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 Tu peux nourrir le canard ?

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libre

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INSCRIT DEPUIS LE : 01/06/2018
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MessageSujet: Tu peux nourrir le canard ?   Dim 3 Juin - 0:44

Elle aime ça, la petite Elizabeth.
Se retrouver avec des gens plus âgés qu'elle, avoir cette impression d'être grande et assez mature pour fréquenter les soirées dans une des villas du sud de la ville. Se balader, normalement, son verre de bière à la main – auquel elle touche à peine, pour être honnête – entre les différents jeunes de cette soirée. Elle ne comprend pas tout, elle choppe juste des bouts de conversations entre des lèvres dont l'expressivité baisse exponentiellement avec le taux d'alcool grimpant de ces invités. Si elle doit être honnête, Eli sait très bien que ce n'est pas le charisme qui est le principal élément d'une invitation à ce genre de soirée mais, surtout, le nombre de zéro sur différents comptes en banque. Peut-être même qu'ils ont l'impression de faire une bonne action du genre téléthon, en invitant une sourde. Tout ça, elle s'en fiche, elle ne veut même pas y penser. Bien trop fière pour envisager ce genre de raisons. Non, elle veut être invitée parce que c'est elle, pas parce que c'est une Walker ou qu'elle n'entend rien.

« LIZZY ! »

Heureusement qu'elle est déjà sourde parce que, Charline, elle hurle vraiment en se foutant devant Elizabeth et en agitant les bras. Cette dernière lève les yeux au ciel. Est-ce qu'un jour les gens comprendront qu'elle est sourde, pas aveugle ?! Pas besoin de s'agiter comme une baleine échouée sur une plage lors d'une marée noire. Juste un petit geste aurait suffi à capter son intention.

« Pose ton verre et viens, vite. »

Elle est drôle à essayer de mimer toutes ses paroles. Promis, à un jeu de mime, Elizabeth fera tout pour éviter de l'avoir dans son équipe. Une vraie catastrophe. Mais dans le fond, elle l'aime bien alors elle pose son verre sur une table et se laisse entraîner dans le jardin. En moins d'une minute, sans qu'elle ne le voit venir, Eli se retrouve propulsée dans la piscine. Les rires, quand elle sort la tête de l'eau, elle ne les entend pas mais les capte bien sur les visages des autres. Ce qu'elle voit, surtout, c'est que ce n'est pas moqueur, c'est plus comme une sorte de rituel de passage. D'ailleurs, elle n'est pas la seule à finir dans l'eau. Quand elle s'approche du bord, on lui tend une main pour l'aider à sortir. C'est en levant les yeux qu'elle voit que la main appartient à Ethan...

Ah Ethan... 17 ans – presque un vieux pour elle – hyper-populaire et une putain de fossette qui le rend vraiment trop... Trop... Pfff ! Elle sourit comme une conne, incapable de s'en empêcher alors qu'il l'aide à se hisser. Merde, il lui file même sa veste, pour pas qu'elle choppe froid. Il n'est pas juste mignon ce gars, il est parfait ouais ! Il lui demande si ça va mais, honnêtement, elle ne le comprend même pas tellement elle est focalisée sur ce regard azur. Il insiste, elle percute et hoche la tête. Bien sûr que ça va, comment ça ne pourrait pas aller ? Ethan lui tend un verre et elle n'hésite même pas à le prendre. Eli n'a pas vraiment l'âge de boire, personne ne l'a vraiment ici d'ailleurs. Mais, sur le moment, il est hors de question qu'elle rappelle son jeune âge en refusant un verre de bière. Alors les deux trinquent ensemble et elle boit.

La soirée se poursuit. Ethan n'est jamais bien loin et elle apprécie les regards qu'il lance régulièrement vers elle. C'est sûr, elle lui plaît. C'est ce qu'elle pense en tout cas. Ça va faire une demi-heure qu'elle a bu le verre qu'il lui a donné et, déjà, elle sent sa tête avoir des loupés. Ça tangue. Ça tangue fort. Peut-être qu'elle ne supporte pas la bière ? Un questionnement qui est bien vite effacé par une autre pensée de la plus haute importance. Sa main choppe son téléphone dans la poche arrière d'un short en jean trempé – jamais on ne remerciera assez les constructeurs de mobiles qui ont eu la bonne idée de les rendre imperméables à l'eau ! L'écran lui vrille les pupilles et, alors qu'elle essaye de s’acclimater à la luminosité, c'est à son père qu'elle envoie un texto.

J'ai zappé de nourrir le canard. C'est genre HY-PER urgent ! Il est dans une caisse sous mon lit, fais-le pour moi s'teu plait. Sinon il va encore beugler toute la nuit.

Vous savez, quand on est encore tout gamin, qu'on marche à peine. Tous les parents achètent un tas de conneries pour le bain des enfants. Allez savoir pourquoi, Eli, elle avait gardé un vieux canard en plastique qui, depuis le temps, devait être moisi de l'intérieur. Et là, tout de suite, ça lui semble plus qu'évident qu'il faut le nourrir. C'est même d'une importance vitale parce qu'elle y tient à ce bout de plastique, qu'elle avait pourtant oublié.

Charline, surgit devant Elizabeth et elle en perd son téléphone sans même s'en rendre compte. Y a les lèvres de son amie qui bougent mais, Eli, elle n'y comprend rien. Enfin si, elle comprend que Charline veut aller se faire un mini-golf dans un Tardis entouré d'un champ de saucisse. Aucun sens, elle doit vraiment être bourrée. A aucun moment, la jeune fille se dit que le problème vient d'elle. Sauf que Charline sent bien que quelque chose ne va pas alors elle traîne Elizabeth prendre l'air, essaye de communiquer mais sans le moindre succès.

Elles sont dans le jardin depuis une éternité – selon Elizabeth – quand Ethan arrive.

« J'vais m'en occuper. »
« Mais... »
« J'm'en occupe je te dis ! »

Charline n'est pas tellement sûre que ce soit une bonne idée mais Eli lève le pouce, comme pour assurer que tout va bien. Rien ne va. Sa main s'agrippe à la chemise d'Ethan pour ne pas tomber alors que Charline retourne à l'intérieur.

« Viens, on va aller dans un endroit plus calme. »

Elizabeth, étrangement, ne trouve pas que ce soit une bonne idée. Elle secoue la tête, fait non de la main, signe son refus dans un langage qu'il ne comprend pas. De toute façon, il s'en fiche lui de ce qu'elle peut vouloir dire. Il ne s'est pas fait chié à payer une drogue une fortune, la glisser dans son putain de verre de bière, pour écouter ses envies. Il la traîne, sans qu'elle ne trouve la force de résister, dans un endroit plus calme et à l’abri des regards dans le jardin.

« Tu dois avoir chaud. »

Non pas du tout mais ça n'empêche pas l'ado de virer la veste qu'il lui avait donnée un peu plus tôt. Et, elle le comprend, y a fort à parier qu'il ne va pas s'arrêter qu'à cette veste. Ethan, il n'a pas de mal à esquiver les faibles défenses d'Elizabeth, soupirant que son seul regret sera de ne pas pouvoir l'entendre crier...

Charline, elle ne voit rien de ce qui se passe. Elle sait seulement où ils sont allés et elle commence vraiment à se demander si elle doit prévenir quelqu'un ou non.

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INSCRIT DEPUIS LE : 17/01/2018
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MessageSujet: Re: Tu peux nourrir le canard ?   Lun 4 Juin - 20:39


 
         
Eli & Mordread

           

             
       
Tu peux nourrir le canard ?



         


" Aller viens ! Rejoins-nous vite ! "

Un sourire éclatant est peint sur mon visage alors qu'une jeune femme blonde m'invite à la rejoindre dans la piscine, elle et sa copine dont je ne connais même pas le nom. Nikki ? Trixie ? Vicky ? Peu m'importait alors que je me tenais sur le bord avec mon verre que je sirotais tranquillement. Je commençais doucement à être raide et elles m'encourageaient dans mon délire les coquines, avec leur bikinis trop petits pour elles. Elles m'attendaient avec une impatience non finte alors que je commençais presque à perdre l'équilibre, la musique entrainante en faisant danser une qui sirotait son cocktail.

