attention, je pris soin de détailler plus soigneusement le décor que ma fliquette attitrée avait choisi. Un vent frais et chargé d'odeurs multiples m'engloba délicatement. Au dessus de ma tête, un soleil haut et brillant semblait étendre ses rayons célestes jusqu'à l'infini. Devant mes pieds, des plaines sans fins couraient jusqu'à l’horizon. L'herbe était tendre et fournie, complètement sauvage. Nous étions loin de Manchester. À l'instant où cette conclusion sauta dans mon esprit, un hennissement aigu retentit quelque part dans l'immensité verte. D'instinct, mes pieds pivotèrent sur eux-même. Une énorme bâtisse se dressa devant moi. Sous mes yeux dévorants de curiosité, je découvris l'imposant animal source de tout ce bruit. Et à côté, si frêle et légère en comparaison, il y avait Emma.

Jamais je n'étais intervenu dans ses rêves jusqu'à présent. Je me l'étais interdit, à l'instant même où cette idée farfelue m'avait traversé l'esprit. L'inspectrice Rosebury voulait ma peau. Elle s'acharnait tellement sur mes traces que je n'aurais pas été étonné d'apprendre que mon image la poursuivait jusque dans ses nuits, sans même que je n'y sois pour quoi que ce soit. Et je répugnais particulièrement à rencontrer un sosie de moi-même, modulé en une sorte de fantasme incohérent. En définitive, visiter l'inconscient de la fliquette n'avait jamais charmé l'aspect joueur du voleur que j'étais.

Pourtant ce soir, quelque chose m'avait poussé à parcourir les allées gorgées de rêves à foison, jusqu'à dégoter celui-là. En vérité cette sourde envie s'était sournoisement glissé dans mon esprit peu de temps après notre dernière entrevue, pour s’accroître petit à petit, un peu plus chaque nuit. Tout était parti de ce fameux soir où l'insupportable miss Rosebury avait pris soin de voler à mon secours, lorsqu'elle m'avait trouvé dégoulinant de sang sur le pas de ma prestigieuse boutique. Ça avait été particulièrement humiliant de la voir faire fuir la ridicule bande de fausses racailles de rues, qui avait eu le stupide espoir de me voler. Pire encore, elle m'avait ramené chez elle. Dans sa vieille maison branlante. Là où sa traque acharnée avait commencé. Elle m'avait soigné, cette idiote. Très délicatement. Je n'avais pas eu besoin de ça. Je ne lui avais jamais demandé son aide. Certainement pas à elle. Alors lorsqu'elle s'était endormie, au fond de son siège juste à côté du lit, j'en ai profité pour disparaître. Comme un voleur. Encore une fois.

J'ignorais exactement combien de temps s'est écoulé depuis cette nuit dérangeante. Mais dès lors je n'avais fais qu'éviter soigneusement tout contact avec l'inspectrice. Elle aurait pu tenter quoi que ce soit, me suivre jusque chez moi ou bien me traquer jusque dans ma boutique, elle n'aurait au final récolté qu'un aperçu du postérieur outrageusement démesuré de ma concierge, ou bien de la timidité exaspérante de mon employée à mi-temps. Qu'importe. Je n'avais clairement pas envie de la revoir, elle et ses élans de bon samaritain. Mais alors, bon dieu, qu'est-ce que je foutais là ?

La réponse était assez claire, aussi surprenant que ça puisse paraître. J'étais bien trop orgueilleux pour accepter le fait de m'être fait casser la gueule par une poignée de vaux-riens. Et bien trop fier pour remercier la femme qui m'avait sorti de ce merdier, alors que son plus principal objectif restait malgré tout de me coller en prison. Ça avait presque l'air malsain. Me faire sauver comme une demoiselle en détresse par mon ennemie naturelle. Mais pourtant, heureusement ou non, une once de raison avait toujours plus au moins subsisté quelque part dans mon esprit. Et sans que je ne puisse vraiment y faire quoi que ce soit, une pointe de reconnaissance flottait inlassablement dans ma tête. C'était bien simple, depuis que j'avais quitté l'inspectrice chez elle, je n'avais eu de cesse que d'y penser. Alors si je n'avais pas la volonté nécessaire pour l'affronter dans le monde réel, quoi de mieux pour soulager ma conscience que de lui parler sans qu'elle ne s'en rendre compte réellement ? C'était ça, le but de ma venue. Depuis quand les Rêveurs se permettaient-ils de hanter les Cauchemars ? Décidément Rosebury n'arrêtera jamais de me surprendre.

Je décidai de fourrer mes mains dans le fond de mes poches, avant de m'avancer pour de vrai au cœur du songe apaisé. C'était étrange de découvrir ma fliquette ici. Un ranch planté en pleine nature. Au regard de l'ambiance qui régnait dans le rêve d'Emma, autant dire que tout ceci relevait du souvenir, et que j'étais clairement en train de violer son intimité. Un sourire narquois étira mes joues le temps d'un instant. Voici donc là une partie du cœur fondant de mon bulldog ? Intéressant. Le cheval qui accaparait toute son attention piaffa nerveusement avant de secouer sa grosse tête pelucheuse. Un moment je cru que l'équidé allait me foncer dessus, dans l'espoir de me chasser de ce rêve où je n'avais rien à faire. Ignorant finalement ce détail, je me concentrai sur la femme aux cheveux décoiffés qui me faisait dos, les joues rosies par le vent.

