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 Because you're there and I'm here ♦ Aiden

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MessageSujet: Because you're there and I'm here ♦ Aiden   Lun 12 Juin - 11:36



   
Because you're there and I'm here
Kayden




La chaleur d'un été prochain s'est peu à peu répandue sur Manchester. Un soleil haut et lumineux réchauffe doucement mes épaules. En ce début d'après-midi, le square qui sied devant la mairie est bondé de monde. Les touristes fusillent les environs à coup d'appareil photo, les enfants courent en répandant un peu de glace partout, et les hommes d'affaire avalent rapidement un sandwich dans leur coin, téléphones portables résolument scotchés à l'oreille. Une bande de potes en sarouel jouent un peu de musique sous un arbre. Une file d'attente phénoménale s'étire devant le camion à hot-dog. Assise sur mon banc en fer forgé, je laisse mes yeux parcourir et observer l'intérieur de cette fourmilière géante tout en dégustant mon soda Starbuck du bout d'une paille fluorescente. Tout semble s'agiter alors que je reste là, immobile comme une statue au milieu de ce gargouillis d'activité.

C'est un drôle d'endroit pour un rendez-vous. Et quel rendez-vous … Je ne sais pas vraiment ce que je fais ici, guidée par les souvenirs un peu flous d'un rêve qui date de plusieurs jours. J'ignore également ce qui me pousse ainsi à attendre la venue d'un quelconque « Gardien » aux yeux bleus, dont la véritable existence serait tout à fait inexplicable. C'est peut-être un moyen de me rassurer sur le fait que tout ceci n'était qu'une énorme coïncidence. Ou peut-être pour calmer la curiosité qui me ronge l'estomac sans que je ne le reconnaisse et qui me pousse à savoir le fin mot de l'histoire, une bonne fois pour toutes.

Alors je reste là, recluse sur mon banc, parcourant inlassablement les visages inconnus qui passent devant moi. Il y a très peu de chances pour que celui que je cherche me débusque avant que je ne le trouve. La place est plutôt grande pour se fixer un rencart. C'était probablement fait exprès ; J'ai mis de mon côté la présence continue des citadins, tout comme je me suis réservée l'avantage de le voir approcher avant qu'il ne s'en rende compte lui-même. Cette fois, il n'y a aucune place pour le hasard.

J'en viens à soupirer, sans savoir si je suis plus exaspérée par l'attente ou par ma propre venue en ces lieux, et jette mon gobelet vide dans la poubelle à côté. À deux pas de là, un bébé hurle au fond de sa poussette et me scie les oreilles. Je grimace et jette un coup d’œil au jeune couple penché sur leur progéniture aux cordes vocales sur-développées. Lorsqu'ils se redressent en soulevant avec eux le bambin au gros chagrin, ils laissent entrer une toute nouvelle silhouette dans mon champ de vision. Je me fige clairement en reconnaissant la dégaine décontractée que je cherchais et les cheveux sombres qui vont avec. L'homme me tourne le dos, mais semble vraisemblablement fouiller visuellement les environs. Le doute se pointe, bientôt écrasé par une surprenante certitude. C'est Aiden. Il faut que je m'en assure. J'attrape mon sac et me lève précipitamment en le voyant s'éloigner dans la direction opposée. Ça … ce n'était pas prévu dans mon plan … Je me faufile entre les passants, bouscule malencontreusement un ou deux hommes en costume et parviens enfin à rattraper la mystérieuse silhouette.

- Attendez ! M'exclamais-je en agrippant la manche de sa veste.

Un éclat azur foudroie soudainement les convictions qui m'ont accompagnées jusqu'ici. Le monde s'arrête. J'en reste bouche-bée, soufflée devant ce visage que je connais depuis des années sans me douter de sa présence quotidienne dans ces mêmes rues que je parcoure chaque jour.

- Tu-vous … Vous êtes l'homme de mes rêves ! Bafouillais-je sans parvenir à y croire encore.

Il est bien là. C'est lui. Juste à côté, une vieille dame se retourne sur son chemin. Elle me lance un regard que je n'intercepte pas, sourcils froncés, l'air de se dire qu'elle vient d'entendre là n'est rien d'autre que la technique de drague la plus ahurissante et ridicule qui soi.

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MessageSujet: Re: Because you're there and I'm here ♦ Aiden   Ven 16 Juin - 11:10


« Because you're there and I'm here »

Kaylee & Aiden


Ça fait plusieurs jours que je viens sur cette petite place de Manchester, à diverses heures de la journée dans l’espoir de la croiser. Kaylee m’a donné rendez-vous sans préciser d’heure ou de date si bien que je me suis demandé si elle n’avait pas dit ça dans le vent, pour que je la laisse tranquille. Cela dit, pour elle je serais capable de reproduire ce schéma pendant des années. J’ai été tenté à plusieurs reprises d’aller la rejoindre à son cabinet vétérinaire. Après tout, elle ne se souviens peut-être pas de son rêve aussi bien que moi ? L’idée me laisse presque blême. Je marche dans la foule des passants, des touristes de toutes cultures, détaillant chaque visage que je croise dans l’espoir d’enfin croiser ce regard que j’aime tant.

Je me sens étrange. C’est un mélange entre l’excitation de la rencontre à venir et le stress que celle-ci n’arrive pas. Je regarde autour de moi, le regard inquiet ou concentré, je ne saurais pas dire. Je me sens un peu hagard à force. Je soupire en passant parmi un groupe d’hommes en costumes, occupés à téléphoner pour la, sûrement, quarante millième fois de la journée à propos d’une affaire super ultra importante qui rapportera beaucoup d’argent à leur boite… Je me sens un peu envieux tout d’un coup. Est-ce qu’un costume comme ça m’irait bien ? Est-ce qu’un métier comme ça me donnerait plus de panache ? Pourquoi ça m’inquiète tout d’un coup ? J’entends des voix rouspéter derrière moi et soudain, une voix, sa voix stoppe mon mouvement.

Je sens qu’on m’agrippe la manche. J’ai soudain le ventre qui se serre. Je me retourne la crainte au ventre que ce soit une erreur, que ce soit mon imagination qui me joue des tours et que la personne qui vient de m’arrêter dans mon élan ne soit pas celle que j’attends depuis tout ce temps. Pourtant, lorsqu’enfin mon regard croise le sien, mon expression se mue en un sourire heureux, timide, mais heureux. L’instant d’après, j’éclate de rire. Un rire franc. Le stress retombe d’un coup. Je ne me serais jamais attendu à une telle remarque ! Et visiblement les personnes autour de nous qui ont entendu non plus ! Je m’excuse de rire, mais c’est plus fort que moi, la nervosité sans doute.

« Je suis désolé, mais c’est la première fois qu’on me salue de cette façon. »

Je la regarde d’un air affectueux en redevenant un peu plus sérieux, puis je souris en coin. « Vous êtes finalement venue Capitaine. » Je fais bien entendu référence à notre règlement de compte maritime et onirique. Ce n’est pas la première fois que l’on se voit dans la réalité, mais pour une fois, c’est bien voulu et bizarrement, j’ai moins de mal à être moi-même. J’ai l’impression qu’aujourd’hui, les choses peuvent avancer dans une direction plus positive. D’un geste de la main, je couvre l’espace autour de nous.

« Où se trouve le café dont tu parlais la dernière fois ? »

Il est plus simple pour moi de la tutoyer. Et j’ai l’impression, vu sa réaction, qu’il faut que je prenne les choses en main pour lancer le schmilblick ou au moins, essayer de détendre l’atmosphère. Les passants se sont enfin désintéressés de nous et nous, nous avons à parler. Je ne sais pas si elle se sent plus à l’aise, debout, au milieu de tous ces gens ou si elle préfère l’intimité d’un café, mais en tout cas, j’essaie.

« On peut se prendre une glace ou un truc à boire si tu préfères marcher ? » Soudain, je suis moins sûr de moi. Je me montre peut-être un peu trop amical, un peu trop…trop ? Je remets un peu en place ma veste en jean. Légèrement gêné. Je tente encore un sourire encourageant, quand même. On ne sait jamais. Je me demande si elle ne va pas faire demi-tour et repartir en courant ! C’est ma hantise, mais je chasse cette pensée de mon esprit. Pas d’ondes négatives maintenant ! Non !

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MessageSujet: Re: Because you're there and I'm here ♦ Aiden   Ven 23 Juin - 12:23



   
Because you're there and I'm here
Kayden




Le rire de l'homme a l'effet d'une horrible douche froide sur mes épaules. Je prends conscience du risque que je viens de prendre ; aborder un inconnu en pleine rue en me faisant passer pour une folle. Sur le coup j''ai l'impression de piquer un fard terriblement gênant et de blêmir jusqu'à asphyxie en même temps. Comme de nombreuses fois au cours de ma vie, je donnerais cher pour pouvoir disparaître de la surface du globe dans un petit « plop » qu'on ne retrouve hélas que dans les dessins-animés. Mais alors que l'amusement de l'homme prend fin, je retrouve la couleur de ses yeux qui refuse à mes jambes toutes possibilités de prendre la fuite. Je reste clouée sur place tandis que tous les traits de ce visage trouvent échos dans ma mémoire. Il parle, et bien au-delà des mots rassurants qu'il emploie, sa voix seule me confirme qu'il s'agit bien de celui que je suis venue trouver. C'est Aiden. Et je viens de lui dire qu'il est l'homme de mes rêves. C'est pas vrai. Cette fois le rouge pivoine prend définitivement le dessus sur la pâleur de mes joues.

- Je … Euh … C'est que …

Aiden sourit. Je peux presque sentir un léger soulagement de me voir enfin percer sur ses lèvres. Ma langue finit par se taire, plus embarrassée encore par ce début de conversation tout à fait ridicule. Je détourne les yeux pour reprendre contenance. Autour de nous les nombreux passants continuent de se déverser aux quatre coins de la place. Ce beau monde grouille comme une muraille qui nous encercle, et qui m'apparaît désormais étouffante. Choisir un lieu de rendez-vous aussi peuplé n'était peut-être pas une si bonne idée. Quelques épaules me chahutent sur la gauche alors que je rassemble assez de courage pour refaire véritablement face au fantôme de mes nuits.

- Alors … Tu es bien là, soufflais-je d'une voix enraillée, plus si sûre d'elle à présent. C'est incroyable. Et tu as l'air plus grand que dans mes souvenirs.

Je me fige soudainement et cesse de me tordre les doigts pour le regarder sans détour. Quelque chose au fond de moi me pousse à examiner chaque détail qui le constitue. Je m'applique alors soigneusement à le comparer à cet homme gravé dans mon esprit et dans mes rêves depuis des années. Mais force est de constater que le Aiden que j'ai en face de moi détient quelque chose de plus impressionnant. De plus réel. Et qu'aucun bourrelet à bière qu'il m'aurait cachée tout ce temps n'apparaît sous le tissu de son t-shirt.

- C'est … par là. Je crois.

