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 A shot in the dark ♦ Fei

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libre

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MessageSujet: A shot in the dark ♦ Fei   Mer 14 Mar - 22:26

Je te propose de situer ça il y a quatre ans environ, si ça te va ?



   
   A shot in the dark
   Fei & Damian

M
on dos trouve durement appuie contre le mur de l'immeuble alors que je tourne à l'angle d'une ruelle sombre et désertée. La pierre des briques est froide et humide contre mes omoplates. Le contraste avec mon corps brûlant est saisissant. Je tends l'oreille un instant ; Ceux qui me poursuivent sont suffisamment loin pour que je me permette quelques secondes de répit. Mon souffle saccadé peine à retrouver un semblant de calme. Non pas que je manque d'endurance physique. La réalité est toute autre …

Avec précaution, je glisse une main sur mon épaule, puis le long de mon bras gauche. Je m'arrête lorsque le tissu devient poisseux sous mes doigts. Je tâte le vêtement, trouve le trou, et serre les dents en découvrant à l'aveugle les dégâts de mon biceps. La balle qui est entrée là-dedans y est restée logée.

- Foutus flics de merde, juré-je en laissant ma tête retomber contre le mur.

Je presse la plaie avec ma paume. Il faut que je me sauve de ce sale pas. Malheureusement rien ne va comme prévu ce soir. Jamais ce gardien n'aurait dû me surprendre en plein cambriolage. Il est arrivé quatre minutes trop tôt. Cet imbécile a foutu tous mes calculs en l'air. Bien évidemment la police n'a pas tardé à rappliquer. Je n'ai pas pu me volatiliser en empruntant le chemin prévu. Pas de véhicule, pas de planque. Juste les rues de Manchester Ouest pour me cacher et gagner du temps. Mais est-ce que ce petit jeu va pouvoir se poursuivre encore longtemps ? Ma blessure me lance. Ça fait atrocement mal. Ça me gêne pour courir, et clairement, ça me ralentit.

Je soupire puis prends un léger élan pour me défaire du soutien du bâtiment. À pas silencieux je m'enfonce dans les ténèbres de la ruelle. Les forces de l'ordre seront bientôt là. Je ne peux pas me permettre de rester coincé entre deux poubelles en attendant que la nuit passe. Et il faut pourtant me rendre à l'évidence ; Je ne parviendrai pas à rejoindre mon repère cette nuit. Ils me traquent, et me traqueront, sans relâche, jusqu'à lever du soleil.

La ruelle s'ouvre sur une avenue plus entretenue. Aussitôt l'ambiance particulière de China Town tente de me happer. Il a beau être trois heures du matin, le quartier – même plus ou moins déserté – garde un attrait particulier. Les guirlandes chinoises et autres fioritures en tout genre garnissent l'allée presque jusqu'à l'étouffer. Même de nuit, l'ambiance m'apparaît légère et apaisée. Je peine à trouver tout cela un tant soi peu joli, alors que je traverse rapidement la route avec un bras qui hurle le martyr. À l'inverse ces dragons en papier-mâché me mettraient presque terriblement mal à l'aise. Qu'est-ce qui m'arrive ? Ai-je de la fièvre ? Bon sang il me faut trouver un refuge, et vite.


Ma poigne valide ouvre la porte d'un commerce au hasard. Je pénètre à l'intérieur et, entraîné par mon élan, je manque presque de m'étaler sur le tapis. L'intérieur de l'hôtel me rassure aussitôt. Ce n'est plus aussi coloré. Plus aussi agressif. C'est vide. Il n'y a personne, pas le moindre client. C'est une chance inouïe.

Grimaçant, je m'approche du comptoir. Je tente de lancer un regard vers ma plaie, mais mes habits m'empêchent de visualiser vraiment les dégâts. Il va me falloir une chambre, de l'alcool, beaucoup d'alcool, et de quoi enlever cette saloperie de balle de mon foutu bras. Quelle nuit de merde.

