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 Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee

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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Mer 3 Sep - 11:45

Aiden & Kaylee
Les fins heureuses sont des histoires inachevées.

De toute évidence, je n'avais pas saisi le malaise. Comme la plupart du temps, j'étais un peu à côté de la plaque. Assez pour ne pas comprendre que parler de l'un de mes exs à Aiden n'était un si bon sujet de conversation. D'ailleurs, « ex » était un bien grand mot. J’enchaînai les relations désastreuses les unes après les autres et c'était ainsi depuis que j'étais arrivée à Manchester. Depuis que mon histoire d'amour avec lui s'est retrouvée brutalement stoppée en fait. Je n'y avais jamais vraiment pensé, certainement parce que j'avais évité le plus souvent possible de me replonger dans ces souvenirs, mais Aiden représentait ma plus sérieuse relation amoureuse. C'était assez étrange, puisque nous étions tous les deux très différents. Enfin … ces autres types aussi étaient différents de moi. Mais ils n'étaient pas … comme lui. Inconsciemment, peut-être que j'avais cherché des hommes qui ne lui ressemblaient en rien pour ne pas revivre la même fin catastrophique. Ou pour ne pas trop me rappeler de lui. Enrique, par exemple, était tellement son opposé ! Et ça n'a pas duré bien longtemps entre nous. Ce que nous avions tenté de construire était même parfaitement ridicule à tel point ça se voyait que nous n'étions pas sur la même longueur d'onde. C'était peut-être ça qui bloquait. Finalement, il n'y avait eu qu'avec Aiden que je m'étais sentie vraiment bien.

Quoi qu'il en soit, je mis un certain à comprendre que par « glauque » il entendait parler de mon passé amoureux. Je m'esclaffai et me redressai sur mon siège, reposant mes bras en travers de mes cuisses.

- Oh, je t'en prie ! Ça n'a été que l'affaire de trois semaines, tout au plus ! Et puis ce n'est pas comme si je couchais encore avec …

Si j'avais trouvé sa réaction amusante, cette fois je m'étranglai, réellement choquée par ce que je venais de dire. Je fermai abruptement les yeux et rentrai instinctivement la tête dans les épaules. Je n'avais pas dit ça, pitié non, je n'avais pas dit ça. Je priai silencieusement pour qu'il n'ait pas entendu ma dernière phrase, ou mieux encore, pour que j'ai rêvé l'avoir vu dans mon salon. Lorsque je rouvrirai les paupières, il ne sera plus là. Bien sûr, mais pas parce que ça n'aurait été que le fruit de mon imagination. Ce serait plutôt parce qu'il se serait barré de chez moi, trop dégoutté par la tournure que prenait la discussion. Alors je me risquai à rouvrir un œil. Il était encore là. Quelque part, j'avais peut-être espéré qu'il se soit en effet volatilisé dans la nature pour ne pas assumer la honte colossale qui me tombait dessus. J'avais les joues en feu.

- Ou-oublie ça. Tu as raison, c'était carrément sordide, balbutiais-je sans parvenir à le regarder en face plus d'une demi-seconde.

J'avais l'impression que ces retrouvailles se transformaient en une véritable catastrophe. Déjà je ne l'avais pas accueilli avec beaucoup de chaleur. Ensuite je l'avais insulté, et je l'avais bombardé avec un os en plastique. Et enfin, pour finir, je lui parlais de mes antécédents sexuels. Je venais sans doute d'exploser mon record de bêtises, faisant ainsi passer mon statut de simple boulet à boulet intergalactique. Un gémissement resta coincé au fond de ma gorge. J'aurais fais n'importe quoi pour remonter le temps de quelques instants juste pour me coller une gifle et m'empêcher de lui dire ça.

Pourtant, si mon visage brûlait d'embarras, il ne mit pas longtemps à pâlir de nouveau. Quand Aiden s'étonna qu'un bon nombre de bars pourraient lui ouvrirent leurs portes « dans le coin », une vague de gaieté m’envahis. Je crus comprendre qu'il voyait là une chance pour rebondir et trouver un job par lui-même, en faisant ce qu'il avait toujours aimé en plus ! Mais mon enthousiasme retomba bien vite. Je dirais même qu'il le piétina sans la moindre hésitation quand il parla de Londres. Bon sang, ce que j'avais l'air idiote maintenant … Une étrange sensation me traversa. Je n'arrivai pas à définir si j'étais vexée de ce brusque retour à la réalité, ou juste terriblement déçue. Sourcils légèrement froncés, je pris le temps d'humecter mes lèvres avant de répondre. Il y avait sûrement quelque chose qui m'avait échappé, un point qu'il avait abordé mais dont je ne me souvenais plus … Mais non. Rien. Que dalle même. Et ça me plongeait dans un océan d'incompréhension.

- Je ne te comprends pas, déclarais-je finalement avec un petit haussement d'épaules contrit. Tu as été chercher mon adresse. Tu as marché trente kilomètres à travers Manchester. Tu as traversé cette rue et tu as appuyé sur cette sonnette. Personne ne t'y a obligé … Tu m'as dit toi-même que tu étais venu parce que tu n'avais nulle part d'autre où aller. Et maintenant … Tu m'avoues que tu comptes retourner à Londres. Dans la ville où tout à commencer. Ou plutôt devrais-je dire, là où tout s'est terminé. Alors … Alors pourquoi es-tu là au juste ?

Je lui jetai un regard désemparé. Je ne voulais pas le mettre à la porte, juste essayer de saisir le but de tout ceci. Nous n'étions tout de même pas assis ici, à parler de choses et d'autres comme son séjour au prison et mes anciens partenaires, pour faire passer le temps. Si … ?

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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Mer 3 Sep - 21:40

Kaylee & Aiden : Les fins heureuses sont des histoires inachevées.

Peut-être que si j'avais moi même eus quelques copines au cours de ces dix années de séparation, ça ne m'aurait rien fait de l'entendre mentionner ses ex à elle. Enfin au moins un du coup. Mais là, le fait est que ça me fit un sacré coup au coeur. Parce que je réalisais de plus en plus que contrairement à ma vie, la sienne ne s'était pas du tout arrêtée. Pas mise sur pause durant une interminable décennie. Elle avait continué de vivre. Et en un sens, tant mieux pour elle. Je n'allais pas dire que c'était mal. C'était même plutôt une bonne chose. Elle semblait pas trop malheureuse d'ailleurs. Certes, apparemment pas mariée et mère. Mais au moins dans sa petite maison et ses ... Animaux. Beaucoup d'animaux. C'était fou ça. Comment pouvait-on avoir autant de bestioles ? Enfin peu importe. Là n'était vraiment pas la question pour le moment. J'étais encore surpris qu'elle ait mentionné son ex et je ne savais ni que faire ni que dire. Si ce n'est lui faire remarquer que c'était glauque, sans être certain qu'elle comprenne tout à fait ce que je voulais dire par là. Pour elle, ça n'avait évidemment rien de bizarre ni de déplacé. Pour moi, il en allait tout autrement par contre.

Non de toute évidence, ce n'était pas étrange du tout pour elle, puisqu'elle trouva matière à rire et à rebondir encore sur le sujet. A ses mots, je me figeai plus encore et ouvris grand les yeux. Est-ce qu'elle venait vraiment de mentionner ... Le côté sexuel de sa relation avec son ex ? De sa vie sexuelle tout court ? Vraiment ? Devant moi ? Moi qui n'avait connu qu'elle et qui, depuis dix ans, traversait un long et sec désert de ce côté là ? D'un côté, je n'aurais pas du être surpris, venant d'elle. Elle avait toujours été plutôt maladroite dans son genre. Heureusement, elle sembla enfin réaliser sa bêtise vu qu'elle s'arrêta en cours de route et tenta, mortifiée, de se rattraper. Sauf qu'il était trop tard. Je ne risquais pas d'oublier ce que je venais tout juste d'entendre. Je soupirai et portai mes mains à mes tempes pour un lent massage circulaire, paupières closes. Un début de migraine était en train de pointer le bout de son nez. Résultat d'un tumulte fou d'émotions. Sans parler de la longue marche à pied que j'avais du faire pour arriver jusque là. « Je ne tiens vraiment pas à savoir ce que tu as fais de ton corps et avec qui, au cours des dix dernières années. » Soupirai-je doucement.

Soit, une part de moi ne pouvait s'empêcher d'éprouver une forte jalousie à l'idée des hommes qu'elle avait pu connaître quand moi j'étais en prison. Mais c'était normal de ressentir cela, non ? Après tout, je n'avais aimé qu'elle. Aujourd'hui je ne saurais dire ce que je ressentais, vu que tout, vraiment tout, avait été mit sur pause au cours de ces dix années. Je n'étais même pas certain de ressentir quoi que ce soit en vérité. Ce qui, en soit, était assez triste. Surtout si je tentais de me rappeler de combien c'était beau, bon et magique de vivre vraiment. De vivre heureux. De faire ce que bon me semblait, quand je le voulais et avec qui je le souhaitais. Mais tout ça était maintenant derrière moi, c'était un fait. Je n'étais plus ce jeune homme insouciant que j'avais été pendant très longtemps. Et je n'avais plus du tout la même assurance non plus, entre autres choses qui avaient pu changer ou évoluer chez moi. Tout ça, elle était à peine en train de s'en rendre compte. Et je le prouvai quand je mentionnai soudainement que je comptais retourner à Londres.

Je ne m'attendais pas à une telle réaction de sa part. Et cette fois ci, plutôt que de pâlir, je me mis à rougir. Je sentis mes joues s'empourprer. Et le réaliser ne me poussa que plus encore à rougir. J'avais maintenant les joues en feu et je tâchais d'éviter son regard. A vrai dire, légèrement penché en avant et coudes posés sur les cuisses, je faisais mine d'être incroyablement passionné par la paume de l'une de mes mains, que je venais gratouiller d'un ongle de mon autre main. « Je voulais te demander de l'aide, mais je me suis dégonflé. » Avouai-je à mi voix. Fut un temps où j'avais les cheveux assez longs pour n'avoir qu'à pencher la tête en avant, pour que l'on ne voit plus vraiment mon visage d'en face. Mais ce n'était plus franchement le cas maintenant. Alors je devais subir son regard sur moi alors que j'étais rouge de gêne. « Parce qu'entre temps je me suis rendu compte que je risquais de déranger ta vie bien tranquille et que pour éviter ça il était préférable que je ne reste pas dans le coin. »

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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Jeu 4 Sep - 21:00

Aiden & Kaylee
Les fins heureuses sont des histoires inachevées.

Les rôles semblaient s'être inversés. Ce n'était plus un homme sans émotion qui se tenait devant moi, las de tout et qui avait le don de me rendre mal à l'aise. A présent, c'était lui qui fuyait obstinément mon regard. Et c'était ses pommettes qui prenaient une jolie teinte rosée. Je trouvais ça adorable, même si lui devait détester cette situation. C'était rare de le voir rougir, lui qui avait réponse à tout autrefois. Je l'impressionnais donc à ce point ? J'aurais pu me montrer vexer d'apprendre qu'il n'avait pas oser me demander de l'aide, après tout il avait déjà tout connu de moi et inversement. Mais non, bien au contraire. Cette pesante déception qui avait atterri sur mes épaules disparu dans les airs. Je trouvais ça très honnête de sa part de m'avoir dit les choses aussi franchement, au lieu de se renfrogner et se réfugier derrière sa carapace de glace.

- Je t'ai connu plus téméraire, fis-je remarquer sans pouvoir m'en empêcher, un petit sourire malicieux et mélancolique à la fois aux coins des lèvres.