- Emma ?
WILDBIRD
 


HJ:
 

_________________
You can't catch me.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://fire-ice.skyrock.com/

ignorant

avatar



INSCRIT DEPUIS LE : 30/12/2014
MESSAGES : 1337
POINTS : 5902



MessageSujet: Re: Beautiful nightmare ♦ Emma   Jeu 5 Mai - 22:44



   
   Damian & Emma
   Beautiful nightmare

J
e n’avais qu’une hâte, celle de rentrer enfin chez moi et de me glisser dans mon lit douillet. Ces derniers temps, je n’avais pas pris une minute pour moi. Toute l’équipe avait été réquisitionnée. Ce qui voulait dire des horaires étendus pour ne pas dire plus. Je ne rentrais à la maison que pour prendre une douche et me changer. Mes cours étaient relégués loin derrière et à vrai dire même si je les adorais, cela avait été le cadet de mes soucis. Toute mon énergie et toute ma hargne n’avaient été concentrées sur le meurtrier. J’en oubliai même Damian c’était pour dire ! D’ailleurs, je n’avais plus eu de ses nouvelles depuis cette fameuse nuit où je l’avais secouru. Cette nuit-là, il s’était volatilisé une fois de plus au beau milieu de la nuit. Cela n’avait fait que renforcer ma conviction. Il avait fait un faux pas ce soir là. Le premier et je n’étais pas du genre à manquer tout ça. Malheureusement pour moi – mais heureusement pour lui – l’enquête avait débuté peu après m’empêchant d’aller lui rendre une petite visite de courtoisie. Mais maintenant que le meurtrier était derrière les barreaux, j’allais pouvoir reprendre le cours de ma vie et celle de mon voleur bien sur.

Pourtant, là j’avais une autre priorité. Celle de dormir. Une fois rentrée, je mis le répondeur en marche tandis que je me débarrassais de mes affaires et regardai mon courrier. Sans surprise, 90% des messages venaient de ma chère mère. Elle me donnait des nouvelles d’un peu tout le monde et se plaignait que je ne l’appelais pas assez. Et que je ne revenais pas assez à Scarborough à son goût. Je souris alors que son image venait à moi. Grande dame issue de la vieille noblesse anglaise, Elisabeth Rosebury née Elisabeth de Camborne, était tombée amoureuse d’un roturier. Elle était donc grande, raffinée et aristocrate jusqu’au bout des ongles. Une aristocrate qui avait appris à tenir un intérieur et à accueillir des personnes venues dans leur élevage de chevaux. Je ne tenais de ma mère que mon physique d’apparence frêle. Pour le reste, j’avais plutôt pris du côté paternel. Elle avait donc fort à faire avec moi. Ma pauvre maman qui rêvait d’avoir une fille qui aurait voulu assister au bal des débutantes… Elle s’était retrouvée avec un véritable garçon manqué dans les bras. De tous ses messages, je n’en avais retenu que deux choses. La première, Ollie allait peut-être venir à Manchester lui aussi le temps de faire enfin sa spécialisation. Et la seconde, qu’Eclair, mon cheval, se languissait de sa maîtresse. Ma mère me disait qu’il n’avait plus autant d’entrain qu’avant. Je soupirai. Ma joie d’avoir peut-être bientôt mon jumeau près de moi se disputait à mon inquiétude pour mon cheval adoré. Je me promis alors d’aller les voir bientôt. Y passer un week-end. Cela ferait plaisir à ma mère et me permettrait de me ressourcer un peu.

Ce fut donc le cœur plein de promesses que je tombais dans les bras de Morphée...

J’étais bien. L’air était doux et l’ambiance étrangement familière. Eclair et moi venions de faire un de nos parcours préférés, le long des falaises. Nous finîmes dans la plaine non loin de la maison. Je le laissai libre. Eclair avait été dressé par moi, je n’avais donc aucun besoin de l’attacher. Il me suivait partout où j’allais tel un preux chevalier. Mon cheval s’approcha de moi et rapprocha sa grosse tête en quête d’un câlin. Je l’entourai de mes bras avant d’enfouir ma tête dans son encolure.

« Tu m’as manqué mon Eclair… »

Je lui murmurai ça alors que ma tête était toujours contre lui. Mon cheval s’agita alors quelque peu me forçant à reculer quelque peu. Posant une main réconfortante sur mon équidé, je le rassurai du mieux que je le pouvais. Puis une voix aussi dérangeante que familière parvint à mes oreilles. Ma petite pause était terminée. Soupirant, je me retournai et dis

« Damian »

Je le toisai quelque peu en colère d’être ainsi dérangée alors que je me sentais si bien.

« Que me vaut l’honneur de votre visite en mon humble demeure ? »

Eclair se mit à hennir. Je le regardai légèrement surprise. Mon cheval me semblait bien nerveux tout d’un coup. Je posai alors une main apaisante sur sa crinière. Je reportai mon attention sur mon voleur et lui dis d’un air narquois

« Vous n’avez pas l’heur de lui plaire mon cher… »
WILDBIRD
 

_________________
Cause in the daylight we'll be on our own.
When virtue and modesty enlighten her charms, the lustre of a beautiful woman is brighter than the stars of heaven, and the influence of her power it is in vain to resist.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

libre

avatar



INSCRIT DEPUIS LE : 05/08/2014
MESSAGES : 1957
POINTS : 7459



MessageSujet: Re: Beautiful nightmare ♦ Emma   Lun 9 Mai - 22:47



   
   Emma & Damian
   Beautiful nightmare

Ç
Le songe s'assombrit un brin alors qu'Emma posa ses yeux sur moi. La magie du moment sembla se disperser dans les airs, comme un nuage de fumée se dissipant peu à peu. Une brève seconde, je fus surpris de constater à quel point ma simple image avait un tel effet radical dans l'esprit de l'inspectrice. Un instant plus tôt, elle paraissait porter d'une humeur si légère et presque enfantine. Bercée par ses souvenirs lointains sans plus penser aux moindres problèmes. Pleine d’allégresse. Le mystère reposant des rêves … Et voilà qu'à présent, le fauve avait de nouveau sorti ses crocs. Même dans le déroulement parfois incohérent de l'inconscient, elle parvenait à assimiler le nom de « Damian Wright » à un nécessaire échange épineux. Intéressant.

