AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
ღ N'hésitez plus, et venez nous rejoindre ! Place garantie pour tout le monde ♥
» pour «

Partagez | 
 

 Listen to me ♦ Orion

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

informé

avatar



INSCRIT DEPUIS LE : 18/06/2015
MESSAGES : 696
POINTS : 3455



MessageSujet: Listen to me ♦ Orion   Mer 24 Mai - 20:58



   
Listen to me
Orion & Kaylee


Il est rare de me voir traîner dans un bar le soir. Et il est encore plus rare de m'y trouver totalement seule. Les salles bondées de monde, les regards alcoolisés, les rires qui claquent un peu trop fort et la chaleur ambiante étouffante, tout ça me repousse. Aujourd'hui pourtant, j'ai ressenti le besoin d'avoir un peu de compagnie. Pas tant pour discuter, mais plutôt pour me sentir entourée. Je trouve ça rassurant, avec la drôle d'histoire qui est en train de m'arriver.

Pour résumer … Il y a ce type que je vois en rêve depuis des années, je le prenais pour le fruit pur et dur de mon imagination. Rien de moins, rien de plus. Qui aurait pu s'attendre à autre chose de toute façon ? Mais voilà, le problème, c'est que cet homme, je l'ai croisé au sein même de mon cabinet vétérinaire il y a quelques jours. Et je suis absolument certaine que je n'étais pas en train de dormir. Ça aurait pu être le plus gros et cruel hasard du monde, non ? Sauf qu'Aiden est revenu me voir la nuit suivante, et qu'il m'a racontée et expliquée une foule de choses toutes aussi invraisemblables les unes que les autres.

Alors quoi ? Je devrais croire que quelque chose que j'ai vu en rêve – en étant endormi bon sang ! - est bel et bien réel ? Si j'accorde de la crédibilité à ce que m'a dit un homme tout droit issu de mes songes, ce serait accepter qu'Aiden vit et respire dans le même monde que moi. Ce serait accepter qu'il est vraiment capable de se glisser ainsi dans la tête des gens. Ce serait accepter l'existence de ce soit-disant Monde à part, des Mauvais Rêves, et … tous ces trucs bizarres et incroyables qu'il a pu évoquer lorsque j'ai réclamé des explications.

Quelque part, ce serait peut-être accepter que je suis folle.

Alors … Suis-je vraiment en train de perdre la tête ? Quand on se pose ce genre de question, la solitude et le silence d'une maison vide sont assez effrayants. Par conséquent je n'ai pas trop réfléchis ce soir. J'ai pris ma veste, j'ai claqué la porte sans même m'assurer de l'avoir bien verrouillée, et j'ai trouvé le premier endroit peuplé sur ma route.

Installée sans la moindre élégance sur un grand tabouret du bar, je sirote ma boisson d'un joli vert pétant sans réellement faire attention à ce qui se déroule autour de moi. Personne n'est venu m'aborder, pas même le barman, et c'est tant mieux. Je ne suis franchement pas de taille à supporter une tentative de charme plus ou moins désastreuse de la part du poivrot du coin. Ça risquerait d'être foutrement embarrassant.

Mais finalement, quelqu'un vient prendre le siège à côté du mien, unique place encore disponible au comptoir. J'entends l'homme passer sa commande, et si sa voix ne me dit absolument rien, la curiosité me pousse simplement à jeter un coup d’œil dans sa direction pour voir à quoi il ressemble. Une masse de boucles blondes surplombant un regard ébène. Je m'apprête à replonger le nez dans mon verre lorsque quelque chose sur les traits de son visage attire mon attention. Mes sourcils se froncent tandis que je l'épie sans discrétion. Ce type, je le connais !

- Euh, salut ? Tentais-je en penchant la tête en avant pour capter son regard, un sourire maladroit aux lèvres. Un petit geste de la main vient ponctuer mon intervention. On se connaît non ? Vous, hm … seriez pas ce garçon super fort en cours de biologie au secondaire ?

Hm, non, pas sûr … Ça doit en être un autre …  
Codage par Emi Burton

_________________
dream is coming true

je t'ai cherché partout, même ailleurs. je t'ai trouvé, où que tu sois, je m'endors dans tes regards. même sans toi, je ne serai plus jamais seule, puisque tu existes quelque part •• ALASKA (marc levy)

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne

libre

avatar



Nous ne sommes qu'ombres et poussières


INSCRIT DEPUIS LE : 22/05/2017
MESSAGES : 250
POINTS : 2345



MessageSujet: Re: Listen to me ♦ Orion   Jeu 25 Mai - 12:25

   
         
Listen to me
Kaylee & Orion


Aujourd'hui encore, je m'étais levé alors que le soleil était sur le point de se coucher. Depuis quelques jours, j'étais décalé, accro à mon encre, à mes mots qui traversaient mon esprit tel un train lancé à pleine vitesse. J'étais envahi d'idées plus ou moins bonnes, plus ou moins viable. J'avais commencé un nouveau livre, une nouvelle histoire qui germait dans mon esprit tordu et torturé. J'avais écris quelques pages, griffonné des bouts de phrases, puis dévié sur des paroles, comme souvent. Finalement, je m'endormais entouré de toutes mes pensées pour me réveiller quelques heures plus tard, encore plus déconnecté d'auparavant. Mon chat m'en voulait, réclamant sans cesse mon attention jusqu'à se coucher sur mes feuilles, sachant pertinemment que c'était la seule chose à faire. Il m'obligeait à faire une pause, à essayer d'être un peu normal, le temps de quelques caresses, le temps de m'occuper de lui. Je m'étais pris à la chercher, à criser de ne pas la trouver, à déchirer mes écrits, renverser mes meubles, tenter de tout détruire et à pleurer, priant une nouvelle fois qu'elle se montre, juste une dernière fois.

