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 Poor orphan girl ♦ Julia

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libre

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INSCRIT DEPUIS LE : 05/08/2014
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MessageSujet: Poor orphan girl ♦ Julia   Dim 18 Déc - 22:55



   
   Julia & Damian
   Poor orphan girl

Q
uel délicieux petit songe. Quelle misérable petite Rêveuse. Je me fonds dans le décor. Je deviens une ombre. Un semblant de silhouette insaisissable. Et je laisse mes sombres talents s'étendre et prendre peu à peu possession du rêve déjà agonisant de ma chère Julia. En quelques mots, je deviens son pire Cauchemar. Dans tous les sens du terme.

La maison fume encore. Les murs tiennent à peine debout, mais se dressent toujours comme d’insurmontables remparts. L'air est lourd, agressif. Ça pique la gorge et attaque les yeux. Les cendres recouvrent le sol. Cette grisaille mortuaire a pris soin d'absorber jusqu'à la moindre touche de couleur. L'ambiance est triste. L'ambiance est pesante. Au même titre que tous les regrets que porte ma victime sur ses épaules chétives. Debout au milieu des vestiges ce qui étaient autrefois le salon de la maison familiale, elle tourne en rond sans savoir dans quelle direction s'échapper. Une brise imaginaire s'élève. Une photo pour moitié dévorée par l'incendie virevolte jusqu'à elle et vient effleurer l'une de ses mains. Comme une douce invitation à saisir le vieux bout de papier. Comme une promesse d'un agréable souvenir à se remettre en tête. Les doigts blancs de la Rêveuse se referment sur le cliché noirci. Elle cesse enfin de s'agiter comme un rongeur pris au piège, et porte l'objet à ses yeux. Ses traits se tendent. Son teint paraît plus livide encore qu'il ne l'était auparavant. Va-t-elle déjà se mettre à hurler ? Oh … Ce serait dommage. Le plaisir serait déjà terminé. La photographie s'effrite finalement d'elle-même entre sa prise, réduite en poussière tout comme les beaux souvenirs que Julia garde de sa vie d'antan. Tout comme cette maison, au cœur de laquelle elle était pourtant si heureuse avec ses parents. L'image la représentait, elle, avec sa famille, lorsqu'ils étaient encore unis, et vivants. Est-ce qu'ils te manquent, Julia ? Le papier brûlé s'échappe pour de bon entre ses doigts. Il ne lui reste plus qu'à relever la tête. Devant elle, son père et sa mère sont apparus en bas de l'escalier carbonisé. Une tâche sombre et rougeâtre perce leur poitrine. Leurs visages sont graves, blancs, creusés comme celui d'un cadavre. Ils fixent leur fille, leur adorable petite fille.

L'ombre que je suis s'approche dans son dos. Mes mains viennent encadrer chacun de ses coudes ballants dans le vide, la gardant ainsi étroitement tenu sous mon emprise tant physique que mentale. Mes lèvres se glissent contre ses cheveux dorés dans lesquels la cendre s'emmêle.

- C'est toi qui les as tués, Julia … murmurais-je alors doucement à son oreille. En ne faisant rien pour les sauver …


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MessageSujet: Re: Poor orphan girl ♦ Julia   Mar 20 Déc - 14:12

Poor Orphan Girl

Julia & Damian

Le sommeil est un prédateur redoutable. Il me traque. Il me regarde. Il attend que je baisse la garde. Je résiste. La peur me réveille. Courir aussi. M’épuiser pour me réveiller. Les siestes de vingt minutes me font tenir. Elles me permettent de ne pas m’écrouler. Elles sont ma survie.
Malheureusement, aujourd’hui, ma sieste n’en est pas une. Mon réveil n’a pas sonné. Ou peut-être ai-je été trop loin dans mes limites. Je ne sais pas.
Je rêve. Ça non plus, je ne le sais pas vraiment.
Tout est gris. Tout est gris comme d’habitude. Comme je vois la vie maintenant. Gris. Cendré. Pourtant, c’est ma maison, que je vois. Les ruines de ma maison. Elles se dressent devant moi. Je ne comprends pas tout de suite. Tout me parait si réel. Le vent froid qui fait se dresser les poils sur mes bras. L’air lourd et piquant dans ma gorge et mes poumons. La tristesse qui flotte dans l’air. Je veux partir. Cette maison n’est plus la mienne. Depuis trop longtemps. Je ne veux pas m’en rappeler. Je ne veux plus la voir. Elle appartient au passé ! Je dois oublier, oublier, oublier. Fuir.
Mais par où ?
Je tourne en rond.
Il n’y a aucune sortie. Je suis prisonnière. J’ai peur. Je panique. Pourquoi ne puis-je pas sortir ? Tout est trop sombre. Je les sens tout près de moi. Elles recommencent à me suivre. Les ombres. Les ouvertures sont trop nombreuses. Elles vont arriver. Elles m’attendaient. Elles ne tarderont pas à arriver.
Je sens soudainement quelque chose m’effleurer la main. Une photo. La vue de celle-ci me fait pâlir, fléchir. Je ne voulais pas me souvenir. Je devais oublier tout ça ! Elle s’évapore bien vite, heureusement. Je pleure. Je ne peux faire que pleurer. Un grand vide se creuse dans ma poitrine. Je voulais oublier. Pourquoi leur vision continue-t-elle de me pourchasser ? Je lève la tête. Je cherche une sortie. Une issue à cette maison, à ces souvenirs. Je n’en trouve pas. Je trouve mes parents. Ils sont là. Ils sont venus. Je le savais.
Ils me poursuivent toujours, sans arrêt… Je savais qu’ils reviendraient. Il fait trop noir, il fait trop sombre. Tout est trop gris. Ils sont ici. Face à moi, sous l’épaisse couche de larmes qui s’écoule de mes yeux.

