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 TO SELL YOUR SOUL : Sign here. {RILEY}

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MessageSujet: TO SELL YOUR SOUL : Sign here. {RILEY}   Sam 20 Jan - 23:52

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Little tiger & Satan



« Il me faut un café, s’il vous plait. Le plus grand. Le plus corsé. » indiqua-t-il sur son appareil pour communiquer avec son assistante, avant de laisser tomber son gobelet vide dans la poubelle, faisant déborder celle-ci. Le bruit du verre rebondissant sur le sol attira le regard d’Ethan sur la corbeille, et il compta rapidement le nombre de café qu’il avait bu. Trop. Beaucoup trop. Il se sentait épuisé et incapable de sortir de cet état léthargique contre lequel il se battait depuis plus d’une semaine. Est-ce qu’il avait bien dit : s’il vous plait ? Il soupira. Ouais, il était vraiment claqué. En même temps, peut-être ne le serait-il pas s’il avait fermé l’œil depuis ces dernières 72 heures… Il mit sa tête entre ses mains, et soupira entre celle-ci une nouvelle fois, massant ses yeux. D’une façon générale, Ethan ne dormait pas beaucoup. Il n’avait jamais trop eu besoin de fermer les yeux très longtemps pour recharger les batteries, ce qui lui permettait de travailler très tard, et de commencé très tôt, sans perdre en efficacité. Il n’était pas arrivé à la tête de cet empire en faisant des grasses matinées. Mais depuis quelques temps, il ne récupérait plus, ou très mal, accumulant sommeil agité et mauvais rêves. Parfois même, il avait l’impression de dormir, sans dormir. Le fait étant qu’il se sentait encore plus mal au réveil qu’en se couchant. Il avait d’abord pensé à prendre quelques choses pour sombrer dans les bras de morphée de façon médicale, mais au fond de lui, l’idée de passer une longue nuit à enchainer mauvais rêves sur mauvais rêves ne l’enchantait vraiment pas. Sa femme lui avait dit qu’il avait marmonner le prénom d’une certaine Riley, une nuit. Elle lui avait donc demandé s’il fréquentait quelqu’un d’autre, question qui l’avait fait bien rire. Pas parce qu’il avait mit un certain temps à remettre un visage sur ce prénom, mais parce qu’il trouvait ça drôlement ironique qu’elle puisse s’en soucier. Ca lui avait fait bizarre, de se rappeler de O’Meara, puisqu’il lui semblait avoir rêvé d’elle a plusieurs reprises, sans vraiment savoir ce qu’il se passait durant ces moments de chimères. Pas étonnant qu’il ait le sommeil agité avec elle dans sa tête. Devant sa mine épuisée, et ses difficultés à dormir, Kathleen avait soumis l’hypothèse qu’il restait peut-être encore un peu d’humanité en lui, et qu’il commençait à se sentir coupable de sa façon de briser des vies. Ca aussi, ça l’avait fait rire. Non, il savait qu’il y avait autre chose. Il était ce qu’il était, et le vivait très bien. Quoi qu’il en soit, puisqu’il ne pouvait plus dormir, il décida d’obtenir de quoi rester en éveil aussi longtemps que possible. Et ce n’était pas une si mauvaise idée. Il ne perdait plus ces quelques heures de sommeil inutiles, et ce temps était mis à profit pour travailler sur ses dossiers. Même manger devenait un loisir qui passait au second plan. La dernière chose qu’il avait mangé durant ces 72 dernières heures, en dehors des gourmandises offertes avec ses cafés était un Thaïlandais qui avait fini à la poubelle aussi.  Boosté par les amphétamines et le cafés, Ethan ne perdait pas en efficacité, ce qui lui donnait l’impression d’avoir prit la bonne décision. Il tiendrait le temps qu’il tiendrait, jusqu’à devoir dormir un coup malgré tout. Mais ça fonctionnait plutôt bien, puisqu’il était à jour avec ses dossiers ! Il ferma son ordi et s’étira, avant que le téléphone ne se mette à sonner.