Ce soir alors, j'allais dans ce petit bar que j'avais appris à aimer dès la première fois que j'y étais venu. Pour ne plus voir ses murs, pour essayer d'avancer plutôt que de penser à me jeter par la fenêtre. J'aimais l'ambiance, à défaut d'aimer les gens, j'aimais la musique, à défaut d'aimer la bière, un comble pour un bar de ce genre. Je découvrais sur place qu'il y avait bien plus de monde que ce que j'aurais cru. Soupirant, j'hésitais déjà à rentrer chez moi. Peut-être n'était-ce pas une bonne idée au final ? Peut-être aurais-je été mieux dans ma forteresse de solitude. Remplis de doutes, ce sont mes pieds qui prirent les commandes alors que j'étais reparti dans ma tête. Je tournais machinalement les yeux vers le piano sur lequel j'avais jouer la dernière fois. Je me revoyais pris par ma musique, je me revoyais la chercher du regard avant de comprendre qu'une fois de plus, elle n'était pas là. Je revoyais ce regard qui s'était ancré au mien, celui de Sarah, ma Sarah. Un léger sourire naquit sur mes lèvres. J'avais toujours eu la tendance de m'approprier les choses, tout comme les personnes. Il m'en fallait peu.

Mes pas me conduire au bar, à la seule place qu'il restait. Je commandais machinalement un liquide quelconque, un alcool fort, histoire d'engourdir mes sens, de moins ressentir, ou bien était-ce juste différent ? Je fixe le bar, glissant mes doigts sur le bois, retraçant ses raignures, preuve de sa vétusté. Je m'imagine sans mal son histoire, tout l'alcool renversé, tous les gens plus ou moins bourrés qu'il a dû voir passer. Je me perds un peu dans cette contemplation stupide, le temps que l'on m'apporte mon verre, ayant déjà oublié ce que j'avais pu demander. Le brouaha des discutions me percutent les tympans, c'est finalement un mouvement soudain devant mon regard qui me fait redescendre sur terre. Je détourne les yeux, découvrant une jeune femme souriante. Je connais ce regard qui me détaille, je connais ce visage, je connais ses traits. Les sourcils froncés, j'ai l'impression qu'elle attend quelque chose. M'aurait-elle parlé ? Etais-je encore déconnecté alors qu'elle avait voulu capter mon attention ? Rien de nouveau. Souriant, je fini par me lancer sans savoir quoi dire.

« Kaylee ? Hum, oui... La fille qui me parlait avant... A l'école... Les sandwichs. Oui, c'est toi. »

Ma boisson arrivait et bien vite mon attention se portait sur celle-ci. Je la fixais d'un air curieux, prenant mon verre afin d'y goûter. Une sensation fruitée, des fraises, des mûres, un mix d'arômes. De la vodka, aussi. Surprenant, je me réjouissais de mon choix. A nouveau, je la regarde, souriant, me rappelant de cette époque où la solitude m'écrasait plus que maintenant. Elle faisait partie des petites étoiles éclairant mon ciel. J'avais toujours aimé sa voix, j'aimais ses moments où elle venait me parler de ce qu'elle avait dans la tête, sans pour autant que je fasse de même avec elle. J'aimais sa façon de me sourire, de me faire confiance. Avait-elle été une amie ? C'est ce qui s'en était rapproché le plus à l'époque.
(c) sweet.lips


Dernière édition par Orion Blackburn le Ven 23 Juin - 11:21, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

informé

avatar



INSCRIT DEPUIS LE : 18/06/2015
MESSAGES : 696
POINTS : 3455



MessageSujet: Re: Listen to me ♦ Orion   Dim 28 Mai - 15:01



   
Listen to me
Orion & Kaylee

L'individu met un certain temps avant de réagir à ma question. Mais plus je l'observe, et plus mes doutes se confirment. Au final, ce n'est pas sa voix qui trahit son identité – après tout, dix ans plus tôt son timbre ne devait pas être aussi grave qu'au jour d'aujourd'hui – mais bien le sourire qui apparaît finalement sur ses lèvres. Ça, c'est bien un sourire que je connais. Entendre mon nom sur sa langue me fait une drôle d'impression. C'est comme se retrouver face à un parfait inconnu, que j'ai néanmoins la sensation de connaître comme ma poche.

