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 Parfois, il faut mettre la main à la patte.

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soldat

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INSCRIT DEPUIS LE : 20/11/2016
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MessageSujet: Parfois, il faut mettre la main à la patte.   Lun 23 Juil - 18:45




Parfois, il faut mettre la main à la patte.


D'aussi loin qu'il s'en souvienne, Oliver avait toujours été une personne particulièrement studieuse, avec une soif de savoir intarissable. Il faut dire aussi que pour lui, apprendre n'importe quoi est un jeu d'enfant. Loin d'être surdoué, il ne manquait pourtant pas de facilités. Il aurait pu faire n'importe quel métier, toutes les carrières étaient à sa portée, mais c'était celle de vétérinaire qu'il avait embrassé quelques années auparavant. Lorsqu'il était arrivé à Manchester, soit disant pour se perfectionner, il n'en avait guère besoin. Toutefois, il avait jouer le jeu auprès de Kaylee, et avait scrupuleusement suivi chacun de ses conseils, comme un apprenti bête et dicipliné.A plusieurs reprises il avait eu envie de lui dire qu'il ferait telle ou telle chose plutôt comme ça, ou comme ça, mais n'en avait rien fait. Il bossait dans sa clinique, et n'avait pas envie de passer pour quelqu'un de prétentieux, d'autant plus qu'il ne l'était pas. Cependant, il profitait parfois de son statut de gardien, la nuit, pour lui glisser quelques suggestions afin d'améliorer ses finances et ses profits, pour dynamiser la clinique. Ainsi, plusieurs fois, ce fut ses idées à lui qu'elle mit en application, tout en pensant que ça venait d'elle. Il avait beau être quelqu'un d'assez fier, avec une certaine attirance pour la reconnaissance, il trouvait ça plus sympa de la laisser profiter de ses conseils, d'être en retrait pour n'être plus que seulement un rouage de cette machinerie. D'ailleurs, ce stratagème là, il l'avait encore utiliser pas plus tard que le mois dernier. Il ne voyait pas ça comme de la manipulation, mais plutôt comme un coup de pouce. Ce n'était pas comme s'il était de mauvais conseil..!

Il y avait un séminaire pour les vétérinaires du pays auquel Ollie avait vraiment envie de se rendre. Persuadé que cela serait tout aussi bénéfique pour sa collègue, il lui en avait touché deux mots. L'idée ne l'avait vraiment pas emballée. Il n'y avait que lui pour aimer entendre parler de travail des heures et des heures ? Il aurait pu accepter cette décision, et y aller seul, mais il n'en resta pas là. Kaylee était excellente dans son domaine, il n'avait rien à redire, mais prendre connaissance des nouveautés ne pouvait pas lui faire de mal non plus. Et puis, il aimait bien sa compagnie. Elle était le grain de folie qu'il lui manquait parfois peut-être. Et pour être honnête, depuis le temps qu'ils travaillaient ensemble, non seulement Oliver la concidérait comme une amie, mais aussi comme une deuxième soeur. Ou plutôt comme une cousine. Vous savez, cette cousine un peu tarée qui vous fait parfois un peu honte, mais que vous aimez tout de même beaucoup? Il lui glissa alors à plusieurs reprises cette idée de séminaire, suffisamment la journée pour qu'elle en rêve aussi la nuit, jusqu'à ce qu'elle en vienne à penser que ça n'était peut-être pas une si mauvaise idée. Un sourire victorieux s'était glissé sur son visage lorsqu'elle lui annonça de vive voix qu'elle était de la partie.

Le séminaire débutant en début d'après midi, il avait compté entre 4h30 et 5 heures de route jusqu'à Londres. Ils auraient pu y aller en avion, mais les vols affichaient complets depuis plusieurs jours déjà. Ollie proposa à son amie de faire la route en voiture. Certes, il avait fait un accident une fois, mais ça n'était pas de sa faute ! Il passa donc la réccupérer chez elle vers 8 heures. Pour tout dire, il était garé depuis une bonne demie heure déjà. Plus que ponctuel, Ollie arrivait toujours en avance. Ca lui laissait le temps de vider ses deux cafés, tout en surveillant que la demoiselle était bien réveillée de l'autre côté des rideaux. A huit heure pétantes, il lui envoya un sms pour la prévenir qu'il allait bientôt arrivé, ayant redémarré un coup pour retourner prendre des boissons chaudes pour la route, dont une qu'il lui offrit avec un grand sourire lorsqu'elle prit place sur le siège à ses côtés. " Bien dormi? Y'a des bagels sur la banquette arrière, si tu as faim." proposa-t-il, mettant le cap sur Londres. Il avait hésité avec des donuts, mais un gâteau avec autant de glaçage était un pari risqué pour son siège entre les mains maladroites de Kaylee. Nettoyer des miettes seraient bien moins compliqué que du sucre et des vermicelles fondus partout...