Un frisson me parcourt. Mon corps est en train de me lâcher. La course-poursuite de tout à l'heure m'a usé. Je commence à avoir chaud, bien trop chaud. Je défais mon sac à dos et me démène pour ouvrir la fermeture éclair. Ce faisant, j'appuie sur la sonnette du comptoir pour signaler ma présence. Du mouvement ne tarde pas à se faire entendre. Une silhouette apparaît à l'instant où je dépose abruptement une poignée de billets tachetés de sang sur le plan de travail. Je relève la tête et croise le regard noir sans fond de la propriétaire des lieux.

- Une chambre. S'il vous plaît. J'ai de quoi payer, pour ça, et pour tous les dégâts, débité-je d'une traite, presque à bout de souffle.

Je ne quitte pas ses yeux de jais. Pour n'importe quel prix, il faut qu'elle me donne cette chambre. Il le faut, ou je suis foutu.
 
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MessageSujet: Re: A shot in the dark ♦ Fei   Dim 18 Mar - 1:59



   
   A shot in the dark
   Fei & Damian

M
es lèvres s'étirent dans ce sourire si commercial que je sais offrir à mes clients. Tant d'années d'expérience m'ont appris à le rendre plus authentique. Assez larges pour être chaleureux et assez mesurés pour ne point effrayer les êtres peu récéptifs aux expressions faciales. Des rusés? Ne surestimez pas ceux et celles qui ignorent ce qu'est un état d'âme. Leurs airs blasés n'expriment l'intelligence qu'à leurs propres yeux. Apprécier l'univers n'est guère pour cette élite qui, elle, comprend chaque enjeux qu'un simple grain de sable, soulever par le vent, entraîne. Poète? Je ne fais que répéter des mots. Les paroles de cet être qui me fait face derrière le lourd comptoir en chêne. Ma tête dodeline de temps à autre comme pour acquiescer à ses dires qui font pétiller mon regard d'amusement. Je ne l'aime aucunement, cet usagé trop régulier. Comme cette nuit où l'insomnie semble l'obliger à venir discuter avec cette asiatique ignare que je semble être. Je l'écoute m'expliquer encore et encore des faits politiques que mon accent et mes yeux bridés m'empêcheraient apparemment de comprendre. Et les informations, censurées dans mon pays natale, m'obligent donc à vivre dans l'ignorance. Quel infortunée je dois être aux yeux de cet homme dont le regard sévère va de paire avec le ton autoritaire et supérieur qu'il arbore. Lui signaler que je n'apprécie guère sa condescendance? Vous n'êtes pas marchands, n'est-ce pas? Cela se voit. Il faut savoir taire sa fierté face à un client aussi important. Les affaires ne marchent réellement que depuis un an et je ne peux perdre un usager qui sait offrir de si généreux pourboire. Sûrement par pitié envers une femme seule mais tout argent est bon s'il est obtenu sans trop en faire. Ce ne sont après tout que des mots. Des grotesques, ridicules, pitoyables et insensées paroles qui ne m'ont aucunement souffrir.

Ce n'est point moi qui pourrait refaire son éducation et le rendre humble. Ses doigts ne se sont pas posés sur moi et aucunes réelles insultes n'ont passés ses lèvres, alors je peux laisser faire sans avoir l'impression de me vendre. Je suis capable d'écouter même ceux qui ne savent pas le faire. Oui, je pourrais parler et tenter d'engager une vraie discussion mais Monsieur Lawrence, puisque cet ainsi qu'il se nomme, ne m'entendre pas. Il aime simplement avoir un semblant d'audience et s'écouter parler. Ce n'est pas le seul, presque tous sont ainsi à Londres. Ou à Beijing et je doute qu'une seule nation possède une population prête à s’intéresser avec sincérité à autrui. Si j'en suis capable? Sûrement...peut-être...je ne me pose jamais ce genre de question. Pourquoi s'en ennuyer? Et en parlant d'ennuie, voilà que le client me laisse enfin seule. Je lui souhaite une excellente nuit après avoir prit en note ses directives pour son petit-déjeuner de demain matin. Les mêmes, comme toujours...Et je plie soigneusement afin de le jeter quand le carillon de la porte d'entrée tinte. Une erreur de ma part, je ferme toujours la nuit.