C'est toi qui les as tués, Julia … En ne faisant rien pour les sauver …


Je ne peux que hocher la tête. Pourquoi ? Parce que c’est vrai. Je renifle. Les voix ont raison. Elles ont toujours raison. C’est ma faute, c’est tellement ma faute. Je renifle une nouvelle fois. Je m’approche d’eux, une main tendue, secoue de sanglot. Le coeur prêt à exploser.

Pardonnez moi… Par pitié…


J’avance d’un pas. Je les regarde, tellement désolée. Mes jambes ne me soutiennent que trop peu. Elles tremblent. Il ne suffirait qu’un coup de vent pour me faire tomber, tant le poids de la culpabilité m’alourdit, toujours plus, à chaque fois qu’ils reviennent. À chaque fois que les ténèbres se rapprochent de moi.
J’aimerais tellement qu’ils me pardonnent. Ils m’en veulent, je le sais. Pourquoi ne me pardonnent-ils pas ?

 Vous m’avez assez punie … Je m’excuse, ça n’arrivera plus… Laissez moi… Pardonnez moi…


Je ne suis qu’une misérable gamine qui a fait une bêtise. Je ne suis que sanglot et désespoir. Je reste bloquée à quelques pas d’eux. Trop timide pour avancer plus. Et si ils me rejetaient ? Ça ne ferait qu’une fois de plus.
Je ne sais pas si je survivrais à une fois de plus.
Peut-être pourrais-je avoir leur pardon cette fois-ci ?
N’ai-je pas assez souffert pour cela ?
Ahahah.
Je ne souffrirai jamais assez, pour leur mort.
Ma main reste tendue. Comme un mince filet d’espoir, dans mon être gris, tremblant et fatigué. Un espoir de remonter la pente.
Une pente à 90 degrés.  

DEV NERD GIRL

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MessageSujet: Re: Poor orphan girl ♦ Julia   Mer 28 Déc - 23:29



   
   Julia & Damian
   Poor orphan girl

L
es larmes sont un doux chant à mes oreilles cauchemardesques. Une agréable mélodie. Le son de la victoire. De la vitalité. De la force. Une friandise pour mes papilles, une délicieuse sensation pour mon impitoyable instinct. Ma pauvre Julia sanglote. Ses joues sont inondées. S'en est-elle rendue compte ? Le spectacle est désolant. Le spectacle est captivant. Sa main se tend vers un fébrile espoir. Fragile, si fragile. Un sourire carnassier étire mes lèvres moqueuses. Mes pas s'avancent froidement derrière la misérable demoiselle. Les spectres de ses deux parents l'observent, figés comme des statuts de sel, de leurs yeux vides et glacés. Un flot de sang noir et coagulé s'échappe lentement des deux trous qui leur percent la poitrine. Ça coule sur leurs vêtements aussi gris que la cendre, et s'écrase sur le tapis brûlé. Quelques perles de sang éclaboussent les environs et viennent zébrer les chaussures de Julia. Ma tendre Julia. Ses suppliques me ravissent. Elle fait preuve de si bonne volonté … Dommage que le Cauchemar de ce soir soit si implacable, et la faim si persistante … Un ricanement silencieux m'échappe. Je pose ma main d'ombre sur son épaule et la pousse en avant. Qu'elle tombe à genoux, faible et suppliante devant le meurtre de ses parents.

