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 Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee

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MessageSujet: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Jeu 28 Aoû - 20:38

Kaylee & Aiden : Les fins heureuses sont des histoires inachevées.

Dire que j'étais perdu, était un véritable euphémisme. C'était tellement plus que ça en fait. Tellement pire. Tellement plus compliqué. Je ne savais même plus pourquoi j'étais venu m'enterrer dans cette ville ci. Enfin si, je le savais. Je le savais même bien trop à mon goût. Le fait est que j'espérais un coup de main de la part de Kaylee. Ce qui, autant le dire clairement, était vraiment culotté de ma part. De quel droit, au juste, me permettais-je de faire une apparition aussi soudaine dans sa vie, en sachant ce que j'avais fais ? Soit, je ne lui avais pas directement fais du mal. J'avais agis comme le dernier des enfoirés, soit. Mais jamais je ne l'aurais volontairement blessée. Je ne l'aimais que trop à cette époque où je ne jurais vraiment que par elle, tout le temps. Une chose dont certaines personnes se moquaient d'ailleurs. Comment pouvait-on être à ce point éprit d'une personne, à tout juste dix sept ans ? Peu m'importait de toute façon, leurs avis. J'étais amoureux. Du genre amoureux fou. Et tout ce qui avait de l'importance pour moi, se tenait dans ce joli brin de femme qu'était alors Kaylee. Ma petite amie de l'époque. Et la seule à avoir réellement compté.

Même dix ans plus tard, je ne pouvais la chasser complètement de mon esprit. Comment oublier tout ce que j'avais pu ressentir et tout ce que nous avions vécu ensemble ? Quand bien même j'étais certain du fait que de son côté elle était passée à autre chose depuis bien longtemps, c'était quand même chez elle que j'étais en train de me rendre. Dans le genre idiot et irréfléchis, on ne pouvait décemment pas trouver mieux. Si je n'étais pas parvenu à la détruire dix ans plus tôt par mes conneries, peut-être que cette fois serait le coup de trop. La goutte d'eau qui ferait déborder le vase. Ou alors elle était devenue suffisamment forte pour parvenir à m'envoyer balader dans les règles de l'art. Ce que je mériterais amplement et je n'aurais dès lors qu'à hocher positivement de la tête et lui tourner le dos pour m'en aller illico presto. Et encore. Ca, c'était dans l'hypothèse où c'était elle qui m'ouvrait la porte. Je n'avais pas encore envisagé la scène où c'était son époux ou son petit ami, qui ouvrait. Et si c'était un mioche, même !?  Je demanderais à ce qu'ils fassent comme si je n'étais jamais passé, sans doute.

Mais je me posais beaucoup trop de questions pour l'heure. Je venais à peine d'arrêter mes pas devant la porte sur laquelle était indiqué son nom. Le sien. Pas celui d'un éventuel époux. Je ne me sentais pas pour autant mieux dans mes baskets. D'autant plus que mon apparence laissait à désirer. Pas que j'étais totalement négligé non plus. Mais amaigris, les yeux cernés et vide de toute joie de vivre, et le teint pâle. Autant dire que je n'avais plus grand chose de l'adolescent joyeux et plein de vie que j'avais jadis été. Si avec ça elle ne hurlait pas au revenant ... J'appuyai sur le bouton de la sonnette avant d'avoir eus le temps de changer d'avis. Quoi que. Je changeai bel et bien d'avis, avant même d'entendre des pas de l'autre côté de la porte. J'eus tout juste le temps de pivoter et amorcer un geste pour m'éloigner, que la porte s'ouvrait dans mon dos. Je m'arrêtai sec, sur place, parfaitement immobile. Et demeurai dans cette position pendant un petit moment. Trop tard. Je ne pouvais pas fuir comme ça. Sans au moins faire un petit "hey salut, je viens de sortir de prison après avoir tué un type. Et toi quoi de neuf ?". Non. Ridicule. Finalement je me tournai à demi vers elle, perpendiculaire à sa porte. Comme si je continuais d'hésiter entre lui parler et prendre la fuite. Et à vrai dire, c'était le cas. J'hésitais toujours. « Kaylee... » Ce fut la seule chose qui parvint à s'échapper de mes lèvres asséchées. Et ce, d'une voix quelque peu enrouée. Mais ça, juste un chat dans la gorge. Rien de bien important.

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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Ven 29 Aoû - 13:41

Aiden & Kaylee
Les fins heureuses sont des histoires inachevées.

En ouvrant la porte ce matin, ma curiosité piquée à vif s'était attendue à bien des choses. Un livreur de pizza s'étant trompé d'adresse. Mon odieux voisin qui venait une fois encore pester et cracher son venin sur mon paillasson. Une visite surprise de Liam peut-être, même s'il aurait dû être occupé au refuge aujourd'hui. Ou peut-être bien un groupe des témoins de Jéhovah. C'est vrai je me préparais à peu près à tout, car pour tout dire je n'attendais personne. Surtout en ce jour particulier où j'avais entrepris de ranger l'énorme foutoir que constituait ma maison, et pire encore … de nettoyer le terrarium de ma torture-colocataire, actuellement occupée à se promener sur la table du salon.

Enfin, ça ne m'avait pas empêché d'amorcer un petit sourire accueillant en abaissant la poignée de l'entrée, et ce quelle que soit l'identité de mon visiteur. Mais il ne mit pas longtemps à s'effacer, mon sourire. Je dirais même qu'il se volatilisa à l'instant où mon regard accrocha une tignasse brune surplombant un éclat azur. C'est-à-dire au moment précis où l'impression que le sol se dérobait sous mes pieds me saisit. Oh Seigneur. Le contour de ce visage, la couleur de ces yeux, la courbure de ces lèvres … Tout ceci m'était si familier, mais pourtant si lointain. Ça ne pouvait pas être possible ... Soudain l'air me manqua cruellement. Je restai bouche bée, yeux écarquillés et incapable d'émettre le moindre mouvement. Même celui de refermer la porte comme si je n'avais rien vu. Mon cœur aussi figé que le sang dans mes veines, tout comme le reste entier de mon être. Quelqu'un passant par là aurait juré à mon expression que je venais de voir un fantôme. Et c'était bien le cas. C'était un fantôme d'une histoire passée qui venait de surgir sur le pas de ma porte d'entré. Mon fantôme. Une foule de souvenirs déferla dans ma tête, comme si le simple fait de croiser à nouveau ce regard si intense avait permis d'ouvrir un robinet que je gardais pourtant rudement verrouillé. Je ne parvins pas à me détacher de ce bleu si particulier, alors que je revoyais en accéléré toutes ces choses qui me rattachaient à lui. Les premières injures échangées dans les couloirs d'un lycée oublié, les premiers éclats de rire, les soirées passées dans le secret de ma chambre, les heures de cours séchées, le regard inquisiteur de mes parents. Les moments maladroits échangés sous une couette. Mes joues auraient dû rosir à cette pensée, mais mon visage restait sans aucun doute encore blafard à cause du choc. Un contact insistant contre le côté droit de ma jambe me ramena brutalement sur terre. Je baissai le nez, un peu perdue, pour constater qu'il s'agissait de ma chienne essayant de se frayer un passage vers la liberté avec son museau humide. Je fronçai les sourcils, comme si cette vision qui me liait à ma vie actuelle me semblait irréel. Est-ce que j'étais en train de rêver tout ça ? Après tant d'années ? Est-ce que j'avais imaginé qu'il se trouvait ici ? Je relevai les yeux, fébrile à l'idée de découvrir que mon visiteur ait disparu. Mais non. Il était toujours là. A guetter ma réaction. Il devait certainement avoir deviné ce qui se passait dans ma tête, et semblait se demander encore si c'était une bonne ou une mauvaise chose d'avoir provoqué ça.

- Ai... den ? Articulais-je enfin dans un souffle, presque incertaine quant à la prononciation de ce nom qui n'avait plus marqué ma langue depuis bien longtemps.

Mes lèvres tressaillirent alors que je me retenais de peu de lui demander si c'était bien lui. Bien sur que c'était lui. C'était simplement mon subconscient qui ne voulait pas y croire, parce que même mon corps avait vibré lorsque le timbre de sa voix s'était fait entendre. Tout en moi l'avait reconnu à l'instant même où j'avais ouvert cette foutue porte. Et maintenant ? Qu'est-ce que j'étais sensée faire ? Je n'étais même pas sûre d'être heureuse de le revoir ou non ... Je pris une grande inspiration pour me donner un peu de courage, ce qui paraissait me faire sévèrement défaut en cette heure, et déglutis dans l'espoir de soulager ma gorge aride. Je remarquai alors que je serrai tellement fort la clenche de la porte dans ma main que mes jointures s'étaient mises à blanchir, vidées de toute trace d'hémoglobine. Pourquoi la présence d'Aiden m'angoissait-elle à ce point à la fin ? Je lâchai abruptement prise et croisai les bras sur ma poitrine, plus nerveuse que ce je voulais bien croire.

- Qu'est-ce que tu fais là ?

Je me mordis sévèrement l'intérieur de la joue à l'écoute de mon ton trop brusque, trop froid, presque trop tranchant. Ce n'était pas ce que j'avais voulu dire, pas comme ça … Je m'empressai de me rattraper et de bafouiller autre chose, bien que je savais qu'il avait déjà silencieusement encaissé mes paroles glaciales.

- Je veux dire … enfin … Qu-quand es-tu sortie de prison ?

Je l’observai alors d'un œil plus inquiet. Ce sujet était sans doute le plus délicat à aborder, mais ces mots avaient franchi ma bouche bien avant que je ne les prenne en considération. Sa peine avait-elle été écourtée ? Avait-il échappé à la surveillance des gardiens et s'était tout simplement enfui ? Et … allait-il me reprocher de ne pas être venue lui rendre visite une seule fois en dix ans ? Une honte titanesque s'abattit sur mes épaules maintenant que je réalisais ça et que je me trouvais devant lui. Il devait m'en vouloir et c'était parfaitement justifié. Quel genre de petite amie abandonnait sa moitié derrière les barreaux d'une prison, sans lui offrir le luxe d'une explication ou même d'un simple au-revoir ? Je l'avais laissé seul, seul avec ses sombres souvenirs. Et à présent j'étais assailli de doutes et d'incertitudes, si bien que l'idée de lui proposer d'entrer à l'intérieur passa à des années-lumières de mon esprit pris au dépourvu.

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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Ven 29 Aoû - 16:19

Kaylee & Aiden : Les fins heureuses sont des histoires inachevées.

Qu'est-ce qu'un prisonnier de longue date, pouvait bien faire de sa vie une fois libéré ? C'était une question que je me posais depuis plusieurs semaines déjà. Quand je m'étais rendu compte que ma date de sortie arrivait à grand pas, j'avais commencé à m'inquiéter et à me stresser plus que de raison. Qu'allais-je faire une fois dehors ? Certes, nous n'étions pas lâché dans la nature comme ça. Nous étions suivit durant quelques temps. Autant pour s'assurer qu'on ne faisait pas de nouvelle connerie, que pour s'assurer qu'on repartait sur de bonnes bases. De plus, par quelques menus travaux, on nous permettait de gagner un tout petit peu d'argent en prison, pour avoir de quoi vivre une fois dehors. Ainsi avais-je pu me déplacer dans le pays et me payer quelques nuits à l'hôtel pour m'éviter de dormir sous un pont. Mais ce n'était pas le grand luxe. Et ça ne durerait pas éternellement. Il me fallait un emploi. Un véritable emploi. Sauf que personne ne voudrait jamais m'embaucher. Je m'étais fais à cette sombre idée, avant même d'essayer d'aller à la rencontre d'éventuels employeurs. J'étais devenu défaitiste et j'étais bien conscient de ça. Mais comment faire autrement quand on avait foutu sa vie en l'air comme je l'avais fais moi ?

Quand mes prunelles bleues croisèrent celles, chocolat, de Kaylee, j'hésitai entre être heureux et triste d'être finalement venu ici .Devais-je m'en réjouir ou plutôt prendre la fuite ? Pourquoi avais-je fais une connerie pareille ? En dix ans, jamais je n'avais eus la moindre nouvelle d'elle. Pas même une petite lettre. Rien de rien. Si je ne lui en voulais pas le moins du monde, c'était parce que j'espérais qu'elle était juste parvenue à se reconstruire sans moi. Et parce que je pensais qu'il était forcément mieux qu'elle vive sa vie sans un boulot comme moi accroché aux pattes. C'était tout simplement la preuve qu'elle ne voulait plus de moi dans les parages. Alors pourquoi étais-je venu ? Parce que j'étais effrayé par la vie aujourd'hui et que personne mieux qu'elle n'avait le pouvoir de me rassurer sur tout, tout le temps, sans même s'en rendre compte. Parce qu'elle était la seule à avoir véritablement compté pour moi, avec ma mère. Sauf que cette dernière était morte. Et je ne pouvais compter sur le reste, éloigné, de ma famille. Alors c'était vers Kaylee que je m'étais tourné. Etrange décision. Mais je ne pouvais faire marche arrière maintenant.

Je me tenais droit comme un i, devant elle, regard fixé dans le sien alors qu'elle semblait sonnée et sous le choc. Ce qui était parfaitement compréhensible, bien sûr. Elle n'avait pas de réelle réaction. Et même quand elle baissa la tête vers son chien, je ne la quittai moi même pas du regard. Comme un besoin d'enregistrer à nouveau tout d'elle, de cette nouvelle elle plutôt, avant de devoir sans doute disparaître de sa vie pour de bon. J'eus un hochement positif de tête très lent, quand elle souffla mon prénom. Elle n'avait pas l'air tout à fait certaine. Ou c'était encore le coup du choc, sans doute. Quoi qu'il en soit, de mon côté je ne fis pas le moindre geste. J'attendais seulement de savoir quelle serait sa réaction une fois la surprise passée. Et quelle réaction ... ! Son ton était froid et tranchant. Le genre que je ne l'avais jamais entendu employer avec moi. Sans doute aurais-je davantage blêmis si je n'avais pas eus la peau déjà si pâle. J'amorçai un mouvement de recul. Ce n'était pas de la peur. Juste une incroyable gêne. Je n'aurais jamais du avoir le culot de venir la déranger dans sa vie. Je n'y avais pas ma place.

Et pourtant, déjà elle reprenait la parole. A l'évocation de la prison, je fuis son regard. Evidemment qu'elle allait mentionner la prison. Je ne revenais pas d'un long séjour sur une île paradisiaque où je m'étais fais dorer la pilule. Je revenais d'une longue peine. Alors forcément, le sujet se tournait vers cela. « Il y a quelques jours ... » Lui répondis-je à mi-voix, toujours en tâchant d'éviter son regard désormais. A défaut, je posai les yeux sur son chien. Elle avait toujours aimé les animaux. Alors que de mon côté, je les fuyais. Pas que je ne les aimais pas; Mais j'étais pas mal handicapé par mon allergie à leurs poils. Qui n'était pas horrible non plus, tant que je ne les touchais pas de trop. Mais tout de même. « Je suis désolé. » Finis-je par soupirer d'un ton las, en relevant enfin la tête pour croiser à nouveau ses yeux. La lassitude était constante chez moi. Depuis longtemps. Je n'étais plus en mesure de ressentir quoi que ce soit d'autre. Quoi que j'avais ressenti une sorte de joie presque euphorique, en croisant le regard de Kaylee. Mais ça avait duré quelques millièmes de seconde à peine. Le temps de voir son sourire s'effacer de son visage en me voyant.

