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 Vecchi ricordi ♦ Luciana

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libre

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MessageSujet: Vecchi ricordi ♦ Luciana   Sam 8 Juil - 18:28



   
   Luciana & Damian
   Vieux Souvenirs

A
vec humeur je me glisse sur les trottoirs bondés du centre ville. Le soleil a eu la bonne idée de pointer le bout de son nez, et évidemment les trois quarts des habitants de Manchester ont décidé d'en profiter. Les rues sont pleines de monde, envahies de gamins tous aussi insupportables les uns que les autres et de pimbêches prenant trop de place devant les vitrines. J'évite tous ces badauds d'un pas pressé. Mon cellulaire collé à mon oreille, j'écoute à peine les excuses minables que bredouille mon employée à mi-temps à l'autre bout du fil. Je lève les yeux au ciel, agacé.

- J'entends bien, mademoiselle Hayes. Mais nous avions tous les deux convenus que vos horaires s'étendaient au samedi matin. Relisez votre contrat.

Je contourne une femme avec une poussette et manque d'écraser le caniche hargneux d'une grand-mère. Un coup d’œil à ma montre m'indique que je suis encore plus en retard que prévu. Ça m'excède.

- Je me contre-fiche que votre voiture soit tombée en panne. Vous n'avez qu'à venir à pied, ou vous payer un foutu taxi comme tout le monde. À quoi vous sert donc l'argent avec lequel je vous paye ?

Je presse un peu plus le pas. Il y a énormément de travail qui m'attend aujourd'hui, et le temps que me faire perdre cette empotée est déjà bien trop conséquent.

- Cessez de pleurer, c'est insupportable.

Je termine enfin de longer le parc Hilton. Cette idiote continue de piailler au téléphone. Mes tympans protestent tandis que je grince des dents. Enfin, je traverse la route et quitte la cohue de la grande avenue. Mes jambes me conduisent à travers la rue plus propre et apaisée des boutiques plus luxueuses, et donc hors de prix.

- J'en ai assez entendu, votre temps est écoulée. Vous êtes virée, mademoiselle Hayes.

Sans un mot de plus, je raccroche sans lui laisser le temps de digérer la nouvelle. Je glisse mon téléphone dans la poche de mon pantalon et pousse, dans un parfait timing, la porte de la boutique d'antiquités. La discrète clochette fixée au plafond accueille mon retour. La sérénité des lieux se confronte brutalement à mes nerfs à vif. Je rejoins le fond de la pièce, là où siège le comptoir et tous mes précieux documents. D'un geste je me débarrasse de ma veste en la lançant sur élégant canapé tout droit issu d'une autre époque. Ce même canapé où l'inspectrice Rosebury s'est assise, quelques semaines plus tôt, dans l'agaçante optique de me faire avouer mes vilains péchés.

Soudain, la clochette se fait entendre à nouveau. J'avise à peine la silhouette féminine qui s'est glissée à l'intérieur et me retourne plutôt vers l'impressionnante paperasse qui m'attend là.

- Navré, la boutique est fermée. Je vous demanderais de repasser en semaine, lançais-je en lui tournant le dos sans plus y faire attention.
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MessageSujet: Re: Vecchi ricordi ♦ Luciana   Dim 9 Juil - 1:28



Vecchi ricordi
FT. Damian Wright

Le soleil traversait les grandes fenêtre de ma chambre, réchauffant mon visage tout juste sortis des couvertures. Je laissais ma main glisser sur la place désormais libre depuis plus de quatre ans, profitant des bons souvenirs qui revenaient dans ma mémoire. Je n'avais aucune idée de l'heure qu'il était, juste qu'il faisait jour et d'après le réveil il n'était que 7h. Mes pieds quittèrent la douce chaleur   des draps pour se poser sur le sol frais. Je me levais avec douceur avant de suivre les murs de ma chambre du bout des doigts pour aller jusqu'à ma salle de bain. Je me pris une bonne douche avant de me préparer pour ma douce journée qui m'attendais.

L'organisation de mon dressing relevait à comparer à un plan digne de la CIA. C'était mon frère ainsi que mon mari qui me l'avaient mis en place pour me simplifier la vie. Je pris la tablette posée sur l'une des tablettes de l'armoire qui attendait à être utilisé depuis la veille.

