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 Il faut sauver Kitty ! [Kayden]

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banni

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INSCRIT DEPUIS LE : 01/06/2016
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MessageSujet: Il faut sauver Kitty ! [Kayden]   Ven 7 Oct - 14:18


« Il faut sauver Kitty ! »

Le bruit cristallin de la sonnette résonne derrière la porte de bois acajou. Un assez long moment plus tard, alors que je m'apprête de nouveau à sonner, elle s'ouvre enfin.

« Oh ! Bonjour ! Qu'est-ce que tu fais là mon chéri ? »

Dans l'encadrement de la porte, ma mère me sourit tendrement mais de manière aussi un peu gênée. Albert pointe le nez derrière elle et me salue timidement. Ils sont tous les deux comme...habillés à la va-vite. Je comprends mieux. C'est leur matinée de retrouvailles en amoureux et moi, je viens tout faire capoter ! Un sourire espiègle s'étale sur mon visage. C'est très gênant de savoir que ma mère était probablement entrain de faire des galipettes mais en même temps, ça me fait très plaisir pour elle. Avant qu'ils ne puissent réagir davantage, je fais mine de me souvenir de quelque chose de très important.

« Oh mince ! Je suis sûr que j'ai oublié de fermer une de mes fenêtres ! Je dois y aller ! Je passais juste dire bonjour de toute façon ! Désolé pour le dérangement ! »

J'embrasse rapidement ma mère sur le front, puis je lui adresse un clin d’œil avant de repartir en trombe récupérer mon scooter. Je sais bien que ni l'un ni l'autre n'est dupe, mais au moins, il n'y a plus de malaise. C'est tête en l'air que je repars. J'espérais profiter du jour de congé de ma mère pour papoter avec elle autour d'une boisson chaude. Tant pis. Je trouverais bien autre ch....

« Oh merde ! Oh merde ! C'est quoi ? »

J'ai senti un choc contre ma roue avant mais je n'ai rien vu ! Je m'arrête précipitamment sur le bas côté et retourne en arrière. Là je le vois, un jeune chat couleur caramel, étalé sur le flan. J'en ai les larmes aux yeux tellement je me sens désolé. Je prie pour qu'il ne soit pas mort. Il n'a pas l'air de saigner. Je le touche délicatement, il me regarde alors. Deux yeux verts chargés de douleurs et d'appel à l'aide.

« On non, je suis désolé, vraiment, pardon. Je t'emmène tout de suite chez le vétérinaire. Tiens le coup mon ami ! »

Je sors mon smartphone pour localiser la clinique vétérinaire la plus proche avant de faire glisser le chat sur une de mes grandes chemises à documents, rigides. J'essaie de le bouger le moins possible mais si je veux l'emmener, je ne vais pas avoir le choix. Une fois de nouveau sur le scooter, je le cale du mieux possible dans le petit coffre à pizza que je ne ferme pas complètement pour lui laisser de l'air. Maintenant, ma mission est de réaliser les dix minutes de trajets avec le moins de secousses possibles.

Une fois arrivé sur les lieux, je me précipite à l'accueil, le chat contre moi sur la chemise. J'explique la situation comme je peux

« Vous avez de la chance, le docteur Harrigton est justement disponible. Ne vous inquiétez pas trop pour votre chat. Je vais la chercher. »

Je lui souris comme je peux et je balbutie un « Merci ! » reconnaissant tandis qu'elle disparaît derrière une porte. Je reste planté là, debout avec le chat qui semble avoir vraiment mal. Je m'en veux tellement. Puis, après quelques instants qui m'ont parus être une éternité, la porte s'ouvre enfin de nouveau. Je manque de faire tomber le chat. J'ai l'impression que la foudre m'a frappé. C'est elle. La fille de mes rêves. C'est Kaylee.

♫ « If you like Pina Coladas, and getting caught in the rain
If you're not into yoga, if you have half a brain
If you like making love at midnight, in the dunes of the cape
I'm the love that you've looked for, write to me, and escape » ♪
Rupert Holmes - Escape


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MessageSujet: Re: Il faut sauver Kitty ! [Kayden]   Lun 10 Oct - 22:28



   
   Il faut sauver Kitty !
   Aiden & Kaylee

L
a salle de pause est déserte à présent. Oliver vient tout juste de disparaître, après m'avoir gentiment préparé un café brûlant. Le gobelet en plastique coincé entre mes mains réchauffent chaleureusement mes paumes engourdies par le froid. Manchester se rafraîchit de jour en jour. J'ai beau y habiter depuis un bon moment maintenant, son humidité glaciale est une chose à laquelle je ne m'habituerai probablement jamais. La plaisanterie de mon collègue raisonne encore dans la calme de la pièce. À moins que ça ne soit dans ma tête. En tout cas, un léger sourire persiste sur mes lèvres. J'ai très peu dormi cette nuit. Autant dire que je suis dans un drôle d'état à l'heure actuelle. Alors je bois du café pour compenser. Tout en sachant que ce soir, je serais de nouveau trop excitée pour parvenir à fermer l'oeil. Et pour tenir la journée de demain … Je me gaverai encore de caféine. C'est un cercle vicieux. Je ne m'en sortirais probablement jamais. Ollie s'est moqué de moi tout à l'heure, et m'a conseillé d'éteindre les dessins animés plus tôt la prochaine fois.

S'il ne m'avait pas offert une boisson chaude, je lui aurais collé mon poing dans le bras.

Bon, clairement, je me serais fais mal. Et il aurait éclaté de rire de plus bel. Mes collègues sont diaboliques. En parlant de ça, trois petits coups donnés contre la porte me font brusquement sursauter. Mon verre glisse à moitié entre mes doigts et une vague de café atterrit droit sur ma blouse blanche toute propre. Je peste en trépignant sur place, me maudissant d'ores et déjà de devoir encore laver ce fichu vêtement. Pendant ce temps, le panneau s'ouvre de l'autre côté de la salle. Les boucles chaotiques de la stagiaire en poste à l'accueil apparaissent dans l'encadrement. Je l'accueille malgré tout d'un sourire, en cessant de frotter inutilement la tâche sur le tissu immaculé. La stagiaire bondit alors en avant pour m'annoncer qu'un patient m'attend à l'accueil. À regret je laisse mon gobelet sur la vieille table en bois, attrape un kleenex ainsi qu'un peu de savon pour les mains, et lui emboîte le pas tout en essayant de nettoyer ma blouse. Quelle professionnelle présentable je fais … Je l'écoute d'une oreille m'expliquer un cas que nous rencontrons presque tous les jours ici. C'est le nez baissé vers mon vêtement que je pénètre dans le hall d'accueil, en remerciant ma collègue. Puis c'est à ce moment-là que je relève la tête.