« Ils ont réouvert l’affaire de Edward Colin, Warner. On va avoir besoin de vous. »
avait suffit à créer la promesse d’un cheque bien juteux, bien au-dessus des honoraires déjà exorbitantes de l’avocat. Effectivement, pour une affaire comme celle-ci, traitant à la fois drogue, football et meurtre, son client n’avait pas besoin d’un bon avocat, il avait besoin du diable.  Il était plutôt satisfait d’être à jour, car nul doute que cette affaire allait lui demander toute son attention. Peut-être que cette insomnie était finalement une bonne chose ? Il prit quelques notes au téléphone, la conversation étant très brève quand bien même la ligne de ce bureau soit bien la seule à être impossible à surveiller. Cette affaire avait autrefois été menée par Parker, Ethan se souvenait de ses nombreux déplacements à Liverpool. Autrefois il n’était qu’un avocat sous la direction de ce génie du barreau, et n’avait pu voir cette histoire que de loin. Aujourd’hui, digne successeur de Parker, sinon plus, il était tout naturel que ce client se tourne vers lui. Réouvrant son ordi, son assistante toqua à la porte. «  Il vous en a fallu du temps ! » grogna-t-il, son sens de la politesse s’étant envolé depuis tout à l’heure.  D’un geste de la main, il lui ordonna de déguerpir, et il lui demanda avant qu’elle ne ferme la porte, de prendre tous ses appels jusqu’à nouvel ordre. Après quelques coups de fil aux bonnes personnes, et quelques recherches dans des dossiers auxquels il n’était pas censé avoir accès, Ethan comprit un peu mieux la situation :  Edward Colin était un ancien gros dealeur, travaillant pour un gang de la mafia de Liverpool. Leur commerce s’effectuait de plusieurs façons, notamment pendant les matchs de foot de la ville. Et, lorsque le terrain devenait un peu trop chaud, lorsque la police rodait un peu trop près, lorsque leurs magouilles étaient sur le point d’exploser, des groupes de Hooligans semaient la zizanie dans les tribunes et sur le terrain, de façon a déborder les forces de l’ordre, prise au piège entre les projectiles, les bombes lacrymo, et les mouvements de foule. Une stratégie qui portait ses fruits, jusqu’à ce que Edward Colin ait envie de mettre fin à ça. Les circonstances de sa mort sont restées mystérieuses, assassiné dans une rue sans témoins – soit disant – et sans auteur présumé. L’affaire a été alors classée comme simple rivalité entre gang, comme beaucoup d’autres. Trois personnes au moins étaient au courant du coupable. Le client qu’il venait d’avoir au téléphone, Parker, et Ethan. Alors qu’il lisait en diagonale un article, il fronça des sourcils en voyant le nom de son client apparaitre dans celui-ci. En faite, quatre personnes semblait être au courant, mais Parker avait su effacer les traces. Pourtant, l’affaire venait d’être réouverte, la police ayant découvert de nouvelles preuves, reliant plus ou moins cet homme au meurtre. Ils avaient recommencé. Même procédé. Quelle joyeuse bande d’idiot, pensa-t-il en méprisant ces dealeurs. Ce n’était pas parce qu’il les défendait, qu’il les cautionnait. Il avait toujours eu horreur des drogués. Sans doute parce qu’il détestait les avoir collés à ses basques dans la rue, lorsqu’ils étaient dans la rue, en train de lui réclamer une petite pièce. Il avait une sainte horreur de cette pauvreté exaspérante, tout ça pour une dépendance de merde. Il tourna ses yeux sur son flacon de gélules d’amphet’. Lui, ce n’était pas pareil.

Plus il lisait les archives, plus il se disait que l’auteur de l’article avait dû passer pour un sacré fou avec cette théorie plutôt plausible. Certes ça ne méritait pas non plus un pulitzer, mais Ethan était plutôt impressionné par tant de déduction et de savoir-faire.  Nul doute que si quelqu’un comme lui venait à fouiner de son côté, en se montrant aussi exact que dans cet article, Ethan ruinerait sa vie pour l’en dissuader, et évincer toute menace. Quoi qu’il en soit, cette personne lui permettrait sans doute d’en apprendre un peu plus. Il descendit jusqu’en bas de l’article pour avoir l’identité de ce visionnaire, afin d’entrer en contact avec. Il relut alors deux fois le nom de l’auteur. Ou plutôt, de l’auteure. Riley O’Meara. Un fin sourire se dessina sur ses lèvres. C’était drôle, non ? Non, d’accord, c’était la fatigue. En tout cas, il ne s’était pas menti a lui-même, si cette personne avait foutu le nez dans ses affaires, il l’aurait éjecté très loin de ses fonctions. Et c’était précisément ce qu’il avait fait pour Riley. Alors quoi ? Il était maintenant une sorte de médium ? Il avait rêvé d’elle et paf, aujourd’hui il avait besoin d’elle ? Nul besoin d’être voyant pour savoir qu’elle allait refuser de lui donner un coup de main pour qu’il puisse défendre l’indéfendable. A moins qu’il ne lui laisse pas le choix…