« Je n'aurais pas du venir. C'est juste que ... » Que je n'ai que toi. Que je suis à deux doigts de devoir faire la manche pour espérer avoir de quoi m'acheter un morceau de pain de temps en temps. Que je ne suis pas sûr de pouvoir me relever seul de ces dix années. « Que je ne savais pas vraiment où aller. » Pas du tout en réalité. Mais je ne voulais pas qu'elle culpabilise et veuille m'aider par pitié. Ce n'était en rien mon but. « Mais je vais trouver c'est certain. Alors ... Je vais y aller et ... Content de t'avoir revu. » J'aurais voulu afficher un sourire rassurant. Faire croire que ça allait vraiment aller. Mais le mécanisme était oublié depuis longtemps. Pas même un tressaillement de la commissure de mes lèvres. Je baissai la tête, puis la relevai pour un dernier regard avant que je ne me détourne pour m'en aller. Enfin, pour prendre la fuite.

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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Ven 29 Aoû - 17:57

Aiden & Kaylee
Les fins heureuses sont des histoires inachevées.

Alors que je prenais durement sur moi pour le regarder encore en face, c'est Aiden qui détourna les yeux le premier. Un énorme pincement au cœur se manifesta dans ma poitrine. J'avais comme l'impression de lire un sentiment de honte sur les traits de son visage, de la honte et une infinie tristesse. Pour la première fois depuis qu'il avait sonné à ma porte, je pris le temps de le détailler. Il avait tellement changé. La dernière fois que je l'avais vu, j'avais quitté un adolescent. Et aujourd'hui je retrouvais un homme. Rien qu'à cette pensée, une boule d'émotion se forma dans ma gorge. C'était tellement idiot ce qui s'était passé … Ça avait tout bousillé, et aujourd'hui j'avais l'amère impression que ça nous avait injustement arraché des années entières de nos vies respectives. Quelle idée, bien sûr que ça avait volé un temps précieux. Aiden avait perdu dix ans de son existence en prison. Et visiblement ça l'avait complètement remodelé. J'avais beau fouiller au fond de ses pupilles, je n'arrivais plus à retrouver cette étincelle de folie malicieuse qui le rendait si attrayant autrefois. Son regard restait terne, vide, et semblait presque perdu face à tout cet univers qu'il pouvait redécouvrir depuis peu. Ses joues étaient creusées, adieu l'adorable petite forme rebondie que je leur avais connues. Il avait horriblement maigri et le teint de sa peau était cireux, presque à faire peur. Un bref instant, l'hypothèse qu'il était malade m'effleura avant de disparaître. Aiden n'était pas malade, il était simplement déboussolé et errait comme une âme égarée.

Sa voix charma à nouveau mes oreilles, bien qu'elle soit nettement moins enjouée que celle à laquelle il m'avait habituée. Il releva la tête vers moi aussi, et j'eus l'impression qu'un poids se délesta de mes épaules. Je regrettais vraiment la façon dont je lui avais parlé, ce n'était pas correct et surtout il ne l'avait pas mérité. A sa place, jamais je n'aurais eu le cran de venir jusqu'ici. Au moins il n'avait pas perdu de sa témérité, et ça c'était rassurant. Et là il s'excusa, ce que je ne compris absolument pas en premier lieu.

- Désolé de quoi ? Bredouillais-je.

Mais soudain, tout se passa très vite. Il tenta de justifier le pourquoi de sa présence, puis finalement … décida de me tourner le dos pour disparaître à nouveau. J'ouvris la bouche à plusieurs reprises de façon assez comique, mais ne trouvai rien à ajouter pour retenir son attention. Il me glissait entre les doigts. Il s'apprêtait à repartir et rejoindre une nouvelle fois  la case « souvenirs lointains » de ma mémoire. Peut-être que ça aurait été pour le mieux après tout. Il n'avait fait que traverser ma route un court instant, à peine le temps d'une poignée de secondes. J'aurais très bien pu lui adresser un dernier signe de la main en guise d'adieu et retourner vaquer à mes occupations. Ça aurait peut-être été plus raisonnable. Oui, sans doute. Mais le simple fait de le voir s'éloigner et de savoir qu'il n'y avait plus aucune chance pour que je retombe sur cette entité de mon passé, fit monter un incontrôlable élan de panique. N'y tenant pas, je décollai enfin du seuil de ma maison pour dévaler les minuscules mètres qui me séparaient de lui avant qu'il ne s'éloigne pour de bon. J'attrapai sa manche d'une main et retins le collier Vixy, qui n'en a pas attendu plus pour bondir dehors, de l'autre.

- Attends !

La chienne aboya et tira contre ma poigne, heureuse comme pas deux en découvrant Aiden et prête à lui sauter dessus pour lui faire la fête. Elle avait de la force, la carne ! Mon bras s'agitait sous ses assauts, me faisant presque vaciller sur place tandis que j'essayais de retrouver le contact avec mon fuyard. Le contact visuel du moins, car avoir simplement attrapé son bras provoquait une multitude de picotement dans le creux de ma paume. Heureusement, il ne se déroba pas et me lança plutôt un regard empreint de surprise. Quoi ? Il avait vraiment cru que j'allais le laisser filer comme ça ? Satisfaite de sa réaction, je décidai alors de le lâcher, trop perturbée par ma peau électrisée pour si peu. Sans m'en rendre compte, je frotte discrètement la main en question contre mon pantalon avant de l'enrouler à son tour autour du collier de mon chien fou.

- Ne pars pas, s'il te plaît. Pas maintenant, me sentis-je obligée d'ajouter en détournant les yeux une demi-seconde. Je pense que … qu'il est important que nous ayons une conversation, tous les deux.

J'inspirais calmement, soulagée d'avoir trouvé et réussi à lui dire quelque chose pour le retenir. Il ne pouvait pas me refuser ça. Cette explication, nous nous la devions depuis bien longtemps. Et en toute sincérité, j'étais contente à la perspective que nous allions enfin pouvoir vider nos sacs.

- Ca me fais plaisir que tu sois venu me voir moi, je trouve ça ... très gentil de ta part. Même si je dois dire que ça me fait un peu bizarre aussi, avouais-je en m'autorisant un petit rire nerveux. Tu, euhm … veux rentrer ? Risquais-je en grimaçant légèrement, pas vraiment sûre de la manœuvre que j'étais en train de faire.

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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Ven 29 Aoû - 18:48

Kaylee & Aiden : Les fins heureuses sont des histoires inachevées.

Si nous avions tous les deux physiquement beaucoup changé, de mon côté ce n'était en rien en ma faveur. Alors que pour elle, c'était tout le contraire. De jolie adolescente, elle était passée à femme de très grande beauté. Les années lui réussissaient plutôt bien. Ce qui était très bien pour elle, pour sûr. Mais à côté, je me sentais bien minable. Je ne ressemblais plus à grand chose, si ce n'est à un fantôme errant de ci et de là. Ce que je faisais bel et bien d'ailleurs. J'errais comme une pauvre et stupide âme en peine. Si je n'avais pas tenté de mettre fin à mes jours depuis ma sortie de prison, on ne pouvait pas dire que je n'y avais pas du tout pensé. Bien au contraire. Je l'avais sérieusement envisagé. Parce que je ne voyais pas quel avenir je pouvais bien espérer. Je ne pensais pas que quoi que ce soit de bien puisse m'arriver un de ces jours. Et de toute façon, j'étais tout à fait certain de ne pas le mériter du tout. De quel droit aurais-je un jour une vie heureuse, alors que j'avais mis fin à celle d'un autre, de façon totalement et irrémédiablement définitive ?

Le simple fait de repenser à cela, suffisait généralement à me filer des sueurs froides. Raison pour laquelle je me devais de fuir le regard de Kaylee alors que je mentionnais vaguement ma sortie de prison. Avant de prendre la fuite. Purement et simplement. Sans doute pas de la façon qu'elle l'aurait souhaité, elle venait de me faire comprendre que ma place n'était pas dans le coin. Même si je le savais déjà, soit dit en passant. Et pourtant, j'eus à peine le temps d'arriver sur le trottoir, qu'elle me rattrapait en me hélant et en m'attrapant par la manche. Surpris par ce geste de sa part, je posai les yeux sur sa main. J'étais soulagé que sa peau ne frôle pas la mienne. Sans quoi, j'aurais sans doute eus bien du mal à dissimuler mon émoi grandissant. Même si le rapprochement soudain suffisait déjà pas mal à me perturber. Toute mon attention était portée sur cette main, presque trop proche de la mienne. Et puis finalement ... Le chien. Egalement trop proche de moi. Je croisai un bref instant le regard de Kaylee, au moment où elle libérait 'enfin' la manche de mon pull.

Mes yeux papillonnèrent un instant du côté de ses mains et je crus la voir se frotter la main sur son pantalon. Sérieusement ? Non, c'était juste une illusion d'optique. Elle n'était pas à ce point dégoûtée par moi quand même, si ? Parce que, non, je ne pouvais décemment pas envisager une autre idée. Toujours pas certain d'avoir vu ça, je glissai les mains dans les poches de mon pantalon, en signe davantage de gêne qu'autre chose. Mes yeux me trompaient, voilà tout. Ou mon esprit était incapable d'envisager une autre idée que la plus gênante. Celle qui consistait à me faire penser que je la dégoûtais. Ce qui, honnêtement, me donnait envie de m'enfoncer six pieds sous terre sur le champ. « Oui, peut-être. Enfin, je pense aussi. » Parvins-je à lui répondre, sans amorcer le moindre geste ni tenter de dire quoi que ce soit de plus. Elle avait tout dit pour le moment. Oui, il pourrait être bien de discuter tous les deux. Il y avait sans doute pas mal de zones d'ombre à éclaircir. Tant pis si je devais aborder les sujets les plus douloureux. A savoir, ce soir là, et ces dix dernières années. En même temps, je ne voyais pas bien de quoi d'autre on pourrait parler tous les deux.

C'était bizarre et gentil à la fois, que je sois venu. Je fronçai un peu les sourcils en la regardant sans trop comprendre. En quoi c'était gentil que je sois venu ? En sachant qu'elle avait sans doute espéré ne jamais me revoir. Sans quoi, elle m'aurait certainement envoyé un signe de vie quand j'étais en train de croupir derrière les barreaux. Elle m'aurait fait comprendre qu'elle voudrait bien me revoir à ma sortie. Même juste rien qu'une fois, pour discuter justement. Mais elle ne l'avait pas fait. « Je ne pense pas vraiment que ce soit 'gentil' de ma part, d'être venu. » Soupirai-je quand même mollement. Avant qu'elle ne me demande si je voulais entrer. Elle avait l'air d'hésiter à m'inviter à entrer. Est-ce qu'elle avait quelque chose à me cacher ? Ou juste peur de se retrouver enfermée avec moi ? Ou elle craignait que je ne décide de squatter chez elle ? « Disons que si on doit discuter, j'aimerais autant que les voisins n'entendent pas les détails de ma vie. » Me contentai-je de lui répondre. On pourrait toujours aller ailleurs. Au bout de la rue là où il n'y avait plus de maison par exemple. Mais ça ne résoudrait pas le fait qu'elle serait seule avec moi. Et que c'était peut-être ça le problème. « Juste le temps de discuter. » Précisai-je en plantant mon regard dans le sien, espérant que ça suffirait à la convaincre de ma bonne foi.

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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Sam 30 Aoû - 11:45

Aiden & Kaylee
Les fins heureuses sont des histoires inachevées.

Aiden semblait franchement hésiter devant ma proposition. Je coinçai ma lèvre inférieure entre mes dents et commençai à la mordiller, un brin anxieuse. Finalement j'en venais à me demander moi aussi si c'était une bonne idée. Je veux dire … lui, chez moi, maintenant. Si j'avais qualifié la situation de « bizarre » il y avait à peine quelques minutes, ça allait carrément devenir saugrenu. J'aurais très bien pu lui suggérer de nous rendre dans un café pas loin d'ici, mais le calme et une intimité certaine seraient certainement mieux accueillis. Intimité certaine … Dites-moi que je n'ai pas pensé ça. Dans tous les cas, je ne reviendrai pas sur mes mots, car cette fois-là Aiden risquerait de partir pour de bon. Je me retins simplement de soupirer face à tout ce fouillis mental qui envahissait ma tête et me contentai d'attendre qu'il prenne une décision définitive. Un sourire chaleureux parvint enfin à percer la solidité inhabituelle de mes lèvres lorsqu'il finit par accepter.

- Promis.

Je me perdis dans l'intensité de son regard, presque hypnotisée au point d'en paraître troublée. Voilà bien longtemps que je n'avais plus été confronté à ce phénomène lorsque quelqu'un me regardait droit dans les yeux. En même temps, personne n'avait le même regard qu'Aiden. Et pour être honnête, je ne savais plus très bien comment réagir devant celui-là. C'est le dalmatien qui me sauva la mise en ruant une fois de plus. Je me détachai enfin de lui pour rappeler la bête à l'ordre en pestant et faisant claquer d'indignation ma langue contre mon palais.

- Je passe devant, ne m'en veux pas, ajoutais-je en désignant le chien du menton pour toute explication. Oh, et … Hm. Je t'interdis de t'enfuir pendant que je l'enferme, d'accord ?

J'avais plutôt lancé ça sur le ton de la rigolade. Mais pour peu, j'aurais presque cru voir un éclair de tentation traverser son visage. Je pinçai des lèvres et n'en attendis pas plus pour battre en retraite. Retrouver le cadre de mon chez moi était rassurant et renflouait ma détermination pour aborder la suite. Je ne mis pas longtemps à entraîner Vixy à travers le salon, ouvrir la porte-fenêtre et lâcher le fauve dans le jardin. Je craignais que si je quittais Aiden des yeux trop longtemps, il risquait de s'évaporer dans l'air. Comme un fantôme perdant soudain toute consistance. C'était étrange de penser à ça, mais il n'était plus que l'ombre de lui-même, c'était un fait. Alors, c'était presque avec précipitation que je rejoignis l'entrée. Je me figeai en constatant qu'il était bien là, planté sur le seuil de la porte sans savoir s'il avait le droit ou non de fouler l'intérieur de cette maison. Je l'encourageai à s'aventurer dans mon antre en me faufilant derrière lui pour atteindre l'épais panneau de bois et le refermer.

- Entre, lançais-je d'une voix soudainement plus rocailleuse. Ne fais pas attention au désordre, j'étais … plongée en plein rangement.

Je me raclai la gorge, autant pour chasser le nœud d'anxiété à s'être formé au creux de ma gorge que pour me faire avaler à moi-même ce demi-mensonge. C'était un rangement qui durait depuis plusieurs semaines à vrai dire. Avant qu'il n'arrive, j'étais simplement en train de nettoyer le terrarium de …

- … la tortue ! M'exclamais-je en réalisant qu'elle se trimbalait toujours sur la table basse.

Je contournai soigneusement Aiden, ne souhaitant pas m'électriser de nouveau à son contact, et me dépêchai d'aller recueillir le petit reptile dans mes mains. J'avais bien remarqué qu'il n'était pas à l'aise devant la chienne. Autant lui éviter la même scène avec la chose à carapace. Surtout si nous devions aborder certains points sensibles. Ce serait vraiment perturbant d'avoir un animal préhistorique se traînant comme à l'agonie sous notre nez pendant cette fameuse conversation. Enfin, il ne s'écoula que le temps de traverser la pièce à toute vitesse pour que la tortue retrouve sa demeure de verre. Aiden devait me prendre pour une folle. J'avais envie de me frapper frénétiquement le front avec la paume de la main. Non seulement il devait avoir l'impression de débarquer dans un zoo, mais en plus de ça il ne devait pas manquer de suivre les allés-retours que je faisais tout autour de lui. Le savoir ici, sous mon toit, était carrément hallucinant ! Je veux dire … Il y avait à peine vingt minutes, je menais ma petite existence tranquillement. Et d'un coup, il était apparu. Comme s'il sortait tout droit du passé. C'était presque oppressant. Je regrettais de peu les grognements de strangulation étouffés de Vixy qui aurait comblé des blancs terriblement gênants. « Oh allez, Kay. Reprends-toi un peu, tu as l'air d'une parfaite excitée à t'agiter toute seule. » J'avalai difficilement ma salive en revenant vers lui et passai nerveusement une main dans la longueur de mes cheveux.