Mon sourire, prêt à accueillir un nouveau client, s'efface quand je remarque l'arrivant. Et mon sourcil se hausse. Me voilà surprise...En peu de temps, j'ai pu voir dans cet établissement des êtres des plus fades aux plus colorés. Mais jamais aucun n'était rouge sang. Je pose ma main sur la poignée du tiroir qui contient mon pistolet. Bien sûr que je ne sais pas m'en servir! Ai-je l'air d'une tireuse d'élite? Mais sa présence me rassure et mon esprit analyse la situation avec rapidité tandis que le blessé vient jusqu'au comptoir, tâchant mon sol et mon tapis. Penses-t'il donc que, comme à l'époque du farwest, chaque asiatique est né avec un gêne lui permettant de devenir le plus fabuleux des lingers? Avertir la police? Je ne suis point assez stupide pour prévenir un être potentiellement dangereux de mes plans. Seuls les imbéciles des séries télévisés aiment se vendre pour mieux se faire abattre. J'attrape plutôt une clé derrière moi avant de faire le tour du comptoir et faire signe au presque mort de me rejoindre devant la vieille cage d'escalier ferreuse de l’ascenseur. Je le logerais au premier étage, ce sera plus pratique pour les pompiers ou la police de venir chercher le corps s'il ne survit pas.

"Je vais vous loger au premier étage. Nous n'aurons pas à attendre trop longtemps l’ascenseur et vous pourrez vous reposer d'ici peu."

Et je lui fais signe de rentrer dans la cabine qui vient d'arriver. La montée est rapide, si l'extérieur semble vétuste et modelé sur les premières machines, l'appareil est plus récent. Toutefois, j'espère qu'il tiendra la route, je n'ai point envie de passer la nuit avec un cadavre. Cela ternira mon image. Incident qui n'arrive pas. Prise par un réflexe dont j'ignore s'il vient d'une envie d'aider ou d'aller plus vite, je passe le bras du trépassé sur mon épaule et le soutenir jusqu'à ce que j'ai ouvert la porte et pu le poser sur le lit.
 
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MessageSujet: Re: A shot in the dark ♦ Fei   Lun 9 Avr - 20:40



   
   A shot in the dark
   Fei & Damian

L
a propriétaire ne pose pas de questions. Ses yeux étudient et tirent des conclusions silencieuses. Je l'ai vu, elle ne peut pas le nier – et après tout qui passerait à côté de l'état d'un homme touché au bras par balle ? – son regard impénétrable s'est attardé un peu trop longtemps sur mon corps fiévreux.

Mais elle accepte. Sans plus attendre, l'asiatique attrape un trousseau de clés et ouvre le chemin. L'hésitation qui semblait la retenir quelques fragiles instants auparavant s'est totalement dissipé. Elle paraît sûre d'elle. Pire ; elle donne l'impression de savoir exactement ce qu'elle est en train de faire. Un bref soupir où se mêle tant douleur que soulagement s'échappe de mes lèvres. Les questions qui m'assaillent me donnent la tournis. Pourtant le plus important est là : j'ai trouvé un endroit où me terrer, le temps de recouvrer suffisamment de force et de lucidité pour me sortir de ce mauvais pas. Qu'importe si cette femme a l'habitude de recevoir des types matraqués dans l'exercice de son commerce. Qu'en sais-je, peut-être fait-elle partie d'une mafia chinoise. Peut-être va-t-elle s'empresser d'appeler ses camarades tatoués jusqu'à la rétine de l'oeil pour qu'ils viennent m'asséner le coup de grâce. Ça n'a pas vraiment d'importance. Tant que je gagne du temps.

Une fois dans l'ascenseur, je m'appuie de tout mon poids contre mon épaule valide. La fièvre gagne du terrain. Mon corps tressaille. Je sens mon épiderme entier se dresser et se tendre face aux frissons qui me traversent. Quelle merde. Me voilà faible, complètement anéanti, par un foutu bout de métal. Mes dents se serrent. Je m'apprête à lui demander si la chambre est encore loin lorsque l'ascenseur s'immobilise enfin. Je vois en double les portes s'ouvrir devant moi. Mon ventre se noue.