Je manque presque de soupirer de soulagement alors qu'il me remet en tête le fameux café dont je lui avais parlé. Mes neurones semblent complètement court-circuitées, alors me rappeler ce que je suis censée faire n'est pas une si mauvaise idée. Ma main se lève pour désigner une direction un peu au hasard, sans toutefois que je ne parvienne à détacher mes yeux de lui. En vérité j'aurais probablement été capable de le suivre n'importe où au sein de cette fichue ville, sans vraiment m'en rendre compte. Il n'y avait plus qu'à espérer qu'Aiden ne soit pas un dangereux psychopathe avide de découper la victime inerte que je suis en petits croûtons de soupe.

- Non-non, le café c'est bien !

Le sourire que je lui renvoie paraît plus gêné et hésitant que naturel. Outre le fait que je me sois déjà empiffrée de deux glaces depuis tout à l'heure – et que je garderai cette information jalousement secrète pour préserver ma dignité – la perspective d'un peu de calme et d'une table à l'écart pour recentrer mon esprit m'apparaît plus alléchante. Je lève les mains devant moi pour lui demander de me donner quelques instants pour retrouver le chemin. Une grimace se peint sur mon visage alors que je me hisse presque sur la pointe des pieds pour me repérer. Les couleurs de la devanture du café attirent soudain mon attention non loin de là. Refuge en vue !

J'oublie presque de lui faire signe avant de m'engouffrer et de me frayer un chemin à travers la foule. Une crainte tenace me gratte le fond du ventre. J'ai quitté Aiden des yeux. Va-t-il disparaître désormais ? N'était-il qu'une vision éphémère ? Je lutte pourtant contre une sourde envie de me retourner et continue mon chemin jusqu'à la terrasse ombragée. Quelques hommes et femmes d'affaire déjeunent là, avalant leurs assiettes de pâtes au parmesan tout en discutant de gros contrats importants. De l'autre côté de la terrasse, une famille occupe l'espace à coup de cris enfantins, d'ordres ignorés, et de sauce tomate volante. Je lance un coup d’œil surpris à Aiden lorsque son épaule s'arrête à côté de la mienne. Il est toujours là. Je lui adresse alors pour la première fois un vrai sourire.

J'attrape à nouveau sa manche pour l'entraîner avec moi à l'intérieur. Nous traversons le café, seulement occupé par les vieux habitués du coin accoudés au comptoir. Je ne m'arrête pas là et le guide plutôt vers une autre sortie. Mes doigts ne lâchent son bras qu'au moment où nous débouchons finalement dans une petite cours intérieure, baignée d'un calme reposant. Je m'avance sur les vieux pavés et désigne une table au hasard. S'il y a bien quelques clients sirotant leurs boissons, l'endroit reste à l’abri des regards indiscrets. Des gros pots de fleurs garnissent les coins de la cours. Sur l'un des murs anciens, toute une tapisserie de lierre s'étire jusqu'au toit.

- Je trouvais cet endroit atypique. C'est sûrement pour ça qu'il m'a marquée, expliquais-je à mon acolyte avec un haussement d'épaules. J'espère que ça te convient.  

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MessageSujet: Re: Because you're there and I'm here ♦ Aiden   Ven 23 Juin - 20:39


« Because you're there and I'm here »

Kaylee & Aiden


Je me sens quelque peu démuni par la réaction de Kaylee, elle semble si perturbée, si choquée par la situation. En même temps, je m'attendais à quoi ? Qu'elle me saute dessus en me disant qu'elle m'a toujours aimé et qu'elle est super heureuse de me voir ? Haha. Non. Évidemment que non. Elle a néanmoins accepté de me revoir, de son plein gré et ça c'est fantastique. Je ne dois surtout pas la brusquer, lui laisser le temps. Mais je ne peux m'empêcher de la dévorer du regard. J'essaie d'être discret, mais je crois que c'est impossible. La voir, si réelle, si proche, une nouvelle fois, c'est pour moi un rêve que je n'aurais jamais osé effleurer un mois auparavant. Je m'étais mis en tête de la retrouver, c'est vrai, mais je n'aurais jamais cru ça possible. Réellement possible ! Elle blêmit puis rougit. Je me demande bien ce qu'il se passe dans sa tête, bien que...j'en ai une vague idée étant donné les années passées à squatter ses rêves. Je rougis à mon tour, c'est presque trop intime tout d'un coup. Elle murmure un truc, comme pour elle-même si bien que je me remercie d'être attentif. C'est bizarre, mais cette simple petite phrase me fait un bien fou.

« Oui je suis bien là. » Je confirme d'un signe de tête, mon ton est doux. J'aimerais lui dire à quel point je suis heureux en ce moment même de pouvoir communiquer avec elle dans la réalité, mais je me dis que ce n'est pas le moment. D'ailleurs elle poursuit en me disant qu'elle ne me voyait pas aussi grand. Je souris. C'est un sacré compliment pour mon mettre soixante-quinze.

« Merci ! Ça fait plaisir à entendre ! » Je glisse une main derrière ma nuque. Ce que je fais à chaque fois que je suis gêné par un compliment qui me fait plaisir ou parce que je me sens timide d'un coup, surtout qu'elle se met à m'observer sous toutes les coutures. Je me laisse faire sans rien dire, c'est normal après tout. Elle doit encore se demander si je suis réel. Je lui rappelle l'histoire du café et nous nous mettons en route. Finalement, elle n'a pas envie de marcher plus que ça. Quelque part ça m'arrange, j'aurais toutes les excuses du monde pour pouvoir la regarder encore et encore, elle et ses grands yeux magnifiques. Je commence à me demander si elle va me trouver bien moins intéressant dans la réalité et simplement ne plus vouloir me voir...

Elle avance à toute allure...quoi ça y est, elle essaie déjà de me semer ? C'est pas très discret. Je la suis tant bien que mal à travers la foule, le regard accroché à sa chevelure qui se balance en rythme avec ses pas pressés. J'ai le sentiment que si je la perds de vue maintenant, je ne la reverrai jamais... Cette idée me tord le ventre. Heureusement pour moi elle finit par s'arrêter et je stoppe à sa hauteur. Elle tourne vers moi un regard un peu surpris au début mais qui s'adoucit et enfin, le miracle s'accomplit. Un sourire, un vrai sourire qui m'est adressé à moi ! Si j'avais pas déjà le cœur qui battait la chamade d'inquiétude, il s'emballerait davantage. Elle me fait définitivement fondre. Je lui réponds par un sourire un peu bête mais sincère quand même.

Je suis tellement subjugué que lorsqu'elle rompt le contact visuel, je me sens vide. Mais la voilà qui m'attrape par la manche pour me traîner à travers le café. D'abord, je ne comprends pas, puisqu'elle se précipite vers l’extrémité de la pièce, vers une porte, alors qu''il y a pas mal de place autour. Elle veut aller aux toilettes avec moi ? Pour quoi faire ? Est-ce qu'elle veut déjà qu'on....putain je suis con. On arrive sur une terrasse extérieure. Qu'est-ce que j'ai été penser moi ? Je soupire, de soulagement ou de déception, je ne sais pas. Le bruit ambiant évite qu'elle n'ait pu entendre ma respiration, heureusement. Elle lâche mon bras. Mon regard se pose sur le décor qui permet à mon esprit de se recentrer. Je souris.
« C'est vraiment joli ici. Je ne connaissais pas cet endroit. Je l'ai toujours évité à cause des touristes, mais faut croire que j'aurais dû insister ! »

Je la regarde de nouveau avant de dire avec tendresse. « Ça te ressemble bien. » Nous nous asseyons ensuite l'un en face de l'autre à une petite table entre des gros pots de fleurs. L'ambiance ici est vraiment calme, apaisante. Je me sens mieux. Mon regard se pose de nouveau sur Kaylee et histoire de commencer la conversation tranquillement je lui demande :

« Comment va le rouquin ? »

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MessageSujet: Re: Because you're there and I'm here ♦ Aiden   Ven 30 Juin - 16:40



   
Because you're there and I'm here
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Aiden me confit que cet endroit me ressemble, et encore une fois je ne sais pas comment réagir. J'essaye de sourire, mais mes lèvres se retrouvent à nouveau engourdies pour une raison inexplicable. Alors je détourne les yeux et triture distraitement le bout de la manche de ma veste. Mon étrange compagnon s'aventure de quelques pas au sein de la petite cour avant de jeter son dévolu sur l'une des tables disponibles. Une petite tonnelle en fer forgé, garnie de fleurs aux couleurs éclatantes et surplombée d'un long tapis d'herbes séchées, nous protège des rayons gourmands du soleil. Je m'installe sur ma chaise et manque de lâcher un gros soupir de soulagement. La première étape est passée.

- Il va très bien, répondis-je en me jetant presque sur sa question pour ne pas rester là à le fixer dans le blanc des yeux d'un air profondément débile. L'opération s'est très bien passée et les broches n'ont pas l'air de bouger. On devrait te contacter bientôt pour que tu puisse venir le chercher, mais il devra garder son bandage durant trois semaines au moins. Après il faudra …

Je me tais soudain en me rendant compte du flot de paroles qui se déverse de ma bouche. Je l'assomme sous les explications. Ce n'est pas le moment, et encore moins une bonne manière pour m'échapper de cette délicate situation.

- … Que je parle un peu moins, concluais-je en passant une main dépitée sur mon visage. Désolée.

Un serveur apparaît soudain de nulle part pour prendre nos commandes. Il ne fallait pas espérer profiter des lieux sans payer quelques verres au passage. J'opte pour un cocktail sans alcool, et me retrouve subitement confrontée à ce que je perçois comme un lourd silence lorsque l'homme s'éloigne. Comment suis-je supposée me comporter avec Aiden ? Faire comme si nous nous connaissions depuis toujours, malgré mon incontrôlable impression d'être plus ou moins face à un inconnu ? Je cesse de bouger durant de longues secondes avant me décider à ne pas laisser la glace se figer entre nous.

- Alors … Je crois que c'est la première fois que je prends un verre avec un « gardien », lâchais-je avec un rire nerveux.

Prononcer ces mots de vive voix me fait un drôle d'effet. C'est là une manière tacite d'accepter cette histoire romanesque, alors même que je ne suis pas encore certaine d'y être tout à fait préparée. Une subite vague de sérieux me submerge. Je me redresse et cale mes deux mains jointes sur mes genoux, une solide détermination au fond des yeux.

- Si j'ai bien compris, Aiden, ça fait maintenant de nombreuses années que nous nous … côtoyons ? Commençais-je maladroitement avec une grimace incertaine. J'ai … J'ai l'impression que tu en sais énormément sur moi, et qu'à l'inverse je ne connais presque rien de toi.