Mais cette comparaison me dérange, puisqu'elle n'est pas sans me rappeler Aiden et ses yeux d'un bleu ensorcelant. Je préfère mettre cela de côté, et me concentrer sur mon intriguant voisin. Orion ! Voilà, j'ai enfin remis un nom sur ce visage. Je lui rends son regard avenant. Une petite voix au fond de moi ne peut pas s'empêcher de noter qu'il avait l'air beaucoup moins souriant dans mes souvenirs. Mais qu'importe. La mémoire s'altère avec le temps.

- Wow, alors … c'est bien toi ?

Je manque de grimacer. Le tutoyer me fait un drôle d'effet sur le coup. Comment doit-on réagir face à un vieil ami que la vie a éloigné ? Est-ce que je dois le prendre dans mes bras, ou … lui commander son sandwich préféré ? Le fait qu'il évoque ce détail me confirme bien qu'il s'agit d'Orion, et pas d'un pauvre type qui profiterait de ma crédulité pour me faire une sale blague.

- Si j'avais su, je serais venue ici plus souvent !

Mes yeux suivent le chemin de sa boisson colorée alors qu'il décide finalement d'y goûter. Ce truc n'a pas l'air mauvais. Ça sent l'alcool, bien plus que mon ridicule diabolo au kiwi, mais peut-être que je me laisserai tenter pour ma prochaine commande.

- Alors, euhm … Qu'est-ce que tu es venu faire ici ? Je veux dire, tu attends quelqu'un ?

Je jette alors un regard circulaire dans la pièce, à la recherche d'une potentielle petite-amie en furie de me voir adresser la parole à Orion. Néanmoins pour l'heure je ne vois aucune hystérique s'agiter dans la salle. Juste quelques gars aux esprits éméchés qui parlent un peu trop fort au fond de la salle. Soulagée et ravie de pouvoir continuer cette conversation, je rapproche un peu mon tabouret du sien et demande sur un ton secret et excité.

- Tu joues toujours de la guitare ?

Je ne me souviens pas non plus d'un Orion plus bavard que nécessaire. Manque de chance, une foule de questions me brûlent les lèvres, mais celle-ci plus encore. C'était quelque chose de vraiment chouette à l'époque, mon ami qui grattait un morceau de guitare. Peut-être que j'avais eu un peu le béguin pour lui pendant un petit moment, à cause de ça. Mais passons cette histoire d'adolescente.   
Codage par Emi Burton

_________________
dream is coming true

je t'ai cherché partout, même ailleurs. je t'ai trouvé, où que tu sois, je m'endors dans tes regards. même sans toi, je ne serai plus jamais seule, puisque tu existes quelque part •• ALASKA (marc levy)

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne

libre

avatar



Nous ne sommes qu'ombres et poussières


INSCRIT DEPUIS LE : 22/05/2017
MESSAGES : 250
POINTS : 2345



MessageSujet: Re: Listen to me ♦ Orion   Lun 29 Mai - 11:50

   
         
Listen to me
Kaylee & Orion


J’avais à peine prononcé ma phrase que mon attention s’était déjà envolée ailleurs. Je l’entendais se réjouir, comprenant alors qu’elle était surprise de me voir. Il n’y avait que moi pour ne pas trouver ça incroyable qu’après tant d’années, nous nous rencontrions à nouveau. Les années lycée, si lointaine et si proche en même temps. Je me revoyais éviter les autres élèves pour me trouver un endroit tranquille histoire de m’isoler, de jouer un peu, ou plutôt à l’époque de me perfectionner. J’étais encore en apprentissage. A défaut de retenir ce qui se passait en cours, je retenais mon solfège et mes compositions alors toutes nouvelles. J’étais dans ma bulle, ignorant les uns, passant à quiconque l’envie de m’approcher jusqu’à ce qu’une petite brune vienne à ma rencontre. Je n’avais jamais su pourquoi est-ce qu’elle ne me fuyait pas comme tous les autres. Pourquoi est-ce que même si je ne lui répondait jamais ou presque lorsqu’elle s’adressait à moi, elle restait là, bien présente. Avais-je changé depuis cette époque ou bien étais-je resté le même ? Je soupirais. Même si j’étais seul, si j’étais la tête de turc des footballeurs, le looser du bahut, je l’avais elle.

J’oubliais ma dernière pensée lorsqu’elle me demandais si j’étais venu accompagner. Pendant un instant, je n’étais même pas sûr qu’elle s’adressait à moi. Moi le grand solitaire, moi le gars bizarre, mal adapté socialement. Ou pas du tout. Reprenant une gorgée, je me tournais vers elle tendit qu’elle regardait derrière nous, sans doute à la recherche d’une quelconque compagnie. Je ne m’en formalisait pas. Sans doute était-elle venue accompagnée, elle. Ou voulait-elle éviter quelqu’un ? Mystère.