" J'arrive ! "

Je riais sans raison en vidant mon verre cul sec avant de prendre mon élan pour un plongeon magistral, les rejoignant enfin dans l'eau délicieusement tempérée. Je retrouvais vite celle qui m'avait appellée et qui me dévorait à présent du regard en faisant mine de s'échapper. Il ne fallu pas plus pour que j'essaie de l'attraper, objectif réalisé sans peine alors que la demoiselle éclatait à nouveau d'un rire de plus en plus insupportable à mon oreille. Je la fit taire en un baiser alcoolisé et poussif, gardant mon sourire avant de glisser dans son oreille qu'elle allait regretter d'avoir voulu s'enfuir. Mes mains décrochèrent le haut trop petit pour elle, libérant une poitrine refaite et incroyablement trop généreuse pour le corps de la jeune femme. S'en était presque disgracieux mais dans mon état, je n'avais aucune envie d'être difficile.

Ce fut la sonnerie de mon smartphone qui me remit quelque peu les idées en place, alors même que sa copine venait nous rejoindre, ayant déjà enlever son bikini d'elle même avant de venir se presser contre moi, bien plus aventureuse que la première. Je la repoussais légèrement pour mieux aller récupérer mon téléphone, m'appuyant sur le bord de la piscine pour mieux lire le message. Un sourire emplit de tendresse s'invitait sur mon visage en voyant que c'était ma fille qui me l'adressait, sourire qui se fana à la lecture des quelques mots qu'elle m'écrivait. Je fronçais les sourcils en le relisant, n'y trouvant toujours aucun sens au bout de la troisième fois en me demandant si c'était moi qui était trop bourré ou non. Finalement, la vérité me ramena sur terre. Ca n'avait aucune logique. Et ce n'était pas le genre d'Eli de m'envoyer ce genre de conneries. Inquiet, je lui répondais en lui demandant si tout allait bien, essayant de me rassurer comme je le pouvais. Il était inutile de paniquer pour un message après tout. N'est-ce pas ? Si je n'avais pas de réponse d'ici une dizaine de minutes...

J'étais retourné auprès des filles, non sans une inquiétude palpable tout en restant près de mon téléphone. Toujours rien au bout de quelques minutes. Ce n'était pas normal. Définitivement. Décidé, je fini par checker mon téléphone une fois de plus, ayant maintenant bien désaouler. Il n'était plus temps de faire la fête. Je réfléchis à une solution avant de me rappeler cette application que j'avais installé afin de pouvoir facilement la localiser où qu'elle se trouve. Jusqu'à maintenant, je ne l'avais jamais utilisé mais maintenant, je me bénissais d'y avoir pensé. En quelques secondes, l'appli me donna ce que je souhaitais alors que je rembarrais les deux filles attendant encore que je les gâte comme des princesses, leur demandant de rentrer chez elles avant de foncer vers mon dressing pour m'habiller à la hâte. Eli, mais dans quelle merde est-ce que tu t'es fourrée ?

Je me retrouvais dans la voiture en un éclair, direction l'adresse indiquée. C'était tout près, une chance. Une fois devant la maison, je me heurtais à une réalité que j'avais du mal à encaisser. Il y avait visiblement une belle soirée à l'intérieur, ça s'entendait à l'autre bout du quartier. Je connaissais la maison, je savais qu'elle appartenait aux Pierces. Je vérifiais l'adresse une fois encore avant de me rendre à l'évidence, Eli était là, à l'intérieur, sans doute occupée à faire la fête avec des gens bien trop âgés pour elle. Je le savais à la gueule des jeunes rentrant et sortant de la maison, visiblement bien alcoolisés, voir drogués. Je grognais, j'en avais assez vu pour ne plus hésiter, sortant de la voiture à la hâte pour me diriger vers la maison. Je passais par la porte, entrant à la hâte en découvrant ce qui me faisait peur. C'était un bordel monstre, une soirée étudiante me rappelant celles que j'avais moi-même organisées il y a de nombreuses années à présent. Tout y était, les jeunes, l'alcool, la drogue et évidemment, le sexe. Je les voyaient déambuler partout dans la maison alors que je m'y avançais moi même, ne faisant guère attention à tous les regards qui pouvaient me dévisager. Le mien se baladait partout à la recherche de ma fille, repoussant même certaines jeunes filles se collant à moi telles des aguicheuses. Mon dieu Eli, mais où es-tu ?!

Après avoir fait le tour, je n'osais pas monter à l'étage des chambres, persuadé qu'elle n'était pas assez stupide pour se laisser entrainer par un quelconque garçon. Pas à son âge. Ou bien je me voilais la face. Enfin, je débarquais dans le jardin, continuant mes recherches, le portable à la main où cas où elle me répondrait enfin. Finalement, je tombais nez à nez sur une jeune fille qui ne m'était pas inconnue. Char....line ? Oui, ça devait être ça. Une amie d'Eli, de ça j'étais certain. Je la harponnais sans ménagement pour en savoir plus. Si elle était ici, Eli était là aussi.

" Où est ma fille ? Où est Eli ? "

" Je... Elle est partie avec Ethan dans le jardin, elle disait que ça allait mais..."

Je ne l'écoute déjà plus, parti tel une furie dans le fond du jardin alors même que le prénom du garçon m'a éclaté à la gueule. Pas ça. Pas maintenant ! Oh il va prendre tellement cher quand je lui tomberais dessus ! Il ne me faut que quelques secondes pour les trouver, ou plutôt pour les entendre. Ma colère monte tel un volcan en éruption alors que je découvre l'affreux spectacle, bien pire que ce que je pensais. Eli me semble presque nue, totalement stone, maintenue sous un jeune homme qui tient un discours tout aussi répugnant que ce qu'il est en train de faire, occupé qu'il est à essayer d'enlever son jean.

" Aller arrête de te débattre, laisse toi faire..."

" Oh ça je ne crois pas ! "

Je me jette sur lui, l'attrapant par son col avec violence avant de l'envoyer contre un arbre avec force. Il n'a pas le temps de réaliser quoi que ce soit que je lui fou un pain en pleine face, laissant ma rage dicter mes coups alors que je le maintiens contre l'arbre.

" Tu croyais pouvoir violer ma fille !! Espèce de grosse merde !!! "

Un enchainement de coups, je ne m'arrête pas, frappant juste et fort alors qu'il tente de se relever et de se défendre.

" Espèce d'enfoiré ! Tu vas voir ce que je vais te faire ! Je vais te crever ! "

Peu importe qu'il soit jeune, peu importe que je lui fasse pisser le sang, j'en ai rien à faire alors que je l'attaque au ventre, qu'il se plie de douleur et qu'il fini au sol telle l'ordure qu'il est. Je veux qu'il souffre, je veux qu'il crève et qu'il ne s'en relève jamais !


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INSCRIT DEPUIS LE : 01/06/2018
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MessageSujet: Re: Tu peux nourrir le canard ?   Lun 4 Juin - 22:38

Ses mains accrochent son short en jean, comme elle peut, alors que sa tête se tourne sur le côté. Et, elle ne comprend pas Elizabeth. Elle ne comprend pas comment elle peut voir sa chemise étalée sur l'herbe plutôt que sur son propre corps. Elle ne comprend pas comment un mec qu'elle trouvait si mignon, un peu plus tôt, peut devenir un gars qu'elle ne veut même plus voir tellement il lui semble horrible. Ethan parle, ordonne des choses mais elle ne l'entend pas. Jamais elle n'a autant appréciée sa surdité. Jamais elle n'a autant regretté de ne pas pouvoir appeler à l'aider de manière correcte. Peut-être que des sons sortent de sa bouche mais elle ne les entends pas, elle ne sait même pas comment savoir si ces sons ont un sens pour des entendants.

Elle sert les dents, la petite Eli, parce qu'elle ne veut pas craquer. Son jeune âge lui donne envie de pleurer, de voir son père débarquer pour qu'il sorte de là. Sa fierté... Sa putain de fierté lui demande juste de serrer les dents et de ne pas se laisser aller à la moindre larme. Pas moyen de laisser cette satisfaction à Ethan. Eli, elle veut se débrouiller seule mais elle n'en a pas la force, sentant ses muscles l'abandonner face à ses tentatives de défense. C'est à ce moment qu'elle voit son père et, c'est con comme réaction mais, elle se sent sourire un peu. Pourtant, elle n'y croit pas tout de suite, pensant que son esprit lui joue un tour aidé par une drogue glissée dans son verre. Eli croit avoir ce que les gens appellent  une hallucination, une image fictive qui apparaît juste parce qu'on a envie que ça arrive.