-Intercalaire été, lire case A20, B20, C20, D20 et E20. Questionnais-je l'appareil.
-6, 10, 2, 16, 4. Répondit la voix informatique.

Je partis à la recherche du pantalon numéro 6, le t-shirt 10, ainsi de suite. Chaque type de vêtement était ranger à un endroit précis, sur des cintres qui possédaient chacun une étiquette avec la première lettre du type de vêtement et le nombre qui portait en braille. J'enfilai la tenue que m'avait confectionné mon frère comme tous les vêtements que comportaient mon dressing. C'était la chance d'avoir un grand frère dans la mode et qui vous aime.

-Lire case F20. Demandais-je.
-Tenue composée d'un jean slim de couleur rouge foncé avec un t-shirt manche courte crème léger à porter avec une petite poche vers le côté gauche de la poitrine. Accessoirisé avec de petite boucle d'oreille ronde et des escarpins avec un talon de 3cm. Expliqua-t-elle.

Cela avait l'air d'être une tenue simple quand on la voyait ce qui était parfait pour la journée qui m'attendais.  Je sortis de ma chambre, rejoignant la cuisine pour me préparer mon petit déjeuner. Appuyer sur le gros bouton de la machine à café, descendre le bouton pour le grille pain, sortir du frigo le verre de multi-fruit ainsi que le beurre. Je pris mes deux tranches de pains grillés ainsi que ma tasse avant de manger tranquillement en écoutant une nouvelle musique pour l'étudier. Je rangeais tout à leur place, avant de me diriger vers la porte d'entrée. Je choppai la paire de chaussures numéro 4 avant de l'enfilai et de mettre mes lunettes de soleil. Je partis de chez moi, la canne dans la main et mon sac à l'épaule, pour une balade avant de me rendre à mon premier cours qui n'étais que dans l'après-midi.

La rue était agitée à cause du beau temps ce qui allait rendre ma balade plus compliqué que prévu. Je balançais ma canne d'un côté puis de l'autre me laissant aller où mes jambes voulaient bien me porter. Je me faisais de temps en temps bousculer, avant d'entendre les gens pester puis se morfondre d’excuse voyant que j'étais non-voyante. C'est alors que je cru reconnaître une voix qui me paraissait très ancienne.  Ce pouvait-il que se soit lui. Je suivais donc cette voix qui s'énervait au téléphone pour une certaine raison de retard. Il m'était compliquée de suivre cette personne qui n'arrêtait pas d’accélérer, m'obligeant à allonger mon pas de plus en plus. J'espérais ne pas me tromper car j'étais presque en train de courir pour une personne que j'avais connu en Italie.  

La voix disparue après être rentrer dans ce que je supposais une boutique. J'ouvris alors ma porte à mon tour après avoir trouvé la poignée avec beaucoup de difficulté. Il y eut un petit tintement d'une clochette juste au dessus de ma tête après avoir ouvert la porte. Une forte odeur de bois et de tissus plutôt ancien s'incrustèrent dans mon nez, venais-je d'entrer dans un magasin d’antiquaire ?? Je rapprochais ma canne de moi avant de faire un pas en faisant le plus attention que je pouvais avec les informations que j'avais pour ne rien casser. Une voix s'éleva alors :

- Navré, la boutique est fermée. Je vous demanderais de repasser en semaine.

Je voulais prononcer le prénom pour être sûre de ne pas me tromper de personne au lieu de cela, je touchais le meuble en bois qui fut juste à côté de moi.

-Bois vernis comportant des gravures de la renaissance italienne et vu la grande taille, je dirais que ceci est un bureau italien de la renaissance. Est-ce que je me trompe ? Déclarais-je. Par contre, pouvez-vous me montrer la sortie, je suis un peu perdue et je ne voudrais rien casser.

Je ne pouvais pas me tromper, cela ne pouvait être que lui, mais avais-je beaucoup changer depuis l'âge de mes 18 ans maintenant que j'en avais déjà une trentaine.