Il y a une chose que j'aimerais vraiment clarifier. D'ordinaire, je suis quelqu'un de très poli. Je tiens la porte aux gens derrière moi, je m'excuse lorsque je m'écrase le pied de quelqu'un et j'aide même les vieilles dames à traverser la route. Certes, la folle acariâtre et sénile en face de chez moi ne compte pas. Après tout, elle serait capable d'essayer de me planter ses aiguilles à tricoter dans les yeux. Mais l'intention y est pour de vrai. Mes parents m'ont bien élevé. Promis. Il ne m'arrive pas souvent de jurer. Seulement quand je suis à bout de nerf. Mais là, j'avoue. Ça m'a échappé.

- Nom de Dieu. Je … je rêve ?

Douce ironie.

Le type en face de moi est au moins aussi livide que je ne le suis. Le temps s'arrête. Et l'air se fait étouffant. Lourd. Oppressant. Mon regard se perd dans une tignasse brune complètement sauvage, surplombant un éclat azur. Oh Seigneur. Le contour de ce visage, la couleur de ces yeux, la courbure de ces lèvres … Tout ceci m'était si familier, mais pourtant si … irréel. J'ai l'impression de ne plus pouvoir faire le moindre geste. Ça vaut peut-être mieux d'ailleurs. Mes genoux ne semblent plus si enclin que ça à supporter la gravité soudain. Qu'est-ce que je suis supposée faire ? Comment suis-je supposée réagir ? Après tout, ce n'est pas tous les jours que l'homme qu'on voit en rêve depuis des années se pointe sans crier gare. En chair et en os.

Est-ce que je suis folle ? Les mots ne parviennent pas à traverser mes lèvres de marbre, alors que mes yeux l'interroge silencieusement sur son identité. La tension devient trop lourd. Mon corps retrouve la faculté de respirer à l'instant même où je m'arrache à ses prunelles si saisissantes, que je découvre aujourd'hui pour la première fois, mais dans lesquelles j'aurais juré m'être perdu des centaines de fois … Sans chercher à m'en cacher, mon regard le parcourt tout entier. Je repère un casque usé sur le comptoir. Une boule de poils fauve attire ensuite mon attention entre ses bras.

C'est le moment que choisit ma stagiaire pour réapparaître plus ou moins dans mon champ de perception. Du bout du couloir elle m'annonce que la salle d’osculation est prête. Les choses s’imbriquent alors dans ma tête. Mon fameux patient ne fait désormais plus qu'un avec le petit chat qu'Aid... que cet homme tient dans les bras. D'un coup, je retrouve mon aplomb. Ça suffit à présent. Toute cette histoire n'est qu'une horrible plaisanterie du destin. Et une coïncidence ahurissante. Ce garçon ne sort pas de mes rêves. Il est réel. Et il ne s'appelle certainement pas Aiden.

Je brise alors la distance entre nous deux. Bien décidée à mettre ma folie inquiétant de côté, j'essaye de sourire comme je le peux et me présente rapidement.

- Docteur Harrington. Je vais m'occuper de ce chat si vous le permettez.

Sans attendre une quelconque réaction de sa part, et en essayant à présent d'éviter au mieux son regard, je tends les bras et attrape l'animal réfugié contre sa chemise. Je l'invite rapidement à faire le tour du présentoir pour me suivre dans la salle de travail, même si je meurs plutôt d'envie de lui demander de ne pas m'approcher de trop prêt.

Le silence glacial du cabinet remet un peu d'ordre dans mes idées. Il faut que je recentre mes priorités sur l'état de ce chat. Je le dépose avec délicatesse sur la table d'osculation et boutonne rapidement ma blouse en faisant le tour pour me mettre face à l'individu aux yeux ensorcelants. Et pour placer un nouvel obstacle entre lui et moi, par la même occasion. J'enfile une paire de gants et entame un premier examen rapide de l'adorable petite créature. Pas de saignement, ni de convulsion. De toute évidence, le diagnostic de ce matou n'est pas engagé.

- Que lui est-il arrivé à ce bonhomme ? Avez-vous pensé à prendre son carnet de santé ? Il faudra s'assurer que ses vaccins sont à jour.
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MessageSujet: Re: Il faut sauver Kitty ! [Kayden]   Jeu 13 Oct - 17:58


« Il faut sauver Kitty ! »

Je n'arrive pas à réfléchir, ni à émettre un son. Elle est là, devant moi. La femme que je rejoins en rêve aussi souvent que possible. Elle vit dans la même ville depuis tout ce temps ! Elle a l'air aussi abasourdie que moi mais quelques mots franchissent ses lèvres. Une expression spontanée mais si lourde de sens par son ironie. Sa voix, sa voix est la même que dans les rêves. C'est drôle. Quand je pense que pas plus tard qu'il y a deux jours on était coursés par des monstres en chocolat dans un univers digne de l'usine de Willy Wonka en riant aux éclats, complices comme jamais. Je ne sais pas où me mettre. Je ne peux pas m'empêcher de la dévisager. Et à ce que je vois aussi. On se scrute, de haut en bas, comme si on voyait un fantôme, muets comme des carpes. Nos regards sont comme aimantés. Tous les deux, nous semblons poser la question est-ce que c'est bien toi?. Si elle savait ! Puis-je seulement lui dire ?