- Votre humble demeure ? Depuis quand créchez-vous dans une ferme, mademoiselle Rosebury ? Répondis-je d'un ton plat et quelque peu sceptique.

Pour souligner mes propos, je laissai mon attention quitter les yeux brûlant d'éclairs d'Emma pour dévier sur la grande battisse dans son dos. Plus encore qu'une simple ferme, il s'agissait plus vraisemblablement d'un véritable ranch. La cour pavée était propre et bordée de quelques fleurs accueillantes. Les portes des quelques box étaient vernies, et parfaitement entretenues. Dans un coin, une charrette remplie de foin attendait patiemment d'être desservie dans les auges de chevaux un peu trop gourmands. Par une porte entrouverte, quelques équipements équestres apparaissent accrochés le long d'un mur. À cette vision, une agréable odeur de cuir travaillé titilla mon odorat.

Emma parla à nouveau, et mon regard s'abaissa automatiquement vers elle. Elle me parlait de son cheval. Sa bourrique grattait nerveusement une motte de terre du bout de son sabot mécontent. Un nouveau sourire moqueur traversa mes lèvres en réponse à son air ironique. J'avançai posément d'un pas dans le but de démontrer que je n'étais nullement impressionné par la carrure de son animal sauvage. Tout ceci n'était pas réel après tout.

- Ce n'est qu'un peu de bluff. En vérité, il a seulement peur de moi.

Et pour le coup ce n'était pas seulement qu'un élan de vantardise de ma part. D'une façon ou d'une autre, l'inconscient d'Emma se manifestait par ce cheval et souhaitait me voir déguerpir d'ici. Mais s'il pouvait se montrer menaçant, il avait tout à craindre que d'approcher un Cauchemar. Logique après tout, depuis quand la proie cherche le contact du prédateur ? En toute sincérité je n'avais qu'à cligner ds yeux, ou simplement claquer des doigts, pour faire transformer ce canasson en steack-frittes. Mais il y aurait fort à parier que ma Rêveuse n'allait pas prendre ce changement particulièrement bien. En fait, la perte de son fidèle destrier pourrait même assez l'effrayer pour la réveiller. Et me nourrir des songes de l'inspectrice était le dernier de mes désirs. Je n'avais pas envie d'interagir directement dans le déroulement de ses songes. Ma curiosité s'en retrouvait pleinement satisfaite, rien qu'en me contenter d'observer ce que je voyais.

- Et vous, Emma ? Est-ce que je vous plaîs ? Lançais-je alors d'un rictus carnassier, venant dès lors de trouver comment rendre ce nouvel échange particulièrement intéressant. J'espère que je vous ai manquée.  
WILDBIRD
 

_________________
You can't catch me.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://fire-ice.skyrock.com/

ignorant

avatar



INSCRIT DEPUIS LE : 30/12/2014
MESSAGES : 1337
POINTS : 5902



MessageSujet: Re: Beautiful nightmare ♦ Emma   Dim 15 Mai - 18:17



   
   Damian & Emma
   Beautiful nightmare

C
omment un simple homme pouvait-il vous mettre en rogne comme ça ? Était-il seulement humain ? C’était parfois la question que je me posais sur Damian J. Wright. J ? Quelle était la signification de cette initiale déjà ? Je l’avais sur le bout de la langue… Fais chier ! J’avais horreur de cette sensation. Celle que vous avez quand quelque chose vous échappait alors qu’elle était juste là sous vos yeux. Mon ressentiment envers mon voleur ne s’en trouva que plus grande. J’étais une personne très rancunière. En fait non, je pardonne vite mais je n’oublie jamais rien. Je faisais juste une exception pour Damian Wright. Il me mettait dans un état de nerfs et pourtant je devais bien avouer que ce jeu entre nous m’amusait plutôt. Mon sens du défi ne s’en trouvait que plus aiguisé et me donnais un but.
Pourtant cela ne me disait pas ce qu’il faisait là. Sur mes terres. Non je ne me la jouais pas à La Petite Maison Dans la Prairie. Juste que Scarborough, le ranch de mes parents, MON ranch c’était hors de portée. Il pouvait bafouer ma maison de Manchester mais pas le lieu de mon enfance. Mon berceau. Alors oui, j’étais en rogne de son intrusion dans une partie de ma vie que je tenais éloigné de ma vie actuelle.

« Je pense que cela ne vous regarde en aucune façon mon cher »

Eclair se manifesta alors et je posai une main rassurante sur sa crinière tout en narguant l’intrus. Sa réponse ne me fit que plus sourire. L’ego de cet homme rivalisait avec son aptitude impressionnante de se glisser dans n’importe quel lieu de la ville. Malgré mon statut, je ne pouvais que reconnaître que le voleur de Manchester était incroyablement doué. Pas étonnant que son ego soit si surdimensionné.

« Généralement on a peur de lui et non l’inverse. Mon cheval n’a peur de rien sachez le »

Je posais un regard débordant d’amour sur mon ami à quatre pattes. Eclair ne m’avait jamais laissé tomber. Et si mes frères pouvaient le monter, la seule personne à qui il faisait confiance c’était moi. Au fil du temps, on avait réussi à développer une relation lui et moi et il faisait parti des choses que je regrettais le plus dans ma nouvelle vie. Alors oui, aujourd’hui je n ; avais guère envie de voir débarquer mon Némésis alors que j’étais en train de renouer avec un pan de ma vie qui me manquait bien plus que je ne l’admettrai jamais quand j’avais ma famille au téléphone. Encore une fois, Damian avait le don de s’immiscer là où je ne l’attendais pas.  Et je n’eus guère le temps de lui en redémontrer que Damian reprit la parole. Je laissai alors échapper un petit rire à sa question. Sentant confusément que cela n’allait avoir aucune conséquence sur ma vie, je me rapprochai alors de lui avec un petit sourire.