Dernière édition par Luciana Jeanson le Dim 23 Juil - 23:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Vecchi ricordi ♦ Luciana   Dim 9 Juil - 12:25



   
   Luciana & Damian
   Vieux Souvenirs

L
a voix qui s'élève doucement dans mon dos percute brutalement mon attention. Mes mains, déjà occupées à tourner et trier les nombreux documents empilés sur le bureau, s'immobilisent en plein mouvement. Un bref moment, seul le discret cliquetis d'une énorme horloge victorienne trouble le calme ambiant. Je me redresse, mais ne me retourne pas. Les sonorités des mots que je viens d'entendre tourbillonnent à mes oreilles. Ce timbre calme et léger, cette délicatesse orale, et ce léger accent chantant … Tout cela trouve un étrange écho au plus profond de mes souvenirs. Lentement je lui fais face. Pour la première fois, je fais réellement attention à la présence féminine de l'autre côté du magasin. Une belle chevelure auburn voile un visage pâle aux traits fins, tandis qu'un léger sourire semble animer ses lèvres. Je n'en vois pas plus, si ce n'est cette main de porcelaine posée contre le bois du meuble ancien. Pourtant je peux deviner désormais sans mal la teinte olive de ses prunelles qui me sont en cet instant inaccessibles.

- Santo cielo, Luciana.

La surprise est trop grande pour que je puisse me maudire de m'être ainsi trahis. C'est bien elle, la principessa d'une autre vie, d'un amour depuis longtemps oublié. Et il ne lui a fallu qu'une poignée de paroles pour faire resurgir ce vieil instinct italien, jusqu'alors savamment enfoui au fond de moi.

- Que fais-tu là ? Demandais-je sans la moindre animosité.

Mon humeur acariâtre s'en est allée. À présent, seule une once d’inquiétude pointe à peine dans ma voix. J'abandonne les paperasses désormais jugées inutiles et contourne le plan de travail. Sans attendre, je rejoins Luciana à l'entrée et verrouille d'emblée la porte de la boutique. Par sécurité je laisse traîner un rapide coup d’œil à l'extérieur. Je ne désire pas voir la moindre inspectrice têtue et agaçante débarquer ici sans s'annoncer. Surtout pas alors qu'Emma Rosebury semble avoir percé à jour le secret de mes origines. La présence même de la jolie pianiste se traduirait comme un aveu.

Rassuré sur ce point, je me tourne alors pleinement vers la jeune femme. Il n'est plus question qu'elle s'en aille maintenant.

- Bureau italien de la Renaissance, en effet, avouais-je en laissant à mon tour glisser mes doigts contre le vieux bois lisse et soigné.

Ma main part à la rencontre de la sienne contre la surface polie par les années d'âge. Je l'attrape dans la mienne et relève alors les yeux vers elle. Elle n'a pas vraiment changé. Seul son visage semble avoir un peu vieilli, et ses lèvres, quant à elles, paraissent bien plus mélancoliques. Quelque chose me retient d'esquisser un geste vers ses cheveux, comme j'ai eu l'habitude de le faire de nombreuses années en arrière. Si je ferme les yeux, je pourrais presque me remémorer l'intensité de la chaleur de Roma. Les longues heures passées dans les appartements de Luciana. Les douces mélodies chantées par la danse de ses doigts fragiles sur le clavier d'un piano. L'espace d'un instant, l'attitude d'un homme que je ne suis plus tend à refaire surface.

- Tu es bien loin de chez toi, Luci, lançais-je alors dans cette langue chantante que nous connaissons tous les deux, un tendre et rare sourire aux coins des lèvres.
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MessageSujet: Re: Vecchi ricordi ♦ Luciana   Dim 9 Juil - 23:17



Vecchi ricordi
FT. Damian Wright

Tous mes sens étaient en éveil, mes doigts se baladaient sur le doux bois du meuble, me provoquant des frissons tout le long de mon bras. Je sentais l'odeur des meubles anciens qui m'entouraient me croyant dans un musée. Il devait avoir plus de choses sur toute la surface du magasin que dans ma maison. Je n'osais pas bouger ayant trop la crainte de casser quelque chose de précieux. Le bruit des feuilles manipulées me disait que l'homme un peu plus loin de moi, n'avait toujours pas pris le temps de voir qui j'étais. C'est juste après parlé que tout s'arrêta, le temps venait juste de s’interrompre. Aucun de nous deux n'avaient encore bougé, le tic et le tac d'une horloge comptait ses secondes de silence absolu. Je me souvenais encore sa manière délicate et imperceptible pour se déplacer ce qui m'avait chamboulé la première fois que je l'avais rencontré. C'était à cause de cela que mon oreille était devenu encore plus aiguisée pour savoir quand il bougeait et ne pas me prendre par surprise. Le tissus de sa chemise se froissa me prouvant qu'il me voyait enfin.