Soudain, le bras salutaire de ma sauveuse vient m'apporter son soutien. Il serait trop idiot de protester. Je la laisse me guider jusqu'à la porte qu'elle désire, m'étonnant presque de voir une silhouette aussi fine et délicate supporter mon poids presque mort. Mon inconnue aurait très bien pu m'emmener dans les caves de son hôtel, me balancer là et me laisser sombrer dans l'inconscience. Elle aurait pu fermer la porte à double tours et remonter pour alerter les autorités. Je ne m'en serais même pas rendu compte.

Pourtant c'est une chambre au design accueillant qui apparaît derrière la serrure qu'elle vient d'ouvrir. Je n'arrive pas à apprécier l'environnement. Ma masse s'affale juste contre le matelas. Ma blessure proteste et hurle de douleur. J'étouffe un grondement endolori. Sans perdre plus de temps, je me débrouille tant bien que mal pour me défaire de mon sac à dos. Le bagage est balancé par terre dans un coin sans plus de manière. L'argent qu'il contient n'a plus la moindre importance. Mes doigts ripent contre mon pull. Je bataille pour m'en débarrasser sans trop charrier la plaie ; c'est presque peine perdue. Ma vision se trouble à nouveau lorsqu'un nouvel élan lancinant m'électrocute tout entier.

C'est à demi haletant, et couvert de sueur, que je m'appuie enfin contre la tête de lit. Je fais peine à voir, ça, j'en ai pleinement conscience. Je prends malgré tout le temps d'examiner le trou poisseux de sang qui apparaît sinistrement sur mon bras. Mes idées peinent malheureusement à se remettre en place. Il me faut de longues secondes pour me remémorer ce qu'il faut pour soigner temporairement une telle blessure. Ma tête part en arrière contre le mur. Mes paupières se ferment un instant, avant de s'ouvrir à nouveau sur la présence de l'asiatique.

- N'appelez-pas la police, articulé-je d'une voix rocailleuse. Vous auriez plus à y perdre qu'à y gagner.

Mes yeux se détournent un instant pour traîner en direction de mon sac à dos. Il y a largement assez là-dedans pour payer le service de cette nuit, réparer les dégâts causés par le sang, et faire disparaître la moindre trace de mon passage ici. En réalité, il y aurait probablement assez pour refaire en plus la décoration de l'ensemble des chambres. Mon attention retombe sur la chinoise. Si elle me vend, elle n'aura pas d'autre choix que de rendre l'argent.

- Et de toute façon je ne suis pas vraiment en état de vous faire du mal, ajouté-je dans un éclat de rire amer, qui eut tôt fait de m'arracher une vilaine grimace.

Je m'agite brièvement pour trouver une position plus confortable. Mais la manœuvre reste vaine. Encore une chance, la balle ne s'est pas incrustée trop loin dans les chairs. Et l'os a été épargné. J'aurai besoin d'un médecin en urgence demain. Mais en attendant, il va falloir innover.

- Il faut … Il faut que je me soigne, soufflé-je. Est-ce que vous auriez une bassine, une pince ou … quelque chose, n'importe quoi qui me permettrat d'enlever cette saloperie que j'ai là … ? Il faudrait du sucre, et de la glace aussi. Ça aide à coaguler le sang …

Ma langue s'emmêle. Je fronce les sourcils et passe une main sur mon visage. Hélas je ne parviens pas à remettre de l'ordre dans ma tête.

- Est-est ce que vous auriez quelque chose contre la fièvre ? Bredouillé-je alors, complètement hagard. 
 
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MessageSujet: Re: A shot in the dark ♦ Fei   Jeu 3 Mai - 17:27



   
   A shot in the dark
   Fei & Damian

L'
hôtel n'est jamais complet. Même en été, lorsque les rues sont envahies de touristes, quelques chambres restent inoccupées. Mauvaise gérante? Vous aimeriez n'est-ce pas? Les langues pointues comme la votre aiment voir en autrui des défauts qu'ils ne veulent point voir en eux. Parcourez l'internet et vous ne verrez que d'excellents commentaires de ceux ayant pu résider dans mon établissement. Toutefois, son emplacement n'attire guère les plus étriqués d'esprits et ils ne manquent aucunement. Peu sont les étrangers désirant résider dans le quartier asiatique alors qu'ils sont venus profiter de la culture anglosaxone préférant des prix parfois exagérés plutôt que le confort d'un hôtel légèrement excentré du centre-ville mais plus abordable. Je ne reçois donc que des habitués, des jeunes comme des vieux couples, asiatiques venus voir leurs familles et parfois des étudiants et souvent divers employés venus se former sur Manchester et dont l'entreprise ne veut guère dépenser dans leur logement. De quoi laisser quelques lits libres et j'en viens à me demander combien d'autres pourraient l'être si on en venait à apprendre que j'ai pu logé ce qui me ressemble à un criminel. Que je le dénonce à la police ou non...