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MessageSujet: Re: Parfois, il faut mettre la main à la patte.   Lun 23 Juil - 19:56



   
Parfois, il faut mettre la main à la patte
Ollie & Kaylee

C'est avec un gros soupir que je referme la porte arrière de la voiture d'Oliver, juste après avoir balourdé mon sac de voyage sur la banquette. Je ne comprends toujours pas ce qu'il m'a pris d'accepter de me rendre à ce séminaire. Entre le temps de trajet rébarbatif, les sujets d'étude soporifiques et les vieux pervers qui ont l'habitude de se trouver à ce genre de réunion … j'ai comme l'impression d'avoir été bernée. Mais de quoi au juste ? C'est moi qui suis allée trouver Ollie pour lui dire que je venais finalement. C'est complètement idiot. Bougon malgré tout, je me laisse tomber sur le siège passager à côté de mon ami et collègue. Le café qu'il agite alors sous mon nez a le mérite de m'arracher un sourire en même temps que de me détendre un peu. Toujours aussi prévoyant !

- Oh bon sang, lâché-je en rejetant mon crâne contre l'appui-tête. Tu sais vraiment comment parler aux femmes toi.

Oliver a seulement le temps de décoincer le frein à main, mais pas vraiment celui d'atteindre le coin de la rue, que je me suis déjà tortillée jusqu'à atteindre la sainte boîte de bagels à l'arrière du véhicule.  

*

Je ne dirais pas que mon collègue est un homme ennuyeux. Ni même que le temps passe horriblement lentement en sa présence. En revanche, cinq heures de voyage, même aux côtés d'Ollie ça paraît tout bonnement interminable. J'ai renoncé à l'idée de me trémousser au gré des musiques de la radio lorsque mon coude est partie cogner beaucoup trop fort contre la portière de la voiture.  Avachie sur mon siège depuis deux bonnes heures à présent, je gigote pour tenter d'attacher mes cheveux en une queue de cheval. Mes doigts s'attardent sur ma nuque brûlante. Il fait chaud. Dehors, mes yeux suivent le paysage vert mais désertique qui défile inlassablement. Nous sommes plus ou moins perdus au milieu de nulle part, entre Londres et Manchester. Je me hisse et lève le nez vers la fenêtre, savourant l'air frais fouettant mon visage, un peu de la même manière qu'un chien sortant une langue baveuse dans le vent.

- On devrait peut-être penser à faire une pause, tu ne crois pas ?

Je tourne la tête vers mon ami, quêtant sa réaction. Oliver est désigné tête pensante pour tout le déroulement de ce séminaire. Conducteur et guide touristique, je compte énormément sur lui pour me ramener jusqu'à nos chambres d’hôtel après chaque cours dispensé par nos vieux collègues chiant à en crever. Alors pour le coup, c'est aussi lui qui décide pour les arrêts pipi. Le problème c'est que nous sommes vraiment en pleine campagne, sans réel endroit prévu pour se garer.

- Au fait, n'hésite pas à me le dire si tu veux que je prenne un peu le volant. Je sais que ton bras est très bien remis de ton accident, mais je ne voudrais pas que tu for... ATTENTION !

Je bondis sur place et plante mes ongles dans le panneau de bord. Il me semble qu'Ollie donne un coup de volant. En tout cas je sens clairement la voiture se déporter vivement sur la droite, au même titre que ma cervelle dans ma boîte crânienne, rouler dans la terre et les caillasses en bord de route, avant de freiner dans un crissement de pneus. Crispée de haut en bas, je regarde du même air ahuri que mon collègue le jeune daim suicidaire quitter tranquillement la chaussée pour rejoindre le taillis qui borde le chemin. Oh seigneur. Un peu plus et on percutait bambi comme une auto-tamponneuse. Je glisse des doigts tremblants sur mon front. Sérieux, mourir en se rendant à un colloque, c'est vraiment naze.