- Santo cielo, Luciana. Murmura-t-il

Sa voix était descendu de quelques tons mais elle ressemblait toujours à celle que j'avais connu. Elle était douce comme une berceuse toutefois elle avait une vitalité telle la marche de Radetzky qui me donnait toujours l'envie de sourire. Il y avait en revanche cette toute petite différence qui m'avais fait douter quand je l'avais entendu, son accent.

- Que fais-tu là ? Ajouta-t-il.

Je ne le savais pas moi-même, cela faisait depuis tellement longtemps que je ne l'avais pas revu après mon départ que lorsque de l'entendit de très loin, je me suis mise à le suivre. C'était comme un vieil instinct, celui d'un amour impossible ainsi que disparu. Un espoir depuis longtemps perdu, faisant remonter la phrase que j'avais prononcé avant de me séparer de lui à jamais.

-Les corps se quittent quand les cœurs se rencontrent. Soufflais-je à moi-même dans ma langue natale.

L'odeur de son parfum se fit de plus en plus prononcer à chaque pas qu'il faisait vers moi. L'odeur était discrète néanmoins elle restait dans mon nez couvrant dès lors l'odeur des objets anciens. Mon corps entier se pétrifia, je fus presque déçu quand j'entendis les rouages de la serrure. Il m'avait l'air comme inquiet, comme si je ne devais pas être là ou vu.  Avais-je fais quelque chose de mal pour me faire enfermer comme dans une prison qui était dans mon cas plutôt luxueuse avec tout ce qui m'entourait.  

- Bureau italien de la Renaissance, en effet. Confirma-t-il

Je sentais ses doigts rentrer en contact avec les miens avant de prendre possession de ma main tout entière. Sa peau était douce comme de la soie et ne comportait pas la moindre imperfection. Je sentais une certaine retenue, venant d'une sagesse qui nous était venu avec l'âge. Je ne savais pas si le temps était passé sur son visage, contrairement à moi qui avait vécu déjà trop d'épreuve en aussi peu de temps. C'est alors qu'une douce mélodie remonta en moi, le début était doux presque timide. Puis plus la musique avançait plus elle était présente et joyeuse avant de se retirer d'un coup tel une brisure chargée de mélancolie, racontant l'histoire que j'avais vécu avec l'homme qui se tenait juste devant moi. Il avait connu que le début ainsi que le milieu mais n'avait jamais entendu le final qu'il m'avait supplié tant de fois de l'écrire auparavant.

-Tu es bien loin de chez toi, Luci. Déclara-t-il dans un italien des plus parfaits

-Cela dépend de quel chez moi tu me parles, si c'est celui où j'habite je dirais à une demi heure à pied vu que j'ai du courir durant un bon quart d'heure pour te suivre. Sinon, nous sommes tous deux bien loin de notre bonne vieille Italie, Léandro. Répondis-je dans la même langue.

Je fis une pause, laissant mes mains remonter le long de ses bras, effleurant son cou du bout de la pulpe avant de poser mes mains sur son visage. C'est alors que mes doigts le parcoururent avec autant de douceurs que lorsque je joue, donnant l'impression que je ne touchais pas sa peau. C'est alors que je rencontrais une nouvelle personne, les bords de ses mâchoires étaient devenues plus carré. Son nez était toujours aussi fin et ciselé, quand à ses lèvres qui devait comme à leurs habitude l'envie qu'on les embrasse. C'était une manie de toucher le visage des gens chez moi, cela me permettais de les voir à ma manière.

-Le temps t'a rendu encore plus beau qu'avant à ce que je vois. Je me demande encore si je me suis pas trompée de personne, ta voix est encore la même mais tu n'as plus cet accent et ton visage est devenu plus mature.  Dis-moi si je suis en train de rêver ou le hasard vient encore jouer un tour dans ma vie.  Questionnais-je.

J'enlevai avec beaucoup de délicatesse mes mains de ses joues pour ne pas le blesser, avant de les laisser tomber le long de mon corps. Mes lunettes de soleil cachait mes yeux qui dérangeaient beaucoup de monde car ils ne suivaient pas la lumière comme tout le monde mais regardaient toujours droit devant eux.