- Pitié … répétais-je en tournant sournoisement autour d'elle, semblable au vautour au-dessus de sa triste proie. Comment peux-tu implorer une quelconque pitié … toi qui n'en as eu aucune. Toi qui les as laissé mourir.

La brise hostile se lève à nouveau. Le teint cireux des deux fantômes s'effrite comme du papier journal brûlé et s'envole avec le vent. Les deux silhouettes deviennent poussières dans les airs, et soulèvent les longs cheveux de Julia dans un brusque souffle agressif. Ils ont disparu. Je me glisse à ses côtés et la surplombe de toute ma hauteur, sans jamais quitter mon état d'ombre floutée. Régalé par la situation, je profite de sa position de faiblesse pour la pousser violemment à terre d'un coup de chaussure dans son épaule.

- Julia, Julia, Julia …

Elle ne peut pas l'entendre, mais mes pas menaçant s'approchent lentement à ses côtés. D'un claquement de doigt, je fais en sorte que la gravité l'écrase et la cloue contre le sol, incapable de se relever pour l'instant. Je m'accroupis près d'elle.

- Penses-tu que, eux, ont mérité leur punition ? Eux qui t'ont pourtant tout donné … Qui t'ont donné la vie … Comment pourraient-ils te pardonner ?

Je me redresse et me recule dans l'obscurité. Soudain, les fenêtres se barricadent de vieilles planches en bois. La porte d'entrée s'évapore pour ne laisser qu'un mur de briques insurmontable. D'un nouveau jeu de doigts, je libère ma victime et lui permets à nouveau de respirer.

- Tu aurais dû mourir, toi aussi.

Un tas de cendres se dissipe devant elle, révélant une poignée de braises rougeoyantes. Dans un monde rationnel, jamais les flammes qui jaillirent soudain de ces bouts de bois calcinés n'auraient pu reprendre vie. Mais les songes ont ça de si intéressants ; c'est que tout y est permis, pour quiconque sait en maîtriser la capricieuse substance. Une fumée noire commence à s'élever dans la pièce sans ouverture. Le feu prend en vivacité, et grossit à vu d’œil. Captivé, j'observe la misérable Égarée. Va-t-elle essayer de s'échapper ? Ou plutôt se laisser aller à la cruauté de ce sort ? A-t-elle encore assez de force pour continuer à se battre ? Par où vas-tu t'envoler, ma jolie colombe aux ailes brisées ?


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Dernière édition par Damian J. Wright le Dim 8 Jan - 12:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Poor orphan girl ♦ Julia   Ven 30 Déc - 10:40

Poor orphan girl

Damian & Julia

Leur impitoyable immobilité s’abat sur moi tel un marteau. Figés, morts, simples spectres me jugeant. Leurs yeux me fixent, leur peau s’effrite. Ils se décomposent, sans me pardonner. Encore. Ils m’abandonnent, comme je les ai abandonné. Je renifle. Ma main retombe. Je n’ai assez de force que pour pleurer. Les larmes se mélangent aux traces de sang sur mes chaussures. Leurs blessures sanguinolentes font jaillir en moi les souvenirs enfouis au plus profond de moi-même. Leurs corps inanimés. Le sang. L’implacable silence répondant à mes supplications. Leurs yeux morts. Le poids de la culpabilité m’écrase d’autant plus. Comme une main puissante, elle me jette à terre. Mes jambes ne savent me retenir. Ma volonté ne fait pas mieux. Mes genoux heurtent le sol. Je m’appuie sur mes mains. Mes bras tremblent tellement. Je n’ai plus la force de lever la tête. Elle s’affaisse, tout comme mon dos. Mes cheveux m’offrent un voile qui occulte la scène.
Je ne veux plus voir. Je ne veux plus entendre. Je ne veux plus sentir ou ressentir. J’aimerais tellement être une coquille vide, un coeur de pierre, une poupée de cire, un robot bien huilé.
Je ressens tellement de choses. Pourquoi l’être humain est-il si émotif ?

Pitié ... Comment peux-tu implorer une quelconque pitié … toi qui n'en as eu aucune. Toi qui les as laissé mourir.