- T-tu vas bien Ollie ?

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MessageSujet: Re: Parfois, il faut mettre la main à la patte.   Lun 23 Juil - 21:15


 
 

 
Parfois, il faut mettre la main à la patte.

 

 
Ollie savait faire la conversation, mais au bout d'un moment, celle-ci se tari, indéniablement. Malgré toute la bonde volonté de sa passagère, qui s'était pourtant ambiancé sur la musique un sacré moment, entrainant le conducteur à chanter avec elle, même lorsque les ondes de la radios étaient brouillées.  Il l'avait même invité à prolonger sa nuit, si elle en avait envie. Le "silence", honnêtement? Ca ne le dérangeait pas. De base pas forcément très bavard, rouler avec la musique en bruit de fond ne lui posait vraiment pas de problème. Il était suffisamment à l'aise avec sa collègue pour que les silences ne soient pas lourds. Pourtant, il sentait bien que quelque chose chiffonnait Kaylee, qui se tortillait sans cesse sur son siège, comme une gamine luttant contre l'ennui. Elle avait pourtant engloutie les bagels avant même de quitter Manchester, elle ne pouvait pas encore avoir faim, si? Peut-être avait-elle trop chaud? Il augmenta la climatisation dans sa direction, avant de rouler des yeux en la voyant ouvrir la fenêtre, la coupant alors. Il avait l'impression d'être en voiture avec sa sœur, toujours impatiente. Si Kaylee lui demandait s'ils arrivaient bientôt, ou qu'elle avait oublié son doudou, il jurait devant dieu qu'il la laissait sur le bas côté.

- On devrait peut-être penser à faire une pause, tu ne crois pas ? demanda alors sa passagère. Il regarda l'heure. Ça faisait maintenant un peu plus de deux heures qu'ils roulaient, pourtant, il se sentait encore d'attaque à une centaine de kilomètres supplémentaires. " Personnellement, ça va. J'ai fait trois micro siestes depuis qu'on est parti alors je me sens bien." plaisanta-t-il, en regardant déjà où ils pourraient s'arrêter sans gêner personne. A peu près partout, en faite. Le chemin qu'il avait prit était tellement désertique, en plein milieu de nulle-part, qu'à un moment donné, Oliver avait discrètement vérifié s'il était bien toujours sur la bonne route. L'agitation de Kaylee prenait sens avec cette demande. Sans doute avait-elle envie d'aller faire pipi? Ceci dit, a moins de trouver une station quelque part, elle risquait de devoir faire ça en pleine nature. Mais maintenant qu'il y pensait, ses trois cafés de ce matin commencèrent à se manifester. " On s'arrête à la prochaine station, promis." prévint-il alors. Il pourrait reprendre un truc à grignoter à la jeune femme, histoire qu'elle tienne sur son siège le reste du trajet.

"ATTENTION !"