« Si je vous réponds oui aux deux questions qu’allez-vous faire Damian ? »

Me hissant sur la pointe des pieds, je lui susurrais à l’oreille

« Et moi ? Vous ai-je manqué au point que vous soyez venu me voir chez moi ? »

Pour ce faire, j’avais posé une main sur son torse. Cette pose me rappelait étrangement notre valse lors de la fête de la Saint-Valentin. Pourquoi j’avais toujours impression que tout ceci n’était pas réel ? Allais-je m’en mordre les doigts ?
WILDBIRD
 

_________________
Cause in the daylight we'll be on our own.
When virtue and modesty enlighten her charms, the lustre of a beautiful woman is brighter than the stars of heaven, and the influence of her power it is in vain to resist.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

libre

avatar



INSCRIT DEPUIS LE : 05/08/2014
MESSAGES : 1957
POINTS : 7459



MessageSujet: Re: Beautiful nightmare ♦ Emma   Mar 24 Mai - 9:48



   
   Emma & Damian
   Beautiful nightmare

S
on entêtement à affirmer que sa bourrique ne craignait rien ni personne, alors qu'il ne s'agissait ici que d'un ridicule amas de poussières de rêve, et dans l'autre monde d'un gros bout de viande, me piqua franchement dans ma patience. Dans les paroles d'Emma je voyais une mise à l'épreuve, un défi de prouver que son canasson appréhendait ma présence. Et j'étais à deux doigts de le faire. J'aurais aussi bien pu faire revenir le cheval à l'état de poulain affaibli et inoffensif sous ses yeux de rêveuse. Ou tout bonnement le faire disparaître de la scène, dans un petit « plop » amusant. Mais encore une fois, je savais ce qui allait se passer si j'intervenais réellement dans le rêve de ma fliquette. Pourtant, et je le sais certainement mieux que quiconque, Emma n'a pas le sommeil léger. Lorsque je m'étais infiltré dans sa maison, une bonne paire de mois auparavant, elle ne m'avait découvert chez elle que parce que l'appel de sa vessie l'avait réveillée. De même pour cette dernière fois où elle m'avait délicatement soignée dans sa chambre. À chaque fois, mes déplacements au cœur de sa propriété n'avaient jamais vraiment troublé ses nuits. Alors, qu'est-ce que je risquais à secouer un peu sa masse de larve endormie entre ses draps ? Peu importe, c'était une question de principe. Ma présence ici n'était pas justifiée par un besoin de semer la discorde et de lui dérober ses rêves.

Un roulement d'yeux exaspéré répondit donc à ses éloges pour l'équidé. Pour un temps, je décidai même d'oublier complètement cet animal. Cette foutue bestiole menait plus à une confrontation venimeuse qu'à un échange voilé, comme ce dont nous avions l'habitude, elle et moi.

D'un œil intéressé, je la laissai s'approcher avec son sourire mystérieux aux lèvres. Cette fois les choses promettaient de devenir bien plus intéressantes. Et ce que je réussis à extorquer des lèvres joueuses de ma chère Mademoiselle Rosebury, je n'étais pas prêt de l'oublier. Je me jurai même en mon fond intérieur d'en user à ses torts par le futur, lorsque – bientôt je n'en doutais plus un seul instant – elle viendra à nouveau empiéter et encombrer mon espace vital. Emma pensait certainement m'avoir à l'usure. Me surveiller le plus souvent possible, et veiller à ne pas louper le faux pas que je finirai inévitablement par commettre. Autant m'armer au mieux pour lui faire regretter son audace, et son caractère de tête de mule.

Ses doigts sur mon épaule poussèrent les miens à se mouver à leur tour. Bravant l'espace entre nos deux corps, ma main vint retrouver une place qu'elle avait déjà occupée par le passé contre sa hanche. C'était une façon ici de lui rendre tout ce qu'elle m'envoyait, une réponse à ce geste presque interdit qu'elle venait d'avoir. Mais aussi une manière de la retenir ici, de l'empêcher de s'en aller, de reculer. Ainsi coincée entre mes paumes, je me penchai vers elle pour parvenir jusqu'à son oreille, de la même manière qu'elle venait de le faire.

- Je ferai ce qu'il vous conviendra que je fasse, ma belle. Après tout, vous êtes en train de rêver.

Mon autre main imita la première et se posa sur elle. Coincés de la sorte, notre danse endiablée ne ressemblait plus réellement à la valse dont nous avons pris l'habitude sur tous les plans possibles, mais plutôt à long slow calme et entêtant. Mon nez n'avait d'ailleurs toujours pas quitté le fouillis emmêlé de ses cheveux blonds, de sorte à ce que je pu continuer à lui parler, sans qu'elle ne surprenne mon sourire malicieux.

- Ai-je l'air d'un homme qui ressent la moindre once de manque pour quoi que ce soit ?

Aucune honte ne m'assaillit à l'orée de ce mensonge à peine avoué. Ma présence ici même prouvait bien quelque chose. Si ce n'était pas du manque, alors c'était bien une idiotie qui s'en rapprochait. Une sorte de culpabilité nauséabonde, ou peut-être bien une espèce de grotesque reconnaissance. Mais Emma n'était pas obligée de le savoir.