Mon aveu me fait déglutir. Je viens peut-être de mettre le doigt sur ce qui me perturbe à ce point dans cette rencontre. Cet homme a accès aux parties les plus intimes de ma personne. Mes rêves, mon inconscient. Il m'a trouvée pour la première fois dix ans plus tôt. Et depuis, il n'a eu de cesse d'assister à toutes les évolutions que j'ai pu subir. Aiden a probablement connu mon angoisse des examens, l'euphorie de mon premier amour et les sentiments de honte marquants tirés de ma maladresse. Il a pu ressentir la mélancolie des souvenirs de l'école secondaire, toucher la lourde tristesse à la mort du chien de mes parents. Tant de choses impossible à décrire, mais qu'il a pu découvrir malgré tout. En contrepartie, je ne détiens que son nom. Ce fameux nom qui m'a suivi toutes ces années sans que je n'y fasse vraiment attention, mais qui a pourtant pris une ampleur toute particulière dans mon existence ces jours derniers.

- Qu'est-ce que tu fais dans la vie ? Enfin ... je veux dire, à part livrer des pizzas, ajoutais-je en me remémorant soudain cette information glanée lors de notre dernière rencontre. D'ailleurs, aujourd'hui aucun casque de scooter n'est visible sous son bras. Peut-être a-t-il trop peur de voir un autre chat suicidaire se jeter sous ses roues. À cette pensée, un autre sourire perce la rigidité de mes lèvres sans que je ne m'en aperçoive.

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MessageSujet: Re: Because you're there and I'm here ♦ Aiden   Dim 2 Juil - 18:10


« Because you're there and I'm here »

Kaylee & Aiden


Nous sommes désormais face à face. Je me sens plus libre de lui sourire, même si, je reste timide. J'ai peur que si je me montre trop familier et à l'aise, elle ne prenne ses jambes à son cou et fuit... Ma question à propos du chat a le don de lui délier la langue. Elle entame une série d'explications que j'écoute attentivement jusqu'à ce qu'elle s'arrête et s'accuse de trop parler.

« Non non ne t'excuse pas, je t'assure que ça m'intéresse de savoir ça. En plus, ça fait plaisir de voir à quel point tu attaches de l'importance à ton métier. Ces animaux ont de la chance que tu t'occupes d'eux. »

Je lui aurais bien pris la main pour la tapoter mais je me retiens. C'est trop tôt pour ce genre de choses. Je me contente de lui sourire plus largement. Soudain un serveur intervient. Je lui en voudrais presque, mais c'est les lieux qui veulent ça. Je laisse Kaylee commander en première avant de commander moi-même un cocktail pétillant kiwi/pomme sans alcool également, c'est pas le moment de dire des conneries. Le temps que le serveur nous tourne le dos avec nos commandes inscrites sur son bloc note, il semble qu'un drôle de silence s'est installé. C'est vrai que je ne sais pas trop comment reprendre, j'ai les mains croisées sur la table, je frotte mes deux pouces l'un contre l'autre, gêné. Finalement c'est Kaylee qui reprend la parole. Sa remarque me prend au dépourvu. Un gardien, je l'étais oui. Plus maintenant...

« Oui on peut dire ça...j'ai un statut compliqué à vrai dire, mais, tu ne veux peut-être pas connaître tous les détails de la hiérarchie des Gardiens... » C'est à mon tour d'avoir un rire nerveux, repassant de nouveau une main derrière ma nuque.

Je n'ai pas spécialement envie d'ajouter qu'elle a probablement déjà pris un verre avec un Gardien, et qu'il est très probable qu'elle ait d'autres Gardiens dans son entourage, chaque chose en son temps... Je la regarde avec attention alors qu'elle s'apprête à dire autre chose. Elle est si sérieuse que je sens une boule d'angoisse se former dans mon ventre. Il s'avère que mes inquiétudes sont bien fondées. Elle soulève un point évident que je n'avais pas pensé à prendre en compte dans la somme de réactions possibles de sa part. J'ai une moue d'excuse sur le visage. Cette remarque, ce ton appuyé sur mon prénom, est-ce un reproche ? Je baissais la voix avant de répondre. Ne sait-on jamais, on est pas tous seuls dans ce bar.

« C'est effectivement le cas...c'est assez bizarre à dire comme ça hein ? Et je sais que c'est injuste...j'en sais beaucoup sur toi c'est vrai, mais, je n'ai vu que ce que tu voulais bien me montrer tu sais, je ne suis pas allé creuser, et il y a encore énormément de choses que je ne sais pas, et, heureusement. ...En soi, comme tu m'as vu en rêve, bah j'suis pareil en vrai. Les pouvoirs en moins. »

A la fin de ma phrase, je murmure presque. Mais je tente quand même un nouveau sourire. C'est vraiment bizarre à dire. Manipuler mes facultés de Gardien durant mon sommeil, c'est comme faire du vélo, une fois qu'on sait, c'est naturel, en parler à haute voix, dans le monde réel, c'est trop bizarre. Encore plus avec une personne qu'on a surtout pas envie de perdre.

« Je euh....tu peux me demander tout ce que tu veux, c'est la moindre des choses. »

Si c'était possible, je l'emmènerais dans mon propre inconscient, mais aux dernières nouvelles, ça ne l'est pas alors...je ne vais même pas soulever le sujet, je ne veux pas lui donner de faux espoirs. Je trouverais un moyen par la suite. Peut-être.

Elle enchaîne sur ma profession actuelle. Erf, le sujet que j'aurais aimé visiter, mais au moins ça a le don de la faire sourire. Puis je lui ai bien dit qu'elle pouvait me poser toutes les questions qu'elle voulait. J'évite de dire que je me suis lancé dans ce genre de boulot parce que j'ai littéralement ruiné mes études par mon obsession pour le monde des songes...et que ces boulots là me permettent de mettre toute mon attention sur les rêves.

« Haha, à part livrer des pizzas...bah ça je le fais le soir, la journée je réponds au téléphone dans un service après-vente, rien de fou. Ça paie les factures quoi. Sinon j'ai postulé pour être cuisinier à temps plein chez un professeur de latin. Ça me plairait bien de faire un boulot plus stable et plus épanouissant. J'adore cuisiner. »

L'air de rien, je viens de placer une de mes grandes qualités. J'achève d'ailleurs cette remarque sur un sourire. Puis je reprends :

« Sinon j'aime bien me balader, lire, aller au cinéma, les trucs un peu classique quoi, et puis essayer des nouveaux trucs quand j'ai l'occasion, j'suis curieux. Et toi, quand tu sors du boulot, qu'est-ce qui retient toute ton attention ? »

J'essaie de dire des choses normales au possibles. J'ai l'impression de dire des choses vraiment bateau, mais j'ai tellement peur de la mettre mal à l'aise si je fais des sous-entendus à des choses que je sais d'elle par les rêves...Raaaaah. Heureusement qu'elle ne lit pas les pensées. Elle ne lit pas les pensées hein ? Je la fixe en pensant pizza pizza pizza pour vérifier. J'espère juste que ma concentration ne me donne pas l'expression de quelqu'un sur le trône. Ah, voilà le serveur qui revient avec nos boissons. Mon visage s'éclaire en voyant la couleur verte pétante du kiwi.

« Merci !»


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MessageSujet: Re: Because you're there and I'm here ♦ Aiden   Dim 2 Juil - 21:31



   
Because you're there and I'm here
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Comme déblatérer un flot insatiable de paroles ne s'avère pas suffisamment gênant, mes joues ne tardent pas à piquer un fard tout sauf discret lorsque Aiden tente de me rassurer. Ce n'est pas tant de le voir apprécier toute la bonne volonté que je mets dans mon travail qui me fait rougir, mais plutôt le compliment voilé qu'il semble avoir placé là mine de rien. Les choses semblaient pourtant bien plus simples dans mes souvenirs. Je ne me souviens pas avoir déjà été aussi perturbée par cet homme par le passé. Mis à part la dérangeante rencontre surprise à la clinique vétérinaire, évidemment.

- Non, c'est juste que de toute façon on te répétera tout ça quand tu viendras chercher le chat, expliquais-je pour de ne plus me focaliser sur sa trop grande gentillesse.

Je hausse des sourcils surpris en découvrant le choix de son cocktail. Finalement, je ne suis pas la seule friande de choses atypiques ici. Mes yeux suivent la silhouette du serveur qui s'éloigne. Je m'y accroche un instant comme à un ultime cordon qui me relie à la réalité. La voix d'Aiden a toutefois tôt fait de reconquérir mon attention entière. Une légère grimace trahit simplement mes traits concentrés et approuve ses suppositions lorsqu'il évoque cette histoire de hiérarchie. Il a absolument raison, je ne suis pas certaine d'être préparée à en apprendre davantage sur toutes ces choses rocambolesques. Je préfère fuir cet aspect pour le moment. Alors je le laisse se dépatouiller avec ma question. Mes membres se détendent peu à peu alors que je l'écoute parler. Peut-être que le son de sa voix s'est imposé depuis longtemps dans mon esprit comme un élément apaisant. Je n'en sais rien. Peu importe. Je me focalise un moment sur la fin de sa phrase. Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités, raisonne en écho sous mon crâne tandis que j'essaye de rester concentrée.

- Eh bien …

Eh bien, en dehors de mon boulot, j'aime passer du temps à réaliser des cookies totalement foirés. J'use également beaucoup d'énergie à éviter mon voisin pour la dernière rayure en date que j'ai malencontreusement fait apparaître sur sa voiture. Je cours après mes chiens en cavale. Je parle à la tortue qui me sert de colocataire. J'aime aussi végéter des heures sur mon canapé le week-end. Ah, et j'ai un penchant assez inquiétant pour les films archi nuls.

Heureusement, le serveur  réapparaît finalement pour déposer devant nous deux verres aux couleurs presque aussi hypnotisantes que les fleurs environnantes. Je ne peux m'empêcher de touiller le breuvage avec ma paille fluorescente et d'en engloutir une première gorgée tandis qu'Aiden prend la peine de remercier le personnel.

- Je passe souvent au refuge du coin, pour donner un coup de main. Et je me joins parfois aux luttes des associations environnementales. Enfin, c'est un contexte assez particulier. Tu penses être pris pour ce nouveau job ?

Mes lèvres se referment à nouveau sur ma paille tandis que je tente de chasser de ma tête ses vieilles images de la militante très virulente et engagée que je suis en réalité. J'espère qu'il ne creusera pas ce point-là. Il risquerait de me trouver effrayante.

- C'est vrai que ça pourrait changer ta vie, ajoutais-je alors sincèrement. Le service après-vente ça ne doit pas être facile tous les jours, tu dois avoir un sacré sang-froid.

Je me demande intérieurement si son goût de la cuisine est semblable à la mienne ; S'il adore vraiment ça, mais que ses résultats sont aussi catastrophiques que les miens. Tout du moins suffisamment pour avoir déjà eu l'occasion de sympathiser avec la plupart des pompiers du coin. Eh oui. Triste réalité.

- Et sinon, tu es marié ? Tu as des enfants ? Je peux goûter ton cocktail ? Cédais-je finalement après avoir louché un bon moment sur son verre au goût alléchant, n'y tenant plus.

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MessageSujet: Re: Because you're there and I'm here ♦ Aiden   Lun 3 Juil - 19:13


« Because you're there and I'm here »

Kaylee & Aiden


Elle est mignonne à s'excuser comme ça, mais elle a pas besoin. Je comprends tout à fait que la situation soit super stressante. C'est déjà pas simple pour moi, alors que je suis celui qui en sait le plus dans l'histoire. Mais j'aimerais autant que possible nous remettre sur un pied d'égalité.