Merci seigneur d'avoir inventé la caféine. pensa Ollie, reconnaissant auprès de ses réflexes d'avoir été si réactifs, ayant du mal à réaliser ce qui venait de se passer. Finalement, il remarqua ce fichu daim disparaitre dans les champs après avoir manqué de tous les tuer. "Bon sang! Si tu croises un petit animal, c'est bien plus dangereux de l'éviter ! Et si c'est un gros, tu freines Oliver ! Mais pas ça !" La voix de son père, l'engueulant alors qu'il venait d'expédier la voiture dans le poteau du voisin pour éviter un hérisson résonnait dans sa tête. Quoi, il aurait dû écraser cette pauvre bestiole et aujourd'hui, manquer d'exploser l'arrière train de cet animal et le laisser à l'agonie quelque part juste pour rester sur la route? Hors de question. Retrouvant ses esprits, et se souvenant surtout qu'il avait une passagère à côté de lui en l'entendant parler, il coupa le moteur. De toute façon, plus sur la chaussée que ça, tu meurs. L'expression n'est peut-être pas la mieux choisie, je vous l'accorde. " Ouais-ouais, ça va, ça va. Et toi ? Tu n'as rien? Ca va ? Je suis désolé, il a vraiment surgit de nulle part... se confondit-il en excuse, lisant encore parfaitement la frayeur sur le visage de sa collègue, s'assurant qu'elle ne s'était ni cognée la tête ni autre chose. Il se dédouanait toutefois de tout bobo au coude, connaissant la raison de celui-ci.  Il mit les warning, et souffla un instant. Plus de peur que de mal. Repensant à la probable envie de la jeune femme de se soulager, il glissa un regard moqueur vers elle et tenta de faire retomber la pression en lui disant "J'espère que ton besoin de pause est toujours d'actu?" avant de sortir de son véhicule pour prendre l'air. Il n'avait pas taper le daim, n'est-ce pas? Ca n'était pas tant pour sa voiture qu'il se faisait du soucis, mais pour l'animal. Mais, vue la façon avec laquelle il avait sautillé pour s'éloigner, ça devait aller. Emma allait vraiment lui interdire de reprendre sa voiture s'il lui racontait ça. S'étirant pour détendre son corps, surtout après ce coup de stress, il fit quelques pas pour se dégourdir les jambes. Il n'eut pas le temps d'en faire deux que son pied se prit dans quelque chose, qui s'accrocha à son pantalon. Son regard se glissa sur l'objet en question, qui glissa ensuite le long de ce morceau de ferraille rouillé, jusqu'à mené tout droit à sa roue. Merdemerdemerdemerdemerde ! "MERDE!" finit-il par cracher en réalisant que son pneu était complètement éventré. Y foutre un coup de pied n'arrangeait pas la situation, mais ça avait le mérite de soulager. Qu'est ce que cette merde foutait ici? La poisse de Kaylee était contagieuse ou quoi ? Rien. Rien à des kilomètres à la ronde. Rien du tout. Et le seul endroit qui était prit pour un dépotoir d'ancien matériel agricole était pile l’endroit sur lequel il avait été contraint de s'arrêter? " Fais attention où tu mets les pieds..." l'avertit-il toutefois, comme immaculé de cette récente rage, pour éviter d'avoir en plus d'une roue à changer, une hémorragie à stopper. Une roue? Naif qu'il était. Ollie n'avait pas encore vu le reste des dommages pour penser ça...  

 
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MessageSujet: Re: Parfois, il faut mettre la main à la patte.   Mar 24 Juil - 16:10



   
Parfois, il faut mettre la main à la patte
Ollie & Kaylee

Je souffle et me laisse retomber au creux du siège. La frayeur est passée. Je hoche la tête pour répondre à la question d'Oliver. Nous avons visiblement évité le pire. Je laisse mon ami sortir en premier de la voiture. Bien sûr que je meurs d'envie de sortir de là. Mais j'ai encore les genoux qui tremblent. Je crois que j'ai plus balisé pour cette biche égarée au milieu de la route que pour cette fois où j'ai renversé un aveugle sur un passage piéton. Incompréhensible.

Prenant à présent une grande inspiration, j'ouvre la portière et balance mes jambes dans le vide pour sortir de l'habitacle. Mes baskets atterrissent dans l'herbe sauvage et mes poumons se galvanisent de l'air frais qui me remet les idées en place. Enfin. Qui aurait pu me remettre les idées en place. À l'instant où je touche terre, une sensation étrange se manifeste sous ma semelle, accompagnée d'un « sploush » assez caractéristique et … répugnant. Mes sourcils se froncent et ma bouche s'ouvre en une mine horrifiée alors que je constate que je viens de sauter, à pieds joints, dans la seule merde de vache présente dans les cinq kilomètres alentours.

- C'est pas vrai …

Je rouspète tout bas et m'agite pour essayer de chasser les traces brunâtres de ma chaussure. Si Ollie voit ça, il va m'interdire de monter dans sa voiture. Déjà parce que c'est vraiment dégoûtant. Et ensuite parce que l'odeur qui l’accompagne est juste monstrueuse. Je sursaute et rentre la tête dans les épaules lorsque j'entends mon collègue crier. Quoi « merde » ? Comment a-t-il fait pour être déjà au courant de ma dernière bourde ? Oliver est de l'autre côté de la voiture, c'est impossible !

En l'entendant s'énerver contre quelque chose à l'arrière du véhicule, je sautille entre les herbes hautes pour le rejoindre. L'éclat de colère du vétérinaire semble déjà s'être dissipé lorsque je le rejoins.