Il était presque midi lorsque deux hommes aussi larges que des gorilles escortèrent une rouquine jusqu’au bureau de Warner. Il pouvait l’entendre d’ici, râler. Il s’en foutait pas mal.  A moitié assis sur son bureau, face à l’une des deux chaises en cuir pour ses clients, il la regarda entrer dans son bureau, a moins que le terme exacte ne soit : se faire jeter à l’intérieur. La porte se referma, et Ethan devina que les deux hommes étaient de l’autre côté, de part et d’autre, juste au qu’à où. Il se redressa : «  Mademoiselle O’Meara. Quel plaisir.  J’imagine que vous vous souvenez de moi ? » dit-il dans un sourire charmant, de cette voix claire qui avait fait pâlir plus d’une personne. « Pardonnez les manières de mes hommes. J’aurais aimé vous convier d’une manière plus formelle, mais il se trouve que nous n’avons pas pris la peine d’échanger nos numéros lors de notre dernière rencontre.  J’espère qu’ils ne vous ont pas trop brusqué. – la vérité, c’était qu’il s’en foutait royalement. Il avait demandé à ce qu’on lui emmène Riley, la façon dont ils s’y étaient pris pour le faire lui passait bien au-dessus de la tête. Il n’en avait tellement rien à faire qu’il se permettait même de se foutre ouvertement de sa gueule, avec cette histoire de numéros. Comme s’ils s’étaient quittés d’une façon propice à garder contact, la dernière fois -  Si vous voulez bien prendre un siège… » Proposa-t-il, en tirant l’un des deux, pour qu’elle s’y installe. Malgré la politesse de sa phrase, Ethan n’avait pas l’air de lui laisser vraiment le choix sur ce qu’elle pouvait réellement faire ou non. Elle n’avait même pas le droit de choisir son fauteuil, il le sélectionnait pour elle.  Ses paroles sonnaient bien plus comme un ordre que comme une invitation.  Elle pouvait ceci dit s’estimer heureuse de poser son petit cul sur un tel siège. Il la fixa avec cet aplomb qui le rendait si charismatique, attendant qu’elle vienne s’assoir. Charismatique oui, mais avec une mine fatiguée.


 
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MessageSujet: Re: TO SELL YOUR SOUL : Sign here. {RILEY}   Dim 4 Mar - 17:34


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Chaque chasseur qui se respecte sait que la patience est la clé de toute bonne prise. Voilà bien deux heures trente que j'attends, le cul résolument fixé sur ce banc aux lattes de bois glacées. La seule pause, chronométrée montre en main, que je me suis octroyée a servi à aller m'acheter de quoi manger à un marchand ambulant. Lui et sa petite carriole en manque certain d'hygiène se sont arrêtés non loin de là dans la rue. Faut dire que mon ventre n'a pas tardé à se tordre d'envie suite à l'odeur saturée de cholestérol qui est rapidement venue me chatouiller les narines. Alors du coup, maintenant, l'énorme hamburger beaucoup trop gras que j'ai payé beaucoup trop cher m'aide à patienter. Les yeux scotchés sur la porte d'entrée de l'énorme bâtiment de l'autre côté de la route, je dévore avidement mon repas sans vraiment parvenir à déterminer si c'est à peine comestible ou plutôt dégueulasse. Ce dont je suis certaine en revanche, c'est que j'ai de la graisse plein les doigts. Et que ma foutue cible a vraisemblablement décidée de prendre son temps pour venir.