C'est forcément irréel. La façon dont son père est habillé à la va-vite et ses cheveux humides, ne sont que des projections de son esprit pour lui rappeler l'état dans lequel elle est. Comment aurait-il su où la trouver ? A quel moment il aurait pu savoir qu'elle avait un problème ? Sauf qu'elle doit bien l'avouer, le poids en moins sur son propre corps est bien réel. Alors elle capte, un peu tard, que tout cela n'est pas une illusion pour qu'elle puisse s'échapper de cette réalité. Tout ça est vraiment en train de se produire et, elle ne sait pas Elizabeth, si elle doit se sentir soulagée ou honteuse. Se redressant, difficilement, elle attrape sa chemise dont quelques boutons sont rattachés de manière négligée avec des doigts bien trop tremblants.

Debout, elle tangue alors que son regard se pose sur son père qui s'en prend à Ethan. Elle le voit bien, le visage de ce dernier, en sang. Une fille bien se serait déjà interposée pour faire cesser la folie de ce père bien trop accroché à sa fille. Une fille bien, elle aurait su trouver les mots juste pour rassurer ce même père. Elizabeth... Elle ne doit pas être ce genre de fille parce que, de toute évidence, elle a envie de voir Ethan souffrir. Il y a quelque chose de plaisant et malsain de le voir se retrouver à la place de celui qui ne peut pas se défendre. Qui aimerait se sortir d'une situation, sans en avoir la possibilité. Eli ne bouge pas et, elle aurait aimé dire que c'est parce qu'elle est tétanisée face à cette scène mais, ça ne serait qu'un vulgaire mensonge. Elle ne bouge pas parce qu'elle n'a pas envie d'arrêter son père. C'est aussi simple que ça.

Sauf qu'il y a cet élan de lucidité dans sa petite tête, pendant qu'elle regarde les coups s’enchaîner. Ce petit éclair qui lui rappelle que si son père le tue vraiment, c'est sur lui que ça va retomber. La justice, la prison, les emmerdes. Putain la prison. Elle va faire quoi sans lui, hein ? Elle a besoin de lui, elle en a besoin comme elle doit respirer pour vivre. Ethan tombe au sol et c'est là qu'elle se bouge enfin, pour se s'interposer entre lui et son père. Poussant un peu se dernier pour se faire une petite place mollement.

Arrête ! Elle signe et se veut autoritaire mais ses gestes restent mous et mal assurés. Tu vas le tuer...

Et finalement, elle en veut à son père parce qu'il est en train de l'obliger à prendre la défense d'un type comme Ethan. Chose qui est bien la dernière de ses envies. Ça l'agace, la petite Eli qui se veut grande et indépendante, de prendre cette défense juste parce qu'elle est dépendante de son père, parce qu'elle a besoin de lui dans sa vie.  

Je peux me débrouiller sans toi. Elle sait que ce n'est pas vrai mais, c'est comme un besoin inconscient de se détacher de cette dépendance, de le faire chier pour ce qui l'oblige à faire. Pourquoi tu es intervenu ? Puis je vais dire quoi, maintenant, à mes copines ? 

On s'en tape de ce qu'elle va leur dire. Elle en avait besoin de cette intervention parce que, sans son père, son mal-être aurait été bien pire que des amies qui vont jaser sur son père qui a débarqué comme si elle avait 6 ans.

De son côté, Ethan voit en Elizabeth une alliée, la fille qui va l'aider à ne plus se faire frapper par un père complètement barge. Alors, dans un geste peu réfléchit, il appelle à l'aide en posant une main pleine de sang sur le mollet d'Elizabeth. Contact qui fait, instantanément sursauter Eli qui, dans ce même genre de réflexe incontrôlé, se cramponne directement à son père. Super la fille indépendante !

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INSCRIT DEPUIS LE : 17/01/2018
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MessageSujet: Re: Tu peux nourrir le canard ?   Mar 5 Juin - 9:24


 
         
Eli & Mordread

           

             
       
Tu peux nourrir le canard ?



         


Je ne me contrôle plus, je n'arrive plus à penser à autre chose qu'à lui éclater sa sale gueule. Il a osé. Ce sale fils de pute. Il a osé s'en prendre à elle comme si elle n'était rien, comme si il pouvait se servir librement et sans bavure, alors même qu'Eli semble égarée dans une autre dimension. Alors je frappe, encore et encore, j'en devient totalement dingue alors que je ne veux pas m' arrêter. Je veux m'assurer qu'il ne se relève pas, qu'il ne puisse même plus respirer tellement je lui aurais éclaté les côtes. C'est qu'un gamin, un putain de gamin stupide et prétentieux, qui a encore l'espoir de s'en tirer alors qu'il tombe enfin. Je veux continuer à m'acharner sur lui mais on m'en empêche, Eli réapparait dans le paysage. Elle essaye de me repousser, de m'empêcher de faire une grosse connerie alors que je sors de mon état second. Fait chier. Elle a raison, bien sûr qu'elle a raison. Si je le tue j'irais en taule, si j'en fini avec lui je signe mon arrêt de mort. Je tremble de rage, le regard meurtrier sur le jeune homme à terre, gémissant de ses douleurs lancinantes. J'essaie de me reprendre, j'essai de reprendre mon calme avant que les paroles d'Eli m'éclatent à la gueule.

Quoi ?

Ce qu'elle me dit me calme en un instant, me désarme totalement. Non, elle n'a pas osé me dire ça. Impossible. Pas après ce que ce mec vient de lui faire, pas alors que je vois bien qu'elle n'est pas dans son état normal et qu'elle tremble comme une feuille. Et pourtant... Pourtant elle me fusille du regard, elle m'envoie chier pour protéger son cupidon qui n'a rien d'un prince, qui n'est qu'une ordure dont je rêve d'arracher les couilles pour m'assurer qu'il ne recommencera jamais. J'ai envie de la secouer dans tous les sens pour qu'elle se réveille de cet état dans lequel il l'a plongée pour mieux en profiter. Putain mais qu'est-ce qu'elle a dans la tête pour penser que tout ça est normal ? Et que c'est encore moi le méchant !

L'amertume se mêle à la colère. C'est la drogue qui parle, elle ne pense pas un mot de ce qu'elle dit. Elle ne réalise absolument pas ce qu'il se passe, c'est évident. J'essaie de m'en convaincre, j'essaie de ne pas montrer à quel point elle peut me blesser par ses paroles. Elle me provoque, ça ne lui ressemble pas et pourtant ce n'est pas la première fois.

" Ca suffit Elizabeth ! Tu ne réalises absolument pas ce qui se passe ! Tu ne réalises pas que ce gars à essayer de te violer ! "

Je regrette mes mots aussitôt les avoir prononcés. Ce n'est pas le moment de se disputer, pas ici, pas maintenant, pas à côté de ce "Ethan" ou surtout de ce qui l'en reste, qui appelle à l'aide dans une tentative aussi désespérée que pitoyable pour se rappeler à notre souvenir. Il agrippe Eli. Tout ce passe en un éclair, elle se retrouve dans mes bras alors qu'Ethan gît dans son sang. Cette vision me tire un rictus mauvais. Je n'ai aucun regret, bien au contraire, le voir dans cet état me remplit de satisfaction. Elle n'a qu'à m'en vouloir de l'avoir protégée, elle n'a qu'à penser que je suis un mauvais père, je sais que j'ai bien fait de le faire, je sais que sans mon intervention il n'aurait pas hésiter à profiter de sa faiblesse. Les appels au secours du jeune homme n'ont fait réagir personne, la fête bat son plein à quelques mètres de nous et personne n'en a visiblement quelque chose à faire de ce mec. Ca me fait jubiler. Il pourrait crever là, à même le sol que personne ne le remarquerait alors qu'Eli est toujours accrochée à moi.