Toutefois, je n'insistai pas plus que ça. J'avais bien compris qu'avoir les joues cuisantes le dérangeait particulièrement. A sa place, j'aurais probablement souhaité rentrer sous terre. Et comme je vivais régulièrement ce genre de situation, je fis comme si je n'avais rien remarqué et me penchai plutôt vers le vrai cœur du problème. Parce qu'il s'agissait bien d'un problème qui me collait sous le nez. Maintenant qu'il m'avait confié le but premier de sa visite, je ne pouvais pas me permettre de le foutre à la porte comme si de rien n'était. L'aider ne me dérangeait pas plus que ça en soi. J'avais bien essayé de l'aiguiller pour trouver un job quelques instants plus tôt. Ce qui me perturbait à présent, c'était que j'avais l'impression de ne plus avoir le droit à l'erreur. D'un autre côté, Aiden paraissait regretter d'être venu et avait laissé entendre qu'il préférait retourner à Londres pour se débrouiller tout seul. Alors je ne savais pas trop quoi faire. Qu'est-ce qu'il attendait de moi au juste ? Visiblement trouver un travail était le prochain but qu'il s'était fixé, et j'étais d'accord pour dire que c'était une bonne idée. Mais comme il l'avait souligné, il n'avait que la musique. On ne pouvait pas dire que c'était un domaine très prometteur, comme tout job touchant à l'art en général. S'il réussissait à trouver quelque chose dans un bar, il ne toucherait pas énormément d'argent. Pas assez pour se payer un logement décent du moins. Alors qu'est-ce qu'il allait bien pouvoir faire s'il retournait à la capitale ? Vivre sous un pont ? Vendre son corps au plaisir de ces dames ? Il pouvait bien dire qu'il craignait de déranger le cours de ma vie, c'était trop tard de toute façon. Les choses étaient destinées à être bousculées depuis qu'il avait appuyé sur le bouton de la sonnette. Dans un sens, c'était peut-être bien non ? Hormis le temps que je passais à mon travail, mon existence était à mourir d'ennui. Sérieusement, je n'étais même pas capable de me dégoter un compagnon digne de ce nom ! J'avais presque vingt-huit ans et je ne partageais ma vie qu'avec mon chien. Le changement ne pouvait pas faire trop de mal en théorie. Soudain, je me remis en tête cette image à laquelle je me comparais souvent. Celle d'une petite barque qui se laissait aller doucement par le courant d'une rivière. Vu sous cet angle, Aiden m'apparaissait comme un ouragan. Dévastateur et inévitable. Comment j'étais censée m'en sortir face à un tel obstacle ? Oh misère, dans quel pétrin je venais de me fourrer … En proie à un sacré dilemme, je passai mes mains sur mon visage tiré avant de les glisser dans mes cheveux.

- C'est bon, écoutes, tu peux rester ici ce soir …

Je me mordis la lèvre à peine mon invitation proférée. Je n'étais toujours pas convaincue que ce serait une bonne idée, mais je ne pouvais pas me résoudre à l'abandonner. Ma conscience m'interdisait même d'y penser. Ça aurait été trop cruel de ma part. Surtout alors qu'il disait n'avoir plus personne sur qui compter. Et qu'il avait fait tout ce chemin pour que je lui tende la main. Quoi qu'il ait fait par le passé, mon cœur n'était pas assez endurci pour que la mienne reste insensiblement fermée au fond de ma poche. La véritable question désormais, c'était de savoir si j'étais réellement prête à accueillir une nouvelle fois Aiden dans ma vie ...

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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Jeu 4 Sep - 21:45

Kaylee & Aiden : Les fins heureuses sont des histoires inachevées.

Je fis un peu la moue quand elle me fit remarquer qu'elle m'avait connu plus téméraire. je ne savais trop comment le prendre, en sachant que j'avais quand même toutes les raisons du monde de l'être beaucoup moins désormais. Et je n'avais pas le moindre doute sur le fait qu'elle était bien au courant de cela. « Je ne suis plus franchement le même. » Lui fis-je quand même remarquer, même si j'étais tout à fait certain du fait qu'elle savait tout ça. Qu'elle était bien consciente de combien j'avais pu changer au cours de ces dix années qui venaient de passer. En même temps, le contraire serait étonnant vu les épreuves malheureusement traversées. Je ne voyais pas bien comment j'aurais pu continuer d'être ce type sûr de lui, enjoué et plein de vie que j'avais toujours été. Je n'étais aujourd'hui plus que l'ombre de moi même. Et si ça ne me faisait ni chaud ni froid pour ma part, je n'avais aucun doute quant au fait que ça devait la perturber quand même un peu de son côté. Ce qui était bien compréhensible, bien sûr. Elle avait vu s'en aller un type enjoué. Et aujourd'hui elle retrouvait un pessimiste sombre et renfermé sur lui même. Encore un peu et elle aurait toutes les raisons du monde d'avoir peur de moi. Mais j'osais quand même espérer que ce n'était pas à ce point là non plus !

Par contre, elle avait maintenant confirmation du fait que je ne serais pas contre un peu d'aide. Le seul souci dans tout ça, c'est que je ne savais pas du tout comment le lui dire. Et que le simple fait de l'avouer à voix haute, me mettait vraiment très mal à l'aise. mais il le fallait bien de toute évidence, puisqu'elle avait l'air d'être perdue quant aux raisons qui m'avaient poussées à venir la retrouver directement chez elle, à ma sortie de prison .Sauf que je ne me sentais plus du tout de lui demander une aide quelconque. Elle ferait mieux de me foutre dehors tout de suite, histoire d'être tranquille pour de bon. Parce que si elle me demandait de la laisser définitivement tranquille, il était certain que je lui obéirais sans l'ombre d'une hésitation. Parce que j'étais déjà bien gêné de lui avouer que j'avais besoin d'aide. Même si, en un sens, c'était bien logique. Puisque j'étais sans le sou et que je ne connaissais plus personne. Les seules personnes qui resteraient à jamais dans mon entourage, c'était à cause des liens du sang. Et ce n'était apparemment pas une raison suffisante pour qu'ils daignent me tendre la main et me proposer une aide quelconque. Autant dire que j'étais dans la merde, pour de bon. Je m'étais donc résigné à demander de l'aide à mon ex.

Je rougis de plus bel quand elle m'annonça que je pouvais rester pour la nuit. Je ne m'étais pas trop attendu à ça. Et en même temps, je l'espérais quand même un peu. Ce serait toujours une nuit de moins à payer à l'hôtel. Et je doutais que son chez elle soit moins confortable que ledit hôtel. Ou que la cellule que j'avais occupé au cours des dernières années. Toutefois, je me sentais vraiment gêné d'accepter son aide. Elle ne me devait vraiment rien après tout. Ce n'était pas non plus comme si nous avions été à même d'au moins conserver une amitié au cours de ces dix années. Puisque je n'avais jamais eus la moindre petite nouvelle de sa part. Et si je ne lui en voulais pas du tout, j'étais quand même bien conscient du fait que ça signifiait que tout était perdu. Et qu'il y avait peu de chance pour que l'on conserve un quelconque lien à l'avenir. « Je te remercie. » Marmonnai-je doucement, totalement incertain quant à savoir si je devais ou non faire mine de vouloir refuser au départ. Ca ne serait pas plus poli que d'accepter directement son aide ? D'autant plus qu'elle ne le faisait sans doute que parce qu'elle n'avait pas le coeur à me mettre dehors et que j'étais bien venu pour lui demander une petite aide. Elle devait sans doute s'y sentir obligée. Et pourtant, pour une fois, je devais prendre sur moi pour accepter sans trop rechigner ni faire la moue. J'allais sans doute sérieusement devoir apprendre à accepter que l'on m'aide. « Je ne prends pas beaucoup de place ... » Crus-je bon de préciser, comme pour m'excuser à ma façon de squatter ainsi chez elle. Recevoir une telle aide, ce n'était pas forcément la raison principale qui m'avait poussé à venir jusque chez elle. Le simple fait de l'avoir vu avait été quelque chose de formidable en soit, pour moi.

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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Jeu 4 Sep - 23:40

Aiden & Kaylee
Les fins heureuses sont des histoires inachevées.

Le voir aussi mal à l'aise me donnait envie de le rejoindre à nouveau et de passer l'un de mes bras derrière ses épaules pour lui donner une tape amicale. Ou de pincer ses adorables joues toutes rouges. Ou ébouriffer ses cheveux sombres comme ceux d'un petit garçon. Oh oui, ébouriffer ses cheveux ! Je n'aurais sans doute pas su résister s'il avait s'agit de quelqu'un d'autre. Encore une fois, le fait que ce soit Aiden qui se tenait en face de moi me retenait d'être familière et totalement détendue. Quoi que je pense ou veuille penser, je n'arrivais pas à chasser de ma tête ce souvenir qui me répétait sans cesse qu'il avait tué un homme. Je venais d'inviter un meurtrier à dormir sous mon toit, voilà ce que me hurlait une petite voix au fond de mon crâne. Je détestais cette partie de moi qui pensait ça, et qui regrettait même de lui avoir ouvert les portes de ma maison. Je détestais cette partie qui craignait Aiden et qui faisait naître, malgré moi, une boule d'appréhension dans le creux de mon ventre. Il n'avait jamais voulu porter le poids d'un crime sur ses épaules, c'était horrible et terriblement injuste de se dire ce genre de chose. Mais quoi que je fasse, je n'allais sûrement pas fermer l’œil de la nuit, c'était certain.

Je me forçai tout de même à sourire en réponse à ses remerciements, un faible sourire incertain mais sourire quand même. Il avait l'air soulagé, bien que toujours affreusement mal à l'aise. Mon âme charitable s'en réjouit aussitôt. J'avais marqué un point visiblement, l'aide que j'avais voulu lui proposer avait porté ses fruits cette fois-ci. Et je n'avais même pas eu besoin d'évoquer l'une de mes désastreuses histoires amoureuses. Je pouvais même dire que nous étions ex aequo désormais. Lui avait allégé ma conscience en me rassurant à propos de mon absence ces dix dernières années, et moi je venais de lui supprimer l'un de ses soucis, pour ce soir du moins, en lui offrant un lieu où dormir. En plus de ça, ça me permettrait de garder un œil sur ses faits et gestes pour quelques heures de plus. Il y avait sans doute peu de chance pour qu'il décide d'attenter à sa vie chez moi. Cet aspect-là avait au moins le mérite de compenser mes instincts de grande froussarde.

- Tu n'auras qu'à t'installer sur le canapé. Je suis désolée, je n'ai pas vraiment de lit de libre à disposition …

Le seul matelas de la maison s’avérait être le mien. Et même si j'avais décidé d'abriter Aiden en partie pour rendre hommage au lien qui nous reliait auparavant – n’exagérons rien, je ne l'aurais pas laissé rentrer chez moi s'il n'avait été qu'un vieux camarade de lycée – je n'étais pas non plus disposée à le laisser dormir à mes côtés. Ni même à poser un seul pied dans ma chambre d'ailleurs. Il allait rester sagement en bas, dans le salon, tandis que moi je me barricaderai sans doute l'étage en me faisant toutes sortes de films dans mon esprit farfelu.

- Ne t'inquiète pas, il y a assez de place pour quatre ici. Et je suis certaine que Vixy et Archimède t'ont déjà adopté, affirmais-je avec un grand sérieux.

Bon, je venais bien de compter mes deux animaux comme des membres à part entière de ma petite famille. Aiden n'avait pas l'air d'être trop à l'aise parmi eux, mais hélas il allait bien devoir s'y accoutumer. De toute façon, il n'aurait qu'à supporter la présence d'une tortue dans la même pièce que lui. Rien de bien méchant. Ça ne fait même pas de bruit comme bête … Ça n'a pas de poil et c'est bien moins encombrant qu'un chien. Moins mouillé aussi. Au moins, rien ni personne ne lui bavera allègrement dans l'oreille au court de la nuit.

- En parlant de la chienne … Je sais que tu n'aimes pas trop la voir dans les parages à cause de ton allergie, mais ça me gêne de la laisser dehors jusqu'à demain matin. Ça te pose problème si je la monte en haut avec moi ? Demandais-je non sans grimacer un petit peu en passage.

Je devais bien avouer que je n'avais pas spécialement l'habitude de serrer Vixy contre moi avant de m'endormir. Ça arrivait les soirs d'orage où elle était complètement folle de peur, ou lorsque j'avais une peine de cœur. Mais sinon elle tenait compagnie à son ami à carapace. C'était vrai que je ne voulais pas l'enfermer dans le jardin toute la nuit. Et c'était vrai aussi que je ne pouvais pas la laisser semer sa fourrure tout autour d'Aiden. Mais il fallait dire que cette situation m'arrangeait pas mal. Ça me rassurerait d'avoir le chien non loin en me glissant sous ma couette, même si elle était pitoyable en tant que garde du corps. Elle ferait toujours office de présence apaisante. Enfin. Tout ça, Aiden n'était pas sensé le savoir.

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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Ven 5 Sep - 17:18

Kaylee & Aiden : Les fins heureuses sont des histoires inachevées.