C'est le blocage intégral dans mon esprit si bien que je remercie à la personne de l'accueil de réactiver l'action. En se mettant à parler, il semble qu'elle rompt  le charme, si on peut appeler ça un charme tant il y a de tension. Elle rappelle Kaylee à la réalité de son métier. Et moi, je détache mes yeux d'elle à contrecœur pour lancer un regard à ma pauvre victime couleur caramel en souffrance qui cette fois me porte un regard lourd de reproches. Il faut dire que je le fais attendre le pauvre. Kaylee semble reprendre vie soudain, sa passion pour sauver les animaux la rattrape. Elle se présente alors, de manière très professionnelle. Je tente de lui sourire mais c'est comme si mes muscles étaient encore bloqués et du coup ça doit sembler douloureux. En tout cas ça l'est. Je hoche la tête. J'oublie de me présenter à mon tour. Je me dépêche de déposer le chat sur la table d'auscultation lorsqu'elle me demande de le faire, provoquant un miaulement de douleur.

« Pardon chaton, j'voulais pas te faire mal. » dis-je dans un presque murmure.

De l'autre côté de la table d'auscultation, mon inquiétude pour le chat a repris le dessus de manière assez vive. Et tandis qu'elle l'ausculte avec précautions, je me mords la lèvre inférieure de stresse. A tous les coups je lui ai cassé quelque chose en le percutant. Je ne peux pas l'avoir juste assommé ! Voilà qu'elle me parle. Je frémis. Elle évite mon regard, c'est évident. Mais le chat d'abord, Kaylee ne va pas s'envoler....pas tout de suite j'espère. Ce qui est arrivé ? Un carnet de santé ? J'essaie de me calmer avant de parler. Je ne m'en rendais pas compte avant, mais je tremble. Ma voix tremble d'inquiétude.

« Je...je l'ai percuté avec mon scooter ! Je ne l'ai pas vu ! Il est sorti du fossé ! J'avais la tête ailleurs. Je me suis arrêté tout de suite et je l'ai emmené aussi vite que possible ! J'ai pas de carnet de santé. Je ne sais pas si ce chat est à quelqu'un mais c'est la première fois que je le vois. Je m'en veux tellement ! »

Je m'arrête là. J'ai tout dit de toute façon et puis je suis trop fébrile pour avoir un discours cohérent. Je cherche le regard de Kaylee tout en n'osant pas à la fois. Je suis dans tous mes états. J'ai fait du mal à un animal que j'adore par-dessus tout et en plus je fais mauvais impression devant la femme qui obnubile toutes mes pensées. Je n'arrive toujours pas à y croire, qu'elle soit devant moi. Je pourrais la toucher...pour de vrai. Combien de fois je l'ai déjà prise dans mes bras ? Mais ce n'était que des songes...si je le fais maintenant, elle risque de fuir. Je risque de passer pour un harceleur. Puis je vois bien ces petits coups d’œil méfiants à ma personne. J'aurais aimé te rencontrer dans d'autres circonstances...J'inspire un grand coup et d'une voix légèrement posée, je demande.

« Est-ce qu'il va s'en remettre ? C'est possible de savoir s'il est à quelqu'un ? Il a une puce ? »

La boule de poils tourne les yeux vers moi. Des yeux qui, en y repensant ressemblent beaucoup à ceux de Kaylee. Je ne peux  pas m'empêcher de fixer la petite bête. C'est décidé, si ce chat n'est à personne, je l'adopte. C'est forcément un signe du destin. Je veux dire, on ne percute pas tous les jours un chat pour se rendre dans un cabinet de vétérinaires où se trouve la femme qu'on cherche depuis si longtemps !

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MessageSujet: Re: Il faut sauver Kitty ! [Kayden]   Jeu 13 Oct - 22:37



   
   Il faut sauver Kitty !
   Aiden & Kaylee

S
a présence se fait pesante dans la pièce. Ça m'électrise. J'ai les nerfs à fleur de peau, et pourtant je ne me suis jamais connue aussi calme et réfléchie qu'à cet instant précis. Bien qu'un coin de mon esprit s'affole et se frappe contre les murs de ma boîte crânienne, l'essentiel de mon intention est porté sur l'état du petit chat au pelage roux. Néanmoins, je ne peux m'empêcher de lancer un coup d’œil en biais à mon interlocuteur, devant la vitesse de son discours chaotique. Est-ce que mon fantôme va faire un malaise ? J'ai connu des vieilles dames assez attachées à leurs yorkshires nains pour défaillir dans la salle d'attente, jusque pour quelques vomissements de leurs toutous adorés. Si tout le monde était aussi inquiet du sort des bêtes à passer sous les roues des voitures, l'humanité remonterait probablement dans mon estime. En attendant, celui-ci a de la chance d'être encore en vie.

Je regrette néanmoins mon regard, pourtant si bref, au vu du dérangeant frémissement qui me remonte le long de l'échine. La ressemblance de cet homme avec celui que mon esprit construit et imagine la plupart de mes nuits est ahurissante. C'était déjà étrange de voir continuellement le même individu en rêve, et ce depuis des années. Ça devient carrément inquiétant de le croiser à présent dans le monde réel.

Je me laisse aller à un petit soupir silencieux, avant de me reconcentrer. L'animal ne bouge pas, recroquevillé au beau milieu de l'austère table d’auscultation. J'attrape sa petite gueule pelucheuse avec délicatesse, examine son museau et soulève ses paupières. D'ordinaire, les chats se font percuter à la tête lorsqu'ils ne se font carrément pas rouler dessus. Le dommage causé à leur squelette fragile et les hémorragies internes finissent par les faire saigner du nez. Certains, selon leurs blessures, se mettent à pleurer du sang. En général, c'est vraiment très mauvais signe. Vraiment. Et en l’occurrence … Seules deux prunelles empreintes de peur me répondent, sans que le moindre mauvais présage ne se dessine à l'horizon.

- Ça arrive à tout le monde, et la plupart des chats jaillissent sur la chaussée sans qu'on ne les voit venir. Je pense que celui-ci a eu énormément de chance. Les dégâts se situent plutôt à l'arrière-train on dirait.