" On s'en va. On a plus rien à faire ici. "

Je ne lui demande pas son avis, la tirant par le bras sans ménagement pour qu'elle me suive. Qu'elle se débatte, je la porterais, rien à foutre de ce qu'elle peut raconter, rien à foutre de cette cricrise d'ado de merde et encore moins de sa honte si elle m'oblige à l'emmener de force devant tous ses potes. Elle me détestera. Elle me déteste de toute façon, que ce soit à cause de sa mère ou pour être inlassablement trop protecteur avec elle. J'ai raison de l'être, cette soirée à elle seule le prouve bien. Je tremble encore de colère et d'incompréhension en nous faisant traverser le jardin, j'essaie d'éviter les regards indiscrets en fonçant vers la voiture sans un regard pour le jeune homme laissé pour mort à quelques mètres.


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MessageSujet: Re: Tu peux nourrir le canard ?   Mer 6 Juin - 23:39

Elle ne le connaît pas ce regard, celui de son père, qui se pose sur Ethan. Un regard qu'elle ne connaissait qu'attendrissant, fier, ou un tas d'autres adjectifs positifs quand il la regardait elle. Même quand il la réprimandait, quand il cherchait à lui faire la morale ou qu'elle venait de faire une connerie, Elizabeth n'avait jamais vu une once de méchanceté dans les yeux de son père. Là, alors qu'il est braqué sur Ethan, ce regard a dépassé le stade de la méchanceté ou de la simple haine et, il faut bien l'avouer, ça l'étonne la petite Eli. Ça la surprend parce qu'elle ne pensait pas voir, un jour, cette étincelle dans les prunelles de son paternel. Peut-être que ça devrait lui faire peur ou l'inquiéter un peu de savoir qu'il peut avoir cette lueur meurtrière. Il n'en est rien. C'est même tout le contraire. Parce que ce père, cet adorable et intentionné père, il peut être autre chose juste pour la protéger. C'est con, elle le sait mais, franchement, ça a quelque chose de rassurant.

Et, quand il change complètement d'attitude après ce qu'elle lui a dit... Elle ravale son envie de sourire parce que la situation ne s'y prête pas. Mais, putain, il y a ce côté grisant de savoir qu'elle peut avoir un certain pouvoir sur lui. L'idée n'est pas d'en profiter, pas de manière volontaire en tout cas mais, juste de savoir qu'elle est capable de le faire passer d'un état à un autre. Elle a envie de croire que c'est parce que c'est elle, qu'il n'y a qu'elle pour le faire passer d'un extrême à un autre. Eli a envie d'avoir cette influence sur lui, comme pour se prouver qu'elle est particulière à ses yeux. Si elle sait que c'est le cas, ça ne l'empêche pas d'apprécier d'en avoir des preuves de manière ponctuelle. Mais heureusement qu'elle a ravalé son sourire parce qu'elle l'aurait perdu très vite.

Oui. Oui, elle réalise très bien ce qui allait se passer. Enfin, elle veut croire qu'elle réalise mais ses idées sont un peu trop embrouillées pour que ce soit pleinement le cas. Elle est bien trop jeune et inexpérimenté par la vie pour comprendre les conséquences que cela aurait pu avoir si son père n'était pas intervenu. Mais ça, même si elle en avait conscience, elle n'aurait pas envie de lui dire. Eli elle se veut incisive, elle veut lui faire mal pour avoir été forcée de prendre la défense d'Ethan. Sauf que, au moment où elle s'apprête à lui répondre, c'est dans les bras de son père qu'elle fini pour s'extirper de la main d'Ethan. A peine le temps, pour elle, de comprendre qu'elle vient de s'accrocher à son père, comme on s'accroche à une bouée de secours que ce dernier lui annonce leur départ.

Le « non » qu'elle veut signer n'a pas le temps d'arriver, son bras est embarqué par son père pour ne pas lui laisser le choix. Ça l'énerve. Ça la frustre. Elle sert à nouveau les dents pour ne pas pleurer comme une enfant... Ce qu'elle est pourtant. La substance qui coule dans ses veines l'empêche, une fois de plus, de se débattre comme elle le voudrait pour la deuxième fois de la soirée. Ça commence à faire beaucoup ! Elle aurait aimé agiter son majeur, dans un geste grossier, en direction d'Ethan, juste pour le principe mais elle n'en a pas la présence d'esprit. Fichu cerveau qui fonctionne au ralentit.

Il marche trop vite pour elle, du coup elle a surtout l'impression de se faire traîner. Du coup, Elizabeth elle baisse le regard pour ne pas croiser celui des autres invités, elle n'a pas envie de savoir qui la voit se faire traîner comme une enfant. Des fois, elle est bien contente de ne pas entendre. Il faut attendre qu'ils arrivent près de la voiture pour que son père ralentisse et, ce n'est qu'à ce moment-là qu'elle tire sur son bras pour se dégager. D'ailleurs, elle manque de tomber à cause d'un manque d'équilibre mais se rattrape à la voiture. Elle inspire, se remet droite, se veut grande. Sourcils froncés, son regard se pose sur son père.

Tu viens de gâcher ma vie !

A croire que c'est le rôle de tous les parents. Leur mettre une honte monumentale dans LA soirée la plus importante, juste pour tuer leur vie sociale. Elle comprend pas, Eli, qu'il vient surtout de lui sauver cette vie, qu'il est parfaitement dans son rôle.

Je te déteste !

Et, autant qu'elle le peut dans son état, elle décompose bien tous ses signes pour donner plus d'impact à sa phrase. A défaut d'avoir une tonalité, elle joue avec un rythme pour bien faire comprendre que ça ne lui plaît pas.

« Elizabeth ? »

A défaut de l'entendre, Eli peut ressentir les pas lourds qui courent en leur direction. Charline. Eli elle roule des yeux en se disant que, voilà, c'est le moment où son amie va lui apprendre qu'elle est devenue la risée de tout le quartier. Qu'une vidéo, de son père la traînant à travers le jardin, est déjà sur les réseaux sociaux, que ça a fait le tour du monde et qu'on se fiche de sa tronche jusqu'au fin fond de l’Amazonie... Oui, quand on est ado, on a une grande faculté à mettre des proportions improbables sur le moindre petit événement.

« Ton téléphone. »

Elle lui tend l'objet et, plutôt que d'annoncer la fin de la vie sociale d'Elizabeth, Charline se tourne vers Mordread. Elle bat des cils, un peu trop visiblement pour que ce soit naturel ou même intéressant à voir. Elle a ce sourire niais sur le visage qui donne, à Elizabeth, l'envie de lui foutre une baffe.

« Vous savez, j'ai essayé de l'aider mais elle ne voulait pas m'écouter. »

Grand sourire, qu'elle veut charmeur, à l'appui. Faut dire que, si tout le monde parle des MILF, elle veut bien adapter ce terme aux mecs et faire de Mordread un FILF. Et tout ce spectacle, ça énerve Elizabeth qui essaye de prendre un air détaché quand elle signe en direction de son père.

Tu veux peut-être que je vous laisse, pour te rappeler tes jeunes années ?

Elle sait qu'elle est injuste mais c'est plus fort qu'elle. Elle est désolée de cette question sans être capable de s'en excuser. Elle le provoque alors que, dans le fond, elle a juste envie d'être bordée avec une histoire pour oublier tout ça, comme quand elle était encore plus petite.

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MessageSujet: Re: Tu peux nourrir le canard ?   Ven 8 Juin - 23:10


 
         
Eli & Mordread

           

             
       
Tu peux nourrir le canard ?



         


Notre course s'arrête lorsque nous atteignons la voiture. Eli se détache de moi sans ménagement, jusqu'à presque perdre l'équilibre avant de se rattraper à la voiture. Elle essaie de reprendre contenance, de me faire face de son air colérique et ses sourcils froncés. Elle me signe ses mots, me faisant presque lever les yeux au ciel alors qu'elle me reproche de lui avoir gâché la vie. Je la lui ai sauvé et qu'elle ne le réalise pas me semble totalement irréaliste et en même temps atrocement cohérent. Elle voit sa réputation entachée, ses amies se moquant d'elle sans chercher à comprendre plus loin. Sans surprise, elle me dit me détester, en appuyant bien sur chaque signe qu'elle réalise pour me dire à quel point elle peut le penser, à quel point elle le crierait si elle le pouvait alors que je la dévisage, le regard ravagé par la déception. Que répondre à ça ? Qu'elle laisse exploser sa rage si cela lui fait du bien, je n'entrerais pas dans son jeu, encore moins dans son état. Tenant à peine debout, vascillant dangereusement, elle tient juste à me tenir tête, à me prouver qu'elle n'a pas besoin de moi, qu'elle est grande et indépendante. Je ne peux pas m'empêcher de m'en sentir coupable. Peut-être ai-je fais fausse route avec elle au point de croire qu'elle pouvait être assez mature pour que je lui fasse une confiance aveugle. Que je la laisse faire ce qu'elle veut, quand elle le veut, que je la traite comme l'adulte que je pensais qu'elle était. J'avais tord, visiblement et cette déception me blessait bien plus que les quelques mots meurtiers qu'elle me balançait en plein visage.