« Non, pas vraiment. Je suis toujours aussi seul qu’avant. »

Je lui fis un sourire triste avant de boire à nouveau une gorgée du liquide qu’il y avait encore dans mon verre. A ce rythme, j’allais bientôt pouvoir en recommander un nouveau. Après tout, c’était bien pour cette raison que j’étais ici ce soir, boire et oublier ma solitude. N’était-ce pas ce que les gens normaux faisaient après tout ? Ce soir, je devenais quelqu’un de normal. Enfin je m’en rapprochais un peu.
Lorsque sa question sur la guitare se posa sur la table, mon sourire réapparu immédiatement. Tel une éclaircie dans mes sombres pensées. Evidemment que je jouais toujours, j’en avais même fait mon métier, enfin, partiellement. Enfin ça, elle ne pouvait pas le savoir. Depuis combien de temps est-ce qu’on ne c’était pas vu ? Quand était-ce la dernière fois que je l’avais vue ? J’avais beau y réfléchir, je demeurais incapable de m’en souvenir.

« Oui… En fait, je suis chanteur aussi. J’écris et je compose…. »

Je ne savais pas trop quoi dire, comme souvent lorsque je devais parler de moi. Elle le savait. Tout comme je savais qu’elle finirais par me raconter sa vie, pour mon plus grand bonheur, et nous finirions cette conversation comme nous avions l’habitude de finir les anciennes. C’était sans doute ce dont j’avais besoin maintenant. Etre avec quelqu’un, écouter, juste écouter.
(c) sweet.lips

_________________
crazy, mad, psychopath
My biggest handicap is not being mad, it's being without her.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

informé

avatar



INSCRIT DEPUIS LE : 18/06/2015
MESSAGES : 696
POINTS : 3455



MessageSujet: Re: Listen to me ♦ Orion   Mer 7 Juin - 11:50



   
Listen to me
Orion & Kaylee
Orion m'adresse un sourire sans joie et m'avoue être venu seul, comme toujours semble-t-il. Mon enthousiasme retombe quelque peu devant la légère tristesse qui émane alors de lui. Il est vrai qu'il n'était pas connu pour être populaire, à l'école. En réalité, c'était plutôt l'inverse. Orion passait plutôt inaperçu. Un vrai fantôme qui se glissait sans bruit dans les couloirs, en quête d'un peu de calme et de solitude. Je ne lui ai jamais connu de petite-amie, à l'époque. Si ce détail a dû alimenter mes espoirs et mes hormones d'adolescente, je me souviens en être venue à la conclusion qu'Orion devait être de l'autre bord. Cela dit je n'ai jamais osé lui poser la question.

- Oh, eh bien, nous sommes deux loups solitaires ce soir.

Je viens faire trinquer mon verre de soda contre le sien pour chasser ses idées noires. Je l'imite ensuite et cale le bout de ma paille entre mes lèvres pour savourer le goût pétillant de fruit sucré sur mes papilles. Le poids d'inquiétude qui alourdissait mon cœur s'est peu à peu allégé. J'ai beau parler de solitude, en réalité je suis bien heureuse d'avoir trouvé quelqu'un que je connais, bien concret et réel, pour me rassurer. Évoquer de vieux souvenirs a quelque chose de réconfortant.

- Wow ! Tu … t'es fais un nom dans le milieu ? Je veux dire, tu as déjà sortie un disque ?

Je lui jette un regard un coin un peu perdu. J'espère ne pas le froisser avec ma question, car je serais bien incapable de savoir si Orion fait désormais partie de l'élite musicale du pays. Peut-être que la moitié du bar est en train de le regarder de loin, chuchotant discrètement en reconnaissant le potentiel musicien célèbre qu'il est devenu. Et peut-être que je n'en avais pas la moindre idée jusqu'à présent. Avouons-le, ce serait particulièrement embarrassant.

- C'est ta sœur qui doit être fière de toi, ajoutais-je finalement avec un doux sourire.

Si dans ma mémoire Orion n'était pas quelqu'un de très sociable, il y avait bien quelqu'un qui retenait en revanche toute son attention. On aurait dit qu'il n'y avait rien de plus précieux au monde pour lui que sa petite sœur. Moi, elle m'avait toujours mise un peu mal à l'aise. Il est probable qu'elle n'ait rien fait pour arranger ce sentiment, et n'aimait pas spécialement de voir une autre fille traîner dans les pattes de son frère. Enfin, ça n'avait pas vraiment d'importance. Nous étions juste amis après tout. 
Codage par Emi Burton

_________________
dream is coming true

je t'ai cherché partout, même ailleurs. je t'ai trouvé, où que tu sois, je m'endors dans tes regards. même sans toi, je ne serai plus jamais seule, puisque tu existes quelque part •• ALASKA (marc levy)

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne

libre

avatar



Nous ne sommes qu'ombres et poussières


INSCRIT DEPUIS LE : 22/05/2017
MESSAGES : 250
POINTS : 2345



MessageSujet: Re: Listen to me ♦ Orion   Mer 7 Juin - 16:18

   
         
Listen to me
Kaylee & Orion


Sa réponse me tira un nouveau sourire sans joie lorsqu’elle nous désigna comme étant de vieux loups. J’aimais l’image qu’elle nous donnait même si pour ma part, cela me semblait être du déjà-vu. Pas pour elle, sans doute. Sans savoir pourquoi, j’avais toujours imaginé qu’elle soit bien entourée où qu’elle soit, ou tout du moins qu’elle ait le bonheur de ne pas être aussi bizarre que moi, histoire de contrer sa solitude. J’avais beau me dire qu’elle avait de la chance, je ne m’imaginais pas autrement que maintenant. La force des années sans doute.