« Je suis content de savoir qu'il va mieux en tout cas. J'ai hâte de l'avoir chez moi. Ça doit être agréable d'avoir une boule de poil ronronnante pour nous accueillir. Enfin...s'il m'en veut pas trop de l'avoir renversé, le pauvre. C'est rancunier un chat ? »

Je posais la question sans vraiment attendre de réponse. A croire que ce chat avait fait exprès de se mettre en travers de mon chemin pour me mener à Kaylee, j'en suis intimement convaincu, même si je ne veux pas m'accrocher trop fort à cette histoire de destinée. Je risque de passer pour un mec cucul. On sait tous les que les filles préfèrent les bad boys.... De toute façon c'est pas dans mes habitudes de m'épancher sur des trucs sentimentaux. Enfin, quand il s'agit de Kay, c'est pas pareil. Elle a quelque chose de plus que toutes les autres.  Rah, faut pas que je commence à penser comme ça, surtout en l'ayant en face de moi, ça craindrait d'avoir un sourire débile. Je peux pas lui dire que je suis raide dingue d'elle. J'me voilais la face hein, mais maintenant que je la vois, j'ai le cœur qui bat comme un con et je me suis jamais senti aussi bête.

Je ne m'étend pas trop sur les détails de mes passe-temps, je préfère qu'elle choisisse ce qu'elle veut que je développe. Quand je lui retourne la question, elle  commence à répondre, puis j'ai l'impression qu'un milliards de choses lui traversent l'esprit avant qu'elle ne poursuive sa phrase. Enfin, après le passage du serveur qui dépose nos boissons aux couleurs vives sur la table et le regard étonné de Kay sur mon verre au vert punchy. C'est marrant, j'ai le sentiment qu'elle n'a pas dit ce qu'elle voulait dire à la base. Après un léger regard suspicieux à son égard, je souris de nouveau.

« C'est super que tu t'investisses auprès des animaux et de l'environnement comme ça.  Je suis assez admiratif, j'ai jamais pris le temps pour ça alors qu'au fond, c'est super important. D'ailleurs, j'aimerais bien que tu m'expliques en quoi ça consiste un de ces jours, je pourrais peut-être donner un coup de main ? »

Ce serait aussi une bonne excuse pour la revoir. Mais ce message, elle le comprendra si elle le veut. Je sirote un peu de mon cocktail et remarque avec satisfaction qu'il est parfaitement dosé. L'acidité du kiwi me donne de l'énergie. C'est décidé, je reviendrais ici. Kaylee me demande si je pense être pris pour mon job. Je me repasse la main derrière la nuque le temps de réfléchir. Je repense à ma rencontre avec Baptiste Madigan. Un vrai personnage ! On doit avoir à peu près le même âge quand j'y pense, mais il m'en impose comme un mec de la haute à l'époque victorienne. Je souris enfin avant de répondre :

« J'veux rien affirmer, parce qu'on est jamais sûr de rien, mais, je le sens plutôt bien. En tout cas, mon peut-être futur boss a aimé mon ragoût irlandais et ma pizza. J'avais rarement cuisiné autant pour le même repas et j'avais jamais cuisiné pour un entretien. »

Je ne disais pas ça pour me vanter, mais juste pour soulever le côté un peu atypique d'un tel entretien. Ça me fait un peu rire tout seul d'y repenser. J'allais dire quelque chose, mais voir Kaylee saisir la paille entre ses lèvres me trouble légèrement. Sa reprise de parole me donne l'effet d'une petite claque d'avertissement. J'essaie de me raccrocher rapidement au sens de ses dires, pour ne pas répondre à côté de la plaque. Ce qu'elle me dit fait de nouveau sourire.

« Oui c'est vrai que je songe de plus en plus à un emploi plus stable et surtout un plein-temps, pas des mi-temps cumulés.  J'avoue que je dois souvent prendre sur moi pour pas envoyer bouler certains clients. Mais c'est mon patron que je rêve d'envoyer se faire voir....du coup j'espère vraiment qu'on voudra bien de moi pour cuisiner. »

La suite des questions me laissent sur le cul. Je la regarde avec surprise. C'est un enchaînement qui ressemble à un interrogatoire et qui se termine par la question la plus inattendue qui soit. Je rigole un peu, puis sans dire un mot je pousse mon verre vers elle. Je ne peux m'empêcher à cette connerie de baiser indirect du coup. Je sais que je vais pas pouvoir me retenir de regarder encore une fois ses lèvres se poser sur ce bout de plastique auquel je n'accorde pas la moindre attention d'habitude. Je crois que je rougis un peu. Je débite alors à toute allure, en souriant, pour masquer mon trouble soudain.

« Non je ne suis pas marié et je n'ai pas d'enfants. Je n'ai pas été en couple depuis longtemps. Je m'appelle Aiden Fawkes, pas de deuxième ni de troisième prénom, j'ai trente ans, je suis né à Silloth au nord de l'Angleterre le 31 juillet 1986, on a déménagé à Manchester avec ma mère il y a environ dix ans, parce que mon père, un marin, a fini par la lâcher. Je suis Gardien depuis une dizaines d'années aussi, je vis seul dans  un petit studio à l'Ouest de Manchester, j'adore regarder Le Roi Lion une fois par an pour le plaisir de chanter Hakuna Matata, je raffole de balade en forêt et j'aime bien passer du temps seul aussi, ça m'aide à réfléchir. Tu sais le principal je crois. »

Je termine dans un sourire amusé. Moi aussi je noie le poisson concernant mon statut de célibataire, dans un flot de paroles. Je ne peux m'empêcher de me demander si elle va faire la corrélation entre le moment où on s'est rencontrés en rêve avec le moment où j'ai découvert que j'étais Gardien, comme je ne peux m'empêcher de me demander si elle va faire le lien entre mon célibat de longue durée et mes sentiments pour elle. Je lui retourne la question sans même me rendre compte que les mots ont franchis mes lèvres :

« Et toi, tu as quelqu'un dans ta vie ? Je peux goûter ton cocktail aussi ? Il a vraiment de jolies couleurs ! »


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MessageSujet: Re: Because you're there and I'm here ♦ Aiden   Sam 8 Juil - 14:30



   
Because you're there and I'm here
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Aiden fait mine de s'intéresser à mes passe-temps officiels, si bien que je ne parviens pas à retenir un petit sourire incertain. D'habitude les gens trouvent ça très rébarbatif. Qui s'inquiète du sort de vieux cabots abandonnés ? Pire encore, de la situation actuelle de la planète ? C'est bien trop ennuyeux pour le commun des mortels. J'ignore si mon brun aux yeux se sent réellement concerné, mais quoi qu'il en soit je trouve la manœuvre touchante.

- Bien sûr, si tu n'as rien à faire de tes samedis après-midi, soufflais-je avec une légère timidité.

Je passe un accord avec moi-même pour privilégier le refuge d'animaux plutôt que l'association pour la défense des ours polaires, si jamais il pense sérieusement à venir filer ce fameux coup de main. Autant sauver les apparences. Je l'étudie avec soin. Bien loin d'imaginer tout ce qui se passe dans sa tête, je note toutefois qu'Aiden a une adorable manie de passer ses doigts sur sa nuque avant de répondre à certaines questions. C'est un bon point de repère, je me souviens l'avoir souvent vu faire ce geste par le passé.

- Tu as cuisiné pendant ton entretien d'embauche ? Répétais-je, yeux écarquillés sous la surprise. Quel genre de patron fait ça ?

Le même genre que tu manques d'écraser quand tu es au volant, souffle une voix lointaine que je n'entends pas. Je ris, amusée en imaginant la situation. Sirotant distraitement mon cocktail aux saveurs fruitées, j'essaye d'imaginer Aiden en blouse blanche. Je lui rajoute une toque sur le crâne, une assiette de ragoût entre les mains, et ce petit air rêveur qu'il aborde de temps en temps sans s'en rendre compte. Le tableau m'amuse gentiment.

- Si ça te plaît vraiment, alors j'espère que tu seras pris. De toute façon, tu aurais fait un très mauvais pirate, lançais-je avec un sourire plus ou moins complice.

J'attrape le verre qu'il consent à me faire goûter, ravie de pouvoir échanger les teintes rosées de ma boisson avec son dégradé de vert. Je fais tourner la paille dans ma direction et lui dérobe quelques gorgées sans trop de scrupules.

- Pour ce qui est de ton patron, on peut toujours aller crever ses pneus de voiture si tu veux, ajoutais-je dans le vent avec un haussement d'épaule innocent.

Pourtant Aiden n'a pas l'air de m'entendre. Le temps d'une poignée de secondes, il semble perturbé par quelque chose que je ne saisis pas. Je lève un sourcil et penche la tête sur le côté d'une mine inquiète. Est-ce que je lui ai piqué trop de boisson ? Mais mes yeux n'ont pas le temps de se focaliser sur le doux liquide émeraude que déjà mon mystérieux compagnon a repris la parole. Le flot d'informations que je reçois alors me submerge. Je rentre la tête dans les épaules puis affiche un sourire amusé et contrit à la fois. Moi qui espérais mener à bien mon interrogatoire, me voilà servis. Je n'ai toutefois pas le temps d'intégrer tout ce qu'il déblatère à la vitesse de l'éclair, que déjà sa présentation expresse touche à sa fin.  

- Je … n'ai plus de question pour le moment je crois, avouais-je avec un léger rire.

Je me retrouve quelque peu étourdie à essayer d'enregistrer tout ce que je viens d'entendre. Mais je compte bien retenir le plus de choses possibles. Un bref instant je regrette presque de ne pas avoir pris de quoi tout noter dans un petit carnet. Puis je me rends compte que j'aurais eu l'air complètement folle. Aiden se serait levé, absolument mal à l'aise, et se serait éclipsé en se confondant en excuses vaseuses. Je ne l'aurais probablement jamais revu, et cet événement se serait inscrit dans la liste des choses les plus humiliantes de ma vie.

- Et toi tu as gardé contact avec ton père ?

Je reprends un peu plus de sérieux et lui lance un regard plus grave. C'est peut-être un sujet sensible. J'en sais rien. Je n'aurais peut-être pas dû m'aventurer sur ce terrain-là. Quelle idiote. Je saute sur l'occasion offerte par les cocktails pour lui laisser le soin d'ignorer ma question ; C'est à mon tour de pousser mon verre dans sa direction. Nos doigts se frôlent. Je m'immobilise et me retrouve subitement étouffé par une bouffée de chaleur. Je récupère mon bras comme si de rien n'était mais reste un moment focalisé sur sa main. Le contact était inattendu, si bien que je me demande si je ne l'ai pas rêvé. Douce ironie.

- Non, pas vraiment, répondis-je enfin en fuyant son regard à présent. C'est un peu catastrophique. Mais je pense que tu le sais déjà, non ?