Mon gros gibier du jour me promet une affaire bien juteuse à raconter. Certes en théorie je n'ai pas le droit de faire ça. Mon boss ne m'a pas collée sur l'affaire. En réalité, il ne m'en a même pas parlé. Et pour cause ! Il n'y a que moi, dans cette boîte de crétins mous du bulbe, qui suis au courant de l'arrivée de mon gros poisson à Manchester. Je prends ça pour une aubaine. Si je me pointe au bureau du rédacteur en chef avec un article inédit, dénonçant un nouveau scandale politique, et ce bien avant que les autres journaux ne soient au courant … j'aurais peut-être une chance de me faire entendre. Bien sûr, cela fait bien cinq ans que je mène cette stratégie. Ça n'a toujours rien donné à ce jour. Mais qu'importe, c'est le désespoir qui parle.

Celui que j'attends n'est donc autre qu'un député véreux récemment accusé d'attouchements sexuels sur une gamine. Si l'histoire s'est ébruité à son plus grand dam, ce salopard a pris soin de se planquer loin des médias et de garder secret le moindre de ses allées et venues. Manque de chance pour lui, coup de bol inouïe pour moi, j'entretiens pas mal de liens avec les raclures des bas fonds de Manchester. Et l'un de mes indics officieux sait justement où mon politicien en cavale vient s'approvisionner en putes. Alors il n'a pas tardé à apprendre la nouvelle ; ce gros porc a quitté Londres en douce pour venir se cacher dans un hôtel luxueux à Manchester.

Hôtel en question qui trône avec fierté devant moi depuis trois bonnes heures maintenant. Ce que je me tue à surveiller, c'est la porte en verre à double battants du bâtiment. Mon gros poisson devrait arriver d'un moment à l'autre. Je n'aurais plus qu'à bondir sur le trottoir d'en face, et à le prendre en chasse à travers les couloirs de l'établissement. J'ignore encore pour quelle tactique je vais opter. Est-ce que je lui saute à la gorge à la sortie de sa bagnole lustrée pour lui arracher des informations ? Ou est-ce que j'attends plutôt de repérer sa chambre, pour mieux aller le menacer d'aller dénoncer sa présence en ville s'il ne répond pas à mes questions ?

Je me pose la question pour la énième fois, essuyant distraitement un peu de sauce aux coins de mes lèvres, lorsque deux massives silhouettes se dressent devant moi et me coupent subitement la vue. Eh ! C'est quoi ces connards !

- Riley O'Meara ?

La voix de Gorille n°1 n'a rien d'hostile de prime abord. Mais autant ne pas perdre de temps à tourner autour du pot. Je déteste perdre mon temps de façon inutile.

- C'est quoi le problème ? J'ai pas le droit d'être sur mon banc à bouffer un sandwich ? Vous abusez les gars, je suis même pas devant l'hôtel là !

Je m'énerve et bataille avec moi-même pour avaler en vitesse l'énorme bouché de hamburger que j'ai enfourné avant l'arrivée de ces deux benêts. Je n'arrive pas à le croire. J'ai vraiment l'air d'une clocharde ? Suffisamment pour qu'on m'envoie la sécurité pour me faire dégager ? Pas besoin de me faire un schéma, je sais très bien comment fonctionne ce genre d'établissement pété de thunes jusqu'aux as. Faudrait pas qu'un malotru mal sapé vienne ternir l'allure de leur belle façade refaite l'été dernier.

- S'il vous plaît, mademoiselle. Ne faites pas d'histoire. Veillez nous suivre.
- Tu pourrais te décaler un tantinet sur la droite mon grand ? Je vais louper mon rendez-vous si ça continue.
- Mademoiselle O'Meara.

La main, ferme et imposante, de Gorille n°2 se pose sur mon épaule comme un début d'avertissement. Je me raidis et le fusille du regard. Mes doigts s'enfoncent un peu plus dans le pain de mon hamburger. Qu'est-ce que cet enfoiré essaye de faire ?

- Monsieur Warner demande à vous voir. Nous ne voulons pas le faire attendre.

J'oscille subitement entre le besoin de lui demander de répéter, l'envie de ricaner avec dédain, et celle de devenir blême de terreur. Au final je produis un étrange mélange des trois, si bien que d'extérieur je dois sûrement avoir l'air de faire une crise d'épilepsie. Monsieur QUI ?!

- Enlève tes sales pattes, connard !