- Viens, assieds-toi là.

Je lui désignai l'un des canapés en me mordant la langue pour ne pas lui assurer qu'aucune autre bête n'allait surgir des coussins. N'importe qui aurait déjà pris la fuite à sa place. N'allons pas en rajouter une couche ... Pour montrer l'exemple, mais principalement pour arrêter de m'activer dans tous les sens sous le coup des émotions, je me laissai tomber sur le sofa face à celui que je lui avais montré. A présent je levai les yeux vers lui, toujours debout dans le couloir de l'entrée, et l'implorai presque silencieusement de ne pas me laisser là, seule et bien idiote, aussi détendue qu'un bâton sur mon siège.

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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Sam 30 Aoû - 12:46

Kaylee & Aiden : Les fins heureuses sont des histoires inachevées.

Si j'étais troublé par la seule présence de Kaylee devant moi, ce fut pire encore quand elle laissa apparaître un immense sourire sur son visage parfait. Elle me souriait. A moi. De façon tout à fait naturel. Et son visage s'illuminait, me rappelant l'adolescente de laquelle j'avais été tant amoureux dix ans plus tôt. Je fus bien incapable de détourner mon regard de son visage toujours éclairé par les restes de sourire chaleureux. Toutefois, mon attention fut bien vite détournée par l'animal qui tentait toujours de se libérer sa poigne. J'eus un faible mouvement de recul devant lui, espérant qu'il n'allait pas me sauter dessus. Je n'avais pas peur et ne craignais pas qu'il ne me morde ou autre. Mais de quoi j'aurais l'air si je me mettais à éternuer cinquante fois de suite, devant la jeune femme ? Avec les yeux gonflés et tout ça ... De toute évidence, j'avais l'air bien assez mal en point comme cela, sans en rajouter une couche. Alors si on pouvait éviter ça, ça ne serait pas plus mal ! Quand elle me demanda de ne pas profiter qu'elle soit occupée ailleurs, pour prendre la fuite, j'eus un peu de mal à ne pas envisager l'idée fort tentante.

Mais fuir serait idiot. Ce n'était que le temps d'une conversation sérieuse, puis elle me demanderait sans doute de ne jamais plus revenir. Alors cette discussion, on l'aurait et puis ce serait terminé. Même si l'idée de ne jamais plus la revoir, n'était évidemment pas très plaisante. La question ne se posait même pas à vrai dire tant c'était évident. « Je ne fuis pas ... » Promis-je donc finalement, avant de la suivre à l'intérieur. C'était ... Un joyeux bordel qui régnait là. Alors qu'elle se chargeait d'emmener son chien plus loin ,je ne pu m'empêcher de détailler les lieux avec attention. C'était quand même pas mal sans dessus dessous. Et pourtant, j'aimais bien. C'était ... Convivial et chaleureux. Plein de vie pour être plus exacte. En gros, rien à voir avec la cellule que je devais partager avec trois autre gars. Froide, austère, presque lugubre. A l'ambiance un brin flippante par moment, quand les détenus qui nous accompagnaient changeaient et que les nouveaux s'avéraient ... Pas forcément très sympathiques. Enfin, y penser ne m'aiderait clairement pas à avancer alors je devais cesser cela au plus vite. Ca faisait forcément plus de mal que de bien de ressasser tous ces sombres souvenirs.

Finalement, Kaylee revint assez rapidement. Elle se bloqua devant moi, semblant presque surprise de me trouver là. Elle avait déjà oublié ? Ou elle s'était persuadée que j'aurais bel et bien profité de sa courte absence, pour prendre la poudre d'escampette ? Aucune idée. Mais j'étais toujours là. Et je fis un pas en avant quand elle me contourna pour refermer la porte derrière moi. « C'est l'endroit le plus chaleureux qu'il m'ait été donné de voir depuis ... Depuis longtemps. » Me contentai-je de répondre pour tenter de la rassurer, quand bien même je buttai sur les derniers mots. J'avais faillis rappeler le nombre d'années. Mais m'étais rétracté. Elle savait très bien depuis quand je n'avais pas été dans un endroit 'vivant'. L'hôtel dans lequel je dormais depuis ma sortie, n'était pas franchement des plus luxueux. Froid et sans vie pour résumer la chose. Même si j'avais un peu d'argent, je ne voulais pas tout dépenser en hôtel plus luxueux et tout ça. Je préférais dormir dans un truc miteux plus longtemps, que passer deux seules petites nuits dans un truc qui me coûterait bien davantage. Donc la question ne s'était même pas posée quand j'avais du faire mon choix d'hôtel.

La tortue ? Comment ça la tortue ? Elle avait aussi une tortue ? Je fronçai un peu les sourcils et observai les environs avec hésitation. Est-ce que d'autres bestioles allaient sortir de derrière une porte ? Ou de sous un vêtement qui traînait là par terre, sans raison apparente ? Et moi qui étais toujours figé comme un idiot, à ne pas oser m'aventurer plus loin chez elle. Alors que de son côté, elle semblait toute agitée. Elle courait de gauche à droite sans arrêt. Est-ce qu'elle était nerveuse à ce point ? C'était l'impression qu'elle donnait en tout cas. Et je ne faisais pas grand chose pour la rassurer en fait, vu comme j'étais figé comme un crétin à la regarder faire. Même si elle m'invita à prendre place, il me fallut encore un bon moment avant de me décider. Sans doute en grande partie grâce au regard qu'elle m'adressa. Je tâchai donc de slalomer entre les trucs qui trônaient par terre, espérant presque ne pas me faire attraper une cheville par une bestiole bizarre qui serait planquée là. Sait-on jamais le genre d'animal qu'elle pouvait bien avoir. Pour un peu qu'elle ait adopté un chimpanzé farceur !

Enfin, je pris place sur le canapé. Mais me relevai aussitôt quand un truc couina. Juste un jouet pour chien. Je soupirai de soulagement et le déplaçai pour prendre pleinement place. Et je m'enfonçai dans le coussin du canapé. M'enfonçai ... M'enfonçai ... Woah ce que c'était confortable. Nettement plus que mon lit d'hôtel et évidemment bien plus encore que ma couchette de prisonnier. Je tentai de ne pas afficher la moindre expression de contentement, mais évitai de la regarder pour le cas où. « Est-ce qu'il y a d'autres animaux qui vont débarquer ? Des chats par exemple ... ? Je suis allergique. » Précisai-je comme par crainte qu'elle ne s'imagine que j'en avais peur. D'ailleurs, en parlant de peur ... Elle n'avait ni rat ni souri, non ? Parce que si elle en avait, il y avait bel et bien de fortes chances pour que je saute au plafond, avant de prendre mes jambes à mon cou pour me tirer au plus vite. « Tu voulais qu'on parle... » Finis-je par souffler enfin, pour mettre fin à ce silence qui finirait par devenir pesant si on n'y prenait garde.

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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Sam 30 Aoû - 14:04

Aiden & Kaylee
Les fins heureuses sont des histoires inachevées.

J'étais soulagée de le voir jouer le jeu et venir s'installer de l'autre côté de la table basse. Mais d'un autre côté, le voir prendre possession du sofa et donc s'intégrer dans mon environnement ne me troublait que plus encore. Jamais je ne m'étais imaginé Aiden évoluer ainsi dans mon espace personnelle. Pour tout dire, je n'avais plus osé imaginer quoi que se soit le concernant après qu'il ait été incarcéré. Nous avions mené une histoire parfaite dix ans plus tôt, mais dès lors que tout s'était brutalement arrêté, j'avais préféré faire l'autruche, tout oublier et ne plus y penser. C'était en partie pour ça que j'étais partie vivre à Manchester. J'avais vu en cette ville l'opportunité d'un nouveau départ, en laissant tout ce qui était douloureux derrière moi. Et j'avais eu la chance de faire ce que j'avais toujours eu envie de faire, c'est-à-dire exercer parmi les animaux, ce qui m'avait permis de me concentrer uniquement là-dessus.

Je cachai difficilement un petit sourire amusé lorsqu'il s'assit sur un os en plastique pour chiens. D'accord je m'en voulais vraiment de l'accueillir dans un endroit aussi peu rangé, même s'il m'avait avoué apprécier ça. Mais ça restait vraiment comique à voir. Aiden alerté par un jouet qui couine. Les circonstances ne le permettaient pas, pourtant j'avais cruellement envie de rire. Sûrement le coup du stress … Je ramenai mes genoux devant moi puis saisi un coussin que je coinçais entre mes jambes et ma poitrine pour mieux pouvoir me camoufler derrière. Réellement amusée, je le regardais s'installer sans jamais le quitter des yeux. C'était fou, même une décennie après, il parvenait encore à me faire rire. Je secouai négativement la tête à l'écoute de sa première question. C'était vrai ça, j'avais complètement oublié son allergie aux poils d'animaux. Maintenant que j'y repensais, Aiden râlait souvent après le vieux chat de mes parents quand il venait chez moi auparavant. Des fois il lui arrivait d'éternuer plusieurs fois d'affilée sans pouvoir y faire quoi que ce soit, si bien qu'il finissait avec le nez tout rouge. Je me souvins que je trouvais ça adorable.  Heureusement, mon chez-moi avait beau être sans dessus-dessous, je mettais tout de même un point d'honneur à garder les lieux propres. Mon chien perdait très peu de poils et la tortue … eh bien elle ne représentait pas un problème bien conséquent. Aiden était donc sauvé.

- Non, rassure-toi, il n'y a plus que toi et moi maintenant.

Il sembla se détendre imperceptiblement. Je souris une nouvelle fois, contente cette fois-ci de me dire qu'il craignait plus les animaux que la propriétaire. Et puis, s'il était plus détendu, ça m'aiderait aussi sûrement à relâcher toute la pression à être montée en moi. Ma bonne humeur naissante s'évanouit malgré tout très vite à l'instant où il prit de nouveau la parole. Il voulait s'attaquer au sujet sérieux tout de suite visiblement. Dans un sens ce n'était pas plus mal, je ne voyais pas de quoi d'autre nous aurions pu parler. Je m'imaginais mal lui raconter ma vie de ces dernières années en sachant que lui les avait passées derrière des barreaux.

- Oui, bredouillais-je, plus si sûre de moi mais sentant bien qu'il n'y avait pas d'autres issues.

Je m'agitai sur le canapé pour prendre une position plus convenable. Je pliai mes jambes en tailleur et posai mon fameux coussin dessus, ne laissant alors plus que la table basse comme obstacle entre nous. Sans m'en apercevoir, j'enroulai distraitement une mèche de cheveux autour de mon index en rassemblant mes mots. J'avais tellement de choses à lui dire. Et tellement de choses à lui demander. Mais ça faisait si longtemps qu'elles tournaient dans les tréfonds de ma tête que je ne savais pas par quoi commencer. Aiden s'était excusé tout à l'heure, j'aurais aimé en faire de même mais je sentais qu'il ne fallait pas débuter par ça. Je ne voulais pas aborder maintenant le fait que je l'ai laissé seul au fond de sa prison durant dix longues années. C'était certainement parce que j'appréhendais sa réaction, et que je n'avais pas encore le courage d'affronter son courroux. Les secondes filaient et le silence s'installait. Je devais me décider et ouvrir la bouche au plus vite, tout compte fait parler des dernières années écoulées ne me paraissaient plus si ennuyeux que ça. Mes doigts lâchèrent mes cheveux pour que je puisse triturer mes ongles et leur conférer toute mon attention, alors que je m'apprêtais à faire entendre le son de ma voix si timide soudain sans plus réussir à regarder Aiden dans les yeux.

- Comment … comment c'était ? La prison.

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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Sam 30 Aoû - 14:37

Kaylee & Aiden : Les fins heureuses sont des histoires inachevées.

J'aurais aimé trouver une vraie connerie à dire pour le simple plaisir de la voir rire aux éclats comme c'était souvent le cas par le passé. JE me rappelais sans mal toutes les fois où je racontais des trucs stupides, simplement parce que j'aimais avoir ce pouvoir de la faire rire sans trop de mal. Mais là, je ne l'avais plus vraiment. Ou plutôt, le côté gentil gars bourré d'humour, semblait mort depuis bien longtemps maintenant. Et pourtant, elle souriait. Encore. Et j'avais bien du mal à me concentrer sur autre chose alors que ses lèvres étaient tendues dans cette expression qui continuait d'illuminer son regard. J'en oubliai complètement d'être gêné de m'être assis sur le jouet de son chien. C'était vraiment sans importance. Je serais presque prêt à me ridiculiser pour simplement la faire rire, c'est dire jusqu'à quel point j'étais rendu maintenant que l'humour ne faisait plus vraiment parti de ma personnalité. Comme la joie de vivre. Et presque tous les trucs positifs de ce genre chez moi en fin de compte. Après avoir observé les alentours en m'assurant qu'une souris n'allait pas m'agresser d'une minute à l'autre, je reposai les yeux sur elle et ... le coussin qu'elle venait de poser sur elle.

C'était une façon de se protéger ? D'occuper ses bras pour cacher sa gêne ? Aucune idée. Moi tout ce que je faisais pour cacher ma gêne ... C'était en fait de la montrer. Je me faisais tout petit et avais le dos quelque peu voûté. Pour autant, j'étais quand même un peu plus détendu qu'à mon arrivée. La faute, à n'en pas douter, du confort totalement dingue de ce canapé. Pour sûr, si le silence perdurait, je pourrais bien m'endormir. Or, vu que je ne dormais pas vraiment bien depuis une décennie, je pourrais bien ne pas m'en réveiller avant plusieurs jours au moins ! Ce qui ne serait franchement pas génial pour Kaylee. D'autant plus que nous devions parler d'un sujet important, dès à présent ! Et ... Oui nous étions seuls. Juste elle et moi. J'eus un peu de mal à déglutir ma salive à ces mots qui sonnaient un peu différents dans mon esprit. C'était à se demander qui avait peur de l'autre en fait. Mais aucun ,bien sûr. Pourquoi aurais-je peur d'elle, et inversement ? En tout cas, je décidai qu'entrer dans le vif du sujet au plus vite, serait au mieux pour nous deux. Je n'étais pas entré chez elle pour une autre raison de toute façon.

Je la regardai s'installer plus confortablement sur le sofa et bientôt, elle entortilla une mèche de cheveux autour de son doigt. Geste qui eut le don d'attirer mon attention. Le genre de petit truc qu'elle faisait déjà par le passé. Et que j'adorais également faire sur ses cheveux. Quand nous étions tous les deux étendus sur le lit, l'un en face de l'autre. Et que pendant que nous discutions de choses et d'autres, souvent de notre relation, je ne pouvais m'empêcher d'avoir des gestes tendres à son encore. Mes doigts qui couraient sur la peau douce de son visage, avant de s'engouffrer dans ses boucles brunes avec lesquelles je finissais invariablement par m'amuser. Comme elle était tout juste en train de le faire. Je soupirai et baissai le regard, juste avant qu'elle ne me pose une question qui me désarçonna. En vérité, je ne m'attendais pas à ce qu'elle entre à ce point dans le vif du sujet. Je pensais qu'il y aurait des questions banales avant. "Comment ça va ?"; "Comment se passe la sortie de prison ?"; "Est-ce que tu t'es fais des amis en prison ?".