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MessageSujet: Re: Because you're there and I'm here ♦ Aiden   Mar 11 Juil - 13:18


« Because you're there and I'm here »

Kaylee & Aiden


Je suis soulagé de voir que Kaylee ne me repousse pas dans mon élan quand je propose mon aide concernant les associations. Les samedi après-midi hein ? Quand je ne suis pas supposé répondre à des insatisfaits au téléphone....oui, je suis libre. Elle semble réellement intéressée par ce que je lui dis. Ça fait plaisir. Je la laisse rebondir sur l'entretien en cuisine. Elle a l'air si surprise, je ne peux m'empêcher de lui sourire tendrement, elle est mignonne avec toutes ses expressions. J'ai toujours aimé observer son visage pour ça, on sait rapidement ce qu'elle pense. En rêve, j'avais l'avantage d'être directement dans sa tête, mais, les habitudes restants, je ne me sentais pas dépaysé en face d'elle. Je crois même, que je préfère finalement. La voir s'indigner pour moi, je trouve ça vraiment adorable.

« Certainement le genre de patron qui veut mettre toutes les chances de son côté. A vrai dire, je lui ai proposé moi-même, de me mettre à l'épreuve. Comme je n'ai pas de diplôme de cuisinier, c'était l'occasion de montrer ce que je sais faire. Je crois que ça lui a plu. »

Je ne sais pas pourquoi elle rigole, si c'est l'idée globale ou ma réponse, en tout cas, je ne peux pas m'empêcher de rire avec elle, d'autant plus quand elle m'annonce que je ferais un mauvais pirate.

« C'est plutôt que tu es une capitaine impitoyable ! Comment faire le poids hein ? »

Je termine en lui rendant son sourire complice. Je repense alors à ce retournement de situation auquel je n'aurais pas pensé moi-même. Au départ, ça avait été effrayant, puis, magique, ce ciel emplit d'animaux marins. Sa bouche sur cette paille....décidément, je n'arrive pas à m'en remettre. Je dois passer pour un gros pervers à la reluquer comme ça. Heureusement qu'elle a des questions à me poser. Je rigolerais presque de voir sa réaction après le débit d'infos que je lui ai lancé.

« Si tu n'as pas tout retenu, je t'en voudrais pas. »

Je ne sais pas si c'est de trop, mais je ne peux m'empêcher de lui adresser un petit clin d’œil. Pas sûr qu'elle ait remarqué... Elle semble ailleurs quelques instants. J'en profite pour boire un peu dans mon cocktail. L'acidité me redonnant du pep's. J'avoue que je ne m'attendais pas du tout à la question qui suit. Je ne peux m'empêcher de froncer les sourcils tandis que mon regard s'assombrit sur mon verre.

« Non. Je ne veux plus entendre parler de lui. »

Je crois que mon ton est un peu sec. Je mets un instant avant d'oser reposer mes yeux sur Kaylee qui m'observe, le visage beaucoup plus sérieux. Soudain, je me sens désolé d'avoir réagit aussi durement.

« Erf...désolé. Il est parti sans rien dire, il a...certainement trompé ma mère...je...je lui en ai toujours voulu de l'avoir rendue malheureuse. Mais c'est du passé maintenant, on a refait notre vie, c'est beaucoup mieux ! »

Et il ne me manquait plus que toi en chair et en os. Je repasse ma main derrière ma nuque en laissant échapper un rire gêné. Il faut que je me détende. Mon regard s'est adoucit en se posant sur elle. Mais j'imagine qu'elle va de toute façon changer de sujet, elle est maladroite, mais elle a de l'empathie. C'est aussi une partie d'elle que j'aime... Heureusement vient l'échange de cocktail...qui me laisse encore plus perturbé. Je ne sais pas si c'est volontaire ou inconscient, mais je sens la chaleur de ses doigts qui effleurent les miens, le temps de quelques petites secondes. Je crois que je rougis. Je suis la direction de ses yeux fixés sur ma main alors que j'essaie de n'avoir l'air de rien. Je vois qu'elle a soudain le regard fuyant alors qu'elle répond enfin à mes questions tandis que je m'apprête à enfin goûter son cocktail. J'hésite un peu devant cette paille que ses lèvres viennent de toucher avant de poser les miennes dessus et d'aspirer. C'est quelque chose de plus doux et plus sucré. J'aime bien.

Je relève les yeux sur elle. Sa remarque me traverse comme une pique. Oh je sais qu'elle ne pense pas à mal, mais moi, je me sens mal à l'aise. J'ai l'impression de lui avoir volé des pensées contre son gré. Oui, je suis au courant qu'elle ne garde pas ses petits copains pendant très longtemps. Mais ce que je sais, j'aurais pu aussi m'empêcher de le voir, mais j'étais poussé par la curiosité et sans doute par la jalousie...à chaque fois qu'elle était amoureuse, ça me faisait du mal. Mais...je ne peux pas lui dire ça maintenant n'est-ce pas ?

« Je euh..hum...je n'ai vu que ce que tu voulais bien me montrer et..euh...promis j'ai rien vu euh..d'intime. »

Là je dois définitivement être rouge comme une tomate. J'aurais voulu lui dire qu'ils étaient des abrutis, qu'ils l'aimaient pas à sa juste valeur ! Mais qui suis-je pour dire ça ? C'est le meilleur moyen pour la faire fuir ! Et là, c'est moi qui ose à peine la regarder. Mais j'ai l'impression que c'est bien que je lui rappelle ça. Bon sang, ça me coûte. Ceux qui l'ont rendue malheureuse ! J'avais tellement envie de les frapper. Si j'avais été un Cauchemar, je m'en serais probablement donné à cœur joie. Si Gabriel avait capté cette pensée, il m'aurait collé une sacrée raclée. J'arrive pas à voir les Cauchemars comme le mal incarné. Un Cauchemar de temps en temps ça fait des trucs à raconter. Là où les Cauchemars me gavent, c'est quand ils s'attaquent aux rêveurs au bord du gouffre, là, ils abusent. J'essaie de recentrer mon attention sur Kaylee, je divague trop alors que j'ai la chance de l'avoir en face de moi, pour de vrai, et avec son consentement. J'essaie de retrouver mon calme. Je me sens con d'un coup. Mais finalement je pose quand même la question qui me turlupine, très timidement, en me tordant les doigts autour du verre.

« Est-ce que...euh...tu veux que j'arrête complètement de venir te voir dans tes rêves ? Je pourrais comprendre qu'après ça, tu ne veuilles plus et j'veux pas te l'imposer. »

J'espère de tout cœur qu'elle ne me dira pas oui. C'est aussi un moyen de la protéger des mauvais Cauchemars que de squatter son inconscient. Mais peut-être qu'elle voudra établir des règles concernant mes venues. Je cherche son regard. Je me tiens prêt à lui expliquer ce qu'elle a besoin de savoir.

« D'ailleurs tu dois te demander pourquoi on vient squatter les rêves non ? »

Maintenant qu'elle sait pour moi, je me demande si ça ne serait pas mieux qu'elle sache pour le reste. Je ne suis pas obligé de donner des noms. Après, elle veut peut-être prendre ça petit à petit et découvrir les choses par elle-même, au fur et à mesure...Je me mords légèrement la lèvre inférieur tant je suis dans l'attente et tendu.


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MessageSujet: Re: Because you're there and I'm here ♦ Aiden   Mer 12 Juil - 13:27



   
Because you're there and I'm here
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Je souris simplement lorsqu'il me dit que ce n'est pas bien grave si je n'ai pas retenu la totalité de sa biographie raccourcie. Ce ne serait pas dramatique en effet. Je pense avoir retenu le plus important, et si ce n'est pas le cas, j'aurais sûrement l'occasion de lui reposer la question. Surtout, j'ai désormais l'impression de me retrouver en compagnie d'un vieux copain. Quelqu'un que je connais depuis bien longtemps, sans connaître les moindres détails de tous ses secrets, mais qui me donne la sensation d'être branché sur la même longueur d'ondes. Peut-être que je connais Aiden plus que je ne l'imagine, en fin de compte. Il serait plausible que certaines informations soient stockées là, dans ma caboche, sans que je n'y fasse vraiment attention. Enfin, tout ceci reste et restera un éternel mystère.

- Non, ne t'excuse pas ! M'exclamais-je soudain alors qu'il m'explique la rancœur qu'il conserve envers son père. C'est compréhensible, je, hm … Ma remarque était déplacée. C'est une bonne chose que vous ayez pu continuer à vivre sans subir son absence.

J'aurai pu prendre sa main dans la mienne en signe d'excuse et de réconfort. Mais quelque chose m'en empêcha envers et contre tout. Il s'agit probablement là du même blocage psychologique qui me raidit de haut en bas lorsque nos doigts se frôlèrent sur le verre froid du cocktail. Sans trop m'en apercevoir, je frotte doucement ma peau sous la table là où elle a touché la sienne. J'ai l'impression d'avoir pris un coup de jus. J'ai pertinemment conscience que ce n'est que mon imagination, et je me sens bête et confuse de ressentir ça alors que tout paraît normal du côté d'Aiden. Comme l'autre fois à la clinique vétérinaire, j'ai cette étrange hantise d'entrer en contact direct avec lui. Comme si nous toucher pour de vrai provoquerait quelque chose d'absolument catastrophique et dramatique. Ridicule.

Finalement le sujet suivant a tôt fait de me retirer mes névroses internes du crâne. Si je me suis retrouvée un peu honteuse face à mon passé amoureux plus que désastreux, la gêne imminente d'Aiden et les paroles qu'il profère ensuite me font éclater de rire. Grâce au Seigneur, je n'étais pas en train de boire à ce moment-là. Mon compagnon n'aura pas l'immense plaisir de me voir recracher son cocktail au kiwi par le nez. Je ris en peinant vraiment à me contrôler. D'un côté la nervosité qui me crispait les épaules redescend d'un coup, et de l'autre son teint plus rouge encore que le mien est irrésistiblement drôle.

- Assez prévenant pour ne pas être un gros voyeur donc !

Je lui lance un coup d’œil amusé et subjectif. Ce qu'il a dit menait tellement au quiproquo que j'ignore s'il en est vraiment rendu compte. Mais je suis mauvaise à me moquer, car malgré tout mes joues aussi se sont remises à rosir, et j'aurais tout aussi bien été capable de lui sortir ce genre de chose avec le plus grand sérieux du monde. Pour ce qui est du reste, je ne sais pas si Aiden dit plus ça pour me rassurer ou parce que c'est la stricte vérité. À vrai dire je ne suis plus à ça près, le voisinage au complet est au courant de mes aventures rocambolesques et vouées à l'échec. Certains de mes anciens petit-amis m'ont assez marquée pour venir me poursuivre la nuit. Je me souviens avoir déjà rêvé de mes peines de cœur passées. Et ça, ma foi, ce n'est vraiment pas beau à voir.

- C'est bon, ce n'est pas grave, annonçais-je avec un signe des mains pour lui signifier que tout va bien. Il faut juste que je m'y habitue … je suppose.