Même si j'étais vraiment mal à l'aise de devoir aujourd'hui accepter l'aide de mon ex, je devais bien admettre que je ne pouvais pas trop faire autrement non plus. Parce que j'étais en train de vivre une sacré galère qui n'était malheureusement pas prête de prendre fin. Et que, du coup, un peu d'aide extérieure ne serait véritablement pas de refus. Toutefois, je ne voulais pas non plus qu'elle en fasse trop. J'ignorais jusqu'à quel point elle se sentait obligée de m'aider comme elle était sur le point de le faire. J'espérais pas trop tout de même. Quand bien même d'un côté ça m'arrangeait un peu. Mais je ne voulais pas qu'elle ruine sa vie ou son moral, pour un type comme moi. Je ne méritais tellement pas autant d'attention de la part de qui que ce soit. Et certainement pas de sa part à elle ! « Le canapé sera vraiment très bien, ne t'en fais pas. J'ai connu pire. » Lui précisai-je quand même. En même temps, on pouvait difficilement faire moins confortable que les couchettes des cellules en prison. Avec leurs deux centimètres d'épaisseur, on ne pouvait pas vraiment dire que c'était le grand luxe tout ça. En fait, ce n'était même pas assez épais pour qu'on ne sente pas les ressorts juste en dessous. Et quand par malheur il y en avait un qui était pété, eh bien il fallait faire avec. Et sans se plaindre, bien entendu !

J'arquai un sourcil dubitatif quand elle mentionna ses animaux comme s'ils étaient des personnes à part entière. Il ne s'agissait pourtant que d'animaux. Est-ce qu'elle était seule au point de reporter absolument tout son amour, sur ces deux êtres là ? J'avais tout de même un peu de mal à le croire. Elle était tellement formidable, qu'elle devait avoir une sacré bande de potes et même de prétendants. En tout cas, sur ce plan là, je ne m'inquiétais vraiment pas pour elle. « On ne peut pourtant pas dire que j'ai fais grand chose pour mériter ça. » Commentai-je doucement. Après tout, par ma faute, la chienne avait été mise carrément à la porte. Quant à la sortie, elle avait également du rejoindre sa petite maison plutôt que de pouvoir continuer sa promenade dans le salon. Autant dire que ces deux animaux là n'avaient aucune raison de m'apprécier. D'autant plus que pour le coup, j'accaparais grandement l'attention de leur maîtresse. Ce qui n'était pas génial non plus. Espérons donc qu'ils puissent me pardonner cet affront et véritablement m'accepter à leurs côtés. Quand bien même je doutais que ma présence ici s'éternise dans le temps.

Je fus franchement étonné quand elle me demanda presque l'autorisation de faire monter sa chienne dans sa chambre. Je ne voyais vraiment pas de raison pour laquelle je pourrais refuser cela. Déjà, pour commencer, c'était ici chez elle. Alors elle n'avait vraiment pas à me demander l'autorisation pour faire quoi que ce soit. « Pourquoi est-ce que tu sembles m'en demander l'autorisation ? » Lui demandai-je donc finalement, sur un ton presque hésitant et incertain. Est-ce qu'elle pensait que j'allais faire une crise rien qu'en ayant le chien qui me passerait sous le nez pour monter à l'étage ? Heureusement, ce n'était quand même pas à ce point. « Et franchement, tu sais, elle peut aussi bien rester ici. A part si elle est du genre à se coller à la tronche des gens, je ne pense pas que ça me pose le moindre problème. » Lui fis-je ensuite remarquer. Je ne tenais pas non plus à ce qu'elle ait un tas de restrictions et que ma présence puisse changer quoi que ce soit à ses habitudes. Je n'étais que de passage, ce n'était vraiment pas pour être emmerdant et tout chambouler dans son joyeux petit train train. Je ne me permettrais vraiment jamais de déranger quoi que ce soit, qu'on se le dise. Même quelque chose de fort peu important ! Je tenais vraiment à me faire le plus petit possible. Or, ce n'était pas en commençant à titiller sur d'infimes détails, que je risquais de passer tout à fait inaperçu. J'allais quand même finir par me demander si elle ne me craignait pas un peu, pour oser me poser des questions pareilles, comme si j'avais vraiment mon mot à dire !

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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Ven 5 Sep - 19:04

Aiden & Kaylee
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Je ne pus retenir un léger rire lorsqu'il me signala qu'il n'avait rien fait pour s'attirer les bonnes grâces de mes animaux. Mon bras était encore un peu engourdi des assauts répétés et menés par mon dalmatien fou quand il avait aperçu Aiden sur le paillasson. Si lui n'était pas particulièrement à l'aise avec les bêtes, elles en revanche n’éprouvaient pas ce même sentiment à son égard. Si je l'avais laissée faire, la chienne lui aurait sauté dessus et ne l'aurait plus lâchée d'une semelle. Très peu de monde pénétrait dans mon chez moi, elle en était donc deux fois plus excitée quand un événement aussi rare se produisait. Et puis, de toute façon, je me fis la même remarque qu'Aiden avait déjà dû se faire. Ce n'était que des animaux. J'étais encore maîtresse des lieux et ils n'avaient pas leur mot à dire sur qui je laissais dormir dans le salon.

- Je ne sais pas … Tu dois avoir un parfum très attrayant, tu as vu comment la chienne a voulu venir te souhaiter la bienvenue tout à l'heure ? Souriais-je. Elle t'adore, crois-moi.

C'était un fait, point final. Et s'il souhaitait éviter d'éternuer à n'en plus finir tout le long de son séjour ici, nous aurions grands intérêts à tenir le canidé éloigné. Parce qu'il n'y avait nul doute qu'il viendrait illico promener sa langue sur cette nouvelle attraction que constituait Aiden. Parler de mes compagnons poilus et à carapace me détendait. Enfin, j'aurais plutôt parié que ça ne faisait que me changer les idées, me détourner de la perspective qu'un homme que je n'avais pas revu depuis dix ans, qui avait diablement changé et que je reconnaissais à peine, allait passer la nuit dans la même maison que moi. Pourtant ce fut de courte durée, car sa prochaine question me déstabilisa complètement et me fit me raidir entre les coussins.

- Qu … Quoi ? Non, je ne te demandais pas l'autorisation … Je pensais juste à ton allergie et … Peu importe. J'avais juste besoin de savoir si sa présence n'allait pas provoquer un drame.

Bon sang, est-ce que j'avais vraiment donné l'impression de lui demander son accord ? Il ne m'intimidait pas tant que ça, quand même, si ? Mais enfin, c'était Aiden, ni plus ni moins. Ce type que j'avais insulté un nombre incalculable de fois. Il fallait vraiment que je me rentre ça dans le crâne.

- J'essaie juste de te mettre le plus à l'aise possible, ajoutais-je alors que c'était moi qui redevenais un brin nerveuse. Et tu sais, il vaut vraiment mieux que je la garde avec moi. Elle ne va pas te laisser fermer l’œil de la nuit, et elle risque même de te baver sur les orteils si jamais tu réussis à dormir malgré tout.

Je ne précisai pas si je parlais ou non en connaissance de cause, mais je n'avais aucun doute sur ce qui allait se dérouler si Vixy devrait partager le salon avec lui. Elle serait infernale. Lui n'aurait pas cessé une seule fois de se moucher entre le couché et le levé du soleil. Et il aurait filé dès les premières lueurs de l'aube en se jurant de ne plus jamais revenir pour subir ce calvaire. Bref, ce n'était pas une bonne idée. D'autant plus que j'étais particulièrement attachée au fait de garder mon soi-disant chien de garde avec moi.

Finalement, maintenant que le plus important avait été dit, je ne trouvai plus quoi dire pour combler le vide. C'est plutôt triste quand on pense que nous avions été amoureux à une époque bien lointaine. Comment des retrouvailles entre anciens amants devaient se produire normalement ? Est-ce que j'aurais dû lui sauter dans les bras et l'étreindre de toutes mes forces ? Ou peut-être que parler des souvenirs communs qui nous unissaient aurait pu détendre l'atmosphère dès le début ? Aucune de ces deux options ne me plaisaient vraiment. Ce n'était décidément pas possible de faire abstraction du temps qui nous avait séparés. J'allais lâcher un soupir quand l'issue de secours que j'attendais se présenta à moi. Je me levai du canapé et effectuai quelques pas vers la sortie de la pièce avant de lancer :

- Bon, du coup qu'est-ce que tu veux manger ce soir ? Je suppose que tu n'avais pas le droit à de supers repas en prison, autant en profiter.

J'essayai de rire mais me rendis bien vite compte que ma tentative était foireuse. Évoquer autre chose que la prison aurait certainement été un meilleur départ pour dissiper la gêne occasionnée. Aussi, je ne mis pas longtemps avant de filer me cacher dans la cuisine sans lui laisser le temps de s'attarder sur ce détail sensible que je venais de remettre à jour dans sa mémoire.  

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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Ven 5 Sep - 20:21

Kaylee & Aiden : Les fins heureuses sont des histoires inachevées.

Encore une fois, un semi sourire parvint à légèrement étirer mes lèvres d'un côté. Tout ça parce qu'elle même venait de rire. Et que c'était le genre de truc qui avait encore, semble-t-il, un certain effet sur mes propres états d'âme. Par le passé, quand elle riait j'étais forcé d'en faire de même. Ou au moins de la contempler avec une réelle adoration. Parce que je la trouvais magnifique quand ses lèvres s'étiraient et que ses yeux pétillaient. Comment ne pas tomber amoureux fou d'une jeune femme pareille ? Je l'avais été. Et pas qu'un peu. Aujourd'hui, quelques bribes de souvenirs n'avaient de cesse de monter à la surface. Surtout quand elle se laissait aller à rire de bon coeur, comme elle venait tout juste de le faire. C'était fort agréable. J'étais certain de ne jamais pouvoir me lasser de ce genre de chose. Peu importe le fait que nous n'étions plus ensemble. Une séparation ne brisait pas forcément tout. Preuve en était ma présence chez elle ce soir là. Je fis un peu la moue quand elle mentionna mon parfum attrayant. Je portais le même que dix ans plus tôt, puisque j'avais retrouvé la bouteille entamée dans les quelques affaires qu'il me restait de l'époque.

« Je suis certain que c'est le genre de chien hyper sociable, qui adore toutes les personnes qui croisent sa route. » Remarquai-je quand même, en continuant de sourire faiblement. Vraiment très faible, le sourire. Mais ça restait quand même un bon début selon moi. C'était prometteur et c'était bien là tout ce qui comptait ! En continuant justement de parler de sa chienne, je fus surpris quand elle sembla me demander l'autorisation pour l'embarquer dans sa chambre. Et sa réaction me surprit tout autant. A croire qu'elle s'en était rendue compte et regrettait de s'être trahie toute seule. J'avais l'impression que quelque chose clochait. Qu'elle ne me disait pas vraiment tout. Ou tentait juste de cacher un petit détail qui continuait de complètement m'échapper. Mais j'ignorais parfaitement de quoi il pouvait bien s'agir. C'était bizarre tout de même, non ? J'étais de plus en plus frustré de ne pas savoir lire dans les pensées franchement. Je n'avais pourtant pas l'impression qu'elle ait tant changé que ça en dix ans. Mais à l'époque, il fallait bien le dire, elle n'avait pas réellement de secret pour moi ! Ou alors elle savait parfaitement bien mentir. Mais quand même, j'en doutais.

« Si elle ne fait que passer brièvement, je ne devrais pas vider ton stock de mouchoirs, non. » Répondis-je en haussant les épaules, pas tout à fait certain de savoir si je devais vraiment la croire ou non. S'il n'y avait pas une autre raison pour expliquer sa question soudaine et assez étrange en soit, de mon point de vu. « Yeurk ! » Laissai-je involontairement échapper en affichant même la moue de dégoût qui allait avec ,quand elle m'annonça que la chienne pourrait bien venir me baver sur les pieds. C'était vraiment dégoûtant ça quand même. Enfin sans doute moins que si elle me léchait le visage. « Et toi tu ne risques rien ? Elle ne te bavera pas dessus ? » Demandai-je sur un ton légèrement amusé. Sans doute que si je courais un tel risque, il en allait de même pour elle. La principale différence entre nous, c'était qu'elle n'était pas allergique aux animaux, du tout. Et en plus de ça, elle était certainement habituée à ce que sa chienne fasse un peu des siennes et vienne même, sans doute, lui lécher le visage ou autres parties visibles et offertes, du corps. Personnellement, je trouvais ça assez dégoûtant. Mais chacun son truc !