« Sérieusement ? » M'étonnai-je finalement, en relevant la tête. Mais de son côté, elle évitait de me regarder. La conversation risquait vraiment d'être difficile et tendue. Il fallait que je donne un peu du mien et fasse l'effort de répondre à ses questions quand même. Je soupirai doucement avant de passer la pointe de ma langue sur mes lèvres pour les humecter. « C'était ... C'était ... » tentai-je en fronçant un peu les sourcils, pas certain de savoir comment lui expliquer comment c'était. « Froid ... Sombre ... Violent ... Ennuyeux. Les journées se ressemblent tellement, que tu as l'impression d'en avoir traversé une seule. Mais une journée qui a duré ... Un peu plus longtemps que les autres. » Commençai en perdant mon regard dans le vide, me replongeant dans mes propres souvenirs. « Assez rapidement, je me suis rendu compte que j'allais avoir du mal à me tenir éloigné des histoires qui finissent invariablement en règlements de compte dans la cours à laquelle on avait accès une fois par jour. Des histoires de gang auxquelles tu ne peux échapper, à moins de vouloir te faire tuer ou violer à répétition, par tout ce beau monde. Mais qui dit gang, dit bagarres. Qui dit bagarres, dit dix ans de plus en prison. J'ai passé assez de temps à encaisser les coups plutôt qu'à les donner, pour pouvoir être transféré dans un service moins ... Violent. »

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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Sam 30 Aoû - 16:47

Aiden & Kaylee
Les fins heureuses sont des histoires inachevées.

Je frissonnai en écoutant le récit d'Aiden. Je sentis tous les petits poils de ma nuque et de mes bras se hérisser d'effroi. C'était horrible ce qu'il me racontait là, et je ressentais encore une fois un pincement au cœur alors que ses mots devenaient images dans mon esprit. A l'époque où je l'avais bien connu, il avait toujours eu un instinct assez casse-cou et impulsif. Dès que quelque chose n'allait pas, il n'était pas rare de voir Aiden foncer dans le tas. Ça m'avait toujours dérangé qu'il se batte, même s'il s'en sortait toujours sans trop de casse. Mais savoir qu'il avait été contraint d'user de violence pour défendre sa peau pendant de longues années, c'était autre chose … D'autant plus s'il avait volontairement encaissé les coups sans jamais les rendre. Quelque part, c'était sûrement ça qui l'avait changé. Son orgueil d'adolescent avait dû prendre une sacrée claque. Il avait sûrement dû apprendre à se taire, à ne pas se faire remarquer, et le pire, à ne pas riposter. A rester impuissant. En somme, il n'était plus libre de quoi que ce soit. Je compris soudain pourquoi Aiden était si sombre à présent. On l'avait privé de sa liberté, et ça il ne s'en était sans doute pas encore remis.

Je finis par relever la tête pour le regarder, lui dire qu'il n'était pas obligé de me raconter tout ça s'il ne le voulait pas. Je ne voulais pas le forcer, certainement pas sur des choses aussi dures à entendre que celles-là. Mais il semblait plongé dans ses souvenirs. Il n'était plus là, dans mon salon avec moi, il était de nouveau en prison, en train de revivre tout ce qu'il avait vu là-bas. Je n'osais pas l'interrompre, ni le sortir de sa bulle de souvenirs. Étrangement, les traits de son visage n'étaient pas tirés ou même crispés par la rudesse de ce qui lui revenait en tête. Il paraissait … calme, juste calme. Quand il marqua le point final de son monologue, je mis un certain temps à analyser ses dernières phrases, captivée et ébahie de le découvrir presque trop serein. Et puis je compris avec soulagement qu'il n'avait pas passé toute la durée de sa peine à vivre comme ça. On l'avait transféré ailleurs pour lui éviter de nouvelles bagarres. Qu'importe qui était à l'origine de cette décision, je l'en remerciais silencieusement.

Je ne trouvai rien à dire après ses aveux, si ce n'était un « oh » un peu penaud qui en disait long sur ce que je pensais de tout ça. Il avait traversé une longue épreuve, bien plus violente que ce que j'avais bien pu m'imaginer. Et l'effet de cette prise de conscience avait été d'alourdir un peu plus mes remords. Je me mordis la lèvre, fort, et fermai brièvement les yeux. N'y tenant plus, je pris une énorme goulée d'air avant d'exploser comme une bombe à retardement :

- Oh Aiden, je suis désolée, tellement désolée ! Ça a dû être terrible et … et tu as traversé tout ça tout seul. Je m'en veux vraiment, si tu savais ! J'aurais dû venir te voir le lendemain même de l'accident. J'aurais pu, j'en suis sûre, en insistant un peu auprès de mes parents ! Mais … je n'ai pas eu le courage, pas plus que je ne l'ai eu ces dix dernières années pour te rendre visite en prison. Je t'ai abandonné avec le poids de ce que tu as fais, et je t'ai laissé traverser la suite tout seul. C'est à ce moment-là que tu as eu le plus besoin de moi ! Je le sais très bien, mais je n'ai pas eu le cran d'assumer ce rôle. J'avais peur tu sais, vraiment peur. Je ne savais pas comment réagir devant tout ça, j'étais complètement paumée et, et … et je savais que si je te voyais, assis derrière une vitre, sans pouvoir te toucher ni parler avec toi sans qu'il y ait de gardiens, ou que notre conversation soit enregistrée …

Je me perdais dans mes propres pensées. Ma langue s'emmêlait et n'arrivait plus à suivre le rythme de tout ce que je venais de déblatérer. Je me rendis à peine compte que mes mains s'étaient mises à trembler, emportées par le surplus d'émotions. Aiden arrivait tellement mieux à les canaliser comparer à moi, alors que c'est lui qui avait enduré le pire. J'avais à peine conscience qu'il était encore là, mais je n'avais aucune idée de s'il écoutait encore mes confessions chaotiques. Je ne voulais surtout pas le regarder. Je redoutais de découvrir de la rancœur et de la colère au fond du bleu de son regard. Ou pire encore, une haine profonde. Je m'étais montrée tellement lâche, et aujourd'hui encore c'était le cas. Je n'arrivais pas à assumer mon absence d'actes. Je pris une fébrile inspiration dans le but de m'apaiser un peu, ou au minimum de calmer mon cœur agité. Je déglutis avec toute la peine du monde avant de lui révéler la fin de ma phrase dans un souffle à peine compréhensible.

- Je savais que si je venais, j'allais me rendre compte que plus rien ne serait pareil désormais. Et ça j'aurais eu du mal à le supporter.

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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Sam 30 Aoû - 20:02

Kaylee & Aiden : Les fins heureuses sont des histoires inachevées.

Ces dix années n'avaient véritablement pas été une partie de plaisir. Ca semblait même assez logique vu d'où je venais. Mais quand même, je tenais à le préciser. Parce que ce que j'étais en train de raconter à Kaylee, n'avait vraiment rien de bien sympa à entendre. Si ce n'était pas moi qui étais en train de raconter tout ça, j'aurais même adoré mettre mes mains sur mes oreilles pour ne pas en entendre davantage. Mais plongé dans mes pensées et mes souvenirs, je continuais de tout raconter. Tout, ou presque. Il n'était pas utile que j'entre dans les détails. Je racontais tout ça sans même frissonner d'horreur. Sans doute parce que je m'étais habitué. Après plusieurs séjours à l'infirmerie parce qu'on m'avait démolit la gueule sans que je ne daigne riposter, je m'étais fais à l'idée que ça pourrait être ainsi pour les dix années suivantes. Mais ça ne s'était pas passé ainsi. J'avais pu changer de service parce qu'ils savaient bien que je finirais par être tué si ça continuait ainsi. Je me serais laissé tuer sans l'ombre d'une hésitation. Je préférais ça plutôt que de rendre les coups et risquer de passer dix ans de plus comme ça.

Et de toute façon, ça aurait mit fin à mon malheur de me faire tuer. La culpabilité qui me rongeait depuis une décennie, n'allait pas disparaître du jour au lendemain. N'allait pas disparaître du tout en fait. Surtout maintenant que j'étais sorti. Alors quoi ... Moi j'avais le droit de reprendre ma vie en mains alors que j'avais tué un gars ? Voilà qui n'était pas très juste selon moi. Mais c'était arrivé. Et maintenant je vivais en homme libre alors qu'un autre avait perdu la vie. Je fini par interrompre mon récit et retrouver le silence. Retombant peu à peu sur terre, je tournai la tête pour regarder Kaylee qui semblait sonnée; Il y avait de quoi. Elle ne s'était sans doute jamais imaginée comment ça pouvait se passer en prison. Personne ne pouvait s'en douter, sans y avoir passé au moins un peu de temps. Elle prit soudainement la parole et ses mots me clouèrent sur place. Elle ne me laissa toutefois aucunement le temps d'en placer une, enchaînant les mots comme si elle les avait retenu depuis beaucoup trop longtemps. Et c'était sans doute ça justement. Elle avait du tourner ces pensées dans son esprit, des semaines voir des mois durant, et devait maintenant se sentir libre de les avoir enfin dites.

J'étais quand même soulagé qu'elle ne me fasse pas de véritable reproche à propos de ce que j'avais fais ce soir là. Elle aurait pourtant été bien en droit de m'assurer que ce que j'avais fais était monstrueux et que je devais filer et vite. Je m'attendais même plutôt à ça. Mais vraiment pas à des excuses. Et de toute évidence, elle craignait que je ne lui en veuille de mon côté. Ce qui, pourtant, était vraiment loin d'être le cas. Non, je ne lui en voulais pas. Je ne lui en avais même jamais voulu ... « Kaylee ... Tu ne devrais pas t'excuser. » Soupirai-je doucement en lui adressant un regard désolé pour ma part, toutefois. Parce que moi j'avais toutes les raisons de l'être. Après tout c'était moi qui avais commis l'irréparable et avais passé les dix années suivantes de ma vie, derrière les barreaux. Pas elle ! Elle, elle n'avait strictement rien fait et rien demandé. « Je ne t'en ais jamais voulu et je ne t'en veux toujours pas. » Lui assurai-je avec un regard tout à fait certain. j'aurais quand même été culotté de lui en vouloir pour une chose pareille !

« J'aurais eus l'impression de t'entraîner avec moi dans les profondeurs, si tu étais venue me voir au parloir. Ca t'aurais probablement détruite. Et je ne l'aurais pas supporté. Finalement, j'ai été soulagé de ne pas avoir à te faire moi même remarquer que ce n'était pas ta place. » Assurai-je d'une voix calme. Encore une fois, j'eus envie de sourire pour la rassurer sur tout ça. Mais pour ne pas changer, mes lèvres ne prirent pas le pli. Ca ressemblait davantage à une grimace alors je soupirai et abandonnai cette idée. Un jour peut-être. « C'est vrai que je m'attendais au moins à une lettre dans laquelle tu m'annoncerais que tu ne passerais jamais me voir. Mais ... C'est sans importance maintenant. » Si je tentais de plaisanter, ça allait très certainement tomber bien à plat vu que j'étais incapable de sourire pour faire remarquer que c'était une plaisanterie. Enfin à côté de ça, c'était également tout à fait sérieux. Je pensais vraiment qu'elle prendrait la peine de m'envoyer une lettre pour me dire qu'elle rompait définitivement. Ou au moins une petite lettre de soutien quand elle avait apprit la mort de ma mère, non ? Parce qu'elle avait bien du en entendre parler. Je n'avais d'ailleurs pas même eus le droit de me rendre à son enterrement, parce que ma famille s'y était formellement opposée.

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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Dim 31 Aoû - 2:02

Aiden & Kaylee
Les fins heureuses sont des histoires inachevées.

Au départ, l'entendre dire que ce n'était pas si grave et que je n'avais pas besoin de m'excuser m'irrita profondément. Avait-il remarqué l'état dans laquelle cette satanée histoire me mettait ? Et puis, ce n'était pas comme si ça ne m'avait jamais travaillé de l'avoir laissé tout seul. Après que sa peine ait été prononcée, j'étais restée un long moment perdue entre ce qu'il fallait faire ou non. Mais les yeux rassurants qu'il porta à l'encontre des miens finirent par m'apaiser. Quelque part, j'étais réellement soulagée de savoir qu'il ne m'en voulait pas le moins du monde. Soulagée qu'il ne s'énerve pas. Si nous nous étions souvent disputé étant adolescents, aujourd'hui je crois que j'aurais été réellement effrayée de le voir hausser le ton. A vrai dire, je n'osais même pas penser à la raison de cette appréhension qui n'aurait pas eu lieu d'être dix ans plus tôt. La vérité c'était qu'Aiden avait tué un homme. Même si ça n'avait jamais été dans ses intentions, ça me mettait mal à l'aise. Qui me disait qu'il n'allait pas s'emporter une nouvelle fois et … Et je me détestais de penser ça. Je savais que c'était idiot, que je l'avais connu mieux que quiconque fut un temps. Il avait toujours été adorable, casse-pieds mais toujours très gentil. Aiden ne me ferait jamais de mal. Pourtant, j'avais beau me répéter cette certitude encore et encore, je savais que c'était également à cause de ça que je n'étais pas venu le voir en prison. Ce n'était pas seulement l'idée de voir les menottes autour de ses poignets et la combinaison orange sur son dos qui m'avait fait fuir. Après ce qui s'était passé, c'était lui, qui me faisait peur.

Pour l'heure je n'avais pas envie de penser à ça, aussi je fis de mon mieux pour refouler ces craintes grotesques aussi loin que possible. Malgré tout, je savais qu'elles étaient toujours là. Cachées, quelque part en moi. Je tiltai sur le fait qu'il avait tout de même attendu une lettre de ma part. Un mail, un post-it, bref n'importe quoi aurait pu faire l'affaire pour lui faire comprendre qu'il obnubilait toujours mes pensées. Bien que c'était d'une toute autre manière à présent. C'était donc qu'il avait espéré un signe, la confirmation qu'il n'avait pas été oublié, quelque chose venant de l'extérieur auquel il aurait pu se raccrocher. Combien de temps avait-il guetté le courrier qui arrivait à la prison ? Certainement un bon moment avant de se rendre à l'évidence. Je ne pus alors m'empêcher de me dire que j'avais sournoisement participé à la descente aux enfers d'Aiden. Il allait falloir que je fasse en sorte de rattraper cette faute, bien qu'elle me paraisse bien compliquée à réparer. Aucune once de bonheur ne semblait parvenir à percer à travers le voile ombrageux qui l'enveloppait. La tâche paraissait on ne peut plus impossible. Je soupirai à mon tour, comme si ses manies se calquaient déjà sur ma façon d'être.

- Pour tout te dire, j'ai hésité à t'en écrire une. C'était après les funérailles de ta mère. Je sais que tu n'as pas pu t'y rendre puisque je ne t'ai pas vu là-bas, alors je veux que tu saches qu'elle a eu droit à un très bel enterrement, l'informais-je avec un profond respect. Je savais à quel point il avait adoré sa mère. J'ignorais pourquoi il n'avait pas pu venir, peut-être que les gardiens n'avaient pas voulu le laisser sortir après tout, mais pour rien au monde il n'aurait manqué la cérémonie. J'avais voulu t'écrire un mot pour t'en informer. Mais finalement j'ai trouvé ça vraiment déplacé de ma part. Je n'avais pas donné de nouvelles depuis un an, je me voyais mal te rappeler mon existence pour te parler du décès de ta mère.

C'était purement sincère, et cette fois aucune vérité honteuse n'avait été gardée secrète. Je récupérai le coussin sur mes cuisses et le serrai doucement contre moi après m'être laissée aller contre le dossier du canapé. Ce geste était réconfortant. Étrangement, je n'étais plus si anxieuse que ça à présent. Je me sentais juste … horriblement mélancolique.

- Tu sais, quand je repensais à toi les premières années qui ont suivi ton procès, j'avais l'impression de nous avoir trahi tous les deux pour t'avoir tourné le dos, lançais-je d'une voix morne sans trop m'en rendre compte.

Soudain, je relevai la tête dans une cascade de mèches brunes et tentai d'esquisser le sourire qu'il s'évertuait à réaliser vainement depuis tout à l'heure.

- Tu veux boire quelque chose ? Demandais-je abruptement, comme si nous ne venions pas discuter d'un décès ainsi que d'une longue et atroce incarcération lors des deux dernières minutes.

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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Dim 31 Aoû - 15:14

Kaylee & Aiden : Les fins heureuses sont des histoires inachevées.