Je saute brutalement sur mes pieds et repousse le bras du type. Ces deux têtes de pioche me dépassent au moins de vingt bons centimètres et font certainement le double de ma carrure. Mais bordel de merde, pour le peu d'amour propre qu'il me reste, il est hors de question que je me laisse intimider par deux armoires à glace au service du pire être de ce monde !

- Je vais nulle part, tu piges ?! Je ne veux plus rien avoir à faire avec ton patron. T'as qu'à rentrer à la niche et dire que tu m'as retrouvée crevée au fond de ma baignoire. Ça lui fera les pieds !

L'autre pose à nouveau la main sur moi, sans doute dans l'optique de me calmer, au moins de m'empêcher de continuer à crier. C'est plus fort que moi. Le mec se retrouve avec un hamburger dégueulant de mayo collé entre les deux yeux.

Bien évidemment, deux minutes plus tard j'e me retrouve fermement coincée sur la banquette arrière d'une audi noire, encadrée de chaque côté par un mufle de bien fort mauvaise humeur. Comme dans les films d'espionnage … pensais-je sans pouvoir m'en empêcher. Qu'importe ce qu'Ethan Warner peut bien me vouloir. N'importe quelle torture à la James Bond me paraient dès lors bien plus enviable …

*
**

Mes pieds battent furieusement dans le vide alors qu'on me fait traverser les locaux de la Beetham Tower. Rien n'y fait ! Je n'arrive pas à me décrocher des mains qui me soulèvent par les aisselles et qui m'emmènent de force vers le bureau du diable. Honnêtement, j'ai même hésité à pleurer dans la voiture. Peut-être que les deux gorilles auraient été attendris. Peut-être qu'ils auraient eu pitié et m'auraient laissée repartir. Mais entre nous, ces deux-là ne tiennent probablement pas à contrarier leur patron.

Le voyage en ascenseur paraît durer une éternité, tout comme il paraît bien trop court en même temps. Je n'ai qu'une hâte, qu'une envie : m'enfuir d'ici au plus vite. Et pourtant ce bureau qui se rapproche au fond du couloir me fou bien trop les chocottes pour que je trouve une bonne raison d'y entrer.

Mais ce n'est pas comme si on me demandait mon avis. Ni une ni deux je suis lourdée dans la pièce sans plus de manière, avec une flopée de jurons que je me fais une joie d'adresser à mes bourreaux. Hélas la porte se referme aussitôt dans mon dos, et je me retrouve bien obligée à faire face à ce qui se rapproche le plus de mon plus grand cauchemar. Ethan Warner, en chair et en os, à quelques foutus malheureux pas de là.

Le retrouver dans le Monde des Songes est une chose. Le voir en vrai en est une autre. En rêve, rien de tout ça n'est vraiment réel. Tout peut s'arrêter en un claquement de doigt, à n'importe quel moment. Warner n'a même pas conscience que je suis réellement là. C'est comme ça qu'Aiden m'avait vendue le truc, pour m'encourager à endosser cette horrible mission qu'on m'a refilée entre les pattes.

Mais là …

Une panique monstre éclate sous mon crâne. Je sens mon sang faire des loopings incontrôlables dans mes veines. Je vais me faire dévorer. C'est certain, il va m'achever. Et pourtant je n'arrive pas à contrôler et exprimer ma peur autrement que par une colère presque hystérique.

- Vous êtes un grand malade ! M'écriais-je en le pointant du doigt, en réponse à ses propos de bienvenue mielleux et absolument terrorisant. Vous n'avez pas le droit de traîner les gens dans votre bureau comme ça, Warner ! Vous n'avez PAS le droit, nom de dieu !

Je souffle brusquement pour permettre à mes poumons cruellement privés d'oxygène de respirer un peu à nouveau. Sa réponse me hérisse. Sa voix semble me couper de tout part, comme un millier de petits rasoirs affûtés lancés dans l'air. Un bref instant je suis tentée d'essayer d'ouvrir la porte et de partir du bureau sans demander plus d'explication. Mais il serait vain d'espérer que les deux arriérés de tout à l'heure aient quitté les parages, et bien plus inespéré encore d'imaginer partir de la sorte avec un tant soit peu de fierté et de dignité. En réalité j'aurai à tous les coups l'air de détaler comme un lapin effrayé devant les mâchoires d'un loup, ce qui est totalement et irréfutablement vrai.