Un silence pesant reprit place dans la pièce. Qu'elle fini par couper en se levant puis s'éloignant. Même si elle s'arrêta pour mentionner le repas. Je n'eus pas vraiment le temps de comprendre quel était le souci, qu'elle disparaissait au plus vite. De mon côté, je demeurai immobile sans savoir ce qui clochait au juste, ni savoir ce que j'étais supposé faire. Mais je fini par me lever à mon tour et prendre la même direction qu'elle. Heureusement que sa maison n'était pas immense et que je n'avais pas à longer des tas de couloirs pour la retrouver ! En tout cas, je fus bien vite du côté de la cuisine, même si je demeurai dans l'entrée sans trop oser y mettre les pieds. « Tu sais, ça ne fait rien si tu mentionnes la prison. Franchement, j'ai encore un peu de mal à croire que j'en suis sorti pour de bon. Alors en parler ne me dérange pas ... » Tentai-je de lui expliquer, espérant avoir bien saisis le malaise. Ou alors je m'étais lourdement trompé et elle allait juste me regarder sans comprendre, avec ses grands yeux chocolats qui reflétaient toujours une certaine innocence, malgré les années écoulées et les épreuves traversées. « Est-ce que tu veux de l'aide pour ... Préparer quelque chose ? » Lui proposai-je ensuite, l'air de rien, un peu mal à l'aise à l'idée qu'elle me serve sans rien attendre en retour.

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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Ven 5 Sep - 22:12

Aiden & Kaylee
Les fins heureuses sont des histoires inachevées.

Il fallait bien avouer qu'il m'avait piéger un peu malgré lui. J'étais même certaine qu'il ne s'en était pas rendu compte. J'avais si bien réussi à le convaincre que dormir avec Vixy était une mauvaise idée, qu'à présent il s'inquiétait pour ma propre nuit à venir. Bon sang, qu'il se doute que je ne voulais pas rester toute seule avec lui dans ma maison n'était vraiment pas mon objectif. Bien au contraire. Je me sentais déjà assez mal comme ça d'éprouver quelques craintes à son égard, je voulais absolument éviter qu'il l'apprenne.

- Non. Enfin peut-être. Je ne sais pas, admettais-je finalement en m'emmêlant les pinceaux. C'était mauvais ça. Si je commençais à cafouiller, je risquais de faire une gaffe. Et il risquait aussi de comprendre qu'un truc clochait dans mon comportement, même si d'un côté j'aimerais réellement lui épargner une nuit affreuse. Mais la différence entre toi et moi c'est que je n'hésiterai pas à lui coller un coup de pied dans la truffe.

Je m'arrêtai à ces mots et fronçai légèrement les sourcils, comme si je venais d'avoir une révélation. Je levai un doigt dans les airs, devant moi, puis reportai mon attention sur Aiden.

- Je t'interdis de donner un coup de pied dans la truffe de mon chien, compris ?

Loin de moi l'idée qu'il était du genre à maltraiter les animaux. Surtout ceux qui n'étaient pas à lui. Et encore moins ceux qui appartenaient à la fille qui l'hébergeait sans rien demander en retour. J'avais toujours connu un Aiden très doux. Les seuls êtres vivants qu'il avait déjà frappés n'étaient autres que les crétins un peu trop arrogants qu'il avait croisé au lycée. Enfin, à ma connaissance en tout cas … Le contraire m'étonnerait beaucoup, étant donné qu'il m'avait lui-même affirmé s'être laissé tabasser sans rien faire durant sa peine de prison. Si j'avais dit ça, c'était simplement à cause d'un vieil instinct protecteur envers mon compagnon à quatre pattes, rien de bien vraiment menaçant.

Quand je me retrouvai dans la cuisine, j'aurais juré qu'Aiden serait resté sagement assis sur le canapé, qu'il n'aurait pas osé bouger d'un poil, et qu'à présent j'avais l'air bien idiote ainsi, toute seule. Mais force était de croire que je m'étais trompée. Sa voix me poursuivit jusqu'ici. Je me tournai vers lui, un peu étonnée de le trouver là aussi vite. Depuis qu'il était arrivé, il me faisait penser à l'ombre d'un fantôme traînant ses lourds regrets fermement accrochés à sa cheville. Finalement, il était bien plus alerte qu'un esprit errant. Je chassai sans perdre plus de temps ces idées tordues de mon esprit pour me concentrer sur ce qu'il me racontait. Je restai bête et silencieuse devant son explication. C'était un peu le monde à l'envers. C'était lui qui était en train de me rassurer sur le sujet de la prison, alors que c'était lui qui y avait passé les plus longues et atroces années de sa vie. Puis sa question me fit cligner des yeux, comme si elle venait de me réveiller et de me ramener sur terre. Ah oui, faire à manger. C'était pour ça que j'étais venue ici au départ. Enfin, officiellement. Officieusement, j'avais aussi cherché à battre un peu en retraite.

- Oh. Je pensais que c'était un sujet délicat vu … vu toutes les mauvaises choses que tu peux sans doute rattacher à cet endroit, répondis-je après un certain temps de réaction.

J'appuyai l'arrière de mon bassin contre le plan de travail, lui faisant face depuis l'autre côté de la pièce. La distance entre nous m'apparut alors comme le reflet de celle qui nous avais séparé et nous séparait encore.

- Moi aussi, j'ai encore du mal à réaliser que tu es sortie pour de bon, affirmais-je en déviant mon regard du sien et libérant un petit rire nerveux.

Si j'avais quelque peu l'impression de m'être habituée à le voir dans un décor aussi familier et intime que ma maison, à tous les coups j'allais me demander si je n'avais pas rêvé tout ça, demain matin en me réveillant. Puis je remarquerai que la chienne aura créé un foutoir pas possible dans ma chambre, et je commencerai à sérieusement en douter. Et, même si lorsque je descendrai les escaliers je découvrirai qu'Aiden s'est fais la malle avant les premiers rayons de soleil, il y aura toujours des traces de son passage pour confirmer qu'il n'avait pas été qu'un simple mirage. Les coussins déplacés, une couverture repliée au coin du canapé. Une odeur discrète mais reconnaissable entre toutes encore présente dans l'air. Mais même avec toutes ces preuves, penser que mon premier amour était de nouveau libre de circuler dans la nature serait bizarre. Pas dérangeant ni inquiétant. Juste étrange.

- Tout dépend de ce que tu veux manger, lançais-je en coupant brutalement le fil de mes réflexions. On peut très bien commander une pizza … Ou la préparer nous-même. Il y a une quantité de choses dans ces placards.

Sur ce, je désignai l'ensemble de ma cuisine.

- Dis-moi n'importe quel plat et on pourra le cuisiner. Je serais curieuse de voir tes talents culinaires, ajoutais-je non sans un petit sourire en coin.

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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Ven 5 Sep - 23:34

Kaylee & Aiden : Les fins heureuses sont des histoires inachevées.

Kaylee semblait beaucoup plus s'inquiéter pour mon sommeil à moi, que pour le sien. Or, il était tout aussi important. Voir plus en vérité, puisque de mon côté de toute façon je ne dormais plus beaucoup. Juste quelques petites heures me suffisaient largement. Je m'étais habitué à cela depuis le temps que mes nuits étaient jonchées de cauchemars en tous genres, entre autres. Du coup, ça aurait presque été moins gênant que son chien vienne m'embêter moi plutôt qu'elle, vu que je n'étais franchement pas à quelques heures de sommeil en moins, près. J'étais à deux doigts de sourire à sa remarque sur le fait que contrairement à elle, je ne pouvais pas flanquer un coup de pied dans la truffe de son animal, quand elle reprit la parole. Elle semblait outrée. Alors que je n'avais rien fais du tout ! Ou alors je l'avais fais, mais uniquement dans son imagination. parce que là, son chien, il était dehors. Et même s'il était à l'intérieur, il ne risquerait vraiment rien du tout avec moi. Je ne ferais même pas de mal à une mouche ! Enfin j'avais prouvé le contraire dix ans plus tôt, en effet. Mais il ne s'agissait que d'un très regrettable accident !

« Je ne suis pas un monstre ! » Rétorquai-je sur un ton franchement outré. Mais je réalisai aussitôt ce que je venais de dire. Non, je n'étais pas un monstre. Et pourtant, j'avais quand même commis un meurtre dix ans plus tôt. Même s'il s'agissait d'un pur accident, je l'avais quand même fais. J'avais ôté la vie d'un type parce que j'avais été bien incapable du moindre contrôle sur ma propre petite personne. Alors dans le fond, sans doute que j'étais un peu monstrueux quand même. Et le reconnaître ne devrait pas me faire trop de mal, puisque c'était un fait imparable. « Je ne suis pas un monstre ... » Répétai-je à voix basse, cette fois ci beaucoup plus pour tenter de m'en convaincre, que pour une autre raison. Je n'étais pas un monstre et pourtant j'avais tué quelqu'un. Bien sûr que j'en étais un, dans le fond. Mais accepter cette terrible idée, n'allait jamais changer quoi que ce soit à la situation et à ce que j'étais. Je soupirai quelque peu en songeant que mon ton n'était franchement pas convaincant. Mais dans le fond, j'espérais que Kaylee n'avait pas du tout besoin de m'entendre le dire, pour en être bien consciente. Elle le savait, n'est-ce pas ?

Bientôt, Kaylee sembla vraiment se réfugier dans la cuisine plutôt que s'y rendre de façon simple et innocente. Malgré tout, je fini par la rejoindre et n'hésitai pas à lui faire remarquer qu'elle pouvait bien parler de la prison sans que cela ne soit un véritable problème pour moi. Ca ne me dérangeait vraiment pas. Sans doute parce que je n'étais pas encore pleinement conscient du fait que je l'avais quitté pour de bon. Et que je ne comptais vraiment pas y retourner de sitôt. jamais en fait. Jamais ! Je ne ferais jamais plus la moindre connerie. La question ne se posait même pas ! Toutefois, je ne su trop comment prendre ses paroles. C'était une bonne ou une mauvaise chose qu'elle ne soit pas encore parvenue à tout à fait réaliser tout ça ? Difficile à dire. J'espérais que ce n'était pas négatif ! « Oh ... Euh ... » Commençai-je en lançant un vague regard en direction des placards. L'idée de pouvoir manger un truc que je n'avais pas avalé depuis plus de dix ans, n'était vraiment pas désagréable. En fait, même ça, j'avais beaucoup de mal à y croire tant ça semblait dingue !

« J'ai toujours été plus à l'aise devant des fourneaux, que devant un moteur de voiture. » Lui fis-je remarquer en souriant presque. Presque. Ca avait grimpé d'un demi centimètre cette fois ci. Bientôt, ça ressemblerait enfin à un véritable sourire et elle s'en rendrait pleinement compte. Enfin, peut-être. Pour le moment, rien n'était moins sûr que ça ! « Mais je faisais semblant du contraire, parce que je trouvais que ça ne faisait pas très virile. » Précisai-je ensuite en faisant une petite moue de gosse innocent. Celle là même que j'utilisais par le passé pour l'attendrir. Ce coup ci, ce n'était pas pour ça. C'était juste ... Comme ça. « On peut faire une pizza ? Avec ... Plein de conneries dessus. » J'étais maintenant presque enthousiaste. Et ce, simplement à l'idée de tous les trucs que j'allais pouvoir manger, et auxquels je n'avais plus touché depuis plus de dix ans. Le paradis ? Sans déconner, j'avais l'impression de m'y trouver là ! En tout cas, j'avais quitté l'enfer. Ca, c'était certain.

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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Sam 6 Sep - 0:34

Aiden & Kaylee
Les fins heureuses sont des histoires inachevées.

« Je ne suis pas un monstre ... » Je me figeai sur place, comme si le temps venait de s'arrêter pour retenir son souffle. Pour ma part, j'étais bien incapable de respirer maintenant. Ces mots tournaient dans ma tête et y résonnaient comme un écho impitoyable qui ne cesserait jamais vraiment. Je déglutis. Sur le coup, j'ignorai comment j'avais pu réussir cet exploit vu le nœud d'anxiété qui encombrait désormais ma gorge. Lentement, je pivotai vers ce garçon au regard un peu hagard qui semblait vouloir se convaincre lui-même de ce qu'il répétait. Je ressentis un énorme pincement au fond de ma poitrine, et ne pus retenir une mine peinée de s'étendre sur mon visage.