Je n'avais vraiment aucune envie de voir Kaylee se ronger de culpabilité. C'était peut-être même ce qu'elle faisait depuis dix ans. Bien que je pensais que ça s'était en grande partie estompé depuis le temps, tout de même. Quoi qu'il en soit, je tâchais de la rassurer en lui disant que je ne lui en voulais pas; Après tout, ça ne m'avait pas tué. Soit, ça ne m'avait pas du tout aidé à tenir le coup non plus. Parce que j'en étais arrivé à la conclusion que rien ni personne ne m'attendait au dehors. Je ne savais même pas pour quelle stupide raison je me battais à vouloir ressortir en vie de cette prison, en sachant que je ne pourrais même pas refaire ma vie une fois dehors. parce que j'avais quand même commis un meurtre et que ce n'était clairement pas rien. Mais j'avais fais en sorte de ne pas trop y penser. C'était la chose la plus importante. Ne pas trop penser à ma sortie. Mais quand même un minimum. Parce que c'était important de bien garder en tête que tôt ou tard, je retrouverais ma liberté. Et ce jour était arrivé. J'étais aujourd'hui sorti de prison. Et ne comptais pas y retourner !

Je me figeai quand elle m'apprit qu'elle avait faillit m'envoyer une lettre après le décès de ma mère. Certainement que c'était une mauvaise idée. C'était à cette époque là que je m'étais rendu compte que je n'aurais vraiment personne dehors, qui attendrait ma sortie et qui m'aiderait à remonter la pente. Et j'avais lourdement culpabilisé de ne pouvoir assister aux funérailles pour lui dire au revoir. Mais si on m'avait laissé le choix ou non d'y aller, le fait que ma famille y soit formellement opposé, ne m'avait pas poussé à accepter. Je n'avais donc pas quitté ma cellule. « Ma famille ne voulait pas de ma présence. » L'informai-je sur un ton étrangement calme au vu des paroles en elle même. C'était quelque chose d'horrible pourtant, que d'avoir été ainsi rejeté ma famille. Mais ça lui expliquait la raison pour laquelle je n'avais vraiment eus personne vers qui me tourner à ma sortie de prison. Et ça expliquait donc que ce soit vers elle que je me sois finalement tourné. Même si je savais que c'était également une mauvaise idée. « Mais en effet, il était sans doute préférable ... Qu'il n'y ait pas de lettre du tout. » Soupirai-je doucement en baissant le regard sur mes propres mains, liées sur mes cuisses.

Je n'aurais pas supporté qu'elle ne me contacte que pour cette raison. Et puis ça m'avait permit de ne pas trop me confronter à la réalité de la mort de ma mère. C'était surtout à ma sortie que j'en avais eus pleinement conscience, quand je m'étais retrouvé devant nos affaires qui étaient désormais entassées les unes sur les autres, dans un garde meuble. Bien qu'une partie ait été récupérée par le reste de notre famille. J'ignorais ce qu'ils en avaient fait, puisque je ne les avais pas vu du tout, bien conscient qu'ils ne souhaitaient pas entendre parler de moi. Et je doutais que cela puisse un jour changer vu le déroulement des choses. Je relevai lentement la tête quand elle m'affirma avoir eut la sensation de notre trahir. Est-ce que ce n'était pas plutôt à moi de culpabiliser plus que de raison, vu les circonstances ? Elle n'avait rien fait de mal dans le fond. « Tu n'aurais pas eus à me tourner le dos si je n'avais pas fais une chose pareille. Et je ne méritais aucun soutiens de toute façon. Tu n'as rien fais de mal. » Lui fis-je remarquer avec sérieux.

Je sursautai un peu à sa reprise de parole soudaine, presque sec. Est-ce que j'étais cardiaque ? Parce que je ne me sentais sur le point de faire une attaque. Et vu la façon que j'avais d'écarquiller les yeux, la surprise devait encore être peinte sur mon visage. Enfin, je clignai à quelques reprises des paupières avant de hocher négativement la tête. « Euh ... Non, ça va, merci. » On ne pouvait pas dire que j'avais été invité à la venir la voir chez elle. Et on ne pouvait pas non plus dire que j'étais le bienvenue. Alors je ne comptais aucunement m'éterniser chez elle. Ce n'était que le temps de notre conversation. J'aurais un peu trop la sensation de m'installer dans son salon et ce n'était pas le but du tout. « Est-ce que tu veux que je m'en aille ? Je pense que tu étais occupée et je ne voudrais pas t'empêcher de faire ce que tu avais à faire. » Remarquai-je en posant le regard sur les quelques trucs qui traînaient toujours sur le sol, dans un joyeux foutoir.

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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Dim 31 Aoû - 16:40

Aiden & Kaylee
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Une légère crispation envahit mes muscles alors qu'il me demandait si je voulais qu'il quitte les lieux. Un énorme doute commençait à s'insinuer dans mon esprit. Voilà plusieurs fois déjà qu'il avait eu l'intention de partir, si bien que j'en venais à me demander si ce n'était pas ce qu'il souhaitait vraiment. Peut-être s'était-il rendu compte qu'il ne voulait pas me voir tous comptes fais. Que je faisais partie du passé maintenant, et que s'il espérait avoir une infime chance de reconstruire son avenir, il devait tourner la page pour de bon. Plus de famille qui l'avait renié, plus de Kaylee. Sauf que je n'étais pas d'accord. Aiden était venu frapper à ma porte de lui-même. Il se tenait devant moi à présent, il ne pouvait pas s’éclipser dix ans de plus comme si de rien n'était. Moi personnellement je n'aurais pas pu faire comme s'il ne s'était jamais trouvé là, assis sur ce même canapé où je passais la plupart de mes soirées. Peut-être que lui, si, après tout. Pour ma part j'avais déjà l'impression de ressentir cette boule d'affolement se former au creux de mon estomac à la simple idée de le regarder disparaître au coin de la rue. Un peu comme tout à l'heure, lorsqu'il s'était ravisé un peu trop tard pour continuer sa route.

- Non, sifflais-je d'une voix implacable qui ne laissait place à aucune protestation.

Je ne me connaissais pas vraiment ce ton-là. Mais force était de croire que j'étais assez déterminée. Certes j'avais enfin vidé mon sac et me sentais soulagée d'avoir enfin craché le morceau. Et oui, il m'avait confié le déroulement de ces dernières années. Mais ce n'était décemment pas suffisant.  Il avait fait preuve de trop peu de réaction à mon goût depuis le début de cette conversation. Il était trop calme, presque … insensible ! Ça me donnait envie de lui coller une claque monumentale pour le réveiller, et retrouver le garçon pétillant que j'adorais tant.

Évidemment, Aiden aurait très bien se lever et reprendre le chemin de la sortie s'il l'avait voulu. Il avait beau avoir perdu un poids considérable, je n'aurais pas pu lui barrer la route bien longtemps pour le retenir s'il avait en tête de se tirer d'ici. Dans un autre sens, ça aurait d'ailleurs fait disparaître la tension qui pesait sur ma cage thoracique depuis qu'il était apparu. Mais j'étais animée d'une volonté que ma raison ne saisissait pas très bien à vrai dire. Je balançai mon coussin dans un coin et me levai de ma place. On ne pouvait pas dire que j'étais vraiment lunatique, j'avais simplement des gestes un peu brusques de temps à autre alors que j'avais tendance à paraître très paisible au premier abord. Peut-être qu'Aiden n'était plus habitué à ce côté-là de ma personnalité, ou bien peut-être était-ce moi qui avais évolué ainsi depuis mes dix-sept ans. Dans tous les cas, je ne fis pas du tout garde à ne pas le faire sursauter en deuxième fois. Au moins, quand ma question l'avait autant surpris, j'avais enfin eu l'impression qu'il était encore un peu vivant. Sans crier gare, je franchis rapidement la distance de sécurité qu'instaurait la table basse et vins me laisser tomber juste à côté de lui. Là, je plantai un regard dur dans le sien, faisant de mon mieux pour ignorer cette proximité si soudaine. L'air me semblait plus lourd, ma peau s'était tendue, comme si elle appréhendait quelque chose, un effleurement, un contact. Encore une fois, j'ignorai ça. Je n'allais pas laisser Aiden me fuir. Ça c'était hors de question. Sans lui laisser le temps de se reculer, ni même d'essayer de me raisonner pour je ne sais quelle raison, mes mains filèrent vers les siennes et les saisirent avec fermeté. Aussitôt, mon cœur loupa douloureusement un battement, et je sentis un énorme frisson me remonter l'échine avec l'effet d'un ouragan. J'étais complètement retournée mais ne me laissai pas démonter pour si peu. C'est avec assurance que je pris la parole, alors que j'aurais juré n'avoir plus été capable de faire autre chose que de bredouiller bêtement.

- Aiden. Tu penses franchement que je vais pouvoir retourner à mes occupations après que tu sois partie ? Tu penses que c'est aussi facile ? Enfin, bon sang ! Ça fait des semaines que c'est le bordel dans cette maison ! M'exclamais-je en levant les yeux au ciel.

Je soufflai brièvement et pris le temps d'enlever une mèche de cheveux en travers de mon visage d'un petit mouvement de tête. Mes doigts étaient comme soudés à sa peau. Ils refusaient de le lâcher, comme s'il allait sauter sur l'occasion pour partir en courant. Instinctivement, je pressai doucement ses mains dans les miennes. Dans le meilleur des cas ça aurait un effet rassurant. Sinon j'espérai au moins que ça déclencherait quelque chose dans sa tête, et que ça le ferait réagir. Je faisais souvent ce geste avant. Mais ça, peut-être l'avait-il oublié.

- Tu as payé ta dette, Aiden, repris-je avec plus de délicatesse. Tu as sacrifié une énorme partie de ta vie pour réparer un accident. Un accident. Tu n'as jamais voulu faire de mal à ce type, ça tu le sais aussi bien que moi. Tu ne pouvais pas prévoir ce qui allait se passer. Il aurait très bien pu se produire exactement l'inverse ! Toi aussi tu aurais pu être … être tué dans cette bagarre, à sa place.

Ma voix devint dangereusement chevrotante. Je la soupçonnais de me lâcher sous peu si je continuais à m'imaginer, non pas aux funérailles de cet inconnu, mais à celles de mon ancien petit-ami.

- Ce n'était qu'un … qu'un fatidique coup de malchance, concluais-je en priant intérieurement pour que mes paroles trouvent un réel sens dans sa tête.

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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Dim 31 Aoû - 17:23

Kaylee & Aiden : Les fins heureuses sont des histoires inachevées.

Non ? Juste ... Non, comme ça ? Un non implacable qui eut au moins le don de me secouer. Encore une fois, j'eus un léger sursaut. Elle était trop brusque pour que mon coeur survive à cela. « Ok ... Non alors. » Soufflai-je stupidement, comme si je craignais de la voir s'emballer et s'énerver pour de bon. Parce qu'elle ressemblait à un volcan sur le point d'entrer en éruption. Je n'avais pourtant rien fais d'autre que lui proposer de la laisser tranquille. Pas que je pensais l'ennuyer ou autre. Mais ce n'était pas ma place ici, chez elle. Elle devait quand même bien s'en rendre compte, non ? Comme si sa réaction étrange ne l'était pas encore assez, elle balança son coussin dans la pièce et se leva. Je la suivis du regard, sans pouvoir dissimuler le fait que je commençais quand même un peu à m'inquiéter là. Que faisait-elle au juste ? J'eus bien vite une réponse, puisqu'elle vint s'asseoir à côté de moi. Je plantai mon regard incertain dans le sien. Mais trop gêné par cette soudaine et inattendue proximité entre nous, je tournai la tête sans plus tarder, évitant ainsi son regard. Je ne voulais pas faire attention au fait qu'elle était si proche.

Sauf qu'elle en décida autrement puisqu'elle prit mes mains dans les siennes. Mon regard se posa aussitôt dessus. C'était ... Vraiment déconcertant. Ce flot d'émotions qui me gagna, me laissa totalement pantois. Ca fourmillait, c'était brûlant, c'était ... Juste familier. Un geste normal. Mais le genre de truc dont j'avais complètement perdu l'habitude en dix ans. depuis quand quelqu'un n'avait pas posé rien qu'une main amicale sur mon bras, tout simplement ? Une éternité, bien sûr. Bien que j'eus un mal fou à déglutir ma salive et à calmer les battements soudainement désordonnés de mon coeur, je relevai la tête pour planter mon regard dans le sien. Il le fallait bien quand même. Ne serait-ce que parce qu'elle avait sans doute quelque chose à me dire. Quelque chose de très sérieux qui expliquerait son soudain rapprochement. « Mais il le faudra bien pourtant ! » Protestai-je en haussant les sourcils. « Enfin pas nécessairement ranger. Tu fais ... Ce que tu veux. Mais reprendre ta vie et tout ça. Je suis désolé si ma visite t'a ... Je sais pas ... Chamboulée à ce point. Je ne voulais pas te déranger. » Tentai-je ensuite de lui faire comprendre. Vraiment, je n'aurais jamais du passer la voir. C'était stupide et irréfléchis. Tout à fait le genre de chose que faisait l'ancien Aiden.

Pourtant, sentir ses mains se resserrer doucement autour des miennes en un geste rassurant, m'empêcha de faire le moindre geste pour me lever et partir. Je devrais pourtant. Mais j'en étais bien incapable. Dans le fond, j'avais envie de rester. J'avais envie de retrouver une place, même minime, dans sa vie. De pouvoir tout simplement la revoir. sans doute parce qu'elle était le seul lien qui me rattachait à mon passé. La seule personne que j'avais en fait. Et forcément, ce n'était pas rien. Je tâchai d'écouter ses dires, bien que dès le départ je me figeai et me braquai. Ce n'était pas aussi simple que ça. Quand elle le disait, ça en avait pourtant tout l'air. Mais ça ne l'était pas le moins du monde. C'était ... Bien plus compliqué. Bien plus douloureux. Et ça avait beaucoup plus d'importance que ça. « Accident ou non, j'ai quand même commis un acte impardonnable Kaylee. Je ne peux pas juste ... Accepter ça et accepter qu'on me soutienne comme si ce n'était pas si grave que ça. » Mon ton gagnait en véhémence et pourtant, aucune réelle trace de colère chez moi.

« Tu as raison, ça aurait pu être moi. Et si ça l'avait été, est-ce que tu aurais été en mesure de lui pardonner à lui ? Est-ce que tu aurais accepté qu'il ne s'en tire qu'avec dix années de prison et, en sortant, retrouve un semblant de bonheur ? Tu aurais supporté ça en sachant qu'il m'avait tué ? » Demandai-je en espérant sans doute la faire réagir et réaliser tout à fait. Il avait une famille, des amis, peut-être même une petite amie comme moi j'en avais une. Et j'avais privé tous ces gens de ce type qui comptait sans doute énormément pour lui. Comment, avec ça, pourrais-je continuer et aller de l'avant ? Il n'y avait rien à pardonner. Ce n'était pas pardonnable. « Je pensais que c'était pour ça que je n'avais plus de nouvelles de toi. Que tu avais réalisé que je ne méritais aucun soutiens. » Soupirai-je en baissant la tête. C'était un fait. Je n'avais pas mérité de compter encore pour quelqu'un. Surtout une personne aussi formidable que l'était Kaylee depuis toujours. Et de son côté, elle méritait quand même mieux qu'un meurtrier dans sa vie.

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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Dim 31 Aoû - 20:38

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Je me retins in extremis de lui envoyer un coup de poing dans l'épaule. Ce n'est pas qu'il aurait eu bien mal, au contraire il n'aurait senti qu'une piqûre de moustique, mais au moins il aurait fini par comprendre mon mécontentement. Quelque chose m'en empêcha. Pourtant, je n'hésitais pas à le faire avec les personnes que je connaissais d'habitude. Liam y avait le droit régulièrement quand il avait tendance à trop m'embêter. On ne pouvait pas dire qu'Aiden était un inconnu. Enfin si, peut-être. C'était sûrement ça le hic. Avant je n'aurais éprouvé aucun problème à être aussi familière que ça avec lui, mais il fallait dire que les choses avaient changé. Pour autant, ça ne m'empêcha pas de faire claquer ma langue contre mon palais pour lui signifier qu'il m'énervait. Il fallait que je poursuive le cours de mon existence en faisant mine de ne jamais l'avoir vu ? C'était donc ce qu'il désirait ?