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MessageSujet: Re: Vecchi ricordi ♦ Luciana   Mar 11 Juil - 20:24



   
   Luciana & Damian
   Vieux Souvenirs

S
a voix raisonne à nouveau, et je vibre avec cette langue empreinte de chaleur qui me manque tant.

- Toi et moi savons que nous n'avons qu'un seul chez nous,affirmais-je avant de porter ses doigts blancs et fins à mes lèvres, pour y déposer un baiser.

C'est peut-être de Luciana que vient cette apparence de gentleman plus ou moins véridique que je me plais à jouer. Par le passé, sa simple présence m'a énormément poussé dans ce chemin-là. Je n'étais qu'un gamin aux poches usées, au cœur gonflé d'ambition et d'indépendance. Je n'étais rien. Rien face à la belle italienne au visage d'ange et à l'avenir splendide. Et pourtant, Luci s'est montrée tant aveugle sur les couleurs du monde qui l'entour que sur ma condition sociale. Elle m'a suffisamment aimé pour me révéler quelques secrets éparses de son art, m'inculquant alors la danse de quelques notes doucereuses que je connais aujourd'hui encore. De mon côté je lui ai rendu son amour, en espérant la traiter comme la princesse qu'elle était, un rang qu'elle méritait.

Je me perds un instant dans les méandres lointains de mes vieux souvenirs. La légèreté de ces retrouvailles s'estompe un instant, et je me demande alors ce que je suis devenu depuis cette brève aventure. Tout ceci appartient à une autre vie. Toutes mes convoitises se sont vues comblées. Toute ma cupidité s'est vue rassasiée. L'orphelin pickpocket n'existe plus depuis bien longtemps, balayé par un nouvel horizon plus riche, et plus clandestin. Luciana n'a jamais eu vent des vols à l'étalage que je pouvais bien commettre à l'époque. Il n'est certainement pas question qu'elle apprenne à présent l'ampleur considérable de mes larcins.

Un contact délicat contre mes joues achève de me ramener à la réalité. Un sourire franc et amusé se laisse aller sur mes lèvres alors que je la laisse explorer les quatre coins de ma figure. Elle s'est tant plu à le faire des années auparavant. Assis l'un en face de l'autre, au milieu d'un gigantesque lit au draps blancs, elle parcourait longuement les traits et le recoins d'un visage qu'elle désirait pouvoir imaginer.

Un léger rire secoue finalement ma poitrine.

- Tu ne sais pas ce qu'est la beauté physique Luci, la taquinais-je sans méchanceté en embrassant son front cette fois.

Je rattrape l'une de ses mains qu'elle laisse retomber le long de son corps et décide sagement de l'emmener à travers la pièce. L'arrière-boutique sera bien plus confortable, et plus sécurisante. Nous serons loin des regards baladeurs comme des oreilles indiscrètes.

- L'accent s'est envolé avec le temps, expliquais-je dans cette langue qu'elle avait tant cherché à reconnaître dans mes précédents mots anglais. C'est une bonne chose, au moins on ne me pose plus de question.

Je la fais doucement asseoir sur le canapé et retourne fermer avec précaution cette nouvelle porte qui nous sépare du dangereux extérieur. L'arrière-boutique est agréable pour toute personne dotée de la vue. C'est ici que le commerçant que je suis traite avec les clients aux gros portefeuilles. Une petite table basse en bois sculpté repose face au sofa, elle-même encadrée de deux gros fauteuils vides.

- Veux-tu quelque chose à boire ? Je m'en veux de t'avoir fait courir, lançais avec ce même sourire amusé.

Je ne tarde cependant pas à venir prendre place à côté d'elle. Si elle ne peut le voir, je ne doute pas qu'elle sentira que mon expression est redevenue bien plus sérieuse. Je récupère ses mains comme je récupère son attention. Il faut m'assurer qu'elle écoute.

- Luciana, s'il te plaît, ne m'appelle plus Léandro. Ici, je suis Damian. L'Italie est une vie que je ne veux pas faire connaître, il ne faudra pas en parler aux autres. Peux-tu me rendre ce service ?
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Vecchi ricordi ♦ Luciana

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