Et tandis que je l'entraîne jusqu'à une pièce vide d'occupant et de voisins qui pourraient coller l'oreille au mur, j'en viens à prendre ma décision. Mieux vaut se taire. Les sons agaçants des gyrophares des voitures de police attireraient trop de curieux et mes affaires sont plus importantes qu'une quelconque morale. Je n'ai pas envie de devoir fermer boutiques et si une enquête amène quelques inspecteurs à venir me voir, je saurais dire des petits mensonges pour réussir à m'en sortir. N'est-ce pas normal d'avoir peur surtout quand on est une femme seule? D'accord, je ne suis aucunement sûre que pareille comédie puisse prendre mais je suis prête à prendre des risques si cela m'assure une certaine tranquillité. Peur de représailles de la part du drôle de criminel s'il en vient à survivre? Oh, la communauté asiatique saura me défendre. Vous aussi devez penser que nous sommes tous connectés et évidemment, liés à des réseaux mafieux. J'ai entendu un client murmuré à un autre que je possédais un oncle influent dans le milieu de la pègre. Avec un peu de chance, l'agonisant pourrait avoir des idées aussi saugrenues et se refuser à venir m'ennuyer. Encore une fois.

Ce n'est pas sans soulagement que je le dépose, ou qu'il se jette, sur un matelas et des draps qui perdront rapidement de leurs propretés. Je ne suis guère forte même si je n'affirmerais jamais le contraire à voix haute. Et je le fixe, l'observant se mettre dans une position confortable tandis qu'il vient confirmer ce que n'importe quel enquêteur même débutant pourrait comprendre : il n'a aucune affinité avec les forces de l'ordre. Le sac, dont le futur potentiel mort, n'arrête pas de fixer pourrait en être la cause et j'ignore ce qui pourrait être une menace pour assouvir ma curiosité pour venir découvrir un nombre important de billets acquits qui ne devait pas appartenir à mon nouvel invité quelques heures auparavant. Une victime sûrement trop riche et exploitant les honnêtes gens. Une lueur vient éclairer mon regard tandis que je reporte mon attention sur l'homme qui me demande des outils pour se soigner. J'hausse un sourcil et affiche un sourire moqueur quand une de ses affirmations vint à m'amuser.


"Du sucre? Je pourrais effectivement vous cuisiner en sauce aigre-douce et vendre votre viande, une excellente méthode pour me débarrasser de votre corps et garder l'argent, mais je suis une piètre cuisinière et devoir jeter les invendus me briserai le cœur. Je n'aime pas le gâchis. Je reviens, tâchez de rester vivant d'ici mon retour."

D'accord, jacasser alors qu'il se vide son sang ne l'aide guère mais au moins il se fatigue et je n'aurais pas à soigner un être trop violent. Toutefois je me dépêche de chercher de quoi arrêter l'hémorragie. C'est les bras chargés de pince, de bandage mais aussi de désinfectant et cataplasmes aux herbes médicinales que je retourne dans la chambre. Je m'assoie près du mourant et lui attrape le bras blessé en espérant qu'il ne soit pas trop fier pour se laisser aider. Les pans de sa chemise me gênant, je déchire le tissu pour pouvoir avoir plus facilement accès à la plaie avant de venir enfoncer la pince dans celle-ci. Si, je suis délicate mais je ne suis point médecin ou infirmière et je n'ai jusqu'à maintenant retiré que de vulgaires échardes ou bouts de bois de ma propre chaire ou celle de mon époux quand nous n'étions qu'herboristes.

"J'exige un quart de la somme."

Je suis intéressée? Forcément mais, quand bien même je ne comptais alerter personne, lui l'ignore. Alors pourquoi ne pas tenter?