Je m’amusais de sa réaction face la nouvelle de ma carrière. Était-ce si étonnant que ça que je sois devenu artiste ? Que je sois arrivé à vivre de ce qui me passionnait depuis mon enfance ? J’avouais en être assez fier au final. Nous étions peu à réussir à vivre de notre art. J’étais heureux d’être privilégié à ce niveau. Si je n’avais pas réussi là-dedans, qui sait ce que j’aurais fait de ma vie ? Je n’y avait jamais vraiment réfléchi en fait. Cela m’avait toujours paru évident, d’aussi loin que je pouvais me rappeler, j’avais toujours voulu être chanteur, tout comme j’avais toujours su vouloir devenir écrivain. A l’arrivée, j’avais réussi le tour de force de me propulser dans les deux domaines, même si j’étais loin de considéré ça comme quelque chose d’incroyable, je pouvais comprendre que certains pouvaient me haïr pour ça.

« Oui, j’ai sorti mon dernier album il y a quelques mois. J’ai mon petit succès dirons-nous. »

J’aurais pu rajouter le fait que j’étais également écrivain mais ce qu’elle me dit calmait instantanément quelconque envie qui aurait pu se présenter à moi. Tout ombre de joie s’envolait tandis que ma gorge me serrait, les larmes me montant rapidement aux yeux sans que je puisse le contrôler. Elle ne pouvait pas savoir, après tout. Elle ne pouvait même pas l’imaginer. A l’époque, Luuna était encore parmi nous, son sourire resplendissant ensoleillant la journée de qui voulait bien lui accorder la moindre attention. A cette pensée, de douloureux souvenirs me revenaient en mémoire, telle une bonne claque dans la gueule, bien que cela soit cent fois plus douloureux. Incapable de la regarder dans les yeux, je fixais à nouveau le bois du bar, essayant tant bien que mal de me contrôler.

« Elle… Elle… »

Ma voix se cassait avant même que je puisse commencer ma phrase. Essuyant rageusement mes larmes d’un revers de main, j’essayais de me ressaisir sans y arriver, sentant une rage sourde m’envahir pour se mêler à la tristesse de mon deuil. Cela avait beau faire des années, la douleur était toujours aussi vive, aussi lancinante.

« Luuna est morte… Elle… Excuse-moi. »

Dans un bond, prêt à exploser, je sautais de mon siège pour foncer vers la sortie. Il me fallait de l’air, il fallait que je sorte, que je repousse la crise qui menaçait de me faire exploser à tout moment. Je n’entendis pas le barman m’engueuler de partir sans payer, je n’entendais plus rien mise à part les battements de plus en plus rapide de mon cœur dans mes oreilles.

Une fois dehors, j’ignorais les gens que je bousculais, tout comme le vent qui frappait mon visage, ou même mon poing que je finis par envoyer dans le mur de la bâtisse. J’oubliais la douleur de ma main à présent ensanglantée, mourant intérieurement alors que je me laissais tomber dans le coin d’une ruelle adjacente. J’étais incapable d’arrêter mes larmes, je devenais totalement dépendant du chaos qui se créait de mes souvenirs d’elle.


(c) sweet.lips

_________________
crazy, mad, psychopath
My biggest handicap is not being mad, it's being without her.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

informé

avatar



INSCRIT DEPUIS LE : 18/06/2015
MESSAGES : 696
POINTS : 3455



MessageSujet: Re: Listen to me ♦ Orion   Jeu 8 Juin - 10:07



   
Listen to me
Orion & Kaylee
À l'évocation de sa musique, quelque chose de plus doux semble réchauffer l'aura qu'Orion dégage. Ça a toujours été son domaine, alors je ne suis pas vraiment surprise. Au contraire j'aurai été triste d'apprendre qu'il avait rangé sa guitare au placard et que tous ses morceaux grattés dans la solitude d'une cage d'escalier appartenaient désormais au passé.

Et puis soudain, la flamme qui l'animait disparaît, comme soufflée et impuissante face à un coup de vent glacial. Orion se raidit, si bien que je crains un bref instant qu'il ne tombe de son tabouret complètement asphyxié. Ses doigts se serrent autour de son verre d'alcool. Les mots restent coincés sur sa langue. Je fronce les sourcils. Quelque chose ne va pas. Qu'est-ce qui se passe ? Luuna est morte.

- Oh …

Je reste muette. Comment pouvais-je m'attendre à ça ? Le froid me paralyse à mon tour. Je détourne les yeux, confuse. Le musicien s'agite soudain. J'ai à peine le temps de le regarder, d'apercevoir les larmes amères aux coins de ses yeux, qu'il disparaît en trombe. Merde. Merde merde merde merde. Qu'est-ce que j'ai fais encore ? Une soirée sans provoquer de désastre, c'est vraiment trop demandé ! La main rugueuse du barman s'abat sur le comptoir. Sa grosse voix le hèle, la moitié des regards au sein du bar se tournent vers le fuyard, mais rien ne semble même le faire ralentir. Je me précipite auprès du gérant tandis que la sonnette caractéristique de la porte annonce le départ précipité et définitif de mon ancien ami.