Je me racle la gorge, dérangée à l'idée de devoir m'exprimer devant une silhouette qui m'intrigue et me terrorise franchement à la fois. J'aimerais rentrer dans le sol, ne faire plus qu'un avec le carrelage, et me faire oublier du reste du monde. Chassant rapidement mes angoisses personnelles, j'attrape le matou par la peau du cou et l'emmène avec moi vers l'autre bout du cabinet. Mes pas suivent presque aveuglément le chemin tracé par l'habitude, lorsqu'ils freinent brutalement avant d'effleurer l'inconnu. Je rentre la tête dans les épaules et esquisse un petit sourire gêné avant de m'écarter rapidement.

- Désolée, hm … Il faudrait que je lui fasse passer une radio et … la machine est juste là.

Je fais une petite moue contrite avant de désigner l'appareil juste derrière lui. Alors que je me faufile un chemin, je déglutis avec peine. Bon sang ! Un peu plus et un contact physique était établi. Qu'est-ce qui se serait passé ? Un dérèglement des lois physiques ? Une explosion ? Est-ce que j'aurais été frappée par la foudre, pour mourir sur le coup en serrant ce pauvre chaton entre mes bras ? La petite boule de poils trouve sa place au sein de l'engin. Je papillonne autour quelques instants, le temps de bien l'installer et de lancer la radio. Ce faisant, j'en profite pour examiner ses deux oreilles, en quête d'un quelconque tatouage.

- Ce chat n'est pas marqué, et il n'y a aucune trace d'un collier. Il est plein de parasites, et en toute franchise, il a l'air assez maigre. Je parie plutôt sur un chat de gouttière. Si personne ne vient le chercher, il ira en refuse malheureusement …

Les résultats apparaissent sur l'écran de l'ordinateur, à deux pas de là. De quelques caresses, je demande silencieusement au chat de ne pas bouger de sa place.

- Hm, okay … Ça, c'est la patte arrière gauche, expliquais-je en pointant une zone précise de la photographie en noir et blanc. Il y a plusieurs fractures. Ça va nécessiter la pose d'une broche. Et ça, c'est une côte cassée. Ça aurait pu être bien plus grave ! Votre chat est un miraculé.

Je fais volte face, mais mon sourire triomphant s'envole presque aussitôt. Je pince mes lèvres et fais une petite grimace embarrassée. Les jeux de rôle n'ont jamais été mon fort … Mais pour le confort d'une petite bête poilue potentiellement adoptée, je me suis longuement entraînée.

- Enfin, je veux dire … 'ce' chat … Nous allons devoir le garder pour l'opérer. Ça laissera peut-être le temps à ses propriétaires pour se manifester …
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MessageSujet: Re: Il faut sauver Kitty ! [Kayden]   Jeu 27 Oct - 13:54


« Il faut sauver Kitty ! »

Plus je l'observe et plus j'ai l'impression de ne pas être à ma place. J'ai pas besoin d'être devin pour voir que ma présence la met mal à l'aise et que s'il n'y avait pas la vie d'un adorable animal en jeu, elle m'aurait déjà mis à la porte. En même temps....je comprends. Si j'essaie de me mettre à sa place, c'est juste complètement dingue. Elle me dévisage constamment, me regarde comme si j'étais une apparition fantomatique ou comme si j'allais exploser d'une seconde à l'autre. Et moi ? Je suis incapable de détacher mon regard d'elle. Comment pourrais-je ? Je suis soulagé quand le professionnalisme reprend le dessus. Cela nous remet dans un statut plus neutre et c'est bien. Ça nous donne un cadre. C'est bien les cadres. On peut mettre de jolies choses dedans...quoi ? Je déraille totalement.

Elle me fascine. Chacun de ses mouvements m'hypnotisent. Le dialogue client-vétérinaire reprend. Elle m'explique. Elle n'est pas étonnée, ça arrive souvent ce genre de situations. Le diagnostique est plutôt rassurant, la vie du chat ne semble pas engagée. Elle bouge soudain. Il faut que je me pousse. Je mets du temps à réagir et on manque de se frôler. Je recule alors d'un pas, pour lui laisser son espace, un air un peu désolé sur le visage. Je regarde alors comment elle s'y prend. Des gestes assurés, fermes pour faire vite sans appuyer la douleur de l'animal. J'apprécie et ma pauvre victime aussi. Il se laisse faire, sûrement conscient que c'est sa porte de sortie. Les animaux (qui ne sont pas trop idiots bien sûr) sentent ces choses-là. Quelque part, ça me rassure de savoir que j'adopterai sûrement un chat pas trop con.

Kaylee recommence à parler, je sursaute à moitié. J'étais perdu dans mes pensées. Le chat est probablement un chat de gouttière. J'acquiesce d'un mouvement de tête pour montrer que j'ai compris. Elle évoque la probabilité que l'animal aille en refuge. Mon expression passe à la tristesse. Non alors ! Mais je n'ai pas le temps d'ouvrir la bouche qu'elle poursuit les explications, alors, j'essaie de me concentrer sur l'écran qui montre la radio du félin caramel pour qui le temps doit paraître une éternité en ce moment même. Il va falloir opérer. Je grimace, j'espère que ça ne va pas coûter trop cher...parce que peu importe à qui le chat est, c'est à moi de payer les frais pour ça. Mes calculs en devenir s'arrêtent là. Kaylee vient de se retourner vers moi, un sourire aux lèvres tandis qu'elle annonce que mon « chat est un miraculé ». Je suis complètement subjugué, l'espace des quelques petites secondes où l'expression rayonnante de la jeune femme illumine la pièce, je suis sûr et certain que la Kaylee que j'ai devant moi est bien celle que je connais.

Mais le bonheur qui anime mes entrailles et mon sourire idiot sont de courte durée. Comme si elle s'était prise en faute elle-même, son sourire s'estompe rapidement pour laisser place à la gêne. Elle se reprend et précise les démarches qui vont suivre. Je ne sais pas vraiment quoi dire. J'ai envie de lui dire que je vais tout lui expliquer, que les choses ne sont pas si folles que ça, qu'il ne faut pas qu'elle ait peur de moi... Mais ce serait prendre des risques inutiles, surtout à ce moment exact. Nous sommes trop perdus, l'un comme l'autre dans nos sentiments respectifs. Le chat. Un sujet sûr, neutre.