- Pourquoi m'auriez-vous manquée, inspectrice ? Vous voulez ma peau. Il serait plus probable de penser que c'est vous, qui avez envie de me voir. Au point de m'apercevoir un peu partout, jusque dans votre lit … murmurais-je sournoisement contre sa peau irradiante.
WILDBIRD
 

_________________
You can't catch me.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://fire-ice.skyrock.com/

ignorant

avatar



INSCRIT DEPUIS LE : 30/12/2014
MESSAGES : 1337
POINTS : 5902



MessageSujet: Re: Beautiful nightmare ♦ Emma   Lun 6 Juin - 17:56



   
   Damian & Emma
   Beautiful nightmare

C
e petit jeu était des plus amusants. Je ne savais pas pourquoi mais je me laissai aller aujourd’hui. Comme si mon inconscient savait que cela n’aurait aucune conséquence sur ma vie. Aucune vraiment ? J’avais quand même un petit doute. Quand on avait affaire à quelqu’un d’aussi retors que Damian James – oui j’ai retrouvé son nom ! – Wright, il fallait s’attendre à tout. M’appuyant sur lui, je commençais à lui murmurer au creux de l’oreille. Laissant échapper un petit rire cristallin à sa réponse, je lui répondis taquine

« Vraiment tout ? »

Je laissai un petit silence avant de répondre

« Et bien pour tout vous avouer Monsieur Wright, oui vous ressemblez à un homme qui ressent un manque. Ou quelque chose s’en rapprochant. Sinon pourquoi seriez-vous ici avec moi ? »

Mon visage s’écarta un peu du sien et je plongeais mes yeux dans l’azur de ses prunelles. Damian Wright était un homme séduisant. Très séduisant même et peut-être bien mon type d’homme si il n’était pas aussi horripilant et suintant de confiance en lui. Le genre d’homme qui me donnait envie de leur casser la figure.  Ce que je faisais bien volontiers étant plus jeune et plus impulsive. Mais le brun avait aussi quelque chose en plus. Il avait le don de me lancer des défis qui me plaisaient. Je n’étais pas une personne à reculer devant un défi et le fait que Damian arrivait encore à se balader devant moi et à me narguer comme il aimait tant le faire, ne faisait qu’augmenter mon désir de le voir derrière les barreaux. Je lui offris alors un beau sourire aussi hypocrite que lui

« Peut-être voulez-vous vous faire pardonner de vous être enfui comme le voleur que vous êtes en plein milieu de la nuit ? Alors que j’ai passé une bonne partie de cette même nuit à vous soigner ? Ressentez-vous de la reconnaissance à mon égard Monsieur Wright ? »

Mes lèvres se retroussèrent en un petit sourire moqueur. Peut-être était-ce dû à ma promenade. Peut-être était-ce dû au fait que je me sentais bien chez moi ou encore cette sensation entêtante que rien de tout ceci n’était réel mais je voulais jouer avec le feu. Ce sentiment était tellement grisant que je m’y abandonnais avec un plaisir non dissimulé. Prisonnière entre les mains de l’antiquaire et voleur, mes bras se nouèrent autour de son cou. L’air se chargea alors d’électricité. J’entendais au loin mon Eclair qui piaffait d’impatience mais pour une fois je ne l’écoutais pas. Ce qui se passait-là était nettement plus intéressant. Damian m’avouait qu’il savait que je le traquais. De toute façon, je n’avais jamais cherché à cacher le fait que j’étais certaine que c’était lui qui s’était introduit dans ma demeure. Mais jamais, il ne me l’avait confessé ainsi. Un progrès ? Je me méfiai. Avec lui, je me méfiais tout le temps. Ne jamais prendre pour argent comptant ce que cet homme racontait. On ne pouvait savoir quelle était la part de vérité dans ce qui sortait de cette bouche charmeuse.

« Vous avez bien dit que je rêvais n’est-ce-pas Damian ? Si vous êtes l’incarnation de mes rêves et donc pas réel, vous devriez savoir ce que je souhaite non ? »

Resserrant mon étreinte, je murmurai alors

« Et qu’est-ce que je souhaite donc mon cher ? »
WILDBIRD
 

_________________
Cause in the daylight we'll be on our own.
When virtue and modesty enlighten her charms, the lustre of a beautiful woman is brighter than the stars of heaven, and the influence of her power it is in vain to resist.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

libre

avatar



INSCRIT DEPUIS LE : 05/08/2014
MESSAGES : 1957
POINTS : 7459



MessageSujet: Re: Beautiful nightmare ♦ Emma   Jeu 9 Juin - 12:30



   
   Emma & Damian
   Beautiful nightmare

S
es mots me déplurent réellement lorsqu'elle trouva avisé de me considérer comme un homme subissant « un manque ». Un manque de quoi d'ailleurs ? C'était complètement ridicule. J'avais tout ce que je désirais dans la vie. Et tout ce qui m'était interdit, je le prenais envers et contre tout. Personne ne s'était encore montré de taille à poser des limites à cette liberté que je m'étais octroyé, que j'avais cultivé, entretenu, et progressivement agrandi au fur et à mesure des années. On avait essayé de restreindre mon libre arbitre et de m'imposer mille et une choses, lorsque j'étais encore dans ce fameux orphelinat italien. J'étais parti de ce trou en leur pointant fièrement un majeur narquois. Dès lors, je n'en avais fait qu'à ma tête. Comblant la moindre envie qui me tortillait l'estomac. Bravant l'interdit, les lois, et toute autorité qui se respecte. Et jusqu'à présent, nul n'était parvenu à s'en prendre à cette grisante liberté. Pas même Emma Rosebury, et son acharnement inouï.

J'aurais aimé le lui balancer au nez. Lui faire comprendre que rien ne pouvait manquer à mon existence. La magie de l'argent. Que je n'étais pas non plus homme à éprouver ce genre de sentiment à donner la nausée ; La culpabilité et la reconnaissance. Je savais que j'aurais très bien pu me tirer de cette bagarre sans elle, l'autre soir. J'en aurais peut-être tiré une lèvre explosée, des arcades en sang, et même quelques côtes abîmées. Mais qu'importe. Je me serais soigné seul. J'aurais peut-être eu la faiblesse d'appeler Ae-Cha, si toutefois mon état se serait révélé trop accidenté. Elle se serait silencieusement moquée de moi, et aurait clairement profité de sa supériorité sur la situation. Pourtant … Pourtant j'aurais mille fois préféré que ce soit ma complice de toujours qui me retrouve tanné sur ce foutu trottoir, plutôt que l'inspectrice bouledogue et ses élans de bon samaritain.