- Oh vraiment ? Raillais-je. Est-ce que tu te rends compte que tu es en train de me demander de continuer gentiment ma vie, alors que tu es le premier à refuser de reprendre la tienne en main ?

Vu comme ça, c'était assez culotté de sa part. Surtout que c'était lui qui était venu tout chamboulé. Mais ce n'était pas pour ça que j'étais agacée. C'était plutôt parce que je cherchais encore désespérément celui dont j'étais tombée amoureuse. Je ne pouvais pas croire qu'il avait totalement disparu sous cette couche de regrets et de rancœur.

Mais mon coup d'éclat fut de bien courte durée. La suite des événements s’avérait plus compliquée. En effet, maintenant c'était au tour d'Aiden de ne pas approuver ce que je pensais à voix haute. Si je m'étais montrée intraitable et téméraire, à l'heure actuelle ce n'était plus qu'un vague souvenir. Je me sentais lentement m'écraser devant ses propos. Dès lors qu'il avait commencé à s'affirmer plus véritablement, je m'étais sentis minuscule et idiote à côté de lui. Ce qu'il disait semblait être sans appel, tout comme mon refus de le laisser partir. J'avais souhaité le stimuler et réveiller un tant soit peu de réaction chez lui, là j'étais servie.

- Oui mais … Je pinçai des lèvres et clos les yeux un instant. « Oui mais » ? On aurait dit une petite fille cherchant à se justifier de la bêtise qu'elle venait de commettre. Mais tu ne peux pas t'isoler jusqu'à la fin de tes jours, juste parce que tu es persuadé que tu ne mérites aucun soutien. Ce serait gâcher deux vies plutôt qu'une, Aiden !

Il n'avait pas l'air de m'écouter. Je dirais même que ce que je disais maintenant n'avait plus trop d'importance, qu'importe toute la volonté que je voulais bien y mettre. Il était parti pour me contredire sur toute la ligne. D'ailleurs il s'en sortait si bien que je ne trouvais plus rien à dire lorsqu'il me renvoya mon propre argument. Plus que je ne l'aurais imaginé, ses répliques m'atteignirent en plein fouet. Imaginer qu'il était mort. Imaginer que j'avais dû faire un deuil plutôt que de tourner le dos à un garçon qui n'était plus que l'ombre de lui-même. Imaginer qu'il n'était plus là, sur cette terre. Qu'il n'y serait plus jamais. Je serrai durement les dents en retirant mes mains des siennes. Je ne pouvais plus emmagasiner convenablement le surplus d'émotion que son contact provoquait si je devais en plus retenir les larmes qui menaçaient de me monter aux yeux.

- Je … ne sais pas, lâchais-je en baissant la tête, refusant maintenant de lui offrir un regard, un sourire, ou quoi que ce soit d'autre qui n'aurait plus été sincère.

Mon manque de réponse plus concrète le pousserait sans aucun doute à croire qu'il avait raison et que, donc, ses ressentiments envers lui-même étaient justifiés. Je m'en voulais pour ça, pour ne pas être en mesure de lui tenir tête et de le prouver exactement le contraire. Il m'avait eu sur un sujet trop compliqué et sensible. Qu'est-ce que j'aurais vraiment fait s'il avait rendu son dernier souffle lors de cette foutue bagarre ? J'aurais été anéantie. Voilà.

Je ne répondis pas à son ultime intervention, bien que mes lèvres tressaillirent. Il savait déjà en partie pourquoi je n'avais pas essayé de garder le moindre lien avec lui après le meurtre. Pour rien au monde je lui aurais avoué que c'était également parce qu'il me faisait peur. Et encore moins à un moment comme celui-là. Alors je laissai un silence s'insinuer méthodiquement entre nous, lourd mais rassurant de mon point de vue. Je n'étais pas de taille à raisonner Aiden. Tout ce qu'il venait d'exprimer était imprégner au plus profond de lui, je n'en doutais pas. Et je n'avais plus envie d'en entendre un seul mot de plus si je n'étais pas en mesure de le faire changer d'avis. Il s'acharnait à traîner un fardeau lourd, si lourd que je me demandais encore comment il parvenait à le supporter malgré son état presque décharné. Si en dix ans le poids de ses remords ne s'était pas allégé, ça n'allait sûrement jamais changer. Hélas Aiden pouvait se montrer atrocement têtu, j'en reprenais tristement conscience.

- Et du coup … qu'est-ce que tu comptes faire maintenant ? Demandais-je doucement, en gardant les yeux rivées sur mes mains encore brûlantes de sa peau.  

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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Dim 31 Aoû - 21:34

Kaylee & Aiden : Les fins heureuses sont des histoires inachevées.

Touché. Elle avait raison. J'étais en train de lui demander de continuer tranquillement en allant de l'avant, alors que je n'étais moi même pas capable de faire ça. C'était sans doute stupide du coup. J'en prenais conscience seulement maintenant. Et je demeurai bouche bée pendant quelques secondes, à la regarder sans savoir que répondre. Elle avait raison. Et l'ado bourré de fierté que j'avais été, aurait plutôt ricané et trouvé une répartie approprié. Mais moi, je n'étais plus aussi fier. On m'avait bouffé mon ego. Elle touchait en plein de mille et je devais bien l'admettre. « Mais toi tu n'as rien fais de mal. Tu mérites de pouvoir avancer sans te poser de question. » Trouvai-je quand même à redire, sans pouvoir m'en empêcher. Soit, peut-être encore un brin de l'ado à la répartie cinglante, était-il toujours en moi. Mais ce n'était vraiment qu'un tout petit rappel de ce passé là. Et qui ne faisait cette réapparition qu'à cause de Kaylee, je n'en doutais pas. Pour autant, j'avais un peu de mal à imaginer que cela puisse se reproduire bien souvent, tant il était ... Comme mort. Comment pourrais-je un jour redevenir ce type drôle et insouciant que j'avais été ?

Je finis par reprendre tout à fait la parole pour lui faire part de mon point de vue pour le moins intraitable. Il n'y avait pas à dire, j'avais quand même pas mal raison. Même si elle tentait de me faire entendre raison. C'était peine perdue d'avance, en grande partie. Elle trouva quand même à redire. Je soupirai et détournai pour la énième fois le regard. Il était évident qu'elle n'allait pas simplement me laisser repartir de chez elle, avec dans l'idée de disparaître totalement dans la circulation. Elle n'était pas du tout de ce genre là. Et puis au delà de ça, je l'imaginais bien vouloir être ce soutiens. sauf que je ne voulais pas qu'elle gâche sa vie à vouloir aider, même de loin, un type qui s'était foutu dans une belle merde noire, par lui même. Je m'étais fais ça. Maintenant, je devais assumer et me débrouiller tout seul. C'était parfaitement évident. Pourquoi ne le réalisait-elle pas par elle même ? fallait-il vraiment que je la secoue et lui mette les faits sous les yeux, pour qu'elle réalise pleinement le tout ? Non, bien sûr que non je ne ferais jamais un truc pareil. je ne tenais pas à la brusquer. Pour un peu qu'elle ait déjà peur de moi.

« Kaylee ... Je n'ai même plus de famille. Sur qui crois-tu que je puisse encore compter ? » Demandai-je presque avec une certaine ironie dans la voix. C'était un fait ... Sur qui pouvais-je encore compter ? Pour le coup, je ne voyais pas du tout. Il n'y avait personne. La seule que je connaissais encore de cette époque là, se trouvait actuellement à côté de moi. Et je continuais de croire que faire parti de sa vie, reviendrait à la lui foutre royalement en l'air. Ce que je refusais toujours. Mais c'était l'évidence même pour moi. Sans doute pas pour elle, soit. Parce qu'elle ne pouvait pas voir les choses de mon point de vu. Pour ça il aurait fallut qu'elle vive des choses horribles comme celle que je venais moi même de vivre pendant dix longues années. Ce que je ne lui souhaitais évidemment pas. Encore une fois, je lui fis part de mon point de vu. Cette fois ci en tentant de la mettre dans une autre situation. De lui faire imaginer ce qu'elle aurait ressentie si c'était moi qui étais mort plutôt que l'autre type. Si elle n'aurait pas continué à en vouloir à l'autre.

Elle fini par ôter ses mains des miennes. Sans doute trop chamboulée par les pensées qui devaient maintenant bien la secouer. Elle était en train de réaliser l'ampleur des choses, à n'en pas douter. Je replaçai mes mains sur mes cuisses, sans pour autant la quitter de mon regard sincèrement désolé. Je n'aimais pas penser que cet état chez elle était entièrement de ma faute. Mais il fallait bien que je lui fasse entendre raison. Elle ne trouva d'ailleurs rien à répondre à tout ça. Et c'était peut-être mieux ainsi dans le fond. Que cette conversation ô combien douloureuse, ne perdue pas trop. Ce n'était pas forcément une bonne chose de mon point de vue. Elle fini par me poser la question que je me posais moi même depuis le jour de ma sortie. Et même avant ça encore ! Qu'allais-je bien pouvoir faire désormais ? J'étais perdu. Je ne savais même plus comment vivre en société, c'est dire. « La dernière fois que je me suis posée cette question, la seule chose que j'ai pensé, c'est que je ferais mieux de ... » Je me coupai instantanément en réalisant ce que j'étais sur le point de lui dire. « Rien. Oublie ce que je viens de dire. » Marmonnai-je en portant une main à mon visage pour le frotter doucement. Quel crétin. Comme si elle ne s'inquiétait pas assez pour moi, comme ça. « Je sais pas. Il faudrait que je trouve un boulot où ils ne seront pas trop regardant sur les casiers judiciaires je suppose ... »

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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Lun 1 Sep - 0:11

Aiden & Kaylee
Les fins heureuses sont des histoires inachevées.

D'accord il n'avait plus de famille sur qui s'appuyer. Sa mère était décédée et les autres l'avaient banni à jamais des repas de Noël si j'avais bien compris. Pour autant, il n'était pas resté vagabonder dans les rues à la recherche du premier employeur à bien vouloir de lui. Il ne s'était pas non plus enterré dans un bar pour se noyer, lui et ses derniers espoirs de reconstruire son avenir, dans l'alcool. Une idée farfelue comme j'en avais de temps en temps me fit également remarquer qu'il n'avait pas non plus été assez désespéré au point de se prostituer. Oh bon sang, oublie ça Kaylee, immédiatement ! Au lieu de ça, Aiden avait parcouru toute la distance qui le séparait de Manchester. Il avait traversé toute la ville et avait même risqué de croiser mon horrible voisin en s'aventurant dans cette rue. Et tout ça pour venir me voir, moi. J'ignorais comment il avait réussi à dégoter mon adresse soit dit en passant. Alors, théoriquement, il n'avait pas personne sur qui compter. Ça voulait dire que dans sa tête, je restais la dernière et unique personne à pouvoir lui venir en aide. Maintenant que j'y pensais, sa famille devait sacrément lui en vouloir pour qu'il n'ait d'autres choix que de se rendre chez la fille qui l'avait ignoré dix ans durant. Enfin, je gardais tout de même ces réflexions pour moi-même, sachant très bien que je n'aurais fais que chipoter pour pas grand chose en cas contraire.

En revanche, garder le silence s'avéra bien plus compliqué quand il entreprit de répondre à ma question. Le sang se glaça dans mes veines un court moment avant de ne faire qu'un tour et taper furieusement contre mes tempes. J'écarquillai les yeux et ne pus retenir un cri scandalisé.

- Non, attends ! Qu'est-ce que tu viens de dire ?! M'écriais-je, le dévisageant comme si un troisième œil venait de lui pousser au milieu du front.

Je n'avais pas rêvé. Il avait été à deux doigts de me dire qu'il caressait la sinistre idée de se suicider. J'étais indignée, choquée, pire ! Épouvantée par ce qu'il venait de laisser entendre. Il en était donc à ce point ? Moi qui me demandais tout à l'heure comment il parvenait encore à supporter une telle culpabilité dans son état … Je venais d'avoir ma réponse. En fait, il n'y arrivait plus. Peu disposée à laisser passer ça, je me tournais plus franchement vers lui, sautant presque entre les coussins.

- Mais bordel, Aiden ! C'est encore pire que la prostitution ! Protestais-je sans tilter qu'il n'allait sûrement pas comprendre mon allusion. Tu … non ! Je te préviens : si jamais tu essaies, je te tue de mes propres mains ! Tu n'as même pas le droit d'y songer, c'est clair ? T'es vraiment qu'un idiot !

Emportée par mon élan, j'attrapai la première chose à me venir sous la main, à savoir le fameux os pour chiens sur lequel il s'était assis, et lui balançai dessus sans réfléchir. L'objet heurta son épaule et rebondit quelque part derrière lui. En premier lieu, je fus tentée de plongée sur le canapé pour le récupérer et m'en servir une seconde fois, mais me ravisai. Je n'allais quand même pas sauter sur Aiden pour remettre la main sur mon arme et m'en servir contre lui. Autant lui bondir dessus et l'étrangler tout court dans ce cas. Oh et puis merde ! Je lâchai un soupir de lamentation puis finis par cacher mon visage entre mes mains, coudes appuyés contre mes genoux. C'était une catastrophe. J'avais chez moi un ex aux tendances suicidaires, avec qui je n'avais même pas rompu officiellement, qui n'arrêtait pas de me troubler et me faire mal au cœur avec son regard de chien battu. En d'autres termes, j'étais complètement déboussolée.

- Dis-moi ce que je dois faire, soupirais-je malgré mes paumes qui parasitaient la clarté de mes mots. Dis-moi ce que je dois faire pour t'empêcher de faire cette connerie.

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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Lun 1 Sep - 18:56

Kaylee & Aiden : Les fins heureuses sont des histoires inachevées.

J'aurais mieux fais de me taire. Mais genre, vraiment. J'ignorais totalement ce qu'il m'avait prit. Mais j'avais laissé échapper quelques mots de trop. Qu'elle comprit sans aucun mal. Je les regrettais mais il était trop tard. Elle avait entendu et je doutais qu'elle puisse lâcher le morceau aussi facilement. Elle savait parfaitement ce que j'avais été sur le point d'avouer. A savoir, cette envie subite de suicide que j'avais eus. Et qui avait quand même duré plusieurs jours. Même si maintenant je ne l'envisageais plus de façon sérieuse, je continuais de me dire que ça n'aurait pas été une si mauvaise décision que ça en fin de compte. Ce n'était quand même pas comme si qui que ce soit comptait encore sur moi aujourd'hui. Je n'avais plus personne après tout. Alors pour qui me battrais-je ? « Quoi ? Rien d'important ! Rien du tout. Je parlais juste de trouver un boulot. » Tentai-je sur le ton le plus innocent possible. Mais je savais qu'il était trop tard et qu'elle n'allait pas gober ces paroles là, aussi facilement que ça. Dommage. J'aurais au moins essayé. Maintenant, je ne pouvais que m'en prendre à moi même. J'avais trop parlé. C'était entièrement de ma faute.

Encore une fois, elle parvint à me faire sursauter quand elle se redressa assez soudainement sur les coussins du canapé, pour se tourner plus franchement vers moi. Je la regardais maintenant comme si elle était tout simplement un extra-terrestre. Ou quelque chose dans ce goût là en tout cas. Et dans le fond, c'était un peu ça. Pour moi elle en était un. Moi qui n'étais plus habitué qu'aux prisonniers pour la plupart dangereux. N'empêche qu'il allait vraiment falloir qu'elle apprenne à prendre sur elle pour ne pas me faire flipper comme ça en me surprenant aussi soudainement à chaque fois qu'elle réalisait un truc. Quoi que bientôt elle n'aurait plus l'occasion de me faire peur comme ça, puisque je doutais que l'on se revoit une fois que je serais parti de chez elle. Puisqu'elle avait maintenant sa vie et que j'avais la mienne. Enfin non, je n'avais pas de vie. Pas du tout. Mais j'allais bien devoir faire tout ce que je pouvais pour en reconstruire une. Je ne pouvais tout simplement pas continuer comme ça à me demander ce que j'allais faire le lendemain et le surlendemain, si ce n'était mettre fin à mes jours. Puisque dernièrement c'était le seul truc qui m'était venu en tête de façon sérieuse.