« Hum...d'accord...je euh...je vais m'occuper des frais d'opération bien sûr et... »

Je regarde le chat dont les yeux n'ont cesse de me suivre, comme si je lui devais quelque chose. Mentalement je lui promets de prendre soin de lui. Je pose de nouveau mon regard sur Kaylee et poursuis.

« ….et s'il n'est à personne, je pense l'adopter. J'aurais préféré qu'on se rencontre dans d'autres circonstances, mais j'imagine que ça devait se passer comme ça. »

Mes lèvres s'étirent en un sourire gêné tandis que je me passe la main derrière la nuque pour me donner une contenance. J'ai volontairement lâché cette remarque ambiguë en espérant que Kaylee comprenne le sous-entendu. Timidement, je demande encore.

« Quand est-ce que je pourrais revenir vous voir ? P..pour voir le chat hein, comme il va être opéré.... »

Qu'est-ce qui me prend ? Si je veux faire fuir la belle vétérinaire c'est comme ça qu'il faut que je continue ! Quel imbécile ! Je fais une mimique désolée et j'essaie de reprendre une expression tout à fait neutre, mais, je dois avouer que je commence à suer légèrement tant je n'en mène pas large. Mes mains sont devenues moites. Si jamais elle me serre la main pour me dire au revoir, j'suis pas dans la...erf, même si c'est bizarre, tant pis, je m'essuie aussi discrètement que possible sur l'arrière de mon jean. J'ai jamais été dans un tel état pour une femme.

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MessageSujet: Re: Il faut sauver Kitty ! [Kayden]   Mer 30 Nov - 20:37

Spoiler:
 



   
   Il faut sauver Kitty !
   Aiden & Kaylee

E
n situation étrange, le mieux est encore de se rattacher à la seule chose qui paraît plus ou moins stable. De manière générale, ma vie entière ressemble à un bateau en pleine tempête, qui tangue au gré de ma malchance légendaire et mes maladroites mésaventures. De tout ce périple, mon boulot est toujours resté le mât droit, haut et fort, de mon petit navire malmené. Qu'est-ce qui se serait passé si j'étais tombée nez à nez avec cet homme qui ressemble comme deux gouttes d'eau à Aiden en pleine rue ? Loin de mes repères, et surtout loin de mon professionnalisme ? J'aurais été capable de tourner de l'oeil dans le caniveau, ou hurler à une invasion d’extra-terrestres. Dans tous les cas, j'aurais probablement fini à l’hôpital, et les médecins auraient compris que quelque chose cloche chez moi. Certes. Heureusement que ce type s'est pointé au cabinet vétérinaire. Au moins, mes collègues ont plus ou moins l'habitude de mon étrangeté.

Je souris discrètement lorsqu'il bredouille qu'il adoptera ce malheureux chat, une fois qu'il se sera remis de son accident. Les refuges d'animaux sont plein à craquer de bêtes aussi tristes les unes que les autres, en manque d'attention, d'amour, et, en un mot, d'une famille qui saura les chérir mieux que leurs précédents propriétaires. Ce matou aurait survécu à son aventure, bien sûr. Mais il aurait fini aussi seul et abandonné que les autres. Intérieurement, c'est une petite victoire, sur laquelle je me concentre du mieux que je le peux pour ne pas courir partout en criant comme une demeurée.

Néanmoins, mon étrange client en a décidé tout autrement. Alors que je déglutis pour me préparer à le rassurer sur les frais engendrés par l'opération, il prononce des mots qui auraient dû être interdits tant ils figent jusqu'au plus petit muscle de mon corps. Se rencontrer dans d'autres circonstances ? Je m'étouffe avec ma propre salive, et tousse la moitié de mes poumons devant le regard timide et angélique de l'inconnu. Je pose une main sur ma poitrine, comme pour m'aider à retrouver un peu d'air, et me cache derrière mon poing pour pouvoir m'étouffer en gardant un minimum de dignité. C'est finalement les larmes aux yeux et les joues toutes rouges que je me redresse et reprends contenance.

- Désolée, je … euhm … Un début de grippe sans doute …

Je me détourne en faisant mine de caresser la petite boule rousse, afin de pouvoir grimacer et me maudire du ridicule de la situation. Je tique à nouveau lorsqu'il évoque le prochain rendez-vous, car bien évidemment je n'avais pas encore imaginé les conséquences que l'adoption que j'ai encouragé vont engendrer. Il va revenir ici, nécessairement. Et même si je ne peux que saluer une telle bienveillance, je ne peux m'empêcher de me dire que je serais peut-être en congé ce fameux jour. Comme un bien heureux fait du hasard … Mais je ne tarde pas à me reprendre. Cet homme n'y est pour rien si je suis complètement dingue.

- Vous n'êtes pas obligé, débitais-je alors à toute vitesse. Je veux dire, d'adopter ce chat et de payer les frais. Nous l'aurions soigné gratuitement s'il n'était à personne. Nous ne sommes pas des monstres et, hm …

Je soupire. Me voilà perdue dans mon discours, comme bien souvent lorsque mes méninges disjonctent totalement. Je repose mon attention sur l'animal et pose ma main sur sa petite tête douce.

- Mais vous rendriez un grand service à ce chat.

Un faible miaulement répond à mon geste tendre, ce qui a le don de me faire sourire comme un cœur en chocolat fondu. Le félin gagne quelques caresses supplémentaires pour la peine, et j'en profite pour me détendre à nouveau. Depuis une demi heure, mes nerfs sont en pleines montagnes russes. Je frôle l'hystérie aussi vite que mon esprit s'apaise, lorsque je me répète que tout ceci n'est qu'un gros malentendu.

- Nous devrions l'opérer aujourd'hui, si tout va bien. Je le garderai simplement deux ou trois jours, pour m'assurer que tout va bien, et que la broche reste bien en place. Il gardera un bandage quelques temps, pour immobiliser tout ça. Interdiction de sortir, du coup. Et il faudra revenir d'ici quelques mois, afin de lui ôter cette fameuse broche, une fois que les os seront correctement réparés. Mais … On vous réexpliquera tout ça la prochaine fois. Si vous revenez.