Je soupirai brièvement, sans avouer quoi que ce soit de ce discours muet. Les choses ne me permettaient pas de révéler quoi que ce soit de tout ce bordel explosant dans mon crâne. Premièrement parce que nous piétinions le rêve captivant d'Emma, et que jamais un fantasme de son esprit ne pourrait lui dire tout ceci sans qu'elle ne le sache déjà auparavant. Et deuxièmement, parce que ça aurait été se jeter dans la gueule du loup, et signer de fatals aveux.

Alors pour une fois, je restai silencieux. Pour une fois, je laissai mon inspectrice remporter cette manche. Mais comme toujours, je me promis de lui redevoir ce coup par le futur. Elle semblait si satisfaite de ses paroles désormais. Si séduite par la tournure de la situation, et si emportée par la folie de ses songes. Ses mains étaient venues s'enrouler autour de ma nuque. Mais mon éternel sourire moqueur avait laissé place à un sérieux de marbre. Je n'avais plus tellement envie de jouer. Je voulais gagner.

- Non, affirmais-je simplement, ne laissant pas la moindre ouverture au débat et aux surenchères. Que je le veuille ou non, je n'étais pas reconnaissant envers elle. Ce n'était pas ainsi que fonctionnait Damian Wright. Et ce depuis toujours. Qu'importe ma venue en ces lieux.

Mais désormais je me perdais dans les mirettes profondes et pétillantes de l'inspectrice. Sa dernière pique était juste. Sournoise et avisée. Avais-je le droit à l'erreur ? Potentiellement, oui. Il y avait peu de chance pour qu'Emma se souvienne de cette conversation dans sa totalité à son réveil. Elle émergerait de son lit, les cheveux en vrac et les yeux empreints de sommeil, et fixerait un long moment la peinture du mur devant elle. Après un certain temps, elle finirait par grimacer, et confesser qu'elle faisait vraiment des rêves à la con. Elle oublierait tout ça, et ajouterait qu'il était temps qu'elle prenne des vacances. Alors je pris à peine le temps de peser le pour et le contre de cette drôle d'impasse dans laquelle elle venait de me coincer. Avais-je assez bien cerné mon ennemie pour deviner ce qu'elle désirait le plus, tout de suite et maintenant ? Mes mains ne bougèrent pas d'un pouce sur ses hanches. Seule ma tête se pencha légèrement sur le côté, sans que nos regards ne cessent de se confronter.

- Vous êtes un type de femme à désirer énormément de choses, Emma … Me passer les menottes et me livrer à vos collègues gras comme des cochons me paraît néanmoins votre principale motivation ces derniers temps …

Je laissai une poignée de secondes filer dans les airs, avant d'afficher à nouveau ce sourire impitoyable que l'antiquaire Wright servait à tout le monde.

- Mais ce serait trop facile. Vous êtes fleur bleue. Malgré votre métier et votre caractère de bonhomme, vous êtes du genre à vous perdre dans quelques bouquins à l'eau de rose. Peut-être aimeriez vous que je vous embrasse, Emma. Ce serait excitant, n'est-ce pas ? Embrasser l'homme que vous traquez avec hargne et passion …

Ma voix se fit plus douce, plus caressante, mais surtout plus vile.

- Ou peut-être que ce n'est pas assez. Vous êtes bien seule, dans cette grande ville … Loin de votre famille. Loin de votre animal bien aimé. Personne pour combler un peu le silence de votre vieille maison branlante. Finalement, c'est peut-être vous, qui ressentez un manque. Vous, qui m'avez appelée. Voulez-vous que j'efface toute cette frustration, Emma ? Je n'arrive pas à imaginer le temps qu'il s'est écoulé depuis que vous êtes arrivée ici, depuis que vous n'avez connu personne pour réchauffer un peu votre lit froid et vide.

À nouveau, je glissai méthodiquement mes lèvres jusqu'à son oreille délicate, comme elle s'était amusée à le faire plusieurs fois déjà.

- Voulez-vous que je couche avec vous, Emma ?

Un point partout. Balle au centre.  
WILDBIRD
 

_________________
You can't catch me.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://fire-ice.skyrock.com/

ignorant

avatar



INSCRIT DEPUIS LE : 30/12/2014
MESSAGES : 1337
POINTS : 5902



MessageSujet: Re: Beautiful nightmare ♦ Emma   Mar 21 Juin - 16:00

[quote="Emma C. Rosebury"]


   
   Damian & Emma
   Beautiful nightmare

J'
avais réussi à toucher à l’ego de Damian, je le voyais à son regard qui s’était légèrement assombri et à son éternel rictus qui s’était évaporé dans la nature. Son silence en disait long. Je jubilais secrètement d’avoir cloué le bec à cet homme qui, si souvent, m’avait fait sortir de mes gonds. Je savais que mon répit ne serait que de courte durée et que ce silence ne durerait pas. Aussi en profitais-je grandement. Dans l’euphorie du moment, j’avais noué mes mains derrière sa nuque et me faisait aguicheuse comme je ne l’ai jamais été. Si ma chère mère me voyait en ce moment-même, elle serait dans tous ses états. Jamais ô grand jamais, Elisabeth Rosebury n’approuverait que sa fille se pende ainsi au cou d’un homme. Mais ma mère n’était pas là, du moins l’espérai-je, et j’avais bien l’intention de faire tourner Damian Wright en bourrique encore un peu. Je souriais franchement moqueuse à son « Non » dit d’un ton sec. Je n’étais pas dupe. Son silence m’avait bien fait comprendre ce qui se passait dans sa tête. N’empêche, je l’avais tellement traqué et surveillé que je pouvais presque dessiner son visage au trait près les yeux fermés. Je m’amusais à ses dépens et au vu du visage fermé qui s’offrait à moi, je compris qu’il en était parfaitement conscient. Alors je voulu pousser davantage ce petit jeu. Le regard du brun me révélait qu’il voulait gagner à tout prix notre bras de fer. Il semblait me dire que j’avais gagné la bataille mais pas la guerre. Et notre guerre n’était pas terminée, loin de là.