La maladresse réapparaît sur mon sourire. Qu'il s'agisse de mes anciens amours ou du reste de ma vie, il faut bien accepter le fait que l'homme que j'ai en face de moi en sait bien plus que quiconque. Bien plus que ma mère, sûrement. Ça a un côté presque effrayant, mais il faudra bien que je finisse par digérer la nouvelle. Et puis surtout, je ne veux pas qu'il soit étouffé par l'angoisse et les remords à chaque fois que je ferai une remarque de ce genre.

La suite de ses questions me laissent muette. Depuis le début j'ai plus ou moins fait en sorte d'éviter l'incroyable aspect onirique de cette rencontre. Mais je vois bien que l'idée qu'il essaye tant bien que mal de m'exposer lui triture l'esprit. Alors je ne me vois pas lui refuser toute réponse en changeant de sujet sans le moindre tact. Le silence s'étire après sa demande, tandis que je reste figée dans l'espoir de trouver les mots miracles à prononcer, à le regarder droit dans les yeux.

- Je ne sais pas. Je n'y ai pas vraiment réfléchis. C'est quelque chose qui ne m'a même pas traversé l'esprit, en fait …

Je repasse une main dépitée sur mon visage avant de lui adresser un sourire contrit. On dirait un entretien d'embauche, comme celui dont parlait Aiden tout à l'heure, mais auquel je serais vraiment très mal préparée. C'est vrai, comment n'ai-je pas pu envisager cette optique ?

- On devrait peut-être laisser cette question pour plus tard … Et oui, je me demande plein de choses. Vraiment, vraiment, plein de choses. Mais je n'ai aucune idée de comment les aborder, avouais-je avec un soupir déconfit. Mais je suppose qu'il faudra bien passer par là à un moment ou à un autre. Sinon je risque de devenir folle pour de bon.

Mon rire émotif s'étrangle dans ma gorge. Est-ce qu'il me prend déjà pour une folle à liée ?

- Vas-y, explique moi, ajoutais-je en hochant la tête d'un air préparé. Pourquoi viens-tu dans ma tête et … Est-ce que tu fais ça avec d'autres personnes ?

Je fronce très légèrement les sourcils à cette perspective. Une ombre vient se placer sur le tableau. Peut-être que je serais un peu jalouse d'apprendre que je partage mon ami imaginaire pas si imaginaire que ça avec quelqu'un d'autre.

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MessageSujet: Re: Because you're there and I'm here ♦ Aiden   Jeu 13 Juil - 12:58

Spoiler:
 


« Because you're there and I'm here »

Kaylee & Aiden


Je la sens se détendre en ma présence, du coup, ça me détend aussi, placer des blagues devient plus simple. Je me sens capable d'être plus naturel. Dommage que parler de mon géniteur plombe légèrement l'ambiance, même si je ne reviens pas sur le sujet. C'est inutile à ce stade. Elle a compris que c'était un sujet sensible, puis, de toute façon, il n'y a rien à dire de plus, c'est du passé. Malheureusement, cela semble la mettre de nouveau mal à l'aise. Je soupire tout doucement, peut-être n'aurais-je jamais dû le mentionner au départ ? Mais c'est sorti...tout seul. Puis, je lui aurais bien dit à un moment ou à un autre. J'avais l'impression qu'elle avait retenu un geste de consolation envers moi. J'avais cette drôle d'impression qu'elle évitait le moindre contact physique conscient. Mais ce n'était peut-être que le fruit de mon imagination ?

Finalement, le sujet suivant, même s'il nous met mal à l'aise fini par être celui qui nous aide une fois de plus à briser la glace. Elle éclate de rire devant ma tête gênée. Je pourrais me sentir vexé, mais je la trouve tellement adorable à rire comme ça...Je lâche vite ma moue boudeuse pour rire avec elle. C'est communicatif ! Sa remarque me prend au dépourvu, c'est vrai que...d'un certain point de vue, on est des voyeurs dans les rêves. Je n'avais jamais réellement songé à ça. Mais je ne me laisse pas déstabiliser plus que ça et je réponds avec un faux air courroucé sur le visage :

« Je ne me permettrais pas voyons ! » Je reprends un peu plus sérieusement. « Je te le promets. »

J'ai envie que les choses soient bien claires sur ce point là. Je la respecte bien trop pour ça. D'ailleurs, même si je ne compte pas lui dire, je ne l'ai jamais vue nue dans un rêve. D'une part, parce que ça ne s'y prêtait pas et d'autre part, j'aurais détourné le regard, ou je l'aurais habillée aussi vite que possible....enfin bref. Qu'est-ce que je suis encore entrain de penser ? Ça va que je suis déjà rouge...Pfff. Elle parle de nouveau. Il faut qu'elle s'habitue dit-elle. Inutile de répéter que je suis désolé n'est-ce pas ? Elle sourit. J'essaie de lui répondre de la même manière avant d’enchaîner sur ce qui me tracasse. Le problème est que ça ne m'arrange pas du tout sa réponse pour la simple raison que ça me laisse au même point. J'ai tellement l'habitude de rejoindre ses rêves sans même y penser que...Ça a l'air de la mettre mal à l'aise. Je n'aurais peut-être pas dû aborder le sujet en fin de compte. Elle est encore bien perdue et moi je n'aide pas.

« Mais non tu n'es pas folle du tout ! » dis-je précipitamment comme si elle s'était insultée. J'avais entamé un geste pour lui prendre la main et la tapoter, mais, finalement, j'avais juste de nouveau saisit mon verre presque vide en espérant que ça passe inaperçu. « ...enfin, pas dans le mauvais sens du terme en tout cas ! » Je termine dans un sourire affectueux. Elle avait ce je-ne-sais-quoi de folie en elle qui rendait les choses plus vivantes. C'est de son imagination débordante dont je suis tombé amoureux, ce petit grain de folie qui a mit de la couleur dans mes nuits pendant toutes ces années. Finalement, elle pose la question que j'avais presque envie qu'elle repousse. Ce qu'elle ajoute me fait tiquer parce qu'il va falloir que je lui dise...est-ce que je dois vraiment lui dire ? Je m’éclaircis la gorge, redevenant tout à fait sérieux et je commence à expliquer :

« Et bien...les personnes qui ont la même capacité que moi, les Gardiens donc, vont dans l'inconscient des rêveurs pour...comment dire ça...pour leur permettre d'avoir un bon sommeil. En fait..si y'a des Gardiens, c'est parce qu'il y a aussi des Cauchemars. Ils sont plus ou moins mauvais, plus ou moins agressifs, mais... ils portent bien leur nom et pourrissent le sommeil des Rêveurs. »

Je fais une pause pour voir si elle encaisse l'info, guettant la moindre réaction sur son visage qui m'indiquerait comment poursuivre l'explication. Incertain, je reprends :

« On naît comme ça. On a pas vraiment le choix, quand les Gardiens s'aperçoivent de ce qu'ils sont, ils sont pris en charge par un mentor, pour apprendre tout ce qu'il faut et après on leur confie un ou plusieurs Rêveurs à protéger. En gros. Mais y'a un entraînement, des règles à respecter...toute une hiérarchie... » Je balaie la table d'un geste de la main, fixant cette dernière dans son mouvement avant de reporter mon regard sur Kaylee. «  Je...tu..tu as été ma première Rêveuse et la dernière. »

Je termine dans un sourire timide. J'espère qu'elle percevra à quel point elle est spéciale pour moi. C'est vrai. Elle est la première et la dernière. A cette même époque je fréquentais déjà Liam et malheureusement pour moi, du côté des Gardiens, on ne m'a pas fait confiance. J'observe Kaylee avec anxiété. N'importe qui, nous écoutant, me prendrait pour un fou. Mais elle, va-t-elle comprendre ? Veut-elle en savoir plus ? Est-ce trop ? Est-ce que tout ça va me retomber sur le coin de la truffe à un moment ?


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MessageSujet: Re: Because you're there and I'm here ♦ Aiden   Ven 14 Juil - 18:49



   
Because you're there and I'm here
Kayden




À la façon dont Aiden se dépatouille avec ses explications, je vois bien que ce n'est pas chose aisée ni pour lui, ni pour moi. Je récupère mon cocktail aux fruits rouges pour le faire tourner entre mes mains. J'écoute d'une oreille attentive sans chercher à l'interrompre. Ses révélations se raccordent aux souvenirs que je garde plus ou moins de notre dernier tête à tête à bord d'une frégate pirate. Toutefois Aiden a l'air de soigneusement choisir ses mots. Ce détail pique mon attention, au point que je me demande s'il ne cherche à pas dissimuler certaines choses. Essaye-t-il de voiler une partie de la vérité ? Et ai-je vraiment le droit de savoir tout ça ? Mes yeux quittent les siens pour parcourir la petite cour baignée du parfum des fleurs. Les mêmes clients que nous avons vu à notre arrivée sont toujours là, et ne semblent visiblement pas nous accorder la moindre attention. Le serveur n'est pas réapparu depuis tout à l'heure, ou du moins j'ai dû me montrer trop occupée pour y faire attention. Il n'y a rien d'étrange ici. Rien d'anormal ou d'inquiétant. Mais tout de même … Est-ce qu'une troupe d'hommes du gouvernement, armés jusqu'aux dents, ne risquent pas de débarquer d'un moment à l'autre pour emmener Aiden ? Et qu'est-ce qu'ils feraient de moi alors ? Une balle dans la tête ! Est-ce qu'on est sur écoute ? C'est possible ça ?

Les derniers mots de mon compagnon aux yeux bleus piquent abruptement mon attention, et m'empêchent de peu de me mettre à palper mes vêtements pour chercher un micro imaginaire. Merde, tu divagues Kay. Reprends donc une gorgée de cocktail. Une Rêveuse, alors c'est comme ça qu'il m'appelle. J'ignore si chaque Gardien comme Aiden se voit attribuer le sort de quelqu'un en particulier. Mais dans sa bouche, entendre que j'ai été la première et la dernière rencontre de cette étrange aventure a quelque chose de particulièrement intime. Ça a raisonné comme un précieux secret, quelque chose qu'il ne faut pas ébruiter et qu'il faut précautionneusement conserver. J'oublie soudain toutes les craintes inutiles qui m'envahissaient l'esprit. Je reste surprise devant son sourire timide, à cligner des cils avant de trouver comment réagir. Suis-je vraiment censée faire comme si cet aveu n'avait rien de particulier ?

- Oh, alors … C'est un peu comme Harry Potter. Certains ont la chance de recevoir le hiboux pour aller à Poudlard, tandis que d'autres restent sur le banc de la touche, déclarais-je en posant mon coude sur la table, avant d'appuyer mon menton contre ma main, une fausse mine jalouse mais amusée au visage.

J'avais peut-être eu le fol espoir d'espionner les rêves des autres, moi aussi. En y repensant, cette expérience doit être absolument unique. Je me demande ce qu'il se passe dans la tête d'Ollie ! Ou quels affreux secrets mon vieux goujat de voisin cache-t-il.