Cette fois c'est à lui que je souris. À l'homme qui ressemble à Aiden.

- Je vais demander à ma stagiaire de préparer le matériel. En attendant, il faudrait aller remplir quelques papiers. Enfin, si vous voulez bien …

Je prends le risque de laisser le chat blessé là où je l'ai déposé, sachant très bien que les probabilités de le voir sauter de son perchoir sont vraiment moindres, au vu de sa patte complètement bousillée. J'invite donc mon client à reprendre le chemin inverse, jusqu'au comptoir de l'accueil. En quelques mots je donne les principales directives à ma subordonnée, et lui fais confiance pour installer la salle d'opération comme il se doit. L'inconnu rejoint l'autre côté du bureau, et cette nouvelle barrière entre nous semble m'aider un peu plus à respirer. Plus à l'aise désormais, je m'installer derrière l'ordinateur et farfouille sur l'écran avant de trouver le formulaire qui m'intéresse.

- Très bien, je vais simplement prendre vos coordonnées, mais c'est surtout pour vous prévenir lorsque vous pourrez venir récupérer votre chat. Alors, hm ... Je vais commencer par votre nom et prénom …

Ma lèvre inférieure se coince distraitement entre mes dents, alors que je fais mine de me concentrer sur l'écran. Finalement, je ne peux pas m'empêcher de relever les yeux pour lui jeter un rapide petit coup d’œil. Maintenant, c'est le moment de vérité. Le moment où j'apprends que ce monsieur s'appelle Jean-Charles, et que nous ne nous sommes jamais croisé de la vie.
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MessageSujet: Re: Il faut sauver Kitty ! [Kayden]   Mer 11 Jan - 13:23

=D:
 


« Il faut sauver Kitty ! »

Je ne peux toujours pas m'en empêcher, je l'observe. Je ne pense pas être discret et c'est bien le cadet de mes soucis. Elle est là, devant moi. Je la trouve encore plus attachante que dans ses rêves. Elle semble être tout un paradoxe, fragile et forte à la fois, sûre d'elle puis maladroite. Je fonds complètement. Et en même temps je me sens mal. Je ne sais toujours pas comment expliquer ce qui se passe. Si jamais elle finit par me poser la question...je fais quoi ? Ma remarque semble avoir fait son bonhomme de chemin, mais pas comme je l'espérais, c'est même limite trop brutal.

Elle commence à tousser comme si elle allait s'étouffer. J'amorce un geste vers elle que je finis par retenir. Je me sens tellement con. J'aurais voulu l'aider, mais comment ? Je me contente d'attendre, perturbé au possible, tiraillé entre ma retenue et ma familiarité avec elle, malheureusement à sens unique dans la réalité. J'aurais pas pu la boucler aussi ?! Mais bon. Il fallait que je tente quelque chose. Quitte à bousiller toutes mes chances en une fois, autant le faire bien !

La voilà qui me répond l'air de rien. Elle semble soulagée que je veuille adopter le chat même si elle me dit que je n'y suis pas obligé, elle ne manque pas d'insister sur la bonne action que je fais, une remarque faiblement mais sûrement ponctuée par un petit miaulement de l'intéressé. Cela m'arrache un tendre sourire envers la boule de poil. Là-dessus, je peux vraiment rassurer Kaylee.

« J'y tiens, vraiment. Je voulais un chat depuis longtemps, je n'osais pas franchir le pas...et bah voilà, il l'a fait pour moi...haha..ahem. Pardon. Je te dois bien ça buddy. »

Finis-je en regardant la tête rousse. Je me tais. Je suis gêné là. J'en fais trop. Je lâche un soupir supplémentaire, me maudissant intérieurement. Je ferai mieux de me taire. Je me passe encore la main derrière la nuque. Puis elle retombe le long de mon corps. Je suis vraiment à la merci de cette femme. Elle caresse la tête du chat et semble se ressaisir. Heureusement pour moi elle reprend la parole au sujet de l'opération et de l'organisation future autour du chat. Je l'écoute attentivement en essayant de ne pas me perdre dans son regard troublant et attirant. Elle me sourit même. Mon cœur manque un battement. Elle est tellement belle. La voir sourire en rêve c'est une chose, en vrai, c'en est une autre. Je suis davantage subjugué. Il ne faut pas que je me laisse aller. Je suis sûr que je souris comme un idiot là.

Elle prend la situation en main. Des instructions. C'est une bonne chose. Je n'ai pas saisis toute sa phrase, juste compris qu'elle et ses collègues allaient désormais prendre le relais. Lorsqu'elle m'invite à sortir de la salle d'auscultation je me permets de faire une dernière gratouille au chat.

« Je reviendrais mon grand. Tiens le coup ! »

Le moment de calme avant la tempête. Je sens mon ventre qui se serre. Elle a parlé de documents à remplir. Quoi de plus normal après tout. Mais ça veut dire, révéler mon identité. Va-t-elle fuir ? Son regard se fait insistant. Je suis sûre qu'elle aussi attend beaucoup de cette révélation. Je me tord les mains. Je tremble presque. J'ai l'impression d'avoir été coffré pour un crime et d'être en interrogatoire bien musclé. Sauf que l'inspecteur qui me questionne a des yeux de biche dans lesquels on a envie de se perdre, des cheveux qu'on a envie de toucher, et une bouche que je rêve d'embrasser. Mais elle ne peut rien savoir de tout ça. Non. Je déglutis difficilement et finis par lâcher ce qu'elle veut, ou ne veut pas entendre. Comme une sentence qui tombe. La tension est à son comble. Je n'ai jamais été si peu sûr de moi en prononçant mon nom que pourtant je connais bien. Presque comme si j'en avais honte, je glisse ces mots dans un murmure.

« Fawkes...Aiden Fawkes. »

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MessageSujet: Re: Il faut sauver Kitty ! [Kayden]   Dim 22 Jan - 22:25



   
   Il faut sauver Kitty !
   Aiden & Kaylee


Aiden Fawkes.