Il me répondit alors. Ce n’étaient que des évidences qu’il me disait là. Nul besoin d’être devin pour savoir que ce que je désirai le plus au monde était de lui passer les menottes. Pas les menottes à fourrure rose comme rêveraient certaines femmes devant lui mais bel et bien celles en acier qui – j’en suis sûre – lui iraient parfaitement. Je lui fis un petiot sourire placide

« Vous avez raison jusqu’à un certain point mon cher… Car je ne vous livrerai pas à mes porcs de collègues mais je vous accompagnerai moi-même jusqu’à votre cellule. Mon ultime plaisir sera de verrouiller de mes propres mains la cellule… Mais je suis légèrement déçue par votre… prudence ? J’aurai pensé que vous n’emprunteriez pas les sentiers battus Damian… »

Je lui dis cela avec une petite moue qui me faisait rire intérieurement. Etait-ce cette provocation qui fit naître le sourire carnassier sur le visage de mon adversaire ? Je ne saurais le dire mais j’en ressenti un frisson d’excitation par avance. J’aurais été déçue s’il n’avait rien dit de plus. Oui vraiment déçue. Mal m’en pris car plus les paroles s’égrenaient de sa bouche, plus mon regard s’assombrissait. Comme en écho avec mon état d’esprit, l’atmosphère se modifia elle aussi. L’air devint plus lourd, le temps plus menaçant. C’était comme si une tempête se préparait. Si jamais il disait vrai sur le fait que je rêvais, j’imaginais bien mon corps réel s’agiter dans le lit. J’avais tendance à bouger énormément dans mon sommeil et me retrouvai parfois à me réveiller dans des positions les plus incongrues. Mon Eclair après un dernier hennissement disparu alors nous laissant seuls au beau milieu de la plaine. Je lui lançai alors un regard plein de mépris

« Vous vous surestimez Damian. Pourquoi aurai-je envie de coucher avec l’homme que je cherche à coffrer depuis mon arrivée ? »

Je n’avais pas relevé ses allusions à mes lectures. Qu’il connaisse mes goûts en matière de littérature me révélait bien davantage que ce qu’il m’avait dit jusque-là. Je n’avais pas honte de mes lectures, loin de là, après tout c’étaient des auteurs classiques que je lisais et non ces insipides romans à l’eau de rose qu’on appelle si communément chick lit. Bien sûr que je n’en faisais pas étalage, je devais déjà faire mes preuves au quotidien avec ces vieux de la vieille qui ne comprenaient pas qu’une femme puisse servir à autre chose que leur servir à manger alors je n’allais pas encore les laisser me pourrir avec mes soi-disant gouts littéraires. M’écartant légèrement des lèvres de mon voleur, je me tournai vers lui de manière à ce que nos visages ne soient plus qu’à quelques centimètres l’un de l’autre et lui murmurai-je suavement

« Continuez comme ça et je finirai par croire que nous sommes dans VOTRE rêve Monsieur Wright… »
WILDBIRD
 

_________________
Cause in the daylight we'll be on our own.
When virtue and modesty enlighten her charms, the lustre of a beautiful woman is brighter than the stars of heaven, and the influence of her power it is in vain to resist.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

libre

avatar



INSCRIT DEPUIS LE : 05/08/2014
MESSAGES : 1957
POINTS : 7459



MessageSujet: Re: Beautiful nightmare ♦ Emma   Dim 10 Juil - 14:43



   
   Emma & Damian
   Beautiful nightmare

U
n rire sec, froid et dénué de la moindre parcelle d'humour véritable, secoua ma poitrine droite où Emma semblait aimer se pavaner bien plus qu'elle ne voulait l'avouer. M'enfermer derrière les barreaux d'une prison ? Il fallait être fou pour penser être capable de parvenir à cet exploit. Ou un peu naïf sur les bords. Jamais personne, qu'il s'agisse de mon inspectrice personnelle ou même d'Ae Cha, ne parviendra à me cloisonner entre quatre murs aussi étroits que mes toilettes. Et si un jour je ne parviens plus à glisser entre les doigts des forces de l'ordre, si un jour je ne réussis plus à disparaître à l'autre bout du monde … Je préférerais encore quitter cette vie plutôt que d'avoir à la subir, emprisonné dans une misérable cage à oiseau.

- Dans vos rêves les plus fous … Peut-être.

Et j'étais sans aucun doute sur la bonne voie pour reprendre la main sur cette partie houleuse. L'état d'esprit de ma rêveuse s'agita, et modela brusquement le ciel selon son brusque revirement d'humeur. Je ne me défis pas de ce rictus mauvais, qui aujourd'hui n'avait même pas pour but de l'agacer, mais véritablement de la descendre pour remporter la bataille. Quelque part j'étais frustré de ne pas pouvoir influer directement sur le songe un peu trop mielleux d'Emma, quand bien même elle se chargeait elle-même de rendre l'air plus lourd. C'était peut-être d'autant plus gratifiant au final. Parvenir à rendre un rêve complètement sombre, sans y agir réellement. Quel talent.

Toutefois, en voyant ces nuages gris chasser l'équidé sauvage, je ne pus résister à l'envie d'accompagner la métamorphose de l'environnement. Le soleil apparu moins brillant soudain. Et comme son regard se faisait plus dur face au mien, une brusque bourrasque de vent s'éleva pour nous envelopper. Les cheveux emmêlés d'Emma fouettèrent le vide, dans une danse folle et incontrôlable. Je voulais la coincer. L'acculer dans son propre rêve, tout comme je m'y retrouvai piéger à mon tour. Alors je l'entourai de cette tempête capricieuse, charriant son corps au gré de mon humeur assombrie, pour la rendre incapable de s'échapper de notre dérangeante proximité.