- Oh Aiden …

Ma voix se cassa avant que je n'eus l'occasion d'en dire davantage. Je laissai mes yeux se lever vers le ciel et balayer les alentours, comme si une solution miracle allait s'inscrire en lettres majuscules sur le plafond. Mais rien. J'étais seule face à lui et ses sombres pensées, ne sachant pas comment réagir pour le soutenir, le consoler, voire même lui offrir une toute autre vision de lui. J'aurais aimé traverser ces quelques mètres qui me séparaient de lui et venir le serrer dans mes bras. L'étreindre assez fort pour lui faire comprendre qu'il n'était pas seul. Qu'il ne l'était plus vraiment. Et que je regrettais comme lui tout ce qui s'était passé. Pourtant, je restai plantée sur place. Stoïque comme une statue de sel, à le regarder avec une infinie tristesse. Il y avait toujours cette partie de moi qui m'empêchait de me conduire avec lui comme avec n'importe qui d'autre. Et j'étais bien trop submergée par les flots d'émotions qu'avait provoqué le timbre si brisé de sa voix hésitante pour me battre contre ça.

- Non, tu n'es pas un monstre, certifiais-je fermement, en ravalant durement mon trouble, pour appuyer ses propos et l'aider à se persuader que c'était la pure vérité.

Durant un long moment, après qu'Aiden ne soit arraché à notre vie d'adolescents, j'avais craint d'entendre ces mêmes paroles. J'avais appréhendé ce moment où quelqu'un me parlerait de lui comme étant un monstre. Et plus que tout, j'avais eu peur de ma réaction quand cet événement se produirait. Serais-je véritablement capable de prendre sa défense ? De nier, d'expliquer inlassablement les faits réels ? De m'opposer corps et âme, de hurler, frapper s'il le fallait ? J'étais tellement paumée après l'accident. Tellement que j'aurais pu rester muette devant le premier à insulter Aiden pour ce qu'il avait fait. Je m'en serais profondément voulu si jamais une telle chose était arrivée. Et aujourd'hui … Aujourd'hui c'était lui qui me sortait cette foutue phrase. Contre toute attente, je n'étais pas sûre d'avoir bien réagi. J'aurais peut-être dû rompre la distance maintenue entre lui et moi, en effet. Et lui foutre la gifle de sa vie. Juste pour ne pas avoir été certain de ce qu'il essayait d'affirmer. Il n'était pas un monstre. Non. Il ne l'avait jamais été.

L'air de la cuisine paraissait plus respirable. Plus frais et moins empreint de tensions explosives. Nul doute que je me serais mise à hausser le ton s'il avait eu le cran de contredire ce que j'avais déclaré quelques instants plus tôt. A présent j'avais juste envie d'oublier ça. Et j'avais aussi envie qu'Aiden l'oublie. Qu'il se sorte cette idée noire de la tête et qu'il n'y repense plus jamais. Même si je me doutais bien que ce n'était pas si facile que ça … Heureusement, l'atmosphère nouvelle de la pièce semblait lui aussi l'encourager à changer d'humeur. Je l'avais imaginé couvert de cambouis tout à l'heure. Maintenant qu'il me rappelait cette histoire de mécanique et la raccordait la cuisine, je ne pouvais pas m'empêcher de l'imaginer le torse tartiné de chocolat. Si cette image purement fictive me laissa quelque peu sonnée, voir de mes propres yeux cette moue aux traits candides se former sur ses lèvres … me chamboula du tout au tout. Il n'y avait que lui qui parvenait à prendre cet air là, innocent à souhait, tout en conservant une étincelle d'arrogance au fond de son regard bleu. Cette fois, j'étais bien trop stupéfaite pour vérifier si elle était bien présente, cette fameuse étincelle. L'espace d'une seconde, j'avais cru entrapercevoir ce type qui m'avait rendu dingue par bien des manières. Et je n'avais plus de mot pour définir ça tant c'était déstabilisant.

- Euh, ouais. Une pizza alors.

Je secouai brièvement la tête pour me remettre les esprits en place, et décidai de décoller de ma place pour éviter d'être de nouveau confrontée à un troublant vestige du passé. Mes pas me menèrent jusqu'à frigidaire d'où je sortis à peu près tout ce qui me vint sous la main. Du gruyère rappé jusqu'au pâté. Œufs, sauce tomate, lardons, champignons … J'étais même prête à parier qu'un bocal d'olives traînait dans le coin. Je récupérai le tout et le rassemblai sur la table centrale, tout en cherchant à me rappeler ce qu'il m'avait dit pendant mon court état de latence.

- Oh, alors comme ça Monsieur savait cuisiner ? C'est sûr qu'inviter sa copine au fast-food du coin plutôt que de lui préparer soi-même à manger, c'est très viril … attaquais-je malicieusement en m'affairant devant les placards.

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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Sam 6 Sep - 16:26

Kaylee & Aiden : Les fins heureuses sont des histoires inachevées.

Difficile de savoir qui je tentais de convaincre quand j'affirmais mollement que je n'étais pas un monstre. Elle ou moi. Ou tous les deux. Mais j'avais bel et bien un peu de mal à croire à ce que je disais en tout cas, c'était certain. Et cela sembla affecter quelque peu Kaylee, qui murmura doucement mon prénom. Je soupirai sans parvenir à afficher le moindre sourire ou autre. Il allait falloir beaucoup de temps avant que je ne me fasse tout à fait à l'idée. Je hochai simplement la tête de haut en bas, quand elle me confirma que je n'étais pas un monstre. Ca, ça restait quand même à prouver encore; Mais j'avais envie de la croire. D'un côté, un véritable monstre ne culpabiliserait certainement pas comme moi je le faisais depuis ce jour tragique où ma vie avait complètement basculée. A ce sujet là, je n'avais pas le moindre doute. « Ouais ... » Soupirai-je mollement. J'avais quand même beaucoup de mal à savoir si elle le pensait véritablement ou si elle le disait uniquement dans l'espoir de me rassurer. Dans un cas comme dans l'autre, ça ne me surprendrait pas franchement, pour sûr. Depuis le début, elle essayait quand même de me rassurer, plus qu'autre chose donc.

Mais parler de tout ça ne servait pas à grand chose. Ou plus précisément, à rien d'autre qu'à se faire du mal. Autant à l'un qu'à l'autre, quand bien même on ne pouvait pas dire que nous avions traversé les mêmes choses au cours des années écoulées. Malgré tout, ce meurtre que j'avais commis, nous avait causé beaucoup de tort à tous les deux et représentait un sacré tournant dans notre vie. Douloureux tournant que voilà, soit. Mais maintenant, ça devait appartenir au passé, en sachant que je venais de quitter la prison dans laquelle j'avais tiré une longue peine. J'avais subis ma punition sans rechigner, parce que je savais qu'elle était méritée. Maintenant, j'avais un peu de mal à songer que je ne méritais pas davantage encore. Pourtant, je ne pouvais pas pour autant accepter l'idée de partager une pizza faite maison avec Kaylee. Surtout en sachant que c'était proposé aussi gentiment. Comment refuser une telle offre ? D'autant plus que l'idée de passer du temps en ma compagnie, était quand même loin d'être faite pour me déplaire. Si elle avait un peu changé au cours des années, ce n'était pas non plus si flagrant. J'avais donc l'impression d'avoir fait un certain bon en arrière et j'appréciais beaucoup cela. Même si, par la même occasion, ça m'effrayait également un peu. Je ne voulais m'attacher à elle aussi fort que par le passé; Parce que, justement, notre relation appartenait à cette époque là.

Je ne réagis pas devant son air un peu perdu durant quelques secondes, alors que je venais de faire une plaisanterie et la moue enfantine du passé. Finalement, j'accordai bien plus d'intérêt à ce qu'elle était en train de sortir de ses placards et de son frigo. Et j'eus une moue dubitative devant certains ingrédients. « Tu mets du patté sur une pizza, toi ... ? » Demandai-je sur un ton incertain. J'ignorais si elle l'avait volontairement sorti ou non. Mais une part de moi, sans doute l'ancien Aiden qui tentait de revenir tant bien que mal, avait envie de se foutre d'elle. Comme je savais si bien le faire quand nous étions jeunes, insouciants et amoureux l'un de l'autre. J'adorais toujours l'embêter plus que de raison. La faire chier juste pour voir son regard virer au noir quand elle voulait me lancer des regards mauvais. En général, ça me donnait plus encore l'envie de continuer, que de m'arrêter. Et ça l'agaçait toujours plus. Or, c'était bien là le but de tout ça ! Je me risquai enfin à entrer à mon tour dans la cuisine pour regarder ce qu'elle était en train de mettre sur la table. Et je me permis de faire du tri dans ce qui pouvait ou non se mélanger sur une pizza. Je refermai mes dents sur ma lèvre inférieure, regard étrangement pétillant, quand elle me fit la remarque sur la cuisine. Ce coup ci, ce n'était pas un sourire qui menaçait. Mais carrément un rire ! « N'exagérons pas, il n'y a pas eut que le fast food. » Lui fis-je remarquer, l'air de rien. Avant de ranger les ingrédients que je ne pensais pas utiliser pour la pizza, dans le frigo. « Tu te souviens quand je t'ai présenté ma mère ? Le repas qu'elle avait préparé ? » Demandai-je en prétextant le rangement dans le frigo, pour lui tourner encore un peu le dos. « En fait, c'était moi. » Avouai-je avec un sourire au coin des lèvres, avant de revenir près de la table pour récupérer ce qu'il fallait pour faire la pâte.

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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Sam 6 Sep - 22:38

Aiden & Kaylee
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Une ambiance légère et agréable semblait s'installer dans la cuisine. Visiblement, le salon était beaucoup moins propice à un début de complicité comparé à cette pièce-là. Heureuse de la tournure que prenaient finalement les choses, je continuai de me trimbaler de placard en placard pour rassembler les plus d'aliments possibles. Cet endroit était une véritable caverne aux merveilles. J'avais tendance à me construire des réserves de nourriture assez impressionnantes, un peu comme ces petits vieux qui s'attendaient à voir la troisième guerre mondiale arriver du jour au lendemain. Aucune pénurie n'était à craindre chez moi. La remarque d'Aiden me stoppa en plein mouvement, alors que je me hissais sur la pointe des pieds afin d'attraper une boîte en haut d'une étagère. Sans bouger de ma position, je tournai la tête vers lui, sourcils froncés, et avisai la boîte de patté qu'il regardait d'un air amusé et dubitatif.

- Euhm … Tu as dit qu'on pourrait mettre tout et n'importe quoi dessus, alors j'ai pris ce qui venait, argumentais-je en me raclant la gorge.

Je réussis enfin à attraper l'objet convoité et retournai auprès de la table pour mettre un peu d'ordre dans mes trouvailles. A peine Aiden rangeait des ingrédients que j'en trouvais de nouveau. De l'extérieur, nous avions sûrement l'air de deux étranges personnages dansant un peu partout dans la cuisine sans trop faire attention à ce que l'autre faisait. J'étais réellement curieuse de découvrir les talents culinaires de mon invité et pressée de pouvoir juger par moi-même si ces derniers se montraient à la hauteur de ce qu'il avait laissé entendre. Pour peu, j'aurais pu associer la situation à ces petits défis que nous avions tendance à nous lancer autrefois, pour pimenter nos après-midis d'amoureux transits. Cette fois, c'était lui qui était mis à l'épreuve, sans même que cela soit dit à voix haute.

Suite à sa révélation, je relevai la tête et ouvrai de grands yeux ronds. Comme il me tournait le dos, je suivis chacun de ses mouvements jusqu'à ce qu'il redresse avec souplesse et m'offre à nouveau son visage. J'étais soufflée de ce que je venais d'apprendre. Pas une seule fois au cours des mois que nous avions partagé ensemble, je ne l'avais vu s'affairer aux fourneaux dans un autre but que de se faire des sandwiches. Il m'avait donc caché ce don ? Pire encore, il m'avait délibérément fait croire qu'il était nul en cuisine en me cachant la vérité sur ce fameux repas ! Sans parvenir à refouler cette envie soudaine de venir titiller ses nerfs, j'arquai un sourcil narquois.

- Je ne te crois pas, lançais-je simplement juste pour le plaisir de le provoquer. Ce faisant, je tournai les talons le temps d'aller récupérer un énorme saladier pour préparer la pâte. Revenant sur mes pas, je haussai les épaules d'un air faussement sceptique avant de reprendre : C'est vrai. Ce dîner était bien trop bon pour que ce soit toi qui l'aies fais.