Des bruits de pas pressés et une voix familière me firent me retourner pour découvrir Charline, sa pote, accourir en courant son nom. Son téléphone. Voilà pourquoi elle courait. Son putain de téléphone auquel elle ne m'avait jamais répondu. J'en profite pour lâcher un soupir, constatant une certaine douleur se réveiller au niveau de mes phalanges alors que je sentais l'adrénaline s'estomper de mes veines, avant même que la jeune fille ne se tourne vers moi. Je lui adresse un sourire de convenance lorsqu'elle dit avoir essayé de protéger Eli. J'ouvre les lèvres pour lui répondre mais je n'en ai pas le temps, intercepté par ma fille qui me signe des choses que j'aimerais ne pas comprendre. Je la dévisage, je ne peux faire que ça alors qu'un pic de colère me traverse tout entier. Elle est insupportable, insupportable et injuste. Elle frappe pour faire mal, pour essayer de me blesser autant qu'elle peut l'être. J'ai bien du mal à garder mon calme, à ne pas tout libérer alors que je lui réponds, en signant cette fois, étant certain de lui gueuler dessus si j'ouvrais la bouche.

" Ca suffit. Monte dans la voiture."

Je m'efforce d'être impassible, de bien décortiquer chaque signe à mon tour avant de lui ouvrir la porte pour lui intimer de s'installer sur la banquette arrière. Une fois encore, elle n'a pas le choix. J'attends qu'elle soit assise avant de claquer la porte, assez fort pour faire trembler l'abitacle avant de me tourner vers Charline, toujours fidèle au poste, me semblant accrochée à moi telle une sangsue avec son grand sourire.

" C'est gentil de ta part d'avoir essayé de l'aider. Tu devrais rentrer chez toi toi aussi. "

Je la dépasse sans plus de cérémonie, faisant le tour de la voiture avant de m'installer à la place du conducteur. Pendant quelques secondes, j'hésite sur la suite des évènements. Dois-je la faire examiner ? Pour m'assurer qu'elle n'a vraiment rien ? Est-ce vraiment utile ou non ? Et si je la ramenais à Celeste pour qu'elle s'en occupe ? Qu'elle fasse les examens ? Que l'on sache ce qu'elle a prit ? C'est en l'observant par le rétroviseur que je me décide. Inutile de faire tout ça, inutile d'envenimer les choses. Une bonne nuit de sommeil et un chocolat chaud avec des cookies me paraissent d'un coup un excellent remède. Mais avant de démarrer, je sortais mon téléphone, composant le numéro des Pierces sans attendre. Je me devais de les prévenir, de leur expliquer brièvement la situation en leur signalant la soirée, persuadé qu'ils ne seraient pas des plus ravis en apprenant les frasques de leur progénitude. Eli allait encore me détester pour ça.

Enfin, mon appel passé, je m'assurais d'un regard que ma fille était toujours avec moi avant de démarrer, direction le manoir. Inutile de s'éterniser ici plus que nécéssaire. La route du retour laissa place à un calme salvateur. Je n'avais aucune envie de parler, les idées embrumées par les derniers évènements autant que par ce qui allait suivre, envahi par la déception que je pouvais ressentir à l'égard d'Eli. Lorsqu'enfin, nous nous retrouvâmes devant la villa, Rodolphe se tenait devant la porte, fidèle au poste comme à son habitude, prêt à aider l'héritière Walker comme il se devait alors que je descendais moi-même de la voiture pour en faire le tour, incertain face à l'attitude à adopter. Elle allait sans doute me rejeter si j'osais vouloir l'aider, elle allait même certainement vouloir filer seule dans sa chambre pour mieux s'effondrer dans son lit loin de tout. Surtout loin de son père. Je comprendrais sa réaction, je comprendrais qu'elle veuille s'endormir pour ne plus y penser, laisser la nuit faire son oeuvre de guérison mais j'étais là, malgré tout.



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MessageSujet: Re: Tu peux nourrir le canard ?   Mar 12 Juin - 1:13

C'est étrange cette sensation d'être, à la fois, heureuse de réussir à l'énerver et, en même temps, tellement honteuse de l'avoir fait. Elle n'est pas juste, elle le sait mais elle ne peut pas s'en empêcher. Eli ne sait même pas pourquoi elle a ce besoin inexpliqué de décevoir son père, cette attitude agressive alors qu'elle veut seulement le remercier sans réussir à le faire. Elle veut se jeter dans ses bras, à lui, qui ont toujours été protecteurs mais n'arrive qu'à le provoquer. Ça l'agace d'être aussi contradictoire et d'être trop fière pour l'avouer alors que c'est lui qui en fait les frais. L'ordre de son père elle le voit bien, son esprit embrumé arrive à capter chaque mots suffisamment décortiqués. Elle plisse les yeux, soupir, arrache son téléphone des mains de Charline pour s'engouffrer dans la voiture.

Tout tangue sur le cuir froid de la voiture alors qu'elle sursaute quand la portière se claque. Le son qu'elle fait, Elizabeth ne l'entend pas mais elle ressent les vibrations qui traduisent l'énervement de son père. Le front se colle à la vitre fraîche, comme si ça pouvait lui rafraîchir les idées, comme si une simple vitre pouvait virer les effets d'une drogue et, accessoirement, des conneries de sentiments qu'on peut avoir à cet âge. Les yeux se ferment, quand son souffle laisse une trace de buée sur le verre, et Eli a cette désagréable sensation d'être sur un bateau en pleine tempête. Du moins, elle imagine que la sensation doit être la même. Le vrombissement apaisant de la voiture, cette fois, devient agressif et provoque des hauts le cœur qu'elle arrive à retenir sans trop savoir comment.

En réalité, Elizabeth a plusieurs absences dans cette voiture. Elle ne se souvient pas avoir vu son père appeler quelqu'un, du moins, ça reste un souvenir trop abstrait. Elle a une vague idée d'un texto lu, envoyé par Charline, qui vante les attributs physiques de son père. Finalement, ce n'est peut-être pas les virages pris par son père qui lui ont donné envie de vomir. La portière qui claque, quand ils arrivent, lui provoque un nouveau sursaut. Ses yeux s'ouvrent et, il lui faut quelques secondes pour comprendre qu'ils sont à la maison. Sa main tâtonne la portière jusqu'à arriver à la poignée qu'elle tire sauf que, son corps, elle n'arrive pas à le retenir quand la portière s'ouvre. Ouvrir une porte quand on a la tronche collée à la vitre : définitivement pas une bonne idée.

Elle ne touche pas le sol, il y a des mains qui viennent la retenir pour qu'elle ne tombe pas. Sauf que c'est encore trop flou dans son esprit pour savoir si c'est son père qui a eu de bons réflexes, ou Rodolphe l'employé modèle. Elizabeth agrippe à un bras pour se redresser et se dégage. Ça va, qu'elle veut dire alors que sa bouche ne sort aucun son et que ses mains sont incapables de signer. Sans aide, parce qu'elle n'en veut pas, Eli se traîne jusqu'à l'intérieur. Elle n'ira pas plus loin que le salon, que le canapé dans lequel elle s'étale. Aller jusqu'à sa chambre ? Trop loin. Couchée sur le côté, ses genoux remontent pour la mettre en position fœtal. C'est dingue ce qu'on peut revenir à cette position quand rien ne va. C'est fou d'adopter un comportement qu'elle avait dans le ventre de sa mère. De cette mère qui, aujourd'hui, n'est pas là par la faute de sa propre fille.