 
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MessageSujet: Re: A shot in the dark ♦ Fei   Mer 30 Mai - 19:09



   
   A shot in the dark
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L
a réponse de la maîtresse des lieux me surprend avec violence. Pour la première fois depuis que j'ai passé le pas de son hôtel, j'entends véritablement le timbre de sa voix. Et les images qu'elle traduit agresse mon esprit fiévreux et révulse mon estomac. Cuisiner mon cadavre encore chaud en viande à rouleau de printemps ? En cet instant précis l'idée m’horrifie tout particulièrement. Santio Cielo, que je suis heureux d'être incapable de rêver. Mon inconscient en plein délire se serait fait une joie d'utiliser les propos de l'inconnue aux traits asiatiques pour en faire un dérangeant cauchemar.

Je n'ai pas le temps de déceler l'humour dans ce qu'elle raconte. En vérité, elle a déjà bien trop parlé et mon crâne s'est mis à tourner comme un carrousel. J'aperçois sa silhouette qui s'éloigne et disparaît hors de la chambre. Elle n'attendait pas de réponse je suppose. Et bien heureusement. Je n'ai plus la foi de trouver une bonne répartie.

La douleur émanant de mon bras est presque devenue une mélodie de fond stable et continue dans mon organisme. Elle m'empreigne totalement, sans s'arrêter, ni même reprendre son souffle. Mes doigts pressent la plaie pour empêcher le sang de s'évader. Sous mon touché, je sens ma peau moite et collante irradier comme un brasier. J'espère sincèrement être en état de partir d'ici au levé du soleil. Il le faut à tout prix.

La gérante réapparaît subitement, de la même manière qu'elle s'est envolée tout à l'heure. Le matelas s'affaisse doucement à côté de moi. Mes yeux tombent sur elle et son poids plume, venu se poser à côté du mien. Sans demander la permission, elle attrape mon bras malade et déchire plus encore le vêtement qui lui obstrue la vue. J'avise la pince qu'elle tient entre ses doigts fins seulement lorsqu'elle l'enfonce sans hésitation dans ma chair à vif.

La mélodie se brise. La douleur s'enflamme, se réveille, et envahie mes membres un à un. Je me crispe brutalement et serre les dents. Mon poing vient se caler contre mes lèvres pour retenir une plainte. Je n'ai jamais été croyant, et pourtant je me surprends présentement à prier pour qu'elle retire cette merde de balle le plus rapidement possible. Quelque chose bouge dans mon bras. Sa pince accroche l'élément étranger mais ripe au dernier moment. La balle bouge mais reste résolument coincée dans le muscle. Un soupir m'échappe lorsqu'elle retire son outil.

- Merde, vous n'auriez pas de l'anesthésiant ? Pesté-je en fouillant d'ores et déjà grossièrement dans son matériel à l'aide de ma main valide. Une bouteille de saké ferait même l'affaire à ce stade.

Sa demande tourne en boucle dans ma tête. Je déglutis et retourne m'appuyer contre la tête de lit, gagnant un peu de temps. Peu à peu je commence à comprendre à quelle personnalité j'ai affaire. Cette femme n'est pas prête de se laisser intimider par quoi que ce soit, et encore moins par un homme au bord de l'inconscience venu frapper à sa porte. Elle ne s'est pas jetée sur le téléphone à mon arrivée. Elle n'a pas crié. Elle n'a même pas hésité. Mon inconnue sait ce qu'elle a à faire. Et j'ignore encore si tout ceci tournera ou non à mon avantage.

- Je vous en laisse la moitié si vous faites en sorte de faire disparaître toute trace de mon passage.

Mes doigts ensanglantés se referment sur son poignet pour mieux capter son attention. Si je dois m'en sortir, qu'importe le prix à payer. En cette heure, je préfère m'assurer de faire d'elle mon alliée.

- Brûlez les draps. Nettoyez la chambre à la javel. Jetez les cotons et les pansements loin de votre établissement. Effacez les vidéos de caméras surveillances. Personne ne doit savoir ou découvrir que je suis venu ici cette nuit.

Je laisse un temps passer sans détacher mes yeux plongés fermement dans les siens.

- Si je peux vous faire confiance, croyez-moi, le prix que je vous offre en vaut la peine.

 
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