Même si j'étais d'humeur joueuse et prétendais le contraire, j'étais vraiment surprise et impressionnée. Je gardais un très bon souvenir de ma première rencontre avec sa mère, et mes papilles aussi ! Je ne m'étais pas doutée une seule seconde que le repas avait pu être préparé par Aiden. C'était bien trop délicieux et recherché pour que ça proviennent des capacités culinaires que je lui soupçonnais à l'époque. Il fallait croire que je l'avais mal cerné sur ce point-là. Décidant d'abandonner le jeu pour mieux satisfaire mon côté intrigué qu'il avait réveillé, je me laissai choir sur une chaise et logeai mon menton dans mes paumes après m'être accoudée sur la table.

- Pourquoi tu ne m'as rien dit ? Je t'aurais regardé comme le Messie, avec des étoiles dans les yeux, pendant des semaines après ça ! M'exclamais-je avec amusement et honnêteté.

Même s'il avait eu peur de perdre en crédibilité masculine, c'était un véritable gâchis de taire un talent comme celui-là ! D'ailleurs, je n'aurais sûrement pas trouvé ça blessant pour sa précieuse virilité puisque je savais à peine faire cuire des pâtes à l'époque. A moins qu'il ait volontairement gardé ce secret pour justement éviter de devoir me refaire à manger à de trop nombreuses reprises par la suite … Quel fourbe ! Mais aujourd'hui ça n'allait pas se passer comme ça. Sans quitter mon siège, je me penchai pour ouvrir des tiroirs et en sortir tous les ustensiles nécessaires à la préparation de la pizza. Fouet, cuillère, rouleau à pâtisserie, tout y était. Je poussai le tout devant mon ex cachottier, sans prendre la peine de cacher un sourire espiègle.

- Impressionne-moi, pizza-boy ! Lançais-je en revenant caler mon visage entre mes mains, bien décidée à ne plus le lâcher des yeux avant qu'il n'ait vraiment besoin de mon aide pour quelque chose en particulier.

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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Dim 7 Sep - 0:17

Kaylee & Aiden : Les fins heureuses sont des histoires inachevées.

Je me sentais incroyablement soulagé de pouvoir constater que l'ambiance s'était quand même grandement allégée. Que la tension semblait même nous avoir totalement quitté pour le coup. C'était agréable de pouvoir discuter ensemble, voir même plaisanter. Parce qu'il s'agissait quand même bien de cela, alors que je remarquais les bêtises qu'elle était en train de sortir pour composer notre pizza. Du patté ? Et puis quoi encore !? « Je vais faire comme si je n'avais rien vu. » Lui répondis-je plus pour la taquiner, que pour autre chose. Avant de ranger tout ce qui ne pourrait se retrouver sur notre pizza, dans le frigo et les placards. Alors que de son côté, elle continuait de sortir quelques trucs. A un moment, il me sembla même retrouver quelque chose que je venais pourtant de ranger. Je demeurai devant, immobile et une moue songeuse sur le visage. Mais je ne fis pas la moindre remarque et le rangeai de nouveau. Sans doute n'avait-elle pas fait attention. Ou c'était moi qui planait complètement. Ce n'était pas impossible ça non plus. Tout en rangeant et dérangeant la cuisine, je finis par lui avouer que j'étais celui qui avait préparé notre dîner, quand je lui avais présenté ma mère pour la première fois. Un "secret" que je ne lui avais pas du tout avoué par le passé. Je ne trouvais pas ça très virile, un gars qui passait son temps derrière les fourneaux. En tout cas, je ne m'en vantais pas trop, allez savoir pourquoi.

« Je te remercie pour le compliment. » Répondis-je avec un haussement d'épaules, quand elle assura que le repas que je venais de mentionner, était bien trop bon pour qu'il ait été fait par moi. Je n'étais pas le moins du monde vexé. C'était même tout le contraire. Si elle avait du mal à m'imaginer capable de faire un truc aussi merveilleux, c'était bien la preuve que j'avais vraiment du faire un excellent repas ce jour là. Et même ma mère était dans la combine puisqu'elle n'avait soufflé mot quand Kaylee l'avait complimenté sur le repas. Y repenser me poussait plus à sourire qu'autre chose. Quand bien même penser à ma mère me faisait toujours une petite pointe de douleur au coeur. Il fallait faire avec. Depuis neuf ans maintenant, elle n'était plus là. Je m'arrêtai finalement dans mes gestes, quand elle même s'installa sur une chaise pour me regarder avec attention. Elle me donnait l'impression de vouloir me faire subir un interrogatoire serré. Et ce fut presque le cas ,en effet. Puisque lorsqu'elle reprit la parole, ce fut bel et bien pour me poser quelques questions. Qui me laissèrent songeur durant quelques secondes, avant que je ne daigne enfin lui offrir une réponse. « Parce qu'à l'époque j'étais persuadé qu'un type se devait de s'intéresser aux voitures, au foot et aux jolies filles, plutôt qu'à la cuisine. » Répondis-je en haussant les épaules d'un air désinvolte. De toute façon, tout ça appartenait au passé. Aujourd'hui, j'étais adulte. Même si on m'avait bel et bien volé ma jeunesse, du coup ...

Ce fut finalement de façon tout à fait inconsciente, que j'eus un sourire. Un véritable sourire. Quand elle sembla me défier sans le dire clairement, en poussant tout ce qu'il fallait pour faire la pizza, vers moi, et me demanda de l'impressionner. Une part d'elle semblait encore un peu douter en fait. Mais pas de problème pour moi. Je relevais le défis sans souci. Quand bien même je n'avais pas mis la main à la pâte depuis plus de dix ans, j'étais bien décidé à ne pas la décevoir. Et puis c'était là le genre de chose qui ne se perdait pas non plus ! Je récupérai donc le saladier dans lequel je mis les quantités nécessaires à une pâte à pizza. Remuer le tout me demanda plus d'énergie que je n'en avais. Pourtant, bien décidé à ne rien montrer, je me débrouillai seul. Et un soupir de soulagement m'échappa quand la pâte fut prête. Je la posai sur la table et l'écrasai pour en faire un rond plat parfait. Et une fois satisfait, je la plaçai dans son conteneur pour m'occuper de la garniture. J'y posai bon nombre d'ingrédients que nous avions laissés sortis sur la table. « Rassure moi ... Tu ne m'as pas laissé tout gérer, parce qu'en fait tu ne sais pas du tout faire une pizza ? » Demandai-je l'air de rien, tout en mettant la pizza presque prête, dans le four. Avant de revenir du côté de la table pour ranger le bazars.

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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Dim 7 Sep - 9:54

Aiden & Kaylee
Les fins heureuses sont des histoires inachevées.

Je fis la moue à l'écoute de ses justifications. Lui ? Faire du foot et s'intéresser aux voitures ? Ça lui ressemblait si peu. D'autant plus qu'il l'avait dit lui-même, il était tout aussi incapable que moi d'aller trifouiller dans un moteur en panne. J'avais peut-être été plus ou moins aveuglée parce que j'étais amoureuse à l'époque-là, mais je ne gardais aucun souvenir d'un Aiden macho et particulièrement con comme la plupart des fans de foot du lycée. Il était casse-pieds, ça oui. Mais pas de la même façon que ce genre d'individus exaspérants. Donc, il avait fait ça pour se fondre un minimum dans la masse, si je comprenais bien. C'est fou ce que l'on peut être idiot quand on est adolescents et se démener par bien des manières pour satisfaire le regard des autres. Je me souvenais encore de toutes ces fois où j'avais harcelé mes parents pour qu'ils acceptent de m'acheter tel jean plutôt qu'un autre. C'est ridicule quand on pense qu'aujourd'hui je n'accordais plus autant d'importance aux fringues. Enfin, Aiden pouvait dire ce qu'il voulait, il y avait malgré tout un minuscule petit détail qui avait attiré mon attention. Et avec lequel je n'étais pas du tout, du tout d'accord.

- S'intéresser aux jolies filles hein ? Soulignais-je avec un air dubitatif et un sourire qui le mettait au défi de me contredire si jamais il osait. Je ne crois pas, non. Ou alors tu as bien caché ton jeu, parce que si ça a vraiment été le cas, je t'aurais tué sur place.

Je plissai les yeux en soutenant son regard, prête à en découdre si jamais il me lançait là-dessus. Je n'avais jamais été réellement jalouse, ni même rancunière, mais j'aimais simplement faire mine de l'être. Après tout c'était bien lointain cette histoire. Ce n'est pas parce qu'il m'avouerait qu'il avait regardé des filles passer à côté de lui avec un peu trop d'insistance que j'allais le foutre à la porte à coup de pied. Nous n'étions plus vraiment liés par autre chose que des souvenirs à présent.

C'est alors que l'incroyable se produit. Il me sourit. Mais genre … avec un vrai sourire. Ses lèvres s'étirèrent suffisamment sur ses joues trop pâles pour soulever ses pommettes. Une vague de gaieté que j'avais désespérément attendue semblait enfin être passé au-dessus de sa lassitude, de ses lourds regrets, et de son aura de mort-vivant. Inconsciemment, je répondis à ça de la même façon, par un sourire un peu niais. Je l'observai ensuite s'affairer autour de sa préparation, bien trop fascinée pour trouver quelque chose à dire et briser ce moment aux allures bien fragiles. Le silence était le bienvenu cette fois-ci, tandis que j'étudiai le moindre de ses traits sans qu'il ne le remarque vraiment. Il était trop concentré sur la pâte qui prenait forme entre ses doigts pour remarquer toute l'attention que je lui portais. Entre nous, j'avais certainement l'air d'une parfaite psychopathe. Il n'eut besoin d'aucune aide, ce qui me fit penser qu'il excellait véritablement en cuisine. Enfin, restait encore à découvrir le goût de la fameuse pizza, ce que je jugeais être le plus important. Sa question finit par me tirer de l'état d'émerveillement dans lequel j'étais plongée. Je cillai à plusieurs reprises avant d'attraper une olive dans un bocal à proximité et de lui lancer discrètement dessus par représailles.

- Douterais-tu de mes capacités ? Lançais-je d'un ton parfaitement innocent. Le voyant ranger tout le matériel, je me levai pour venir lui prêter ma forte. Je n'allais tout de même pas le laisser tout faire tout seul. Il avait déjà préparé à manger, il n'allait quand même pas nettoyer tandis que je le regarderais en papillonnant des yeux. J'attrapai le paquet de farine en me glissant devant lui et repris plus sérieusement : J'aurais été incapable de cuisiner aussi proprement, ça c'est certain !

Je lâchai un léger rire avant de me faufiler jusqu'à un placard pour remettre l'ingrédient à sa place. La valse dans la cuisine reprit brièvement vie, jusqu'à ce que nous nous retrouvions avec une table vide et une pizza pas encore tout à fait cuite. Incapable d'attendre sans rien faire, je me hissai sur le plan de travail à côté du four et y restai perchée en appuyant mes mains de part et d'autre de mes cuisses. Une question me trottait dans la tête depuis tout à l'heure, mais je n'avais pas encore trouvé l'occasion de la glisser. J'humectai soigneusement mes lèvres, afin de gagner un peu de temps et me demander si j'étais bien certaine de vouloir demander une telle chose à Aiden. Finalement je pris mon courage à deux mains et mis les pieds dans le plat avant de me dégonfler.

- Pourquoi tu n'as pas été voir ton père à ta sortie de prison ? Je veux dire … Je sais qu'il a été absent une grande partie de ta vie, mais justement. Il te doit bien un coup de main …
hasardais-je en sachant pertinemment que je lançais un sujet tout aussi sensible que celui que nous venions à peine de clore.

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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Dim 7 Sep - 13:20

Kaylee & Aiden : Les fins heureuses sont des histoires inachevées.

J'étais seulement en train d'avouer à Kaylee les raisons pour lesquelles je ne lui avais jamais avoué que je savais plutôt bien me débrouiller dans une cuisine. Et je me rendais aujourd'hui bien compte de combien tout ça pouvait être idiot. En même temps, quand on est ado, on se soucie de bien des choses sans intérêt. Maintenant, tout avait changé pour moi. je n'avais plus honte de savoir cuisiner pas trop mal, entre autres choses. Et à côté de ça, on ne pouvait pas non plus dire que je m'intéressais encore beaucoup aux jolies filles. Enfin ça, ce n'était qu'une question de temps avant que ça ne rentre à la normale. Parce que c'était humain que de s'intéresser au sexe opposé. Disons simplement que je n'avais pas vraiment la tête à ça. « A partir du moment où j'ai eus la plus jolie à mon bras, je ne me souciais plus vraiment des autres. » Lui fis-je remarquer sans trop réfléchir. Mais c'était l'exacte vérité. J'étais évidemment du jour à flirter et à regarder les filles, comme tous les gars de mon âge. Sauf quand j'avais commencé à être attirée par cette fille là en particulier. Celle qui n'avait pas sa langue dans sa poche et qui n'hésitait jamais à me rembarrer quand j'agissais beaucoup trop comme un con, à son goût. Bref, en me répondant comme elle le faisait, elle avait rapidement fini par me faire craquer. Et dès lors, je ne risquais vraiment plus de me soucier de toutes les autres. Qui étaient bien fades à mon goût.