Y a les paupières qui se ferment et, sans qu'elle le contrôle, des larmes qui s'échappent de ses yeux. Tout ça. Ethan, la guerre avec son père, ses sentiments contradictoires, sa mère... Finalement, c'est trop pour l'enfant qu'elle est à cet instant bien précis. Eli n'a plus envie d'être une adulte alors que, cinq minutes plus tôt, elle cherchait encor à provoquer son père. Alors elle pleure, là où elle s'était interdit de le faire mais, y en a marre de luter. Demain, elle mettra ça sur le compte de la drogue, se trouvera toutes les excuses du monde pour avoir craqué mais, là, tout suite, elle n'a besoin que d'une seule personne... Et c'est son père. Et ce besoin, il devient presque aussi vital que celui qui consistait à le provoquer plus tôt. Putain de bordel dans sa tête !

Elle se redresse Eli, paupières à moitié clauses, la tête mollement appuyée sur le dossier du canapé. Ses mains se lèvent, pas très assurées et toujours tremblantes.

On fait une trêve?

Un temps mort dans une guerre qu'elle a, elle-même, créée.  Une petite pause comme des excuses qu'elle se sent incapable de lui donner. Aller se coucher ? Ça peut être une bonne idée mais, elle a peur de dormir. Peur de ne pas être capable d'aller dans le monde des songes. Peur de ne voir qu'Ethan durant un sommeil agité. Et puis, il y a bien trop de questions qui hantent son esprit. Une en particulier.

On devrait pas... Je ne sais pas, faire quelque chose ? S'il décide de porter plainte, ou même ses parents. Ça sera sa parole contre la notre si on n'a pas de preuve.

Cette drogue, elle reste combien de temps dans l'organisme ? Est-ce qu'ils ne devraient pas faire des tests ou des conneries de ce genre pour prouver que son père a eu une bonne raison de s'en prendre à Ethan ? Elle n'en a aucune envie. Elle ne veut pas qu'une autre personne la touche à nouveau mais, si ça peut éviter des ennuis à son père, elle le fera.

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MessageSujet: Re: Tu peux nourrir le canard ?   Mer 13 Juin - 11:07


 
         
Eli & Mordread

           

             
       
Tu peux nourrir le canard ?



         


J'observe ma fille s'effondrer dans les bras de Rodolphe, me tenant prêt à intervenir si il le faut alors même qu'elle s'appuie sur lui pour mieux se relever seule. Elle est incorrigible, autant que moi, alors qu'elle essaie encore de faire sa grande en sortant de la voiture. Elle tangue dangereusement mais nous sommes là, moi et Rodolphe, juste derrière elle, juste au cas où. Sur ce temps là, avant qu'elle aille s'effondrer dans le canapé, j'ai tout le temps de réfléchir à la suite des hostilités. Au final, il vaut mieux que je prévienne Celeste, que je la fasse venir pour qu'elle l'examine. Je n'ai aucune envie de l'emmener chez les flics, ma petite fille. Je veux lui épargner ça, je ne veux plus qu'elle souffre d'une quelconque manière ce soir. Et pour cela, il vaut bien mieux que ce soit une personne de confiance qui se charge d'elle. Mes doigts pianotent sur mon portable pour lui envoyer un message. Pour lui dire de venir au plus vite avec son kit, peu importe ce qu'elle emmène. Pour Eli, je sais qu'elle rappliquera en un rien de temps. J'espère juste qu'elle ne dort pas déjà.

Je me poste devant Eli, assis sur un fauteuil que j'ai rapproché du canapé après avoir envoyé Rodolphe faire un chocolat chaud et des cookies. Je la surveille, ma petite fille, ma petite Eli qui a présent est dans un tel état que ça me brise le coeur. Je pensais jamais la voir comme ça, aussi absente, aussi mal. C'est ma faute. C'est ma faute de l'avoir laissé faire, de ne pas avoir été assez présent pour elle. J'aurais peut-être pu éviter ça. J'aurais pu l'éviter si j'avais fait plus attention, si je l'avais empêché de sortir avec sa copine. Je soupire. Fais chier bordel. Comment est-ce qu'il a pu lui faire ça ? Ce sale gamin ? A quel moment dans sa tête il a pu se dire que c'était une bonne idée de tenter de la violer ? Un frisson me traverse, alors même qu'Eli se met à pleurer, que je vois ses larmes silencieuses rouler sur ses joues. J'ai envie de la prendre dans mes bras, de la réconforter et de lui dire que c'est fini, que je serais toujours là, que son papa sera toujours là pour elle. Mais je me retiens. Parce que je la connais, ma petite. Elle est comme moi, elle a cette fierté qui caractérise les Walker et qui l'empêche parfois de faire ce qu'il faudrait quand il le faudrait. Je sais qu'à cause de ça, elle me repoussera, que je dois attendre que ça vienne d'elle. Le temps de l'enfance s'est bel et bien envolé, alors qu'avant je pouvais encore avoir le dessus sur elle, j'ai l'impression que cette réalité s'estompe au fur et à mesure qu'elle grandit.

Puis elle fini par se redresser, les paupières me semblant bien lourdes alors qu'elle appuie sa tête contre le dossier du canapé. Elle m'invite de ses bras alors que je l'accueille d'un regard surpris, me laissant ensuite envahir par un puissant sentiment de soulagement tandis qu'elle me réclame une trêve. Je la rejoins dans le canapé sans attendre, la prenant dans mes bras en l'incitant à se laisser aller contre moi. J'embrasse ses cheveux, protecteur, comme une vieille habitude tenace. Ce qu'elle me dit fait s'inviter un léger sourire sur mes lèvres. Ce n'est pas à elle de penser à ce genre de choses. Elle, elle doit juste se reposer et laisser faire son père et sa tante. Je sais d'avance que je risque de graves ennuis avec ce que j'ai fais à Ethan, mais après tout, il n'y a rien qui ne s'achète pas n'est-ce pas ? Surtout dans ce genre de cas. Personne n'aurait envie de voir éclater un tel scandal dans la presse.

" Ne t'en fais pas pour ça. Je m'occupe de tout. Et.. Ta tante va bientôt arriver. Elle t'examinera. "

Je me laisse un peu aller auprès d'elle, la couvant d'amour et de tendresse en lui caressant distraitement les cheveux, comme si ça pouvait la soulager. Je sais que cette soirée ne s'effacera pas aussi facilement de sa mémoire, je sais que ça va être dur, mais il ne l'a pas touchée, il n'en a pas eu le temps et j'en suis tellement soulagé que le reste me parait un peu secondaire. J'espère que Celeste ne va pas tarder à arriver. Heureusement, Rodolphe revient vers nous avec son plateau où trône une montagne de cookies et une grande tasse de chocolat. Il a même ajouté une petite fleur. Sans doute pour la dérider un peu. Je lui souris, le remerciant silencieusement avant qu'il ne s'eclipse aussi rapidement.



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MessageSujet: Re: Tu peux nourrir le canard ?   Mer 13 Juin - 14:40


Tu peux nourrir le canard ?

Mordread, Elizabeth & Celeste

***

Lorsque mon téléphone clignote sous mon nez, je suis en train de me brosser les dents, me regardant sans grande conviction dans le reflet du miroir. Je commence à vieillir. Ou alors faut que je change de miroir. Intriguée par un message à cette heure-ci, je continue à me brosser machinalement les dents pendant que j’examine le contenu. Mordread ? Il doit s’ennuyer de moi. Déjà ? J’ai envie de sourire, mais la brosse à dents m’en empêche. J’ouvre le message. Je recrache brutalement tout ce que j’ai dans la bouche, aspergeant mon téléphone et le miroir au passage.. Eli ? Eli va mal ? Eli a besoin de faire des tests ? Mais des tests de quoi bon sang ?

Mon rythme cardiaque a fait un bon et mes doigts pianotent une réponse brève. Je laisse en plan ce que je fais, j’enfile rapidement un pantalon par-dessus ma nuisette, une veste prise au hasard, des ballerines et mes clefs de voiture. Je n’ai absolument rien à la maison pour des tests, je dois repasser par l’hôpital. Et vite. Une fois dans la voiture, j’essaie de me calmer, mais je suis déjà en train d’imaginer le pire. A cette heure-ci, des tests…. C’est très probablement une soirée qui a mal tourné. Mais mal tourné comment ? Oh mon dieu.. Eli…. Si je dois tuer quelqu’un pour toi, je le ferai. J’essaie de me ressaisir tant bien que mal alors que je vois que j’essaie d’enfoncer la clef de ma maison dans la serrure au lieu de celle de la voiture. Bordel.