- Pas de souci ! C'est moi qui paye sa consommation !

Je largue rapidement quelques billets sur le bar sous l'oeil ronchon du barmaid. Il marmonne dans sa moustache que je suis une demoiselle bien trop aimable avec les types pas tous nets comme celui qui vient de se faire la malle. Je souris plus ou moins, mal à l'aise, et lui demande de surveiller mes affaires. L'homme acquiesce et retourne essuyer ses verres à bière tandis que j'ai juste envie de rentrer sous terre.

L'air humide de Manchester me saisit de haut en bas à l'instant même où je franchis le seuil chaleureux du Claddagh. La rue déborde de jeunes fêtards en tout genre. Non loin de là, les bruits étouffés d'une boîte de nuit raisonnent au-dessus des toits. À peine ai-je fais un pas que je me retrouve coincée au sein d'une bande d'amis venue trinquer pour je ne sais quoi. Je me tortille pour me frayer un chemin sans cesser de m'excuser. Et lorsque j’émerge enfin, Orion a bel et bien disparu depuis bien longtemps. Un soupir s'échappe de mes lèvres, mes épaules s'affaissent. Génial. Il doit bien être quelque part. Mais où ? Les recoins parfaits pour une planque sont nombreux, et les bars où se réfugier plus encore dans ce quartier. Autant dire que je ne lui remettrai pas la main dessus. Un couple à poussette attire mon attention, à deux pas de là. La femme observe quelque chose dans la petite ruelle bordant le côté du bâtiment. Son compagnon n'a pas l'air heureux de s'attarder et passe un bras derrière ses épaules pour l'encourager à accélérer le pas. Comme si ce dit quelque chose était particulièrement néfaste.

Je souffle à nouveau avant de rejoindre l'impasse. Orion est là, perdu dans la pénombre. Je rassemble mon courage et m'approche sans essayer de paraître discrète. Je ne veux pas m'imposer au milieu de sa peine, et je préfère qu'il me hurle de dégager si besoin est plutôt que de le faire fuir une seconde fois.

- Orion, l’interpellais-je en m'agenouillant devant lui, sans avoir aucune idée des bons mots à utiliser.

Le voir dans cet état aurait tordu le cœur de n'importe qui. Sa souffrance est palpable, et les remords qui me pèsent sur les épaules plus lourds encore. Je ne pense pas avoir la moindre chance de réussir à le réconforter. Il y a de ces moments où il faut juste laisser les choses sortir, sans chercher à les retenir. Mon attention accroche alors sa main écorchée. Je fronce les sourcils et attrape son bras pour le ramener vers moi.

- T'es un imbécile, grondais-je doucement. Tu n'étais pas obligé de te faire mal.

Je tire sur le foulard autour de mon cou et l'enroule soigneusement sur ses phalanges blessées. La chirurgienne en moi sait qu'il faudra désinfecter la plaie avant d'y appliquer un quelconque bandage, mais pour l'heure je cherche simplement à éviter que le sang ne se répande. Mon malaise réapparaît lorsque je le libère. Je m'agite un peu pour trouver une position plus confortable, mais force est de constater que la situation entière est épineuse. Mes mains viennent rechercher ses bras, que je frotte doucement pour le consoler.

- Ce n'est pas à toi de t'excuser … C'est moi, qui aurais dû me mêler de mes affaires. Désolée.  
Codage par Emi Burton

_________________
dream is coming true

je t'ai cherché partout, même ailleurs. je t'ai trouvé, où que tu sois, je m'endors dans tes regards. même sans toi, je ne serai plus jamais seule, puisque tu existes quelque part •• ALASKA (marc levy)

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne

libre

avatar



Nous ne sommes qu'ombres et poussières


INSCRIT DEPUIS LE : 22/05/2017
MESSAGES : 250
POINTS : 2345



MessageSujet: Re: Listen to me ♦ Orion   Lun 12 Juin - 11:16

   
         
Listen to me
Kaylee & Orion


Mes larmes ne cessent de ruisseler sur mes joues mais cette fois, je ne fais plus rien pour les retenir, me laissant envahir par la douleur associée à chaque pensée que je peux avoir d’elle. Recroquevillé sur moi-même, la tête cachée entre mes bras, je me laisse aller, me haïssant d’autant plus. Je me déteste d’être aussi faible, d’être aussi dépendant de tout ce que je pouvais ressentir. Je me repasse d’éternels moments dans ma tête, fermant les yeux. Je revois tout, tous ces instants passés ensemble, que ce soit au début de sa vie, son apprentissage, ses moments de purs bonheur où il n’y avait plus qu’elle qui comptait. J’avais basé mon existence sur elle, devenant le père qu’elle n’a jamais eu, le frère qu’elle méritait, puis l’amant qu’elle désirait. Dire que je l’aimais n’était pas assez fort, rien sur cette terre ne l’était pour décrire ce que je pouvais ressentir pour elle, ce qu’elle pouvait être pour moi.