J'arquai les sourcils quand elle mentionna la prostitution. Sérieusement ? Pour la première fois depuis bien longtemps, le coin de mes lèvres tressaillit quelque peu. Ce n'était pas tout à fait un sourire. Mais ça ressemblait bien à quelque chose comme un début de sourire quand même. Ce qui, venant de moi, n'était vraiment pas rien. « J'ai réussi à ne pas devenir un jouet sexuel en prison, ce n'est pas pour en être un aujourd'hui ... » Remarquai-je sur un ton qui se voulait amusé. Mais j'ignorais s'il était possible de le ressentir dans ma voix ou pas. Je savais que j'étais assez amusé par son idée pour le moins étrange, stupide et déplacée. Mais j'ignorais si elle l'entendrait dans mes mots et tout ça. En tout cas c'était assez amusant. Le premier truc amusant que j'entendais depuis des lustres, sans exagérer le moins du monde ! « Quelle excellente idée. Non seulement tu me rendrais service en faisant ça, mais en plus tu passerais les dix prochaines années de ta vie, en prison. C'est certain que c'est vraiment le truc à faire ! » Cette fois ci, mon ton était plus ironique qu'autre chose.

Mais le moment où elle me prit le plus par surprise, ce fut quand elle me balança le jouet en plastique de son chien, dessus. Il émit un bref couinement en me cognant à l'épaule, et un autre quand il tomba à côté de moi. J'écarquillai les yeux en la regardant comme si elle était folle. Alors que par le passé, tel un gamin, je lui aurais plutôt balancé le truc à la tronche et on n'aurait fait que se l'envoyer encore et encore, avant de finir par faire la paix à notre façon. Là, j'étais juste choqué. Puis vraiment mal à l'aise quand elle se planqua le visage derrière les mains. Maintenant je culpabilisais de lui avoir presque mentionné mon presque suicide. Je du tendre un peu l'oreille pour entendre ce qu'elle marmonnait par là bas derrière; Et en comprenant, je poussai un long soupir. « Rien du tout Kaylee. Ce n'est pas ton combat. » Lui fis-je doucement remarquer en la regardant malgré qu'elle ait les yeux cachés derrière ses mains. « De toute façon, je ne risque pas de le faire ... Parce que je suppose que tu culpabiliserais et penserais que t'aurais pu faire quelque chose. » Remarquai-je avec naturel. J'étais certain du fait qu'elle culpabiliserait, alors même que ce n'était en rien sa faute.

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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Lun 1 Sep - 20:31

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Dans d'autres circonstances, j'aurais volontiers ris avec lui de ses timides tentatives d'humour. Ou alors j'aurais froncé le nez pour lui faire comprendre que je ne comprenais pas la blague. Mais là je ne relevai même pas. La situation me paraissait trop dramatique pour plaisanter. Je semblais prendre cette histoire de suicide beaucoup plus au sérieux qu'Aiden d'ailleurs, ce qui me donnait presque envie de l’assommer et d'aller le ligoter dans le garage pour l'empêcher de faire la moindre bêtise, aussi fatale soit-elle. En fait, ce fut plutôt lorsqu'il me parla avec ironie de la prison qu'un rire sans joie m'échappa.

- Très drôle, vraiment, grommelais-je en écartant les doigts de devant mes yeux pour lui jeter un regard noir.

Non mais sérieusement, il ne pouvait pas se pointer ici la bouche en fleur et m'annoncer une telle chose. Comme si j'allais digérer ça sans rien dire ! Et avec le sourire bien sûr ! Qu'avait-il donc fait pour mériter ça ? Pour que sa vie tourne ainsi au désastre et qu'il en soit à un point aussi critique que celui-là ? Il était vraiment adorable avant. Un peu casse-pieds, même s'il l'était encore un peu à sa manière aujourd'hui, mais toujours très gentil. Un événement aussi sombre et brutal n'aurait pas dû lui tomber dessus. C'était d'une telle injustice ! Il existait une foule d'enflures sur cette planète qui n'éprouvaient pas la moindre gêne à tuer des gens tout en rependant peine et malheur dans leur sillage. J'aurais été prête à parier n'importe quoi que ça ne les empêchait pas de dormir la nuit. Et lui, Aiden, il était tout bonnement en train de se pourrir l'existence à cause d'un accident qu'il regrettera jusqu'à son dernier souffle.

Je finis par laisser mes mains retomber sur mes genoux et le regarder enfin dans les yeux. J'hésitais entre croire ce qu'il venait de m'assurer ou insister et lui tirer les vers du nez sur ce qui aurait pu détruire cette idée. Il y avait au moins une chose qui ne laissait pas l'ombre d'un doute. Si il sautait du haut d'un pont, c'était clair que j'allais passer de longues et affreuses nuits blanches après avoir appris ça par le journal télévisé du soir. Je me voyais déjà assise à l'endroit exact où il se trouvait, serrant tristement mon chien contre moi, à me répéter encore et encore que j'aurais vraiment dû l’enchaîner entre le congélateur et la machine à laver.

- Tu promets ? Demandais-je dans un murmure qui sonnait presque désespéré.

J'étais assez naïve dans le fond, et accordai une énorme importance à la parole d'honneur des gens. S'il me jurait qu'il ne ferait rien pour attenter à sa vie, alors une part de moi le croirait et cesserait d'angoisser à ce point. Bien sûr je n'allais pas non plus oublier totalement ce qui venait de se passer et continuer la conversation l'air de rien. Après tout, les types qui parlaient de suicide étaient plus ou moins instables, non ? Il suffisait d'une mauvaise journée, un élan de déprime, et hop … Le grand plongeon était vite arrivé. Je finis par enserrer mon buste de mes bras et me pencher légèrement un avant, un brin pensive.

- Tu sais, si tu te … te, euh … enfin, tu m'as comprise. Si jamais tu fais ça, quelque part ce serait comme commettre un deuxième meurtre, risquais-je sans trop savoir comment il allait le prendre.

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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Lun 1 Sep - 22:36

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Je m'étais peut-être beaucoup trop fais à ces sombres pensées, pour pouvoir aujourd'hui encore éprouver des difficultés vis à vis de tout ça. Je n'étais pas choqué par l'idée de mourir moi même. Et je plaisantais presque quand il était question de prostitution. Autant de sujets qui semblaient plutôt avoir le don de choquer Kaylee qui ne savait trop comment réagir face à tout ça, de toute évidence. Mais il valait mieux en rire, non ? Franchement, je préférerais vraiment voir un sourire sur son visage. « Je trouve aussi » Répondis-je avec un haussement d'épaules. C'était évidemment ironique au possible. Je ne me pensais pas drôle du tout. Ni à ce sujet ni sur un autre pour le moment. Mais ce n'était pas ce que je vivais le plus mal. Il y avait tellement pire dans ma vie ces derniers temps, que mon humour plus que douteux. Ce n'était pas ce qui risquait de me gâcher la vie en tout cas, c'était certain. Quoi que ça signifiait quand même que l'ancien moi était bel et bien mort, puisque j'étais un joyeux plaisantin à l'époque. Je riais pour un oui ou pour un non et sur n'importe quel sujet. Je me moquais aussi, parfois. Ce qui n'était pas souvent au goût de Kaylee.

Je finis quand même par lui faire remarquer que je n'allais pas me suicider maintenant qu'elle était au courant de mes petites sombres pensées. Parce qu'elle culpabiliserait. Ca ne faisait pas le moindre doute ! Or, je ne voulais pas du tout l'imaginer en train de souffrir le martyr à regretter de n'avoir rien fait. Ou pas assez à son goût. Alors qu'elle n'aurait rien à voir dans ma décision si vraiment je décidais de faire une belle connerie de ce genre. Je n'aurais pas du revenir la voir. Elle ne se serait ainsi pas du tout sentie impliquée si j'avais finis par commettre un tel acte à mon encontre. « Je te le pro ... Pr ... Non ! Sérieux non ! J'ai horreur des promesses ! » Soupirai-je finalement en détournant le regard. Ca au moins ça n'avait pas changé. Je n'aimais pas faire de promesse, parce que je me sentais vraiment mal si je ne pouvais pas les tenir. Je préférais donc dire quelque chose et tout faire pour le tenir. Comme ça si jamais je n'y arrivais, au moins je n'avais pas fais de promesse et c'était donc moins grave !

Elle attira de nouveau mon attention quand elle reprit la parole en bafouillant bien trop pour que je comprenne tout à fait ce qu'elle était en train de me dire. Mais lentement, ses mots se collèrent les uns aux autres et je parvins à donner un sens à ses paroles. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que c'était vraiment bizarre cette idée. C'était presque stupide. « C'est quand même horrible ce que t'es en train de dire. Tu t'en rends compte ? » Demandai-je sur un ton pourtant tout à fait calme. Je n'étais pas particulièrement choqué. Ni effrayé. Ni même dégoûté. Je ne ressentais plus grand chose de toute façon. J'étais blasé face à tout. Et là pour le coup, j'étais juste un peu surpris. « J'ai une autre raison de ne pas faire ça de toute façon. Au risque de recevoir un nouveau coup du jouet de ton chien, je ferais quand même remarquer que c'est une sorte de libération. Et que je ne mérite pas celle là non plus. Que je mérite de devoir me battre pour survivre et avancer. » A coup sûr, elle n'allait pas trop apprécier. Mais franchement, tant pis. Je n'étais plus à ça près.

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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Mar 2 Sep - 1:45

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A chacune de ses réponses, j'étais restée figée sur le canapé. Je n'avais pas bronché, pas émis le moindre sifflement de mécontentement, et ce même lorsqu'il refusa de me faire une simple promesse. C'était bien cruel de sa part d'ailleurs, puisqu'il m'empêchait ainsi de ressentir une part de soulagement. Il n'excluait donc en rien la possibilité de se foutre en l'air. Peut-être qu'Aiden avait si bien appris à cohabiter avec son angoisse et sa tonne de remords qu'il avait oublié ce que c'était d'être rassurant. Il était devenu froid, inerte, plus que passif même. A une époque visiblement révolue, il se serait rapproché de moi et il m'aurait tiré contre lui. Il m'aurait serré dans ses bras. Et puis là, il se serait moqué de moi. Il m'aurait dit que j'étais bête d'avoir cru des choses comme ça, que c'était stupide et qu'encore une fois il m'avait bien eu. J'aurais enfin entendu son rire. Un rire sincère, joyeux et terriblement contagieux. S'il avait fait ça, j'aurais fait mine d'être vexée et lui aurais rétorqué que c'était lui l'imbécile, parce qu'on ne rigole pas avec ce genre de propos. Oui, si seulement il l'avait fait. J'avais peut-être attendu aveuglément cette réaction de sa part, ce qui aurait justifié mon absence de vie quant à ce qu'il venait de me faire remarquer. Finalement, je vins frapper mon front avec l'intérieur de ma main quand il en eut fini avec son speech sur la délivrance qu'il ne méritait pas et autres âneries dans ce style. Est-ce que je lui avais déjà signalé qu'il était idiot ? Oui, je crois bien que oui.  

Rester sagement assise à côté de lui, si impassible, me parut soudain insupportable. Je me levai, croisai les bras sur ma poitrine, et tournai les talons pour commencer à déambuler dans la pièce. Aiden était devenu trop 'mou' à mon goût. Avant, c'était toujours lui qui animait les conversations et rendait nos moments si vivants. Son sourire avait toujours eu le don de me transporter. Ses plaisanteries m'amusaient et me blasaient à la fois. C'était une sensation contradictoire en elle-même, mais dont je ne me lassais jamais. Je me souvenais encore de la façon qu'avaient mes muscles de se crisper quand il suivait l'une de ses idées folles, rien que pour le plaisir de me voir protester. De la manière dont il me regardait derrière ses mèches de cheveux un peu rebelles. Et de sa facilité à me rendre toute chose lorsqu'il le désirait vraiment. Je me souvenais aussi des disputes que nous avions eue. Du nombre incalculable de fois où je l'avais insulté, ignoré, rejeté. Je me voyais encore le fusiller des yeux le jour où j'avais subi sa première plaisanterie en guise de présentation. Dès le premier jour, dès le premier mot, Aiden m'avait fait ressentir quelque chose. Qu'importe que ce soit de la colère, de la gaieté ou même … de l'amour. Je vibrais à chaque fois qu'il était dans les parages. A présent il était comme vide. Dénué de ce grain de folie et de cette passion qui étaient pourtant nécessaires. Et j'avais besoin de combler ce manque. Il pouvait rester planté sur le canapé à me regarder brasser de l'air pour rien si ça lui chantait. De toute façon, il avait déjà eu mainte occasion de me prendre pour une cinglée. Je n'étais plus à ça près. Alors je n'allais pas me priver de ramener par moi-même ces foutues vibrations qui me manquaient depuis que je l'avais découvert devant ma porte. J'allais vraiment devenir folle si je restais immobile comme lui une seconde de plus, surtout s'il s'évertuait à me servir encore une fois ce type discours.

- Oui. Enfin, non, commençais-je en faisant les cent pas au milieu de la pièce. Bien sûr que c'est horrible ce que je viens de dire. Je ne m'en suis pas vraiment rendu compte, excuse-moi. Mais je ne pense pas que ça soit plus terrible que cette satanée idée de suicide que tu t'es bourré dans le crâne.

Tous comptes fait, je cessai d'user le tapis et levai des bras impuissants avant de les laisser retomber le long de mon corps.

- Sincèrement … je ne veux pas continuer à te taper dessus avec ce jouet en plastique. Je pense que tu as reçu assez de coups comme ça. Même si ton côté sado-maso trouve que tu n'as pas encore assez souffert ! Il va falloir trouver quelqu'un d'autre pour te maltraiter, Aiden. Moi je refuse.

Je roulai des yeux avant de coincer l'une de mes longues mèches brunes entre mes doigts. Je me mis à la lisser furieusement pour calmer un peu la boule de nerfs que je semblais être devenue. Le sofa que j'occupais au départ trouva grâce à mes yeux. J'arrêtai mes aller-retour pour venir m'appuyer contre le dossier du divan, me plaçant de nouveau face à la source de toutes ces émotions. Je joignis mes mains devant moi et rassemblai patiemment mes esprits.

- Je préfère quand tu parles de « survivre » et d'« avancer », c'est déjà beaucoup moins glauque que la perspective de se donner la mort.

J'esquissai un minuscule sourire en pensant que c'était déjà un énorme pas en avant. Si je le surprenais encore une fois à parler d'auto-destruction – bien que je doute sincèrement qu'il refasse cette erreur – je n'hésiterai pas à user impitoyablement des armes que j'avais en main. En l’occurrence … moi. Aiden avait laissé entendre qu'il ne souhaitait pas me mettre en mauvaise position en provoquant sa mort. Il donnait l'impression d'y tenir, alors je n'allais pas éprouver le moindre scrupule à jouer l'égoïste froissée si ça pouvait le retenir de se faire sauter la cervelle. Mais pour l'heure j'avais une autre solution en tête pour lui changer les idées.

- Il y a peut-être quelqu'un … que je connais plutôt bien et qui travaille dans la mécanique, qui pourrait t'offrir un job, l'informais-je en prenant le temps de choisir chacun de mes mots.