Le monde disparaît autour de moi. Je crois que le sol se serait mit à tanguer sous mes pieds, si je ne m'étais pas déjà assise derrière le comptoir de réception. Ma trachée se bloque et refuse de laisser passer la moindre goulée d'air. Je me fige totalement sur la chaise, et fixe l'homme en face de moi sans ciller un seul instant. Aiden. Ce prénom se répète inlassablement dans ma tête, comme un tenace écho au fond d'une chaîne de montagnes. Combien de fois l'ai-je silencieusement prononcé, seule au fond de ma chambre ? Combien de fois me suis-je réveillée en pleine nuit, les pensées gavées par la présence d'un type imaginaire et de ce nom si particulier ? Mon esprit le tourne dans tous les sens. Cherchant toutes les sonorités possibles. Non, décidément, il n'y a pas plusieurs façons de le prononcer. Il s'appelle Aiden. Merde. Est-ce que j'ai pu l'imaginer prononcer cette phrase, pour avoir redouté de l'entendre ? J'ai peut-être mal écouté. J'ai peut-être … Non. Il s'appelle vraiment Aiden. Ce n'est pas possible. La coïncidence est trop … trop folle. Trop grossière. Et au vu de son expression aussi blême que la mienne, tout ça n'a rien d'un horrible hasard. J'ai déjà vu cet homme dans mes rêves. Je connaissais déjà son identité. Et pourtant, c'est la première fois que je le rencontre. Je n'arrive pas à trouver de conclusion logique. Mon esprit refuse catégoriquement d'en venir à l'énorme conséquence qui en découle. C'est trop irrationnel. C'est … inconcevable.

Je crois que mes yeux sont aussi ronds que des soucoupes. Je crois également qu'ils sont silencieusement en train de le supplier de ne pas avoir dit ça. Ça ! Aiden. J'ignore qui de nous deux va tomber à terre en premier, complètement asphyxié par les tensions de cette situation. Quelque part dans mon dos, j'entends les bruits étouffés de la salle de repos. Deux de mes collègues sont en train de discuter. Ça me semble irréel, tant tout semble s'être pétrifié dans le temps ici. Par un miracle inimaginable, je parviens néanmoins à me détacher de ce visage aux yeux clairs que je ne parvenais pas à regarder tout à l'heure. Mon souffle se débloque dans ma poitrine. J'inspire avec mille précautions en me tournant vers l'ordinateur. Sans un mot, mes doigts fébriles retapent maladroitement les informations sur le clavier. Je bats furtivement des cils. Voir ce prénom inscrit à l'écran me perturbe et m'étourdis plus encore. C'est comme ancrer cette folie dans la réalité. La garder là, dans un dossier soigneusement classé, sans aucune possibilité de l'oublier. Sans aucune possibilité de penser l'avoir imaginé. Aiden est là, sauvegardé au fond de cette machine, et gravé au fond de mon crâne. Si demain je reviens pour vérifier, il sera toujours là. Mon dieu …

- Je, wow … D'accord …

Je déglutis difficilement. Il faut que je trouve une explication cohérente. Je suis une scientifique après tout, bon sang ! L'inconscient est incapable de créer le visage d'un individu qui n'existe pas. Est-ce que j'ai pu croiser ce type par le passé ? Est-ce que ça pourrait remonter assez loin dans mon adolescence pour qu'il m'ait marqué sans que je ne m'en souvienne ? Ça n'expliquerait pas son attitude. Puis … Ce serait absolument déconcertant. Et très peu convaincant …

A court d'arguments, je passe mes doigts froids sur mon visage avant d'en revenir à mon fameux client. À présent je ne parviens plus à dissimuler mon désarroi, et je ne cherche même plus à le cacher, maintenant que je suis presque persuadée que mon interlocuteur se trouve dans la même situation dérangeante que moi. N'y tenant plus, je cache mes mains moites sous le bureau et lui lance un regard totalement désarmé.

- Est-ce que … Est-ce qu'on se serait déjà rencontré ?
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MessageSujet: Re: Il faut sauver Kitty ! [Kayden]   Jeu 9 Fév - 17:21



« Il faut sauver Kitty ! »

J'ai l'impression qu'une faille temporelle s'ouvre au moment où je prononce mon nom. Je la regarde intensément alors que j'aurais voulu fuir son regard. Je me sens extrêmement mal et en même temps, je ne peux m'empêcher d'être plein d'espoir. C'est un moment qui est déterminant sur la suite de notre relation. Si elle accepte la réalité des faits, si ce n'est pas une sceptique quand à tout ce qui est un peu surnaturel, car avouons-le, gober sans problèmes que la nuit, des gens se transforment en Gardiens et en Cauchemars et se tapent sur la gueule dans l'inconscient de Rêveurs pour diverses raison, c'est pas donné à n'importe quel esprit sain venu. Les dès sont jetés et moi, j'ai l'impression d'être au bord d'un précipice sans fond. J'ai carrément la nausée à cause de toute cette tension qui contracte tous mes muscles. C'est quand elle se décide enfin à bouger, que comme par magie, mes muscles se détendent. Elle murmure plus pour elle-même que pour moi.

Elle sait qui je suis vraiment, il n'y a plus aucun doute là-dessus. Mais si je sais bien une chose à propos de Kaylee depuis qu'on se fréquente oniriquement, c'est qu'il lui faut le temps d'encaisser l'info. Je n'en rajoute pas, j'attends qu'elle me pose les autres questions pour remplir ce dossier. Oui, il faudra bien aussi que je lui donne mon adresse et mon numéro de téléphone.... Visiblement, ce n'est pas sa priorité. Elle a l'air vraiment perturbée. Une nouvelle fois, elle me pose une question que j'aurais préféré éviter. Mais la voir dans cet état me fait réaliser qu'elle a besoin d'une réponse. Je ne peux pas me résoudre à lui avouer tout ça maintenant. Y'a pas moyen, j'vais juste passer pour un taré si elle refuse de me croire. Ou si quelqu'un nous entend. J'aurais bien aimé l'inviter pour un café mais je n'en ai absolument pas le courage. Pas là, c'est comment dire....trop tôt. Je cherche quoi dire pour ne pas mentir.