Mes larmes redoublèrent, j’étouffais mes sanglots dans ma manche. Cela faisait maintenant cinq ans qu’elle était partie, qu’elle m’avait abandonnée pour un monde sans doute bien meilleur que le nôtre. Je lui en voulait de m’avoir laissé, de ne pas avoir été là, de ne pas avoir pu faire quelque chose. Telle une vieille cassette, je me repassais encore et encore le moment où mon frère m’annonçait la nouvelle sans arriver à me souvenir de son visage. J’en était devenu incapable. J’avais oublié sa voix, la douceur de sa peau, le regard qu’elle me lançait lorsqu’elle disait m’aimer. Son sourire, sa voix, tout disparaissait peu à peu. Je voulais la voir, juste une fois, une dernière fois.

Tout cela était beaucoup trop pour moi. Je m’enlisais dans ce mal être qui m’enveloppait de plus en plus. Je n’avais plus la force de combattre, je n’avais plus la force de continuer. Perdu dans mon chagrin, je ne remarquais même pas que Kaylee m’avait suivie, trop occupé à envisager le pire. Lorsqu’elle me traitais d’imbécile, je relevais doucement la tête. Mes larmes n’avaient pas cessées mais j’avais évité la crise. Pour le moment. Je la laissais s’emparer de ma main meurtrie le temps qu’elle arrête l’hémorragie si elle le désirait. J’aurais pu me vider de mon sang, ici-même, ça n’avait aucune importance. Qu’est-ce qui en avait au final ?

« Je préfère cent fois cette douleur à celle qui hante mon cœur… »

Ma voix était toujours cassée, presque morte, n’étant animée que par les sanglots qui me restaient dans la gorge. Elle ne pouvait pas savoir ce que c’était, elle ne pouvait savoir à quel point j’aurais tout donner pour que cela cesse. Le contact qu’elle m’offre m’apaise un tant soit peu, me donnant l’impression d’être une petite bouée de sauvetage. Elle est là, présente, comme lorsque nous étions ado. Pourquoi ne pas me laisser et continuer son existence comme si je n’existais pas ? Comme tous les autres ? Elle était différente, elle était un peu comme moi.

Alors, je me décollais du mur pour faire la seule chose dont j’avais la force. Je m’invitais dans ses bras, me couchant en partie sur le pavé pour pouvoir pleinement profiter, encore plus, de ce qu’elle semblait être prête à m’offrir sur l’instant.

« Ca fait cinq ans Kay, cinq ans et je… Je veux qu’elle revienne, je veux la serrer dans mes bras. Je veux juste qu’elle soit encore là… »

Je la serrais d’autant plus à mes mots, m’accrochant à elle comme à un dernier espoir qui menaçait de s’évaporer à chaque seconde.


(c) sweet.lips

_________________
crazy, mad, psychopath
My biggest handicap is not being mad, it's being without her.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

informé

avatar



INSCRIT DEPUIS LE : 18/06/2015
MESSAGES : 696
POINTS : 3455



MessageSujet: Re: Listen to me ♦ Orion   Hier à 12:25



   
Listen to me
Orion & Kaylee
Je demeure un moment figée sous la surprise alors qu'Orion vient trouver une place entre mes bras. J'avais pu m'attendre à des cris, des larmes et un repli sur soi. Mais je n'avais pas vu venir sa quête d'un peu de tendresse. On ne peut pas dire que j'ai un doigté expert pour soigner une peine profonde et douloureuse ; Mais après tout, je me demande bien qui l'aurait. Il y a des blessures qu'aucun mot ne peut soigner, le silence vaut parfois le meilleur des réconforts. Une écoute muette, et un contact humain. Alors sans commenter ce geste, je finis par passer mes mains dans le dos d'Orion. Sa voix étouffée déverse contre moi ce qui semble le ronger de l'intérieur. Ses doigts agrippent ma taille, comme s'il avait peur que je m'envole. Un bref instant je crains même qu'il me prenne pour sa petite sœur disparue, qu'il n'aurait probablement laissé repartir pour rien au monde. Avec douceur je caresse les mèches désordonnées de ses cheveux. Mon vieil ami n'a pas besoin de compassion, mais à mon sens seulement de vider son sac pour alléger un peu son fardeau.

- Que s'est-il passé ? murmurais-je dans la pénombre de cette rue crasseuse, comme si je ne voulais pas éveiller plus encore les souffrances de son cœur en parlant plus fort.

Si cela fait véritablement cinq ans que Luuna est décédée, Orion n'a pas fait son deuil. Il refuse certainement de le faire, essayant désespérément de s'accrocher à un fantôme qu'il est impossible de rattraper. J'ignore s'il va vraiment me dévoiler ce souvenir douloureux. Je pense sincèrement qu'il s'agit là d'une bonne démarche pour drainer ses larmes et sa peine, mais je reste également silencieusement désireuse d'apprendre ce qui est arrivée à cette fille pétillante d'énergie que j'ai pu connaître par le passé. La nouvelle me rend triste, moi aussi. Pas au même degré que le musicien c'est évident. Mais apprendre la mort de quelqu'un que j'ai pu côtoyer de nombreuses années auparavant laisse toujours cette pointe d'accablement au creux du ventre. Luuna était plus jeune que moi. Savoir qu'elle ait quitté cette vie si vite et bien avant moi me laisse sur un troublant sentiment.