- Pourquoi ? Parce que vous êtes seule. Seule et complètement seule. Que vous n'avez connu aucun homme depuis que vous êtes arrivée à Manchester. Parce que je vous obsède. Comme personne ne vous a jamais obsédé. Et parce que vous adorez vous rapprocher de moi, comme vous le faite en ce moment même.

C'était un bluff inimaginable. Peut-être que l'inspectrice Rosebury allait se mettre à vomir rien qu'en imaginant cette étrange suggestion. Ou peut-être que non. Mais je me savais assez sûr de moi pour déballer autant de supposition avec une conviction de fer. Et pour insinuer un doute dans son esprit endormi.

- Nous sommes dans VOTRE rêve, Emma. Voulez-vous le vérifier ? Faite revenir votre canasson, ou faite le disparaître, comme bon vous semble. Pourquoi n'êtes-vous pas revenu me voir à la boutique ces derniers temps ? Déblatérais-je avant de changer brusquement de sujet, et essayer de la déstabiliser pour mieux décrypter les sentiments de son faciès.
WILDBIRD
 

_________________
You can't catch me.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://fire-ice.skyrock.com/

ignorant

avatar



INSCRIT DEPUIS LE : 30/12/2014
MESSAGES : 1337
POINTS : 5902



MessageSujet: Re: Beautiful nightmare ♦ Emma   Jeu 14 Juil - 21:30



   
   Damian & Emma
   Beautiful nightmare

J
e n’aimais pas la tournure que notre petite discussion prenait. Même l’air qui nous entourait avait changé à l’image de ce qui se passait entre Damian et moi. De plaisant avec un brin de nostalgie dans l’air tandis que je chevauchais Eclair, l’ambiance était devenue lourde et menaçante. Une tempête se profilait si on en croyait les grondements sourds que l’on entendait au loin. Je frissonnai légèrement tandis qu’une bourrasque s’éleva. Je n’avais plus envie de jouer, je voulais rentrer chez moi, me mettre devant la cheminée du salon familial avec un bon thé et un bon livre. Je voulais regarder les flammes dansaient devant moi dans l’âtre. C’était un spectacle qui avait toujours eu le don de m’apaiser.

Les mots de Damian m’atteignirent en plein cœur. Il avait raison. J’étais loin de tout à Manchester. Je n’avais guère d’amis et ma famille me manquait. Je ne pouvais même pas m’appuyer sur un quelconque homme. En fait et cette vérité s’imposa à moi avec une acuité et une force plus que dérangeante, le seul homme dans ma vie actuellement se tenait face à moi. Je vacillais alors sous le coup de la honte que cette révélation éveillait en moi. Me reculant alors, les yeux noirs de colère, je le toisai et lui dit d’un air hautain

« Vous avez beaucoup d’humour mon cher Damian et malheureusement pour vous une trop haute opinion de vous-même. »

Mes lèvres se retroussèrent dans un sourire un brin dédaigneux tandis que je continuai

« Vous êtes peut-être ma proie ici mais vous pensez vraiment que j’allais me rabaisser à ne voir que vous ? Ne vous prenez pas pour autre que ce que vous êtes Monsieur Wright. Un vulgaire voleur qui finira bientôt menottes aux poignets »

Je me reculai un peu plus, le fixai droit dans les yeux aussi froidement que possible tandis que le grondement de l’orage se rapprochait inexorablement. Il n’était plus question que de minutes avant que nous ne soyons trempés tous deux. Je l’écoutais alors parler. Éclatant alors de rire, je lui répondis

« Pourquoi ne suis-je pas revenue à votre boutique ? J’avais donc raison en disant que je vous manquais ? Que d’honneur Monsieur Wright… Que d’honneur… »

Je restai un moment silencieuse puis me rapprochais de nouveau vers mon ennemi. Nous étions comme sur un ring à nous rapprocher puis à nous éloigner. Tournant lentement autour de lui comme un prédateur tournerait autour de sa proie, je m’arrêtai alors dans son dos. Je me hissais sur la pointe des pieds prenant appui sur ses épaules de mes mains, je rapprochais mes lèvres de son oreille et susurrai

« Je vais vous prendre au mot Damian. On est bien dans mon rêve n’est-ce-pas ? »

Mon souffle descendit doucement le long de son visage tandis que mes talons retrouvèrent la terre ferme. Mes mains ne quittèrent pas son corps pendant que je me mettais en face de lui. Elles étaient à présent sur sa poitrine tandis que mes lèvres se rapprochèrent des siennes les effleurant légèrement au moment je prononçais ces phrases

« On va donc faire ce que je rêve de vous faire depuis notre première rencontre au cœur de la nuit… Vous allez me combler Damian… Me combler comme vous n’avez comblé aucune autre avant moi… »

La terre se mit alors à trembler et une cage fondit sur l’homme de mes rêves qui se retrouva derrière les barreaux.

« Merci pour ce merveilleux rêve très cher. »

Je grimpai ensuite sur mon Eclair et disparu dans la brume.

Fin
WILDBIRD
 

_________________
Cause in the daylight we'll be on our own.
When virtue and modesty enlighten her charms, the lustre of a beautiful woman is brighter than the stars of heaven, and the influence of her power it is in vain to resist.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: Beautiful nightmare ♦ Emma   

Revenir en haut Aller en bas
 

Beautiful nightmare ♦ Emma

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Emma de Normandie de Stéphane William Gondoin
» Emma de Normandie... et d'Angleterre.
» FESTIVAL DE SAN REMO – Emma Marrone nouvelle reine de la chanson italienne
» Emma Frost [Terminée]
» mauvaise mère de Nadia Daam, Emma Defaux, Johanna Sabroux

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
POUR UN REVE :: RP’s.-