« T'aurais jamais été capable de me tuer pour ça ... Peut-être me crever les yeux, à la rigueur. » Répondis-je ensuite sur un ton presque songeur. Est-ce qu'elle aurait pu me frapper parce qu'elle m'aurait vu lancer un bref regard en direction d'une autre fille ? Je ne le savais pas du tout. Mais je ne la connaissais pas jalouse à ce point là en tout cas. Soit parce qu'elle ne l'était pas, soit parce qu'elle cachait bien son jeu, soit tout simplement parce que je ne lui donnais vraiment aucune raison de s'inquiéter et d'être jalouse vis à vis des autres filles. De toute façon, il ne servait à rien de tergiverser à ce sujet, puisqu'aujourd'hui nous n'étions plus ensemble et que je n'étais même plus le même homme. Preuve en était le fait que j'étais en train de cuisiner sous ses yeux, sans m'inquiéter des qu'en-dira-t-on et tout cela. Lentement mais sûrement, je me détendais en sa compagnie. Je me sentais presque bien. Comme ça ne m'était pas arrivé depuis une éternité. A tel point, que je me permis de la taquiner encore une fois, au moment d'enfourner la pizza. Je fus quand même surpris qu'elle ne se gêne pas pour me balancer une olive en guise de vengeance. Je lui lançai un regard ahuris, avant d'afficher un nouveau sourire. Je ne riais pas encore de bon coeur. Mais je me sentais suffisamment de bonne humeur, pour sourire. Ce qui n'était pas rien en soit.

« En tout cas, tu ne m'as jamais convaincu de tes talents culinaires, toi non plus. » Lui rappelai-je avec un haussement d'épaules. Elle ne m'avait pas plus présenter ses talents en matière de cuisine, que moi je ne l'avais fais avec elle. Mais puisqu'elle vivait maintenant seule, j'espérais quand même pour elle qu'elle s'y était un peu mise. Et qu'elle ne se contentait pas uniquement de plats tout prêts et tout ça. Un léger sourire continuait de flotter sur mes lèvres, alors qu'elle même riait de bon coeur et semblait de bien bonne humeur. Nous rangeâmes l'ensemble de la cuisine. Et quand ce fut terminé, je pris place sur une chaise alors qu'elle même se perchait sur un buffet. Je fus finalement surpris par sa question soudainement très sérieuse. Je lui lançai un regard incertain avant de détourner les yeux. Soit, ç'aurait été logique que je fasse ça plutôt que de me rendre chez mon ex qui avait certainement refait sa vie. Simplement, le choix m'avait semblé logique entre une personne avec qui j'avais beaucoup partagé et quelqu'un qui n'avait jamais vraiment été là pour moi. « Il ne se souciait déjà plus du tout de moi quand il a apprit ce que je voulais faire de ma vie. » Lui rappelai-je doucement. « Il voulait une raison d'être fier de son fils. Il aurait certainement voulu que je prenne sa suite au sein de son entreprise. Au lieu de ça, j'ai fini derrière les barreaux pour meurtre. Je suppose que ça a été la plus grande honte de sa vie. Et que si j'étais allé le voir, il m'aurait demandé de ne jamais plus revenir. »

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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Dim 7 Sep - 20:45

Aiden & Kaylee
Les fins heureuses sont des histoires inachevées.

J'aurais dû rougir lorsqu'il me glissa indirectement un adorable compliment. Au lieu de ça, je me contentai d'un sourire juste un peu timide. Bon, certes, il n'y avait pas eu le mot « Kaylee » dans sa phrase, mais je n'étais pas assez bête pour ne pas comprendre l'allusion. L'ambiance était sûrement bien trop détendue pour que je sois de nouveau gênée devant lui. A présent j'avais juste l'impression d'être en face de ce bon vieux Aiden, un pilier incontournable de mon adolescence et source de vieux souvenirs qui tendaient à rendre mélancolique. Comme s'il n'y avait jamais eu de prison, comme si nous avions continué notre chemin chacun de notre côté pour se recroiser par hasard.

- Tu dis ça pour que je ne te fasse pas dormir sur le tapis, plaisantais-je en sachant très bien qu'il avait été sincère et pas le moins du monde hypocrite.

Un petit hoquet de stupeur me fit me redresser sur le buffet alors qu'il évoquait juste après l'idée que je lui crève les yeux. Il avait bien raison sur un fait, j'aurais été incapable de le frapper ou même de lui faire une scène par pure jalousie. Si jamais un doute concernant une autre fille se serait introduit dans mon esprit, je me serais contentée d'aller bouder dans mon coin et ruminer sans rien dire. Il aurait eu droit à une grève du silence et à une mine un peu semblable à la sienne lorsque je lui ai ouvert la porte jusqu'à ce qu'il crève l’abcès. Il avait été peu probable que je sorte les armes pour défendre mon 'morceau' et garder Aiden rien que pour moi. A partir du moment où il se serait éloigné de moi, j'aurais considéré que je n'étais plus à la hauteur, plus apte à retenir son attention et donc, plus digne de ses sentiments qui se seraient doucement estompés. Quelque part, j'étais peut-être aussi défaitiste qu'il l'était au jour d'aujourd'hui.

- Oh non, pas tes yeux, protestais-je. J'ai toujours adoré tes yeux.

Et c'était toujours le cas. Qu'ils soient devenus tristes ou vides de toute joie n'y changeait rien. Qui se serait lassé d'un tel regard bleu et intense ? Pas moi en tout cas. Mais ça c'était peut-être parce qu'il avait suffi que je le croise un bref instant pour que mon cœur batte la chamade, il y a dix ans de ça.

Je pinçai des lèvres et plissai légèrement les paupières lorsqu'il sembla une fois encore remettre en cause mes talents de cuisinière. Ma bonne foi ne lui suffisait donc pas ? Il avait sûrement raison, d'ailleurs. J'ignorais si mes repas étaient vraiment mangeables ou non, étant donné que personne ne venait jamais à la maison. En tout cas, je les trouvais comestibles. Et la chienne finissait les restes sans rechigner, ce qui prouvait donc qu'on ne risquait pas une sévère  intoxication alimentaire en piochant dans mes assiettes. De toute façon, j'étais persuadée qu'Aiden cuisinait mieux que moi. Tout simplement parce que le dîner qu'il nous avait servi quand j'avais rencontré Madame Miller était exquis, et que mes préparations à moi n'étaient jamais parvenues à autant ravir mes papilles gustatives.

- Très bien, lançais-je en haussant les épaules. La prochaine fois, c'est moi qui ferai à manger, et tu pourras voir ça par toi-même.

Ses dires comme quoi il repartirait à Londres le plus tôt possible pour trouver un job m'étaient complètement sortis de la tête. Ils m'avaient paru tellement insensés que je les avais mis de côté sans plus de manière. Et j'avais également totalement exclu l'idée de ne plus du tout garder contact après la nuit qu'il passerait ici. C'était tout bonnement impensable, surtout en ce moment même alors que nous discutions presque comme au bon vieux temps.

Les explications vis-à-vis de son père me firent hocher gravement la tête. Celui-là, je ne l'avais jamais rencontré. Et je ne m'en portais que mieux. D'après ce que m'avait raconté Aiden, c'était un homme qui ne s’intéressait qu'à l'accumulation de bénéfices dans le cadre de son travail. Le fait que je ne l'avais pas croisé une seule fois durant la relation que j'avais entretenue avec son fils prouvait qu'il s'agissait bien de la pure et simple vérité. J'avais bien du mal à comprendre cette famille, moi qui étais toujours restée proche de la mienne. J'avais été beaucoup plus chanceuse qu'Aiden visiblement, puisque je n'avais perdu aucun parent et qu'aucun membre de ma famille ne m'avait tourné le dos. Comme quoi le sort avait vraiment tendance à s'acharner sur lui.

- Oui je comprends … Tu vois que tu as bien fait de venir ici, arguais-je d'un air plutôt fier alors que je repensai à la fuite qu'il avait tenté de prendre quand je l'avais découvert devant chez moi.

Sa réponse me suffisait et, à vrai dire, je n'avais plus tellement envie de m'attarder là-dessus. Son père était très bien là où il était deux minutes plus tôt, c'est-à-dire oublié quelque part dans les tréfonds de nos esprits. Et puis il fallait dire que mon estomac commençait à vivement se manifester. J'avais hâte de passer à table. C'est ce qui me fit sauter de mon perchoir pour aller fouiner du côté du four. N'y tenant pas, je l'ouvris assez pour qu'une énorme bouffé de chaleur me saute au visage, accompagnée d'une alléchante odeur de sauce tomate, jambon et champignons.

- Tu penses que c'est bon là ? Demandais-je un peu comme une enfant impatiente, sans cesser de zyeuter la pizza à travers la vitre.

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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Dim 7 Sep - 23:01

Kaylee & Aiden : Les fins heureuses sont des histoires inachevées.

Quand je me permis un petit compliment pour Kaylee, j'eus l'espoir qu'elle ne réagisse pas trop mal. Sait-on jamais. Après tout, elle pourrait bien ne pas apprécier que je me permette ce genre de petite parole toute sympathique, alors que nous ne sommes plus du tout ensemble et que c'était entièrement de ma faute, non ? Mais au lieu de s'agacer ou se vexer, elle plaisanta. Sans doute en parti pour dissimuler sa gêne. Parce que je pouvais comprendre qu'elle le soit un peu vu le compliment que je venais de lui faire. Je souris encore un peu, tout à fait naturellement et sans avoir trop à forcer pour ça, devant sa petite taquinerie. « Mince ... Je me demande comment tu as fais pour le comprendre. » Lui répondis-je en plissant un peu le nez, comme si elle venait vraiment de cerner la raison pour laquelle je l'avais complimenté. Mais bien sûr, ce n'était que plaisanterie de ma part. Je n'étais vraiment pas du genre à faire des compliments pour une raison ou pour une autre, si je ne les pensais pas de façon tout à fait sincère. Or, si je disais qu'elle était jolie, c'était bien que je le pensais. Enfin le mot ne lui correspondait plus vraiment. Il allait bien pour l'ado qu'elle était à cette époque là. Mais à l'heure d'aujourd'hui, elle était belle. Séduisante. Magnifique. Voilà des adjectifs beaucoup plus à même de décrire cette femme parfaite qu'elle était devenue. Mais je n'allais quand même pas le lui dire ...

Ce fut à son tour de me complimenter. Enfin ce n'était pas complètement un compliment non plus. Mais quand même, elle me disait aimer mes yeux. Et ça, ce n'était pas pour me déplaire. Même si je le savais. Enfin à l'époque, elle aimait aussi mon regard en lui même. Sauf qu'aujourd'hui, on ne pouvait pas dire qu'il exprimait la même chose. Je lui fus quand même reconnaissant de ne pas en faire de remarque. En même temps, elle savait bien pourquoi c'était ainsi. Pourquoi tout avait autant changé pour moi, au point que je ne dégageais certainement plus du tout les mêmes choses que par le passé. « Je sais ... » Me contentai-je de répondre avec un léger sourire, devant tous les souvenirs qui étaient en train de remonter à la surface. J'avais moi même toujours aimé ses yeux à elle. Plutôt son regard pour être plus précis. Et tout ce que celui ci pouvait dégager. J'adorais d'ailleurs l'énerver, pour le plaisir plaisir de voir ses prunelles brunes briller de colère. C'était juste plus fort que moi. J'aimais tellement la voir s'enrager pour de bon. Elle était si belle quand elle ressemblait à une furie à deux doigts de me flanquer un coup bien senti. Mais elle ne le faisait jamais vraiment. Nous ne nous cognions pas dessus non plus. Même si certaines disputes pouvaient vraiment nous pousser à gueuler plus fort que l'autre. Ce n'était pas non plus du genre à virer aux violentes insultes et aux coups.