- Mais il y a un truc que je ne comprends pas. Un cauchemar de temps en temps n'a jamais fait de mal à personne, non ?

Je bois un peu de ma boisson, émettant avec ma paille ce bruit de raclement caractéristique signalant que j'arrive à la fin du verre. Loin de moi l'idée de remettre sa parole au cause, mais sa mission reste encore bien floue dans mon esprit. Puis soudain, quelque chose semble se connecter dans ma tête. Je me redresse et me penche vers lui, comme saisie d'une brutalement illumination.

- Ça veut dire que les … Les Cauchemars c'est ça ? Ça veut dire qu'ils sont comme toi ? Vivants, je veux dire. Réel.

J'humecte mes lèvres après avoir lâché ce dernier terme. Il me faudra à coup sûr encore un peu de temps avant de m'y habituer, à cette fameuse réalité des choses.

- Qu'est-ce que ça fait ? De pouvoir explorer un rêve, tout ça, demandais-je finalement en me détendant sur ma chaise.
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MessageSujet: Re: Because you're there and I'm here ♦ Aiden   Mer 19 Juil - 16:37


« Because you're there and I'm here »

Kaylee & Aiden


J'adore l'observer. C'est fou le nombre de choses qui semblent lui traverser l'esprit tandis que j'explique, elle se met à observer les alentours, comme si quelque chose allait surgir. Pourtant le ton de ma voix est suffisamment bas pour qu'il faille être à moins d'un mètre pour m'entendre ou alors avoir une ouïe de chien. Je ne m'interromps pas, je sais qu'elle écoute, je vois bien ses doigts qui s'agitent autour de son cocktails avec nervosité. Je pourrais rire et lui dire que je suis un agent secret, mais je n'ai pas le cœur à ça, vu le sujet et la délicatesse avec laquelle je dois lui expliquer les choses.... Finalement mes dernières paroles la ramène à moi. Je lui offre un sourire un peu gêné mais mon regard ne trompe pas sur la sincérité de mes paroles. Elle semble se réveiller. Je me demande comment elle a bien pu prendre ça. J'ai la sensation d'avoir fait une déclaration d'amour indirecte. De son côté, ça a l'air d'être totalement différent vu la remarque qui suit. Je laisse échapper un petit rire.

« Haha, on peut dire ça, je n'avais pas vu les choses sous cet angle ! »

Retrouvant mon sérieux j'examine un peu son expression, est-elle réellement jalouse ou était-ce pour rigoler ? Il y a toujours un fond de vérité sous couvert de l'humour. Malheureusement on ne choisit pas comment nous naissons... Et je ne m'étends pas sur le sujet, je n'ai pas envie de la narguer. Parfois, j'aimerais n'avoir aucune responsabilité vis à vis des rêveurs, mais même banni, je me sens incapable de rester à l'écart. La preuve, ma petite préférée reste au centre de mes attentions...même si je reconnais que ce n'est pas objectif. Elle me regarde avec plus d'attention, je sens qu'une question va tomber. Mon regard l'invite à parler. Je prends une inspiration avant de répondre.

« Non en effet, ça ne fait de mal à personne tant que ça reste mesuré, il y a des Cauchemars qui vont trop loin et rendent les rêveurs dépressifs. C'est surtout pour ça que les Gardiens doivent intervenir. »

Elle m'écoute tout en finissant son cocktail. Je m'aperçois alors que je n'ai toujours pas bu dans le mien et je prends une gorgée avant de continuer, parce que je pense que ma réponse va susciter des questions dans son esprit et que si je ne lui dis pas, elle va certainement me le demander par la suite. Mais suis-je le mieux placé pour répondre à ça ? C'est bien parce que je compatis à la situation des Cauchemars que j'en suis rendu à être banni. Zut, elle pose déjà une autre question.

« Oui, comme toi et moi une fois réveillé. C'est un peu Serpentards contre Gryffondor en fait. »

Je termine dans un sourire, reprenant sa métaphore précédente. Elle comprendra facilement que tout est nuancé, comme dans les romans. Il n'y a pas de méchants, ni de gentils. Chacun a ses défauts et lutte pour ses valeurs et principes. Je la sens se détendre, je n'insiste donc pas sur les détails, de toute façon, elle me pose déjà une autre question. Je souris.

« Comment décrire ça ? C'est...comme avoir un rêve lucide je dirais. C'est un grand sentiment de liberté, parce que tu peux prendre l'apparence que tu veux. Comme tu le sais, moi j'adore le faucon, je peux voler quand j'ai envie, c'est vraiment une sacrée sensation. Tout peut changer d'un moment à un autre selon l'inconscient de la personne qui rêve, mais toi, tu es spectateur, tu sais que c'est un rêve donc...finalement, tu es là pour guider le rêveur si ça va pas, lui suggérer des idées pour rester positif en fait. En fait, c'est une sacrée responsabilité. Si tu fais un truc de travers, tu peux te faire éjecter et ça laisse la porte ouverte aux Cauchemars. D'où la nécessité d'une formation.  »

Je me tais pour observer sa réaction, aspirant les dernières gorgées de mon cocktail également. L'ai-je rendue envieuse ? Lui ai-je fait peur ? Est-ce que j'en ai trop dit ? Je sens bien que je me suis un peu emporté, mais j'ai l'impression de revivre les sensations de vols sous ma forme de faucon et ça me rend tellement heureux ! Et puis toutes ces merveilleuses aventures que l'on a vécu ensemble parle biais des rêves...c'était tellement bien.


« N'hésite pas, si tu veux que je donne plus de détails sur certains trucs, j'ai juste pas envie de t'assommer avec tout un tas d'infos. Surtout vu le sujet.... Et puis euh...je pense que ça va de soi mais...si tu pouvais garder ça pour toi. Les Rêveurs ne sont pas supposés savoir tout ça.  »

Je triture mon verre vide avec anxiété. Je ne crains plus grand chose vu que je suis déjà banni, m'enfin, si on se met à me traquer à chaque fois que j'essaie d'entrer dans le monde des songes...j'vais vraiment mal le vivre. Il y a toutefois une question de plus qui me taraude, d'une voix douce, presque timide, je me lance :

« Kaylee ? Comment tu te sens vis à vis de tout ça ? »

J'ai frémis quand j'ai prononcé son prénom, c'est vraiment étrange de pouvoir le faire en vrai. Puis ses yeux....ses yeux me mettent dans un état ! Quel chanceux j'ai été pour tomber sur une Rêveuse pareille ! Je redoute le moment où elle dira qu'elle en a assez entendu et qu'elle voudra partir. Je ne sais même pas comment lui demander son numéro...si je dois attendre d'aller chercher le rouquin, je sens que ça va être cruellement long. Mais en même temps....est-ce qu'elle voudra me revoir tout de suite ? Pas sûr...en attendant, je me sens tendu, dans l'attente de sa réponse, mon regard fixé sur elle, à la fois tendre et inquiet.


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MessageSujet: Re: Because you're there and I'm here ♦ Aiden   Ven 28 Juil - 9:54



   
Because you're there and I'm here
Kayden




Le récit d'Aiden garde encore une fois toute mon attention. Mon gardien a de toute évidence énormément de choses à raconter sur cette dimension à part dont je ne connais rien, mais que je côtoie pourtant depuis toujours. Il y a probablement tant à expliquer que nous en aurions pour des heures, à n'en pas douter. Moi qui m'étais montrée hostile à ces révélations, effrayée quant à l'idée de découvrir ce monde plus que déstabilisant, je me surprends à devenir plus curieuse que ce que j'avais prévu. Aiden m'affirme que je peux lui demander n'importe quoi. Il a l'air si sincère que je suis presque certaine qu'il ne pourrait plus rien me refuser. Il a bien raison ; Une foule de questions me brûle la langue. Il me parle de missions, de responsabilités, de formations … Tout ceci ne semble pas être pris à la légère. Existe-il vraiment une armée de petits soldats oniriques ? Entraînés nuit après nuit pour veiller sur nous ? Un bref instant je me demande même si Aiden est bel et bien humain. Mais quelque chose de plus intéressant me taraude l'esprit. Toute cette organisation, toute cette belle institution … Qui donc a pu la mettre sur pied ? Qui donc pourrait gérer tout ce beau monde ? Je suis tentée de demander à Aiden de me révéler toute la genèse de son monde mystérieux, si tant est qu'il la connaît. Et puis, son dernier aveu me garde finalement résolument silencieuse. Je ne suis pas supposée savoir tout ça. C'est bien ce que je pressentais …

- Tu risque d'avoir des ennuis à cause de moi ? Bredouillais-je avec un air soupçonneux, effrayée par cette idée.

Que pourrait-il lui arriver si jamais on découvrait qu'il avait bien trop parlé ? Cette fois, c'est une question à laquelle je ne suis pas sûre de vouloir donner une réponse. Je ne peux pas m'empêcher de baisser les yeux sur les doigts que je suis en train de triturer sous le couvert de la table. Mon verre est vide, je n'ai plus rien pour m'occuper les mains. Ô dam.

- Alors il faut que je t'avoue un truc … Je relève la tête et lui adresse une petite moue embarrassée et contrite. Il se peut que j'en ai déjà touché quelques mots à un vieil ami ...

L'étrange soirée passée en compagnie d'Orion me revient en mémoire. Si nous nous sommes retrouvés ce soir là, lui et moi, c'est justement parce que mes dérangeantes découvertes à propos d'Aiden m'ont légèrement trop chamboulée. Je n'ai pas pu m'empêcher de lui confier quelques unes de mes craintes, et révéler ainsi l'histoire rocambolesque qui était en train de me tomber dessus.

- Mais c'était juste après ce rêve sur le bateau ! M'empressais-je d'ajouter pour me justifier. Honnêtement je ne pensais pas que ce rendez-vous se réaliserait, et … J'avais juste besoin d'en parler à quelqu'un. Je suis désolée, débitais-je en grimaçant.

Est-ce qu'il va devoir m'assommer à coup de pelle pour aller m'enterrer vivante dans une forêt à présent ? Effacer les témoins pour éviter d'avoir des problèmes ? Je pousse un soupir, navrée de mes propres spéculations. Orion m'a probablement prise pour une folle de toute façon. Il ne serait plus à ça près, me concernant. Et puis à qui pourrait-il en parle ? Il se retrouverait dans la même impasse que moi. Personne ne croirait cette histoire.

Sa question suivante me détend légèrement. Mais suffisamment pour que je ne me transforme pas en statue de sel sur cette foutue chaise. Un rire quelque peu nerveux m'échappe. Aiden m'interroge souvent sur mon état psychologique ces derniers temps.

- Et toi ? Répondis-je en premier lieu, désireuse de connaître également son point de vu sur … tout ça. Mais je ne tarde pas pour autant à lui avouer ce qu'il désire savoir : C'est plutôt étrange. J'ai l'impression d'être plongée en plein milieu d'un roman grandeur nature. Je suppose que je suis encore … un peu indécise par rapport à tout ce que tu m'explique. C'est assez … énorme, comme nouvelles. Mais je te remercie d'être aussi franc avec moi.