Soudain c'est le déclic. Comment je n'y ai pas pensé plus tôt ? Je me sens soudain beaucoup mieux et un sourire encore timide mais naturel s'étire sur mes lèvres. Oui, c'est bien, comme ça, je ne mens pas, et on y va en douceur.

« C'est bien possible ! Je suis livreur de pizza le soir et le weekend. »

Bon, c'est pas le métier dingue à présenter quand on parle à la fille de ses rêves, surtout quand elle fait un métier classe comme vétérinaire, mais au moins, c'est une excellente explication. Ce qu'elle ne sait pas c'est que je ne lui ai jamais livré de pizza, je m'en serais souvenu pour sûr ! Je me tais pour voir sa réaction. Sera-t-elle déçue ? Soulagée ? Va-t-elle comprendre que cette réponse n'est que temporaire et jouera-t-elle le jeu ? Oserais-je retourner la voir dans son sommeil ? Me posera-t-elle des questions ? Mon cœur se remet à battre un plus rapidement. Et dire que je rêvais de la rencontrer, j'ai envie de fuir à toute vitesse. Et en même temps j'aimerais que le temps s'arrête. Urgh ! J'espère qu'elle ne sait pas lire les pensées ! Pour combler un blanc potentiel, j'essaie de relancer maladroitement la conversation.

« Hum...euh..est-ce qu'il y a des choses à savoir à propos de la suite des opérations ? Enfin à propos du rouquin. Du chat. »

J'suis perturbé, ça c'est clair. Elle va me prendre pour un fou. J'essaie malgré tout de garder une expression avenante sur le visage.

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MessageSujet: Re: Il faut sauver Kitty ! [Kayden]   Mer 15 Fév - 22:04



   
   Il faut sauver Kitty !
   Aiden & Kaylee

Un étrange frisson me secoue la nuque lorsqu'il affiche ce petit sourire timide. C'est un geste que j'ai l'impression d'avoir vu des centaines de fois. Il bredouille quelques explications, et ça en revanche, ça ne m'est pas aussi familier cette fois. Je baisse la tête en battant des cils pour ne pas avoir l'être trop hébétée. Est-ce que je m'attendais vraiment à ce qu'il m'explique qu'il travaille pour une organisation scientifique occulte, dont l'objectif est de saisir les complexes rouages des rêves humains ? C'est délirant. Je replace une mèche de cheveux derrière mon oreille, comme pour gagner du temps. Mon esprit embrouillé s'accroche de toutes ses forces à ses propos. Pour un livreur de pizza, c'est vrai que j'aurais eu mille fois l'occasion de le croiser aux quatre coins de Manchester. Mon voisin psychopathe en est particulièrement friand, et il arrive parfois que le livreur se trompe de numéro de porte. Toutefois, tout au fond de moi, je sais que cette réponse n'est pas satisfaisante. J'essaye de ne pas y penser, d'accepter ses paroles et de me détourner au plus vite de mes craintes et incertitudes pour ne pas tomber sur la faille béante de ce raisonnement.

Si par le plus gros des hasards cet homme livre des pizzas depuis déjà dix ans, je n'ai pas toujours vécu à Manchester. J'ai commencé à voir ce visage la nuit à la fin de mon adolescence ... Est-ce vraiment possible qu'il ait travaillé dans la petite ville tranquille de mes parents ? Eux qui ne mangent jamais ce genre de cochonnerie … ?

- Oui ... c'est sûrement ça, bafouillais-je avec un sourire incertain.

Je me concentre à nouveau sur l'écran, mais le fait est que je suis complètement perdue. Où en étais-je ? Une porte s'ouvre dans mon dos. Ma collègue Mary apparaît à côté de moi, ses deux mains appuyées contre le bord du plan de travail. Son parfum m'indique que c'est elle sans même avoir besoin de tourner la tête. Elle offre un sourire charmeur à « Aiden », mais je suis bien trop étourdie pour réagir d'une quelconque manière. Mary est belle. Mary est grande, avec des jambes interminables. Mary est pulpeuse, délicate, adorable et … en un mot, Mary attire généralement beaucoup de regards captivés, là où moi et ma maladresse ne récoltons que de coups d'oeil amusés et éberlués. Il faudra que je lui demande de me décrire mon fameux livreur de pizza tout à l'heure, juste pour vérifier que nous avons bien vu le même homme toutes les deux. Et pour m'assurer que mon esprit tordu ne s'est pas amusé à me faire voir une apparence totalement fictive.

- Tu as encore des soucis avec cet ordinateur ? me lance-t-elle avec un léger rire.
- Je, euh … Oui ? Est-ce que je peux te laisser finir ça ? J'ai, euhm, besoin d'aller prendre un cachet contre le mal de tête.

Je m'accroche désespérément à cette occasion pour tenter de m'enfuir de cette situation. C'est lâche. Absolument et incontestablement lâche. Mais déjà mes jambes engourdies se lèvent d'elles-mêmes du siège. Je regarde ma collègue. Elle acquiesce et se faufile agilement à ma place. Un poids énorme se libère de mes épaules, tandis qu'une lourdeur s'ajoute à mon cœur. Un étrange paradoxe s'installe. Une partie de moi est se sent soulagée de quitter la vision irréaliste d'Aiden, tandis qu'une autre proteste et chouine à l'idée de le laisser filer et disparaître dans la nature. J'ai tellement de questions brûlantes au bout des lèvres. Des questions que je n'ai pas le courage de prononcer pourtant.

Décidant finalement de m'enfoncer dans mon déni, je vacille un instant avant de rejoindre la petite cafétéria que Mary vient tout juste de quitter. Au moment de passer l'encadrement de la porte mes pas s'arrêtent. Sans que je puisse m'en empêcher, je regarde par-dessus mon épaule. Je croise le regard si particulier d'Aiden. Mon souffle s'éteint une demie seconde. Je déglutis.

Avant de disparaître pour de bon.

END.
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