- Allez au diable, Warner, fulminais-je en essuyant avec moult difficultés ses attaques sournoises. Merde, pourquoi suis-je donc incapable de passer par-dessus tout ça comme dans le Monde des Songes ? Je vais aller porter plainte contre vous. Croyez bien que je ne vais pas me laisser faire ! Je vais réclamer une injonction d'éloignement!

Il faut vraiment que je pense à inspirer lorsque je débite ainsi plusieurs phrases d'affilé. Je m'en retrouve presque essoufflée tant j'ai dû mal à respirer. De surcroît, voir que mon animosité à son égard lui passe royalement au-dessus de la tête ne me rassure en rien. L'avocat affiche cet horrible sourire de façade. Quelque chose me souffle qu'il a un projet en tête, et ce même quelque chose me dit aussi que ça n'annonce rien de bon pour mes fesses. Je l'étudie avec mépris et méfiance, sans décoller du fond du bureau. Je ne peux m'empêcher de noter la fatigue qui transparaît sur son visage. Warner s'est enfoncé encore un peu plus dans son état désespéré. Dieu me pardonne, j'attendrai d'autres circonstances pour en avoir quelque chose à foutre.

- Qu'est-ce que vous me voulez ? Grondais-je finalement.

Je m'avance de quelques pas alors qu'il m'invite à m'asseoir. Pourtant je ne parviens pas à atteindre le fauteuil désigné. Mes jambes s'arrêtent à sage distance ; Si je m'approche un peu plus, j'ai peur qu'elles ne se mettent à trembler. Bon sang mais qu'est-ce que j'ai encore fais pour mériter d'atterrir ici, sérieusement ?



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MessageSujet: Re: TO SELL YOUR SOUL : Sign here. {RILEY}   Lun 19 Mar - 19:27

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Faire venir Riley jusqu'à lui était de loin la partie la plus simple de son projet. Ca n'avait pas été très compliqué, et il n'avait même pas eut à se salir les mains. Aux vues de son état d'énervement déjà avancé, il pouvait deviner sans difficultés qu'elle n'avait pas été escortée jusqu'ici avec beaucoup de courtoisie. Et ce qu'il en avait quelque chose à faire ? Non. Mais c'était presque agréable de la voir agitée de la sorte. Pourquoi y portait-il un quelconque intérêt? Il avait déjà fait tout ce qu'il avait à faire à cette femme, et pourtant il tirait encore une certaine satisfaction. Étrangement, il n'avait pas l'impression qu'elle provienne de cette vieille histoire de coup de poing. Sa femme avait peut-être raison. Il avait probablement rêvé d'elle un jour, et il était plus que certain que même dans ceux-ci, elle était exaspérante. Peut-être que sa satisfaction du jour venait de son subconscient. Étrange, mais pourquoi pas. Il lui servit une soupe de politesse plus que fausse, bien plus révoltante pour elle que le ton autoritaire qu'il aurait aussi pu employer. Il la fixa, alors qu'elle bredouilla un tas de conneries, notamment qu'elle allait porter plainte contre lui. Il lui souhaitait d'avoir un bon avocat. Qu'avait-elle encore à offrir? Il lui avait déjà tout prit. Son travail et sa dignité. Lorsqu'il la regardait, clamer qu'elle allait demander une injonction d'éloignement, il avait l'impression de voir une fourmi qui agiterait ses pattes pour intimider le sale gosse avec sa loupe, qui essayait de la cramer. Un insecte, voilà tout ce qu'elle était au yeux d'Ethan, cette comparaison ne pouvait être plus juste. Faisant totalement fis de tout ça, il l'invita plutôt à prendre un siège. Il ne l'avait pas fait venir ici pour lui expliquer jusqu'où elle allait pouvoir s'enfoncer son injonction si elle avait l'idiote folie de se frotter à lui. Même le flic lui rirait au nez.  Et puis, quelque chose lui disait qu'elle savait pertinemment qu'elle s'attirerait plus d'ennuis qu'autre chose... a moins que Riley ne soit pas du genre à apprendre de ses erreurs.