Je conclus avec un léger sourire sincère et attends à mon tour son ressenti sur cette situation hors norme. Après tout, je ne doute pas un instant que ce soit aussi déstabilisant pour lui que pour moi.
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MessageSujet: Re: Because you're there and I'm here ♦ Aiden   Lun 31 Juil - 15:44


« Because you're there and I'm here »

Kaylee & Aiden


L'intérêt que Kay porte à mon discours me met aux anges, je dois l'avouer. Finalement, je me sens vraiment soulagé de pouvoir lui en parler. J'ai l'impression d'être plus léger. Pourtant, j'avais aussi cet étrange sentiment qu'elle se retient de demander certaines choses. Je n'insiste pas, quand elle le voudra vraiment, j'espère qu'elle n'hésitera pas par contre. Je ne peux m'empêcher de me demander si c'est une bonne chose qu'elle sache. Est-ce que ça va changer quelque chose pour elle dans sa façon de rêver ? Certainement. Mais est-ce que ça aura un impact négatif ? Est-que je viens de lui enlever un peu d'insouciance ? Je ne pensais pas la mettre aussi mal à l'aise lorsque je lui ai demandé de garder ces informations pour elle. Elle s'inquiète de me mettre dans la merde en parlant. D'ailleurs...Vu la tronche qu'elle tire, c'est obligé, elle en a déjà parlé à quelqu'un. Bingo. Elle a l'air vraiment désolée et se justifie. Je fais une grimace embêtée, mais, je ne m'énerve pas. Après tout, elle n'y est pour rien. J'essaie de sourire malgré mon inquiétude.

« Ah. Bon. T'excuses pas, tu ne pouvais pas savoir. T'as rien fait de mal. Et bien..y'a deux cas de figure. Un, la personne te croit pas. Zéro problèmes. Deux, t'en a parlé à quelqu'un qui est au courant et ça peut remonter aux supérieurs. Si t'en parles à un Gardien surtout. Si c'est un Cauchemar...bah ça dépend de ce qu'il peut gagner avec cette info. »


Je sais que je ne devrais probablement pas essayer d'en savoir plus, pourtant, je ne peux pas m'empêcher de lui demander.

« Est-ce qu'il avait l'air au courant ton...euh, ami ? Il l'a prit comment quand tu lui as raconté ? »

J'essaie de ne pas trop insister sur cet ami. La jalousie me chatouille plus que je ne l'aurais cru. Qu'elle en parle à quelqu'un signifie que cette personne est importante pour elle. Si en plus c'est un homme....peut-être que je le connais ? L'ayant vu par le biais de ses rêves ? Je ne peux décidément pas demander ça. J'essaie d'avoir l'air aussi impassible que possible à l'extérieur tandis que se joue un combat féroce entre mon cœur et ma raison. J'ai déjà envie d'aller casser la gueule à ce gars alors que je ne le connais pas, ni lui, ni ses intentions. Mais je dois en savoir un maximum. Pour me protéger et pour la protéger si besoin.

Puis nous passons à un autre sujet. Elle me répond enfin sur son ressenti, après m'avoir bien évidemment retourné la question. Je me contente de lui sourire, je répondrais après. Elle semble à la fois prête à totalement y croire tout en donnant l'impression qu'elle attend de se réveiller d'un drôle de rêve. Il faut que je lui laisse le temps d'assimiler tout ça, c'est normal. Moi ça fait des années que je sais. Elle seulement quelques jours. Je lui souris.

« Prends le temps qu'il te faut pour ça alors. Je dois t'avouer que... je suis vraiment soulagé que tu le prennes comme ça. J'avais peur que tu me prennes pour un taré et que tu me colles une plainte aux fesses pour harcèlement haha... » En fait, c'est pas vraiment drôle mais j'ai besoin de dégager ma nervosité, sous couvert de l'humour ça fait de mal à personne. Je sens étrangement que notre rendez-vous est sur le point de s'achever. Même si j'ai l'impression que je pourrais passer des heures à papoter avec Kay, au sujet de tout et n'importe quoi, je dois lui laisser de l'air. Si je l'étouffe maintenant, c'est sûr qu'elle va définitivement me mettre sur liste noire. Un léger silence s'installe. Je rougis, je me passe la main derrière la nuque avant de demander.

« Est-ce que....euh... je pourrais avoir ton numéro de téléphone ? » Je me sens obligé d'ajouter un truc, pour noyer ma gêne dans quelque chose de plus constructif. « Au cas où j'aurais un samedi de libre pour aller au refuge...je euh...pour que tu me donnes les informations. » Mon dieu on peut pas faire plus débile. Bah, c'est dit. Ma main est repassée sur la table et triture de nouveau le verre vide. Pourquoi me fait-elle tant d'effet ? Je cherche son regard et en même temps j'ai peur de me perdre dedans. Si elle me sourit encore une fois, c'est certain, je vais fondre ! Si elle me donne son numéro, j'vais pas dormir ! Et je vais devoir me retenir de lui écrire illico presto. Et si elle le refuse....j'vais être malheureux. Dans tous les cas, j'suis foutu. Cette nana aura ma peau.

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MessageSujet: Re: Because you're there and I'm here ♦ Aiden   Mar 1 Aoû - 15:15



   
Because you're there and I'm here
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Savoir que j'ai commis une boulette avant même d'avoir rencontré Aiden en bonne et due forme, et avant même d'entendre ses révélations, me donne franchement envie de m'écraser le front contre la table. C'est un fait avéré, je ne peux pas survivre bien longtemps sans faire de connerie. J'affiche une énième grimace et me ratatine presque sur mon siège. Il ne s'énerve pas, mais j'ai bien l'impression que quelque chose l'a contrarié. Ses yeux bleus se sont fait plus durs, et son sourire rêveur s'est volatilisé. Désireuse de réparer mes bêtises, je déglutis et force sur ma mémoire pour me replonger dans ces retrouvailles pour le moins animées avec Orion.

- Eh bien, il a accueilli ça sans me foutre à la porte comme une demeurée déjà.

De toute manière, le musicien n'était pas vraiment au plus haut de sa forme. J'avais inconsciemment remis sur la table le décès de sa sœur, ce qui l'avait poussé à envoyer son poing dans un mur avant de s'enfermer dans sa douleur. Il s'était peut-être imaginé que mon histoire était totalement inventée pour lui remonter le moral.

- Il n'a pas vraiment eu de réaction trop farfelue. Je crois surtout qu'il a fait mine de m'écouter pour me faire plaisir, rien de plus. Mais je vais rattraper le coup ! La prochaine fois je lui dirai que c'était n'importe quoi.

Je n'arrive décidément pas à imaginer Orion faire partie du monde d'Aiden. C'est parfaitement idiot, mais ma conscience me souffle que je le connais depuis bien trop longtemps pour qu'une telle chose soit probable. Je suis supposée plutôt bien le connaître après tout, malgré les années passées il doit forcément rester quelques morceaux de l'adolescent que j'ai connu sous cette masse de boucles blondes. J'espère toutefois rassurer le Gardien avec mes promesses. Pour l'heure je ne cherche pas plus à découvrir ce qui pourrait bien se passer pour lui comme pour moi si jamais notre secret commun venait à s'ébruiter. J'ai ma dose de choses tordues à avaler pour la journée, et surtout, je ne veux pas retourner le couteau dans la plaie.

Alors je n'en attends pas moins pour sauter sur un autre sujet. Je ne peux pas m'empêcher de joindre mon rire nerveux au sien lorsqu'il me confie ses impressions. Lui coller une plainte aux fesses ? Non, je ne lui dirai pas que j'ai commencé à y songer dans l'hypothèse où j'aurais eu un parfait psychopathe en face de moi lors de ce rendez-vous. En revanche, je peux peut-être lui confier avoir vérifié toutes les informations personnelles qu'il a laissé à la clinique l'autre fois. Comme son adresse. Je l'ai tapé sur Google Map. Juste pour voir. Je pince des lèvres. Il vaut peut-être mieux garder ça sous silence tout compte fait.

- Nous voilà rassurés tous les deux alors.

Je conclus avec un petit sourire empreint de sincérité. Intérieurement je lui suis reconnaissante de ne pas m'avoir fait faux bond aujourd'hui. Je lui suis reconnaissante d'avoir accepté de répondre à mes questions, et de me permettre de mieux dormir à nouveau. Et enfin, je lui suis reconnaissante de se montrer aussi respectueux. J'ignore encore si je vais accepter de le laisser revenir se promener dans ma tête. Il faudra un certain temps de méditation avant ça.

- M-mon numéro ? Euh, oui, bien sûr. Ce serait sûrement plus simple comme ça. Pour le refuge évidemment.

J'affiche un rictus crispé, me maudissant d'avoir débité autant de paroles trop vite. J'avais complètement oublié cette histoire de refuge. Pour ma part j'y vois surtout l'avantage de communiquer sans avoir à passer par un rêve. Beaucoup plus pratique. Beaucoup plus sûr. Je fouille rapidement au fond de mon sac pour en tirer un crayon, et griffonne ledit numéro sur l'une des serviettes en papier déposées-là par le serveur.

- J'ai déjà le tien, affirmais-je en lui tendant le précieux document.

Je me rends compte peut-être un peu tard que je viens de trahir mon étude complète et minutieuse de son dossier clientèle. Mais avec un peu de chance il n'y fera pas attention.

- Je suis désolée Aiden, il va être l'heure pour moi de filer, avouais-je d'un air un peu penaud en me levant de ma chaise. Je vais rendre visite à ma famille ce week-end et … Enfin voilà.

J'ai énormément de bagages à préparer et un bordel monstre à ranger.

Je l'invite à m'emboîter le pas pour sortir d'ici. La tranquillité reposante de la terrasse fleurie disparaître derrière nous. Sur le comptoir, nous laissons tous deux de quoi payer nos consommations.

- C'était une rencontre très … singulière ? Glissais-je avec un sourire en coin en m'arrêtant sur le trottoir inondé de soleil.

Mes pas me rapprochent de lui instinctivement pour le saluer. Mon bras se lève, esquisse un mouvement, mais se ravise bien rapidement. Je me racle la gorge et rassemble mon courage. Ma main hésitante repart à sa rencontre et tapote son épaule à deux reprises.

- Juste pour être sûre, bafouillais-je en piquant un fard.

Maintenant rassurée quant au fait qu'il est bel et bien concret, mais plus important encore, qu'aucune catastrophe n'explose lorsque je le touche, je recule d'un pas et lui adresse un signe de la main.

- A une prochaine fois alors.

Et sur ce dernier sourire je m'éloigne et me laisse englober par les passants, laissant ainsi derrière moi  l' « homme de mes rêves ».
Codage par Emi Burton

_________________
dream is coming true

je t'ai cherché partout, même ailleurs. je t'ai trouvé, où que tu sois, je m'endors dans tes regards. même sans toi, je ne serai plus jamais seule, puisque tu existes quelque part •• ALASKA (marc levy)

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Because you're there and I'm here ♦ Aiden

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