Elle recommence. Elle me juge. Elle me brise, peu à peu. C’est certainement la petite voix dans ma tête. La voix de la vérité. Elle s’abat sur moi, son souffle glacé et agressif s’infiltre jusque dans mes os. J’ai si froid. Je me recroqueville sur moi même. Le front sur le sol brûlé. Tous mes muscles se tendent. Je ferme les yeux. Mes mains se posent par dessus. Je me défends. Je suis comme une tortue. Une tortue qui n’aurait pas de carapace. Je ne veux plus les voir. Assez. Assez. Assez. Ils doivent partir. Pourquoi continuent-ils de me hanter ? Pourquoi ne veulent-ils pas comprendre ? J’étais si jeune. Je ne voulais pas. Ils le savent pourtant !
C’est toujours de ma faute. Je le sais. Ils ont raison. Ils ont toujours raison.
Mes mains sont bientôt trempées de larmes salées. Je me demande comment je peux réussir à sortir autant de liquide de mon corps frêle.
J’attends que tout passe.
Peut-être vont-ils finir par me laisser tranquille ? Je fais la morte. Je ne bouge plus. Petite boule tremblante et ridicule. Ils ne peuvent plus m’atteindre. Je ne les vois pas. Ils vont partir. Ils vont partir, oui. Je ne les vois plus. Ils se lasseront. Ils me laisseront tranquille.
N’est-ce pas ?

Ma carapace se brise. Je suis projetée sur le côté. Je glisse misérablement sur le parquet grinçant. J’ouvre les yeux. Mes parents sont partis. Il n’y a plus rien. Il n’y a que moi. Moi et leur rage toujours bien présente. Je renifle. J’essuie mes larmes d’un revers de la manche pour y voir plus clair. Il n’y a vraiment personne. Leur haine a brisé ma carapace. Elle est si forte. Je baisse la tête.

Julia, Julia, Julia …


Non. Pas la voix. Ne peut-elle pas me laisser tranquille, elle non plus ? Je garde le regard rivé au sol. Je regarde celui-ci accueillir mes sanglots. Je suis vaincue, pourquoi me torturent-ils ainsi ?
Tant de pourquoi.
Je ploie soudainement. Ils n’en ont pas encore fini. Ils refusent de me laisser. S’ils ne sont plus présents à ma vue, leur présence m’écrase. La pression devient si forte. Je ne peux plus bouger. Je panique. Je regarde autour de moi fébrilement. Mes pupilles sont dilatées par la peur. Je suis vulnérable. Ma respiration se fait difficile, erratique. Je pourrais m’enfoncer dans le sol, si je le pouvais.

Penses-tu qu, eux, ont mérité leur punition ? Eux qui t'ont pourtant tout donné … Qui t'ont donné la vie … Comment pourraient-ils te pardonner ?


Elle continue. Elle me balance la vérité, encore et toujours. Celle que je refuse d’entendre. Celle que j’enfouis au plus profond de moi pour avoir le courage de me lever le matin. Il faut qu’elle arrête.

Tais-toi !


Je crie, quand la pression libère mes poumons. Je secoue la tête, enfin libre. Mes genoux se replient contre moi. Je reprends la formation tortue, allongée sur le flanc. Je me bouche les oreilles. Je ferme les yeux. Une coquille vide, un coeur de pierre, une poupée de cire, un robot bien huilé. Allez, allez. Une coquille vide, Julia, un coeur de pierre.

Tu aurais dû mourir, toi aussi.


Je n’entends pas. Je n’entends pas. Je crie, je hurle. Je n’entends pas. Elle n’est pas là. Que cela cesse. Je reprends ma respiration. Ma gorge me brûle soudainement. Je tousse. Que se passe-t-il ? J’ouvre les yeux. De la fumée. Partout, de la fumée. Je me redresse. Je tousse. Mes yeux pleurent. La porte a disparu. Les fenêtres sont fermées. Le feu me nargue, dans ses braises, gentiment.
Je vais mourir ?
Je panique.
Mourir ? Je ne peux pas mourir. Non. Non non non non. Je ne peux pas mourir. J’ai peur de mourir. Je ne veux pas les rejoindre. Qui sait ce qu’ils me feraient, là-bas ? J’irai en enfer. Je ne veux pas mourir. J’ai peur. Merde. Non. Tout sauf ça, tout sauf mourir. Mes larmes ont séché, tout comme mes yeux. Mon coeur s’emballe. Je dois sortir d’ici. Je ne peux pas mourir. Mon énergie revient tout à coup. L’énergie du désespoir. Celle que le corps envoie pour survivre. Je me précipite à une fenêtre. Des planches. Je m’attaque à elles. Je tire dessus, de toutes mes forces. Elles doivent céder. Je dois partir. Mes poumons me brûlent. Je n’arrive pas à calmer ma respiration, c’est encore pire. Mon coeur pourrait sortir de ma poitrine.
Pitié.
Je dois sortir. Je dois sortir, putain.
Tout mais pas ça.