- Eh Brioche, ta sœur n'aurait pas aimé te voir aussi triste, tentais-je en le berçant délicatement contre moi.  
Codage par Emi Burton

_________________
dream is coming true

je t'ai cherché partout, même ailleurs. je t'ai trouvé, où que tu sois, je m'endors dans tes regards. même sans toi, je ne serai plus jamais seule, puisque tu existes quelque part •• ALASKA (marc levy)

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne

libre

avatar



Nous ne sommes qu'ombres et poussières


INSCRIT DEPUIS LE : 22/05/2017
MESSAGES : 250
POINTS : 2345



MessageSujet: Re: Listen to me ♦ Orion   Aujourd'hui à 1:06

   
         
Listen to me
Kaylee & Orion


A demi-couché sur elle, perdu dans ma tristesse, je ne remarque même pas son hésitation. En revanche, je sentis ses mains s'aventurant dans mon dos, signe que finalement, elle ne repoussait pas mon assaut affectif. Jamais encore nous n'avions été aussi proche. Jamais encore je n'avais été dans cet état devant elle. Ses caresses dans mes cheveux avaient un effet apaisant alors que la question qu'elle murmura à mon oreille me piquait le coeur. Je ne répondis pas. Je n'en avais pas la force. Pas maintenant. Cette seule pensée me serrait le coeur une nouvelle fois. En vérité, je ne le savais même pas exactement moi-même. Je n'avais jamais voulu connaitre les détails, me contentant de la version que m'avait donné mon frère lorsqu'il m'avait annoncé la nouvelle. L'annonce de sa perte avait déjà été bien trop lourd à supporter, j'étais incapable d'en savoir plus. Je ne le voulais pas.

A ce surnom, je tiquais légèrement. Brioche, ça faisait une éternité que je n'avais pas entendu ça. Elle faisaient partie des rares personnes à qui je permettais de m'appeler de cette manière. Dans sa bouche, cela me faisait tout drôle de l'entendre, arrivant même à me tirer un léger sourire rempli de larmes. Je me relevais un peu pour quitter ses bras, pour briser cette intimité que je lui avais imposé. Mes larmes coulaient toujours mais j'essayais tant bien que mal de les arrêter à l'aide de mes manches, sans réel succès. A présent, une partie de mon pull était trempé à cause de la pluie qu'il y avait sur le pavé, me faisant frissonner de froid. Fixant le sol, je fuyais sous regard en tentant de calmer mes sanglots tandis qu'une nuée de pensées tournaient dans ma tête à m'en faire perdre la raison. Je voulais que cela cesse, juste un peu. Je voulais arriver à reprendre le contrôle, il le fallait.

« Tu... Oui... Tu as raison. »

Luuna n'aurait pas aimé me voir dans cette état. Elle avait passé une partie de sa vie à lutter avec moi contre mes démons, mais il n'y avait justement qu'avec elle que j'étais assez fort pour y arriver. Elle était la clé de tous mes maux et de toute ma souffrance. Alors comment faire ? Comment avancer sans elle ? Je soupirais en lâchant une dernière vague de larmes, fatigué par tout cela. Fatigué de devoir constamment lutter contre ce que j'avais dans ma tête et dans mon coeur.  Fermant les yeux, je penchais ma tête en arrière, heurtant le mur de la bâtisse glacée sur lequel j'étais appuyé.

« Comment faire Kay ? Sans elle je... Je veux encore la voir... Je veux me rappeler de son visage, de sa voix.... Putain... »

Nouvelle vague de larmes, cette fois bien plus silencieuses. J'étais à bout de force, semblant à présent vide de toute énergie et de tous sentiments. Enfin, je ne ressentais plus rien, j'étais à nouveau une coquille vide. Cette constatation me tira un sourire triste. Je décollais ma tête du mur, tournant un regard encore rempli de larmes vers ma vieille amie.

« Brioche hein ? Tu te souviens encore de ce vieux surnom...»

Vaine tentative d'essayer de sortir de mon néant sentimental. Je me raccrochais à ce simple mot pour essayer de chasser mes pensées, comme à chaque fois que je repensais à elle, ou à nous. Je m'en voulais pour ce que je lui faisais subir, qu'elle me voit ainsi, dans toute ma faiblesse. Qu'allait-elle penser de moi maintenant ? Ramenant mes jambes contre mon torse, je prenais une position plus confortable alors que je me sentais enfin un peu plus calme. A présent, seule la douleur de ma plaie me rappelait que j'étais toujours en vie.


(c) sweet.lips

_________________
crazy, mad, psychopath
My biggest handicap is not being mad, it's being without her.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: Listen to me ♦ Orion   

Revenir en haut Aller en bas
 

Listen to me ♦ Orion

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» ORION (CM)
» you slay that solo 'cause you listen to the music (issa)
» clip Québecois à Etretat
» Appareillage de bâtiments français ce lundi !
» Mon nom est Immeghar

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
POUR UN REVE :: manchester :: Manchester East. :: Le Claddagh.-