Alors qu'il avait la gentillesse de lui proposer un siège, elle n'y prit pas place, restant à distance. Vraiment? Il n'était pas mécontent qu'elle n'use pas le cuir de ses sièges, mais Warner se sentait facilement irritable depuis qu'il ne dormait plus - bien qu'il l'ait toujours été -, et ce refus, il le considéra comme une sorte d'insubordination. Professionnellement parlant il n'était pas son supérieur, mais sa place dans la société le faisait se sentir tout comme.  Il avait ce regard transperçant et terrible, qui semblait promettre de grandes souffrances à venir, pourtant, son attitude disait le contraire. Il lâcha le siège qu'il lui proposait quelques instant plus tôt, et dit alors d'un ton faussement amusé : " Ce que je veux ? Que vous preniez place, pour commencer. Ne soyez pas idiote, Mademoiselle O'Meara. Non seulement votre injonction est vouée à l'échec, inutile de vous entrainer à garder de la distance entre vous et moi, mais en plus de ça j'ai un tas de témoins qui vous ont vu entrer comme une hystérique dans mon bureau. Je suis curieux de voir qui de nous deux la police croira : La journaliste récusée aux antécédents violents, ou l'avocat, qui plus est : victime par le passé de cette même journaliste, qui signe des chèques à la ville pour contribuer à l'amélioration des services?" dit-il alors. Officiellement, Warner était un donateur pour Manchester, officieusement c'était un pot-de-vin bien juteux. Et puis en général, cet argent, il le revoyait un jour puisqu'il y avait plus d'un flic pourrit dans la brigade, qui avaient besoin de lui. Un prêté pour un rendu. Il glissa un regard sur la journaliste en s'approchant d'elle, avant de l'aviser d'un mouvement de tête que le siège était toujours inoccupé, laissant penser qu'il s'agissait là d'un dernier avertissement. Il la contourna, et devina son corps se raidir. Puis, il passa du bon coté du bureau. Ouvrant un tiroir, il sorti deux dossiers. Un qu'il posa à coté de lui, et un qu'il ouvrit, face au siège de la rousse, pour l'inciter à approcher, d'autant plus que ce dernier portait son nom. Puisqu'elle avait dû deviner qu'elle n'était pas là juste pour assouvir son besoin de pouvoir et s'assoir lorsqu'il l'ordonnait, il en vint enfin aux faits...

" Ce que je veux de vous, c'est que vous m'aidiez sur une affaire. Avant de vous entendre dire la moindre chose stupide et que vous pourriez regretter, je vous invite à étudier ma proposition. Nous avons tous les deux à y gagner." dit-il alors d'un ton bien moins conciliant que précédemment, d'un ton aussi chaleureux et accueillant que le marbre tout autour d'eux... Il s'installa dans son fauteuil à lui, la scrutant d'un fin sourire d'ores et déjà victorieux, glissant un stylo au nom de son empire vers le dossier, conservant le deuxième  près de lui. Dans celui destiné à Riley, un document à signer, une close de confidentialité et de non divulgation concernant les choses qu'elle allait voir au cours de cette affaire. Une interdiction totale de parler de quoi que ce soit, a qui que ce soit. Le non respect de ce document serait amendable et passible de prison. Et, vu qui était la personne à qui elle devait faire cette promesse, il était plus que évident qu'il s'arrangerait pour la peine maximum, et une amende qui l'endetterait sur des générations. Même le diable était plus flexible dans ses contrats. Puis un autre, l'obligeant à renoncer à tout potentiel article ou autres moyens de communication qui viserait Ethan Warner, ou son cabinet, que ce soit en bien ou en mal. La moindre évocation de son nom lui ferait regretter de ne pas être parmi les 24 chanceux en mission pour vivre sur Mars. Qu'avait-elle à y gagner, me direz vous ? Page suivante :  Un accord signé par Warner ainsi que par le patron de Riley, pour qu'elle puisse reprendre son activité, loin des naissances et des mariages. Un accord a effet immédiat, si et seulement si, Warner gagnait le future procès, l'obligeant donc a tout mettre en oeuvre pour que ce soit le cas, annulant donc l'ancien, épinglé avec sa carte de journaliste. N'avait-il pas promis qu'elle avait tout intérêt à étudier sa proposition ?

 
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