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MessageSujet: Re: Poor orphan girl ♦ Julia   Dim 8 Jan - 23:35



   
   Julia & Damian
   Poor orphan girl

L
'être humain est un animal bien étonnant. Les multiples rouages de son inconscient sont d'une fascinante complexité. Si avec le temps les sombres créatures de mon espèce parviennent à découvrir où appuyer pour déclencher telle calamité, voir de mes propres yeux un malheureux Rêveur passer d'un extrême à un autre me captive toujours autant. Mais la faim y joue aussi un rôle, probablement. L'odeur alléchante de la terreur également. Absorbé par le spectacle, j'observe ma misérable victime passer de l'anéantissement le plus total à la folie du désespoir. Le désespoir de vivre. Celui qui prend aux tripes. Celui qui me ferait ronronner de plaisir. Elle s'agite, ma petite Julia, comme un moucheron prit au piège dans ma toile. Elle frappe contre les planches de bois. Elle se déchire les doigts sur les échardes. Elle se marque la peau de futurs hématomes sous la frénésie de son hystérie. Sa détresse m'envahit. Quand vas-tu te réveiller, ma douce endormie ? Le jeu est trop bon, aussi je prends la décision de continuer la partie avant de récupérer ce qui me reviendra alors. Ses délicieux petits songes égarés.

Le feu gagne du terrain. Peu à peu, il encercle ma proie prise au piège. Et puis finalement, je laisse le bois craquer sous les maigres forces de la jeune femme. Les planches cèdent une par une, pour finalement toutes lui tomber dans les bras comme une masse. Un léger ricanement m'échappe. Sans un regard de plus, je la laisse se débattre avec le poids accablant de cette honteuse fuite face au sort qu'elle mérite. Mes flammes dansent autour d'elle, semblent venir lécher sa peau laiteuse de porcelaine et viennent lui souffler d'horribles souffrances à l'oreille. Si Julia veut saisir cette ultime chance de s'en sortir, il faudra faire vite … Un grincement sinistre raisonne en haut de la maison, plongé dans le noir et la fumée toxique. L'instant d'après, une poutre déjà pour moitié dévorée par le précédent incendie vient se fracasser au sol. Le toit s'effondre ! Le brasier redouble de joie et crépite de plus bel. Ses éclats rougeoyant se reflètent au fond de mes pupilles affamées. Satisfait de ma mise en scène, je me détourne de la scène et … disparais.

Je rouvre les yeux au-dehors. Mains dans les poches, un sourire cruel aux lèvres, je fixe la fenêtre brisée. Julia va-t-elle finir par s'échapper ? De l'extérieur, la maison de son enfance tombe en cendres. Le feu a gagné les étages. Il dévore tout ce qu'il en reste. Je me tourne vers l'horizon. D'un plissement de yeux, la surface du paysage est balayée d'un souffle aride. La terre devient poussière. Le vent devient chaud et sec. Les couleurs meurent sous mes talents cauchemardesques. Le gris renaît, éclate de cet amas de cendres. Le panorama devient désolant. Il n'y a rien, plus rien autour. La maison de Julia est isolée de tout. Plantée au beau milieu d'un désert de pierre. Voilà donc l'image de ses rêves, tout aussi morts que cette terre.

Du mouvement attire mon attention. Enfin ! Ma jolie colombe s'est extirpée des ruines. Je lui  laisse un peu de répit. Juste assez pour admirer son passé partir en fumée. Et en parlant de ça … Une nouvelle partie du toit s'affaisse et dégringole dans les airs. Les tuiles et l'immense cheminée éclatent par terre, à deux pas de là. Le silence retombe soudain. Lourd. Oppressant. Je me surprends à retenir mon souffle, pris dans le jeu de ma propre action. Un grognement étouffé provient du tas de tuiles. Puis un second. Plus fort, plus bestiale. L’entassement de décombres frémis. Les débris s'agitent, finissent par se soulever sous l'impulsion d'une bête gigantesque qui semble s'éveiller sous cette montagne de ruines. Bête qui n'était pourtant pas là, juste avant que le toit ne s'effondre.

Un ours énorme en jaillit. Son pelage est poisseux, et noir, comme du sang. Ses globes oculaires sont vides, mais ses yeux absents semblent tout droit porter vers nous. Ses pattes gigantesques grattent la terre, et ses crocs plus immenses encore se dévoilent sous le rugissement furieux qu'il nous envoie au visage.

- Il sent le poids de tes péchés … Soufflais-je avec la douceur d'une caresse. Dommage que tu l'aies réveillé. Il semble affamé.


WILDBIRD
 

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