Je n'allais pas plus m'étendre sur le sujet avant d'avoir eu une quelconque réaction positive de sa part. A vrai dire, je m'avançais beaucoup à propos de l'information que je venais de lui transmettre. Il y avait bien un mécanicien avec qui j'avais conservé une bonne relation dans les contacts de mon téléphone. Généralement, il ne voyait aucun souci à me rendre un petit service de temps en temps. Mais de là à donner du travail à un parfait inconnu comme Aiden … et surtout dans un garage qui ne lui appartenait pas … Il y avait des chances pour que je me sois enfoncée plus profondément encore dans cette vaste étendue de problèmes provoqués par la venue de mon fantôme d'une vie passée.

- Mais, pour ça, il faudrait déjà que tu t'y connaisses un peu en voiture, fis-je remarquer en prenant abruptement conscience de cet infime détail.

Au final, je m'attendais à l'entendre me confirmer de cette voix morne qu'il ne savait même pas comment démonter la roue d'une voiture. Quand nous étions adolescents, je l'avais plus souvent surpris plongé dans sa musique plutôt que penché au-dessus du moteur d'un vieux taco, le torse enduit de cambouis.

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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Mar 2 Sep - 19:18

Kaylee & Aiden : Les fins heureuses sont des histoires inachevées.

J'avais beau être bien conscient du fait que cette conversation ne nous mènerait à rien l'un comme l'autre, je ne pouvais tout simplement pas me résoudre à la laisser de côté et à la remettre à plus tard. Déjà parce que je n'étais même pas certain qu'il y aurait un plus tard. Et ensuite, parce qu'il fallait bien mettre les choses au clair le plus tôt possible de toute façon. Maintenant que je m'étais rappelé à ses bons souvenirs, je ne pouvais pas prendre la fuite comme un lâche sans rien lui dire de plus et sans même prendre la peine de la rassurer. Parce qu'elle méritait quand même de l'être. Surtout que je venais de mentionner un possible suicide. La grosse connerie à ne surtout pas faire, bien entendu. Elle devait vraiment me maudire. En tout cas, moi je me maudissais et pas qu'un peu. J'aurais aimé pouvoir effacer de sa mémoire, les dernières minutes de notre conversation. Mais c'était bien impossible alors je me devais de tout simplement faire avec, voilà tout. C'était de ma faute si elle était au courant de tout ça, tout de même. N'aurait-elle pas été mieux si je n'étais jamais passé lui donner des nouvelles ? A n'en pas douter, si.

Kaylee était vraiment sans dessus dessous. Elle avait l'air perdue dans ses pensées et envies. Me frapper encore une fois ou pas ? Me remettre à ma place ou me laisser vagabonder comme bon me semblait ? De toute évidence elle était perdue et ne savait plus que faire ni de quelle façon. Et moi je ne faisais rien pour la rassurer ou autre. Je n'étais même pas capable de lui faire une simple promesse, c'est dire ! Mais ça, ça ne changeait pas du passé. Déjà à l'époque je n'aimais pas faire des promesses. Parce que je n'aimais pas prendre le risque de les trahir. Apparemment incapable de tenir en place, Kaylee fini par se lever et entreprit de faire les cent pas. Alors que j'étais, pour ma part, toujours sagement installé sur le canapé à juste la  regarder faire. Je la regardais faire et c'était déjà bien assez épuisant comme cela, pour moi. Physiquement, soit, mais presque moralement par la même occasion ! « Peu importe. » Soupirai-je avec un vague geste de main, de lassitude. Peu importaient ses excuses. Ce n'était pas si grave que ça, en comparaison de mes propres paroles. Elle faisait bien de le rappeler, en effet.

Je soupirai encore une fois quand je me laissai tomber dans le fond du canapé pour croiser les bras sur mon torse, sans la quitter du regard. Est-ce que j'avais l'air sado maso ? Est-ce que je donnais vraiment l'impression de vouloir être frappé par qui que ce soit ? En effet, j'avais suffisamment reçu. Alors non, ça ne me tentait pas du tout. Ce n'était pas moi qui lui avais demandé de me balancer ce truc à la gueule après tout. « Je comptais justement m'inscrire dans un club de sado-masochisme. C'était un projet pour après ma sortie. » Ca, c'était tout à fait le genre de connerie pas drôle -ou si, selon les humours- que je sortais par le passé. Sauf que cette fois, je n'étais moi même pas convaincu par la drôlerie de la chose; Et que, de toute façon, je ne donnais même pas l'impression d'être en train de plaisanterie vu qu'il n'y avait pas même un sourire sur mon visage. Au delà de ça, j'étais quand même surpris d'éprouver l'envie, même minime, de faire de l'humour comme ça. Peut-être qu'en restant un peu plus longtemps en sa compagnie, je parviendrais à retrouver un peu de l'ancien moi ?

Sans afficher la moindre émotion toujours, je continuais de la suivre du regard, l'observant ainsi se placer contre le sofa pour reporter toute son attention sur moi. j'avais quand même l'impression de passer au rayon x avec elle. C'était à se demander si elle ne s'attendait pas à me voir m'évaporer d'une seconde à l'autre, tant elle me scrutait du regard. C'en était presque gênant. Mais je faisais avec. J'avais quand même cherché, en venant ici. Je me contentai d'un haussement d'épaules désabusé à ses paroles. Pour moi il n'y avait pas beaucoup de différence entre continuer de vivre, et mettre fin à mes jours. Dans les deux cas, c'était la merde totale ! Je ne pu m'empêcher d'arquer les sourcils quand elle me mentionna quelqu'un qui pourrait éventuellement me proposer un boulot dans un garage. J'émis un bruit de gorge qui ressemblait presque à un rire. « Je te ferais quand même remarquer que j'ai marché trente kilomètres, parce que ma voiture est tombée en panne et que je n'avais plus de batterie sur mon téléphone. Et qu'il n'a fallut rien que cinq petites minutes au mécano pour la "réparer". » Lui fis-je remarquer avec un brin d'amusement dans la voix. « Je ne sais rien faire d'autre que de la musique... » Lui rappelai-je avec lassitude. C'était même mon gagne pain en tant qu'étudiant. Je me produisais dans des petits bars de la ville.

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Dernière édition par R. Aiden Miller le Mar 2 Sep - 21:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Mar 2 Sep - 21:10

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Une petite moue étonnée se peignit sur mon visage alors que j'écarquillai les yeux. Finalement le Aiden que j'avais connu, mon Aiden, n'était pas tout à fait mort. Il était toujours là, enfoui bien loin dans ce corps las, mais il n'avait pas disparu et c'était le plus important. Déjà, il s'était manifesté lorsqu'il m'avait balancé une réplique plus ou moins cinglante, qui aurait pu être bourrée de provocation s'il m'avait regardé avec un petit sourire agaçant. S'inscrire dans un club de sado-maso hein ? Ça m'avait fait tilter intérieurement, mais pas parce que son ironie m'avait offensée. Le Aiden adolescent avait toujours eu cette manière frustrante de se moquer des propos qui ne lui plaisaient pas et de les rendre risibles au possible. Et là, il avait fait perdre toute crédibilité à mes paroles après cette intervention, comme il l'aurait fait dix ans plus tôt. Ensuite, il y avait eu cette révélation de sa part, comme quoi il avait parcouru une trentaine de kilomètres à pieds. C'était une idée complètement folle. Il ne connaissait pas Manchester, je doutais même qu'il y soit déjà venu avant aujourd'hui. Combien de fois avait-il dû arrêter les passants pour demander son chemin ? Enfin, ça c'était si on ne prenait pas en compte son discours exaspérant sur le fait qu'il ne méritait aucun soutien. J'avais l'impression qu'il s'en voulait assez à cause de ce meurtre involontaire pour refuser de demander de l'aide à quelqu'un et se débrouiller tout seul au risque de se perdre pour de bon. Ce serait tout de même une façon bien étrange de se punir, soit dit en passant. Mais bon, je ne pouvais pas me permettre de juger qui que ce soit quand il s'agissait de bizarreries. Tout ça pour dire qu'il aurait eu beaucoup plus facile de héler un taxi, ou même de s'acheter une paire de chaussures beaucoup plus adaptée à ce type de voyage … Bref, ce qu'il fallait retenir, c'était qu'Aiden avait suivi l'une de ses envies un peu barges de la même façon qu'il l'aurait fait autrefois. Et ça, quelque part, c'était rassurant.

- Tu as marché trente kilomètres juste pour venir me voir ? Fis-je remarquer.

Un sourire timide naquit sur mes lèvres. Peu m'importait s'il avait parcouru tout ce chemin juste parce qu'il ne lui restait personne d'autre. Peu m'importait donc si, dans d'autres circonstances, il serait aller toquer à la porte de quelque d'autre. Il avait traversé toute la ville, et ce alors que ses orteils devaient le haïr profondément, rien que pour moi. Une étrange sensation m'envahit, mais je la laissai s'installer car elle me réchauffa doucement le cœur.

Si seul ce détail avait attiré mon attention, le vrai sens de sa réponse prit doucement consistance dans mon esprit. C'est sans grande surprise que j'appris qu'il était nul en mécanique. Bon. Ma tentative était ratée, mais je n'étais pas découragée pour autant. De nouveau calme, je retournai m'asseoir à ma place initiale, juste en face de lui.

- Ce n'est pas plus mal finalement. Maintenant que j'y pense, ça m'aurait forcément fait bizarre de te faire travailler avec mon ex, glissais-je avec le plus grand naturel du monde.

J'aurais vraiment dû me faire cette réflexion plus tôt. Certes, Enrique était toujours partant pour me filer un coup de main. Il était resté un bon ami, et je devais bien avouer que j'avais plusieurs fois fait appel à lui quand ma maladresse frappait et que ma voiture morflait. Il aurait sûrement insisté auprès de son patron et aurait pris Aiden sous son aile. Mais c'était ça le problème. Lui et Aiden réunis. J'avais beau y mettre tous les efforts que je voulais, je n'arrivais pas à les imaginer  ensemble. Ils étaient trop différents, sans aucun doute.

Je plantai mes coudes dans mes genoux et posai mon menton au creux de mes paumes. Peu d'alternatives s'offraient encore à moi. Nous étions obligés d'écarter la possibilité de voir Aiden le torse tartiné de graisse. Concentre toi Kay. Lui proposer un travail au refuge n'était même pas envisageable vu son allergie. Alors ne parlons même pas du cabinet vétérinaire. Je n'aurais jamais eu le temps de m'occuper de lui de toute façon.

- Bon, eh bien, si tu n'as que la musique, alors il va falloir s'en contenter. Il y a plein de petits bistrots sympas dans le coin. Je suis certaine que tu te trouverais rapidement une tonne de groupies, lançais-je sur un ton encourageant.

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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Mar 2 Sep - 22:28

Kaylee & Aiden : Les fins heureuses sont des histoires inachevées.

Je venais vraiment de lui dire ça ? Vraiment ? Apparemment oui. J'étais idiot là quand même. Est-ce que je ne pouvais pas juste tenir ma langue ? Me taire un peu pour une fois ? A croire qu'il était vraiment utile et important que Kaylee sache tout ça. Alors que, bon Dieu, il aurait été nettement préférable qu'elle ne connaisse pas ce détail. Ce n'était qu'un détail de rien du tout. Dont on se fichait royalement ! Je pinçai les lèvres devant sa réaction immédiate. Ca aussi ce n'était vraiment pas tombé dans l'oreille d'un sourd. Au contraire, elle ne tarda pas à rebondir sur ma subite annonce et à m'interroger, comme pour être certaine d'avoir bien compris. Ne pouvait-elle pas faire mine de ne pas avoir entendu, franchement ? Ca me ferait un bien fou pour ma part ! Bon à elle peut-être pas. Parce que ça avait l'air de bien l'intriguer. Voir carrément de la toucher ? Non, c'était bizarre ça. Y'avait rien de touchant dans le fait que je vienne de parcourir trente kilomètres à pied, simplement pour venir la voir. Enfin peut-être que si. Je n'en savais rien vu qu'il n'y avait plus grand chose qui était encore à même de me toucher d'une façon ou d'une autre désormais.

Je finis donc par hausser les épaules comme si ce n'était pas du tout bizarre. Comme si, au contraire, c'était même d'une banalité affligeante. Bien sûr, il n'en était rien. Mais autant faire mine de rien autant que possible. « Ca fait du bien de marcher. » Répondis-je simplement. Bon ok, ça représentait quand même une sacré trotte. Mais même physiquement, j'avais l'étrange sensation de ne rien ressentir. Ou vraiment pas grand chose en fait. Sans doute qu'une fois installé dans ma chambre d'hôtel, je réaliserais que je suis complètement mort et je me coucherais sans pouvoir me relever. Enfin si, mais pas de sitôt. Pas la peine de se réjouir trop vite en pensant que la mort viendrait me faucher et tout ça. Même si je continuais d'espérer un peu ça. Si c'était une mort à cause de la fatigue, ça n'aurait rien d'un suicide après tout ! Et Kaylee n'aurait donc aucune raison de m'en vouloir, de me maudire et de culpabiliser ! Oui, jolie conclusion que voilà. Plus jolie que celle qu'elle était en train de me faire maintenant. En effet, il était vraiment préférable que je sois trop mauvais en mécanique pour bosser avec ... Avec son ex ...

Je me figeai et perdis sans doute un peu plus de couleur en la regardant fixement. Ce quelqu'un qu'elle connaissait plutôt bien, était donc son ex ? Pourquoi est-ce que ça me faisait quelque chose au juste ? Ca faisait dix ans que notre relation n'était plus franchement au goût du jour. Je n'étais pas en droit de ressentir la moindre jalousie. Certes, aucune rupture officielle n'était survenue entre nous. Mais commettre un meurtre était une très bonne raison de se séparer. Alors oui, nous étions séparés. Et en dix ans, aucun doute qu'elle avait du m'oublier dans les bras de dizaines d'autres types. Plus que ça ? Oh bon sang, je préférais ne même pas y penser. Dire que j'étais son amour de jeunesse. Je n'étais que ça finalement. Son premier amour. On ne fini pas avec son premier amour. On fini par l'oublier même. De toute façon, peut-être qu'on ne serait même plus ensemble à l'heure d'aujourd'hui, si je n'avais pas fais de prison ! En tout cas, je n'étais aujourd'hui qu'un ex parmi tant d'autres pour elle. Alors que de mon côté ... Elle était juste ... La seule. Enfin il y avait bien eut quelques petits flirts avant elle. Mais pas de relation concrète. Elle était ma première véritable relation. Et vu d'où je revenais, il était évident qu'il n'y avait toujours qu'elle.

« Ca par exemple, tu vois, c'est vraiment glauque. » Lâchai-je d'une toute petite voix. Difficile de savoir si c'était le fait qu'elle me parle d'un ex comme si ce n'était rien du tout, ou si c'était parce qu'elle avait émit l'idée que je bosse à ses côtés. Dans tous les cas, c'était glauque. Et vraiment douloureux. Plus que je ne voudrais bien l'admettre à voix haute. Je supposais qu'elle ne s'était pas rendue compte de cet infime détail. Du fait qu'elle était ma seule réelle ex et que depuis elle, je n'avais connu personne. « Dans le coin ? » M'étonnai-je doucement en lui lançant un regard interrogateur. Pourquoi "dans le coin". Est-ce qu'elle pensait vraiment que j'allais m'installer dans les environs ? En sachant que mon hôtel était à plusieurs villes d'ici et que je n'avais fais le déplacement que par besoin de la voir ? « Il y a davantage de bars et d'opportunités à Londres. » me contentai-je de remarquer en évitant de nouveau son regard. Mon but n'était pas vraiment de mettre le plus de distances possible entre elle et moi. Mais presque quand même. Je n'avais pas envie de prendre le risque de la croiser avec son futur petit ami. Ou l'un de ses ex. Peut-être que c'était un point à rediscuter avec moi même, quand je serais moi même parvenu à remettre assez d'ordre dans ma vie pour entamer une relation. Ce qui, clairement, n'était pas encore prêt d'arriver.

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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   

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Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee

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