Enfin je démarre, prenant rapidement le bras d’autoroute qui me mène à mon lieu de travail. Je me bénis que ça ne soit qu’à cinq minutes. Une fois sur place, je fonce vers la morgue pour récupérer ma mallette de tests, celle que j’utilise pour aller sur le terrain. Il y a tout ce qu’il faut dans celle-ci, et même de quoi faire une prise de sang. Elle est trop encombrante pour que je la trimballe dans mon coffre, mais ce soir, j’aurais aimé l’avoir déjà avec moi. Oh bon sang, je perds un temps précieux. Et il faut que j’attende d’être sur place pour savoir ce qui s’est passé ! La panique me gagne par intermittence, mon inquiétude pour Elizabeth grandissant, mais ma mission, pour son bien me ramène à la raison. Mes mains tremblantes accrochent fermement le volant tandis que je redémarre en direction du manoir, la précieuse mallette sur le siège d’à côté.

Je trace. Je pense m’être faite flasher même. Mais qu’importe, si la vie d’Eli est en jeu d’une quelconque manière, je me contrefous d’une amende pour excès de vitesse. Mais quelque chose me dit que si sa vie était vraiment en danger, Mordread ne serait pas assez con pour passer par moi avant de l’emmener à l’hôpital. Je me ronge la lèvre supérieure avec inquiétude, tellement fort qu’un goût de sang se répand sur ma langue. Merde. Peu importe. Eli et rien qu’Eli. Je bondis hors de ma voiture pour récupérer mon précieux bien, puis je me dirige vers la porte d’entrée qui s’ouvre comme par magie. Rodolphe a toujours été doué pour le timing, surtout dans des moments importants comme celui-ci.

Je me précipite à sa suite, serrant la mallette contre moi, comme une chose tangible qui m’empêche de craquer. Je suis trop inquiète, impatiente de comprendre, d’agir, de pouvoir arranger les choses peut-être. Lorsque je débarque enfin dans la pièce où se trouve Mordread et Elizabeth, c’est pour découvrir ma nièce en larmes, l’air hagard et son père entrain de la bercer. « Qu’est-ce qui s’est passé ? » Avant de pouvoir pratiquer des tests, j’ai besoin de connaître les circonstances. Mon regard inquiet passe de l’un à l’autre et mes prunelles se plante dans celle Mordread. « Elle n’a quand même pas été… » Je n’arrive pas à dire le mot. Je me précipite vers Eli, m’agenouillant devant elle, signant avec un sourire aussi tendre que possible.

Je suis là ma puce.

Après quoi je lui prend doucement la main, cherchant son pouls au niveau du poignet.
MademoizelleZ

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MessageSujet: Re: Tu peux nourrir le canard ?   Jeu 14 Juin - 2:51

Elle s'y enfonce dans ces bras, elle s'y perd avec soulagement. Sentiment de ne plus être une enfant et, en même temps, pas assez adulte. Plus assez petite pour être insouciante et protéger de la réalité des choses. Pas assez grande pour comprendre les dangers et s'en protéger. Et là, dans les bras de son père, elle n'a pas à se demander où elle doit se positionner. Elle est sa fille, c'est la seule chose qui compte, peu importe les incohérences qu'apportent cet âge ingrat entre deux moments de sa vie. Elle s'y accroche à son père, à cette présence qu'elle malmène ces derniers temps. Oui, elle s'y accroche parce qu'elle pourra faire et dire n'importe quoi qu'il sera toujours présent, qu'elle a besoin de lui même si elle ne sait plus comment lui dire. Pourtant elle s'inquiète, la petite fille dans les bras de son père. Elle ne peut pas s'empêcher de penser aux conséquences de cette soirée alors que, de toute évidence, elle aimerait ne pas avoir à y réfléchir. Elle voudrait pouvoir laisser ça derrière elle mais, elle en est incapable. Hors de question que son père risque le moindre problème parce qu'elle n'a pas su faire attention, parce qu'elle a cru qu'elle était trop jeune pour que quelque chose lui arrive.

La main de son père, dans ses cheveux, la berce. Pourquoi, déjà, elle refusait en bloc cette tendresse qu'il est capable d'avoir envers elle ? Pourquoi elle faisait tout pour le rejeter ? Ça lui semble tellement ridicule, à cet instant bien précis, toute cette guerre qu'elle mène contre lui ! Parce qu'il n'y a que lui pour la rassurer de cette manière, pour lui donner l'impression d'être dans un cocon la protégeant de tout. Parce qu'il n'y a que lui pour pouvoir l'apaiser sans avoir à prononcer un seul mot. Elle est désolée pour lui, pour tout ce qu'elle peut lui faire subir alors qu'elle sait très bien qu'elle recommencera. Rentrer en conflit avec son père c'est comme un besoin de vital, comme une façon de s'affranchir et de se découvrir en tant que personne indépendante. Le rejeter c'est pour mieux s'en affranchir et se découvrir en tant que personne, pas en tant que sa fille. C'est son identité qu'elle cherche dans les crises qu'elle lui fait.

Rodophe, il dépose un chocolat sur la table et Elizabeth tend la main pour attraper la fleur. Ça l'a fait sourire, au début en tout cas. Mais, quand elle la porte à sa narine pour en sentir l'odeur, son esprit la transporte dans un champ de fleur, dans l'herbe... Dans ce jardin. Tout son corps se crispe d'un coup et, ce qui était une jolie intention se transforme en cadeau piégé pour la ramener à cette soirée et à Ethan. Ses doigts se serre sur la fleur, pour s'empêcher de pleurer encore plus, avant de la laisser retomber sur le sol. Au moins, elle ne l'a plus en vue. Et, tout d'un coup, elle capte ce que lui a dit son père un peu plus tôt. Celeste va venir. Elizabeth se mord la lèvre inférieure, inquiète à l'idée de voir sa tante. Ethan, elle lui en parlé. Elle lui a dit qu'il y avait ce gars parfait, bien sous tous rapports qui lui plaisait et qu'elle voulait des conseils pour oser lui parler. Il ne faut pas lui dire, à sa tante, ce qui s'est passé. Et, en même temps, elle ne peut pas dire à son père de garder le secret, sinon il risquait d'en vouloir à Celeste d'avoir donner des conseils. Et voilà... Elizabeth panique, elle se remet à trembler comme une feuille.

Elle veut trouver une solution à ce casse-tête mais elle n'arrive plus à réfléchir. Puis, déjà, Celeste débarque. Elle est mal, la petite Eli, osant à peine lever les yeux sur cette nouvelle venue dans la maison. Y a sa main qui s'appuie sur le torse de son père pour se redresser, avec cette impression d'être aussi gracieuse qu'un escargot épileptique. Son regard se pose sur sa tante et son sourire qu'elle essaye de renvoyer sans réussir à être très convaincante.

Ça va, t'inquiète pas.

Mentir pour la rassurer. Mentir pour laisser entendre qu'elle aussi elle peut être forte, à l'image de cette tante qui a toujours été un modèle pour Elizabeth. Puis se taire pour la laisser prendre son pouls et, surtout, parce qu'elle n'est pas capable de dire autre chose pour tenter de la rassurer.  Un rythme cardiaque altéré par la drogue qu'on a mise dans son verre, Elizabeth tourne le regard vers son père alors que ses lèvres miment un « N'entre pas dans les détails, s'il te plait ». Ne donne surtout pas de prénom qu'elle a envie de hurler mais ça semblerait bien trop étrange pour tout le monde. Pour ce qui est des autres détails, sa chemise mal boutonnée, doit déjà être suffisamment inquiétante pour l'imagination de Celeste.

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MessageSujet: Re: Tu peux nourrir le canard ?   Ven 15 Juin - 11:35


 
         
Eli & Mordread

           

             
       
Tu peux nourrir le canard ?



         


Ma petite fille, je la berce encore et encore en la laissant se fondre dans mes bras. Elle pleure encore, mais j’ai l’impression que ça se calme au fur et à mesure des minutes qui s’écoulent, de ma main qui caresse ses cheveux dans un geste de réconfort protecteur. Je n’ose pas bouger, même lorsque ma poche vibre pour me signaler un message. C’est sans doute Celeste, je n’ai pas besoin de lire son message pour savoir qu’elle arrive. Ca me tire un petit soupir, pour le moment soulagé de ne pas devoir conduire Eli à l’hôpital. Avec les examens qu’elle fera, ce sera sans doute suffisant non ? C’est ce que je me force à me répéter alors que le temps passe et que le silence prends place tandis que le plateau arrive avec Rodolphe. Je l’observe prendre la fleur, ça me tire un léger sourire qui s’efface aussi vite lorsqu’elle la laisse tomber au sol. La tentative est vaine, pauvre Rodolphe qui pensait bien faire pour la petite Walker.