- Fais attention où tu mets les pieds...
- Ah euh … oui … justement …

Je me racle la gorge et frotte discrètement mon pied contre une touffe de verdure. Je tiens beaucoup à ces chaussures. Ça me trouerait le cœur qu'il me demande de les abandonner sur le bord de la route si je veux arriver à destination un jour.

- C'est quoi ça ? Du fil barbelé ?

Je repousse précautionneusement un truc rouillé et probablement infesté d'une bonne centaine de maladies. Mes yeux croisent alors ceux d'Ollie, et je me fige. Il a l'air tellement dépité que je crains un instant qu'il me parle de suicide.

- Tout va b... Mais … ! Qu'est-ce qui est arrivé au pneu ?!

Mes deux paumes viennent se calquer contre ma bouche. C'est quoi ce merdier ? On dirait que la voiture est passée sur un piège de clous oublié là depuis la seconde guerre mondiale ! Si mon collègue me dit qu'il y a un tas de vieilles grenades abandonnées juste là, je crois que je vais défaillir.

- Il faudrait peut-être appeler un dépanneur ou …

Je me suis déjà emparée de mon téléphone portable pour constater la minuscule barre de réseau qui bataille courageusement pour rester visible sur l'écran de l'appareil. Mes bras retombent le long de mon corps. Mince, je crois que c'est plutôt moi qui vais avoir des idées morbides. Ma main part s'écraser en travers de mon visage.

- Dis moi que tu sais changer une roue. Je ne veux pas qu'on reste ici jusqu'à la fin des temps, à sucer des cailloux pour survire ...

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MessageSujet: Re: Parfois, il faut mettre la main à la patte.   Dim 29 Juil - 22:52


 
 

 
Parfois, il faut mettre la main à la patte.

 

 
Plus Oliver regardait cette voiture et plus la situation le désespérait. Il n'avait même pas envie de vérifier sur sa montre l'heure qu'il était, parce quand bien même réparerait-il cette roue, ils allaient forcément être en retard. C'était peut-être même cela qui lui pompait le plus l'air. Peut-être ne s'était-il jamais défait de l'éducation Rosebury, où il se devait d'être irréprochable, avec de bonnes manières, et le fait d'être ponctuel était un point très sérieux pour eux... ou peut-être juste pour lui. Il n'était pas anglais pour rien. Qu'allaient-ils manquer du séminaire? Probablement qu'une introduction, sinon quelques banalités tout au plus. Il se sentait mal vis à vis de Kaylee, elle qui avait finalement éprouver de l’intérêt pour ce rendez-vous de tous les professionnels... Mais était-ce vraiment de sa faute? Il n'avait jamais demandé à cette biche de traverser la route ni même à tous ces pécores d'abandonner leur matos ici ! Ah, elle était belle l'écologie! Il avait assez travailler avec les chevaux pour savoir que tout ce tas de ferrailles n'était en aucun cas biodégradable. D'ailleurs, il ne fallait pas être bien intelligent pour le savoir... Le regard de Ollie fut attiré par le mouvement du pied de sa passagère, frottant une touffe d'herbe pour nettoyer sa semelle recouverte de bouse de vache. Il ne fit aucun commentaire. A vrai dire, même s'il avait voulu râler encore plus, il n'aurait pas pu. Humainement incapable de péter un câble de tout les côtés, Oliver positionnait inconsciemment chaque problème dans une pyramide de détresse et en l’occurrence, la semelle crotteuse de Kaylee figurait tout en bas, dépassée de loin par ce soucis de pneu crevé. Ne pas faire de commentaire ne signifiait pas pour autant qu'il n'en prenait pas compte, ou pire, qu'il allait oublier.