Heureusement, Celeste fini par arriver, par se jeter presque sur nous, armée de sa malette et de ses grands yeux inquiets. Je suis soulagé qu’elle soit là, lui offrant un léger sourire alors que nos regards se croisent. J’ai envie de lui laisser la place et en même temps, mon esprit me crie de ne pas le faire, de rester bien à ma place, juste au cas où, juste pour, être présent et pouvoir encore la serrer dans mes bras si elle en éprouve le besoin. La question de Celeste chasse la bribe de sourire que j’avais sur le visage, j’attends qu’Eli se relève en prenant appui sur moi avant de lui répondre. Je capte les mots de ma fille à mon encontre, j’en suis même désolé parce que non, Eli, je ne pourrais pas cacher les détails à ta tante. Parce que j’ai besoin de savoir. Je dois savoir si ce mec qui a essayé de te toucher, tu as chercher à ce qu’il te regarde, à obtenir ses faveurs alors qu’il est bien trop vieux pour toi, que tu ne devrais même pas déjà penser à ce genre de choses. Je dois savoir qui il est, si il fréquente la même école que toi et si tu risques de le croiser dans les couloirs ou si il est inutile que tu changes d’établissement scolaire. Ca m’enrage, me faisant grimacer rien qu’à y penser. Ou bien est-ce moi qui fait fausse route ? Qu’il est déjà temps pour les garçons ? Je soupire en regardant ma fille signer à sa tante qu’elle va bien, alors que j’attends qu’elle regarde ailleurs pour mimer quelques mots à Celeste. Nous en parlerons plus tard, lorsqu’elle aura fini ses examens, mais il faut qu’elle sache, un minimum.

« Elle a été droguée. Il n’a pas eu le temps de la toucher. »

Je suis attentif alors qu’Eli tangue encore, mes mains l’accompagnant dans son mouvement pour éviter qu’elle ne retombe de l’autre côté. Elle me semble si mal que j’ai envie de la soulager, de lui donner quelque chose pour qu’elle aille mieux, pour qu’elle oublie un peu, puisque le chocolat et les cookies n’ont pas eu l’effet espéré. J’enrage de mon impuissance, de ne pouvoir rien faire à par être là et regarder la scène qui se déroule devant mes yeux en faisant des signes à Celeste pour qu’elle comprenne que nous devrons parler après, lorsqu’elle aura fini les tests appropriés. Je passe encore une main dans les cheveux de ma fille en déglutissant, je ne peux pas m’empêcher de guider une mèche de cheveux derrière son oreille pour mieux voir son visage. Je m’en veux tellement, tellement que mon coeur se serre encore, que mes sentiments se mêlent entre eux et que je le sais, je suis à deux doigts d’exploser alors que j’affiche un calme olympien. Ce sera bientôt fini, elle pourrait bientôt aller dormir pour oublier tout ça.


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MessageSujet: Re: Tu peux nourrir le canard ?   Sam 16 Juin - 0:02


Tu peux nourrir le canard ?

Mordread, Elizabeth & Celeste

***

Ma petite Eli. Mon trésor. Tu me réponds que tu vas bien, mais je sais qu’il n’en ai rien. Pourtant je te répond d’un sourire bienveillant avant de regarder ton père, puis toi, de nouveau, qui lui dit quelque chose en faisant en sorte que je ne puisse pas comprendre. Ma chérie, dans une situation comme celle-ci, tu ne peux pas me cacher quoi que ce soit. Je repose mon regard sur Mordread qui pousse un soupir contraint et enfin, me répond. Les paroles que je lis sur ses lèvres me soulagent et m’horrifie à la fois. Il n’a pas eu le temps. Cet être infâme n’a pas eu le temps. Je fulmine. Je pense alors au GHB, c’est certainement ce qu’il a dû utiliser. C’est une drogue bien connue des violeurs. Rien que d’y penser, j’en ai des frissons d’horreur.

La mine fermée, je fouille dans ma mallette et j’en ressors un tube avec une languette dedans. Je l’ouvre et j’y verse le liquide d’un flacon révélateur. S’il ne se passe rien dans la minute, alors, il n’y a rien, si la languette devient jaune, c’est qu’il y a de l’alcool. « Si la languette devient orange, c’est qu’il y a drogue et….probablement alcool. » Préparant la languette devant Eli, je signe d’une main, l’invitant à ouvrir la bouche pour que je puisse récupérer sa salive. Une fois l’échantillon de salive récupéré. Je glisse la languette dans le tube de test. Je referme et je secoue. Tandis que j’attends le résultat je vois du coin de l’œil Mordread s’agiter, alors, je lève le regard vers lui. Il me fait signe qu’on devra parler. Lui et moi. Je hoche la tête affirmativement, mais j’avoue que ça me met mal à l’aise.

Le souvenir de ma discussion avec Eli lors d’une sortie récente me revient. Elle m’avait parlé d’une soirée, et d’un garçon. Mon cœur s’accélère. Mon dieu….est-ce que c’est ce Ethan le coupable ? Eli a dû être choquée… Oh mon dieu…. Et dire que je lui ai donné des conseils pour plaire à ce garçon, que je l’ai aidée à choisir sa tenue, cette même chemisette adorable qu’elle porte sur elle et qui est mal reboutonnée. Je déglutis difficilement. Je m’en veux terriblement de ne pas avoir été plus attentive, de ne pas avoir posé plus de questions….de ne pas m’être renseignée sur lui plus que ça. Je vais m’assurer qu’il paie pour ce qu’il a fait. La couleur orange de la languette me ramène à la réalité. Un regard à Mordread, j’ai cette expression qui veut dire que nos soupçons sont confirmés.

« Je vais devoir faire une prise de sang maintenant. Pour déterminer quelle drogue et en quelle quantité… » Je m’assure que Mordread est d’accord pour m’assister, au moins pour la tenir droite, puis je prépare ce qu’il me faut. Avant, je prends sa tension. Je note tout, pour établir un rapport médical complet. Enfin, je me replace de nouveau devant elle. Elle tangue ma pauvre chérie. Lui caressant la joue délicatement, je la rappelle à moi pour signer.

Ma puce, je vais devoir te prendre du sang pour un test. Ne t’en fais pas, ce sera rapide.


Je ne m’en fais pas d’ordinaire, Eli est une dure à cuire, les examens médicaux, elle en a l’habitude, mais, je ne sais pas si avec la drogues ses perceptions ont changé. Alors pour être sûre et la mettre en confiance, je la préviens. Une fois que tout est en place, je m’applique à lui prélever la quantité nécessaire à mes diverses analyses avant de remettre le tout dans la mallette. Enfin, je me tourne de nouveau vers Eli pour l’embrasser sur le front, puis je m’éloigne pour faire face à son père à qui je nettoie la main libre avec une lingette désinfectante. Puis l’autre. Elles étaient couvertes de sang séché. J’ai la satisfaction de savoir que le coupable s’est pris une raclée, même si j’ai honte de penser ça pour un enfant. C’est sans doute pour ça que je nettoie les mains de Mordread. Ce n’est pas une excuse pour un contact.

« J’ai besoin de retourner à l’hôpital pour analyser le sang. Ça peut prendre quelques heures…. Si c’est bien du GHB, d’ici quatre heures maximum, elle ira mieux et pourra dormir. Il faut juste la surveiller au cas où il y aurait une complication… Je resterai bien sûr joignable. » Je fais une pause, je le regarde inquiète, puis, je demande de nouveau. « Tu voulais me parler ? » Je redoute ses reproches. Il sait peut-être que je l’ai encouragée à tout ça. Même si je ne savais pas que ça pouvait tourner comme ça. J’ai été trop négligente. J’ai une boule dans la gorge mais je suis prête à encaisser les reproches. Ça a failli coûter l’innocence de notre chère Elizabeth. Je ne sais pas, par quel miracle, Mordread a réussi à intervenir à temps. Mais c’est une chance. « Merci d’avoir été là à temps. »
MademoizelleZ

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