Sa collègue constata alors à son tour l'ampleur des dégâts, dans une réaction des plus comiques. Sauf qu'actuellement, rien ne pouvait décrocher un sourire au vétérinaire. " Un pneu ? Quel pneu? Je ne vois pas de pneu mais qu'un gros problème..." répondit-il, dépité, sans prendre le soin d'atténuer la gravité des dégâts. Elle suggéra d'appeler un dépanneur. Oui, peut-être que c'était la meilleure solution... Levant les yeux pour regarder les champs autour d'eux, il ne misait pas gros sur la probabilité d'avoir une couverture téléphonique ici. Le mince espoir qui résidait en lui s'évapora en voyant la mine de Kaylee, son téléphone en main. Elle n'avait même pas besoin de le lui annoncer pour qu'il comprenne que cette idée tombait à l'eau, son visage étant beaucoup trop expressif pour ne pas parler de lui même. Super... Il comprit qu'il allait devoir s'y coller lorsqu'elle lui demanda s'il savait y faire. De toute façon, il n'aurait pas laissé la jeune femme s'en charger. Ca n'était pas aux dames de faire ce genre de chose. Non pas qu'il la jugeait incapable, mais tout de même... Retroussant les manches de sa chemise en les repliant progressivement sur ses avant-bras, il décrocha toutefois un mince sourire face à la réflexion de Kaylee, quant au fait de sucer des cailloux pour survivre. "Non ça serait dommage, j'essaie justement d'arrêter." répliqua-t-il sur un ton humoristique, tentant de dédramatiser la situation. Après tout, ça n'était qu'une roue ? Le monde ne s'arrêtait pas de tourner pour autant, non? Ollie ouvrit le coffre pour sortir la roue de secours et le cric qui allait avec, ainsi que quelques outils dans une boite, tout en racontant :  " Ceci dit, tu sais qu'au Moyen-Orient et en Afrique, il y a justement une pierre qui s'appelle le Kaolin ? C'est une sorte d'argile blanche et friable, composée principalement de kaolinite. C'est traditionnellement consommé par des femmes enceintes, probablement à cause de carences en zinc ou en calcium." Sans trop s'en rendre compte, il venait de faire ce que son frère et sa soeur appelait typiquement  : faire du Oliver, à bombarder sa science. 'Arrête de faire ton Oliver' sonnait parfois entre eux comme une insulte lorsqu'ils étaient plus jeune et que quelqu'un disait quelque chose d'intelligent. Essayant donc de rebondir sur cette facette de sa personnalité, il referma le coffre et dit à la brune : " Mais aux vues de ce sur quoi tu as marché, je pense  que les vaches de la région n'en sont pas vraiment friandes, ou qu'il n'y en a pas beaucoup ici..." Ca avait l'air drôle, à en croire ses petites yeux pleins de malices et le ton de sa voix. Pourtant, sa blague n'avait pas l'air d'avoir prit comme espéré, il ajouta alors quelques explications, dans un raclement de gorge : " C'est utilisé comme un  antidiarrhéique..."  Quand une blague tombait à l'eau, fallait-il vraiment l'expliquer? Parfois, Ollie se sentait un peu comme Sheldon, dans The Big Bang Theory, incompris... Lui, aurait rit. Enfin bref.


S'accroupissant vers la roue, il desserra les vis tout autour,se tuant presque les bras à y mettre autant de force, avant de placer le cric pour surélever l'auto. Si on lui avait dit qu'il devrait faire de la mécanique ce matin... Il regrettait presque un instant de ne pas être le type d'homme à découcher et ainsi donc à avoir des rechanges quelque part dans le coffre. Il allait s'en foutre partout, ses mains étaient déjà noires. Il démonta la roue non sans quelques coups de pied,  et dégagea le dessous de la voiture de tout ce barbelé,, pour ne pas abimer le futur pneu. Sa main s'éloigna vite du tas de métal lorsqu'un picot rencontra sa paume, venant se cogner contre le véhicule, ce geste de recul accompagné d'un juron. Génial, sa main était une hymne à Standhal à elle seule.. En rouge et noir... "Tu peux me donner le torchon dans ta portière?" demanda-t-il à son assistante du jour, pour empêcher la petite plaie de couler plus. Ca n'était pas bien profond, mais il était plutôt content d'avoir tous ses vaccins à jour... Il récupéra le tissus, assurant à Kaylee que ce n'était rien. Il avait du gel hydroalcoolique dans la voiture, il se nettoierait les mains avec, tant pis pour les picotis. Sortant le reste de fil barbelé de sous la voiture, en faisant un peu plus attention ce coup-ci, il lui demanda à nouveau " Tu peux le dégager un peu plus loin s'il te plait? Et fais attention..." avertit-il, en toute connaissance de cause, pour s'occuper de remettre la roue neuve ensuite. Il n'avait pas perdu tant de temps que cela en fin de compte. Il arriverait peut-être à l'heure. N'entendant pas le barbelé glisser sur le sol, il pencha sa tête sur le côté, alors qu'il resserrant déjà les écrous. " Kaylee?"

 
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