« J'espère ne pas faire une intoxication alimentaire. Je ne suis pas certain que mon organisme soit prêt à faire face à ça ... » Remarquai-je par pure provocation, quand elle émit l'idée qu'elle serait celle qui s'occuperait de la cuisine "la prochaine fois". L'idée qu'il y ait une prochaine fois, me plaisait. Mais je ne voulais pas lui faire remarquer ses paroles, par peur qu'elle ne revienne dessus. Mais bientôt, la conversation redevint bien plus sérieuse quand elle me demanda pour quelle raison je n'étais pas allé voir mon père à ma sortie de prison. Je lui répondis sans l'ombre d'une hésitation, craignant quand même un peu qu'elle ne veuille me pousser à aller le voir. Parce que ce n'était pas du tout dans mes intentions et que ça ne risquait pas de changer. Mais je fus soulagé quand elle confirma que j'avais bien fais. J'eus un faible sourire ce coup ci. Un peu triste et mélancolique. Mais j'avais retrouvé le fonctionnement des sourires. C'était déjà ça. Et tout ça grâce à elle ! Je fronçai les sourcils et la suivis du regard quand elle alla ouvrir le four. Elle était tellement impatiente ! Mais je la rejoignis quand même, prenant bien garde de conserver une certaine distance physique entre nous. Il serait stupide qu'un frôlement me fasse perdre l'usage de la parole ou même de la réflexion. Parce que je m'étais rendu compte un peu plus tôt, qu'elle avait encore cet effet étrange sur moi. « Oui, je pense que ça devrait aller. » Confirmai-je en ouvrant plus grand le four et en récupérant un gant de cuisine pour sortir la pizza que je posai ensuite sur un dessous de plat, sur la table. « Je sais que tu as vraiment hâte de goûter cette merveille. Mais fais quand même attention à ne pas te brûler. » Remarquai-je, l'air de rien.

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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Lun 8 Sep - 15:54

Aiden & Kaylee
Les fins heureuses sont des histoires inachevées.

La minute compliment étant passée, les chamailleries revinrent au triple galop. Cette fois, la pique provocatrice avait été manigancée et entièrement voulue. Une intoxication alimentaire, hein ? Eh bien, maintenant il pouvait être sûr que je mettrai des cochonneries dans son assiette rien que pour le voir s'étouffer à table. Allons bon, ce n'était pas bien compliqué de se venger d'un homme qui ne supporte pas les poils d'animaux. Surtout quand on est vétérinaire, si vous voyez ce que je veux dire … Quoi qu'il en soit, Aiden avait ouvertement déclaré la guerre ce coup-ci. Je me retrouvais un peu prise au dépourvu, moi qui m'accoutumais seulement à sa mine sombre et son sens de l'humour disparu. En réalité, il était juste enfoui sous une couche de poussière accumulée lors des dix dernières années, son sens de l'humour. Il avait suffi que je le bouscule un peu pour qu'il rejaillisse sans crier gare. Par reflèxe, je déplaçai ma main sur le plan de travail où j'étais assise, mais ne trouvai rien qui aurait pu faire office de projectile. Je me mordis la lèvre et plissai les yeux en émettant ce petit grognement contrarié et agacé qui prouvait qu'il venait de marquer un point.

- Tu as de la chance que le bocal d'olives soit déjà rangé, pestais-je d'une voix faussement indignée. Et tu as intérêt à ce que ta pizza soit parfaite, Raphaël Aiden Miller. Sinon je t'étripe !

Ce même sentiment de frustration que je n'avais pas éprouvé depuis des lustres me traversa de haut en bas. C'était étrange de le ressentir à nouveau, et presque agréable. Mais il ne m’obnubila pas assez pour me faire oublier la faim qui me tenaillait le ventre. Ainsi que la promesse vengeresse que je venais de proférer. J'étais d'autant plus pressée de manger, pour la peine ! Si la préparation d'Aiden manquait de quoi que ce soit, même d'une pincée de sel, je n'aurais de cesse de lui rabâcher toute la soirée jusqu'à ce qu'il demande grâce. Rancunière ? Non. Mais vicieuse, un peu quand même. C'est donc dans la logique des choses que je me retrouvai bientôt collée à la vitre du four, en train de loucher sur la pâte moelleuse et diablement appétissante. Aiden finit par me rejoindre et donner son soi-disant avis d'expert sur la cuisson. Heureuse comme pas deux, je me redressai vivement dès qu'il eut donné son verdict positif. Grossière erreur, vu que lui était encore penché vers la pizza. J'ignorai totalement comment je m'y étais pris, mais une chose était sûre, mon front heurta brutalement le sien.

- Aïe ! M'exclamais-je en plaquant l'une de mes paumes contre la zone douloureuse. A moitié aveuglée par ma main, je levai les yeux vers lui en lui adressant une petite moue désolée. Pardon, je crois que je viens de nous ouvrir le crâne à tous les deux. Ça va ?

Sans lui demander son avis, j'attrapai son visage et l'obligeai à baisser la tête. En équilibre sur la pointe de mes pieds, j'examinai rapidement la petite zone rouge qui avait marqué sa tempe. Rien de bien méchant en soi. Mais j'avais quand même tenu à vérifier. Non pas que j'avais le crâne particulièrement dur et résistant, mais son état de santé à lui paraissait assez fragile en ce moment. Teint blafard, joues creuses, regard terne. Il n'aurait plus manqué que l'énorme hématome en travers de la figure pour lui donner l'aspect d'un homme battu.

- Hm, on a évité le pire, marmonnais-je en chassant ses quelques mèches de cheveux corbeaux à m'obstruer la vue. Je pense que tu ne te videras pas de ton sang.

Rassurée, je lui rendis sa liberté et m'éloignai vers le placard à couverts en passant mes doigts sur la bosse qui était apparue en haut de mon front. Heureusement que mes cheveux étaient là pour arranger un peu les choses. J'entendis Aiden ouvrir le four et sortir le dîner fumant, tandis que je récupérai deux assiettes à l'autre bout de la pièce. Je réapparu à ses côtés lorsqu'il posa la divine nourriture sur un dessous-de-plat et ne pus m'empêcher de m'esclaffer à l'écoute de sa remarque.

- Est-ce que tu prendrais ta pizza pour l'une des sept merveilles du monde ? Demandais-je en lui lançant un regard railleur. Gros prétentieux !

Cette fois, le petit coup de coude partie avant que je ne puisse l'arrêter. Il lui chatouilla les côtes, mais le temps qu'il le constate, j'avais déjà disparu de l'autre côté de la table pour répartir les assiettes.

- Je ne suis pas aussi maladroite que ça, râlais-je gentiment pour la forme avant de laisser un vrai sourire poindre sur mes lèvres. Mais c'est gentil de t'inquiéter pour moi.

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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Lun 8 Sep - 19:11

Kaylee & Aiden : Les fins heureuses sont des histoires inachevées.

J'étais tout à fait sérieux en ce qui concernait le fait que mon organisme n'était sans doute pas prêt à supporter quelques traumatismes. J'étais certain qu'une simple intoxication alimentaire, pourrait frôler l'hospitalisation. Je ne mangeais déjà pas beaucoup. Alors si c'était pour en plus tout rendre et même plus encore que ce que j'avais avalé, ça ne valait vraiment pas le coup. Et franchement, mon corps avait assez enduré comme ça au cours de ces dix années. J'espérais donc que Kaylee ne me ferait pas un coup pareil. Même pour s'amuser. Je n'étais pas certain de pouvoir trouver ça drôle sur le coup. A la rigueur, je préférais encore me recevoir des olives en plein visage. Parce qu'elle m'en avait justement balancé une quelques minutes plus tôt. Et que là, elle semblait en vouloir une autre pour recommencer. Sauf que, bien entendu, elle n'en trouva pas. « Tu sais que j'ai raison. Y'a que la vérité qui fâche. » Lui fis-je remarquer sur un ton angélique, avec le regard de circonstance histoire de bien insister sur le fait que je n'étais qu'un petit innocent qui ne faisait que dire, encore et toujours, la pure vérité. Je me contentai d'un léger sourire quand elle menaça de m'étriper. Sans doute que par le passé j'aurais ris aux éclats devant ce genre de plaisanterie. Mais mon humour, bien que légèrement en train de pointer à nouveau le bout de son nez, semblait avoir quand même un peu changé. Rire de la mort, sonnait tout à fait différemment pour moi maintenant.

Les minutes défilaient et Kaylee était de plus en plus impatiente de pouvoir enfin goûter à la pizza que je venais de préparer sous ses yeux. Une véritable enfant sur le point d'ouvrir enfin ses cadeaux ! Néanmoins, je la rejoignis quand même pour regarder avec elle. Et je pu ainsi constater que c'était plus ou moins prêt. En tout cas, ça ne devrait pas être trop dégueulasse à manger. Et puis l'odeur qui se dégageait maintenant du four, mettait trop l'eau à la bouche pour attendre plus longtemps. Je n'eus guère le temps de bouger plus encore, que la brune se redressait vivement. Beaucoup trop vivement. Sa tête heurta assez brutalement la mienne. J'eus un sursaut et laissai échapper une plainte de douleur. C'était inattendu. Mais j'avais quand même connu pire. Je n'eus pas le temps de lui répondre, qu'elle me forçait à baisser un peu la tête pour qu'elle puisse regarder. « Tu sais, je préférais encore que tu me balances une olive, si tu tenais tant que ça à te venger. » Remarquai-je l'air de rien, tentant de surtout ne pas penser à la distance physique minime entre nous. Tellement minime, que ses mains douces étaient en train de s'assurer que le coup n'avait pas trop marqué mon crâne. En temps normal, j'aurais plaisanté en lui demandant de jouer à l'infirmière avec moi, pour en profiter un peu. Mais là, je me contentai d'un léger sourire et d'un faible 'merci'. Ce qui était idiot, puisqu'elle était la cause de la douleur qui me vrillait maintenant le crâne, mine de rien ! Mais c'était deux trois fois rien.

Et puis je préférais m'occuper de la pizza que je sortis et posai sur la table. Avant qu'elle ne se mette à manger sa propre main. Je souris de façon amusée, encore une fois, quand elle me traita de prétentieux parce que je vantais presque les mérites de ma pizza. En même temps, il y avait de quoi. Elle avait une belle gueule cette pizza ! « Crois moi, tu m'en re... » Commençai-je doucement, avant d'être coupé quand elle me flanqua un léger coup de coude. Vraiment léger. Mais qui me fit quand même avoir un mouvement de recul. J'étais du genre chatouilleux. Vraiment beaucoup. C'était le genre de truc dont je ne me vantais pas en général. Mais elle le savait. J'aurais voulu faire mine de rien ce coup là, espérant qu'elle aurait oublié. Mais je venais de me trahir sans doute, par ce mouvement de recul. « C'est pas de la maladresse, c'est de la gourmandise ... » Lui fis-je remarquer l'air de rien. Je ne la traitais pas de gourmande. Mais un peu quand même. Et je doutais qu'elle ait changé au point de ne plus l'être. Ce serait vraiment surprenant de sa part. Et assez triste également. Parce que ça semblait faire partie intégrante de sa personnalité ! Pendant que la pizza refroidissait un peu, je l'aidai tant bien que mal à mettre la table.

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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Lun 8 Sep - 20:55

Aiden & Kaylee
Les fins heureuses sont des histoires inachevées.

La remarque d'Aiden fit naître un soupçon de culpabilité en moi. Le pauvre, il venait trouver refuge chez moi alors qu'il venait de tirer une longue peine de prison, et voilà que je le fracassais de partout. Enfin, juste du front, mais tout de même. Pourtant je décelai sans grande difficulté la plaisanterie dans sa phrase. Il avait plus dit ça pour détendre l'atmosphère que pour me faire des reproches. Du moins j'osais l'espérer. J'avais un peu peur d'être trop sûre de moi en ce qui le concernait, et de trop me fier à l'image que je gardais de lui étant ado. Il avait tellement changé entre-temps, ce ne serait pas étonnant qu'il en soit de même pour son caractère. Peut-être qu'il m'en voulait à mort pour lui avoir collé un véritable coup de tête, comme si son front avait fait office de ballon de foot. En tout cas, aucun éclair haineux ne brillait au fond de ses pupilles lorsque j'ôtai mes mains de son visage, ce qui eut le don de me rassurer quelque peu sur ce point-là.

- Tu sais très bien que je ne te ferai pas de mal, même après avec toutes les menaces que tu pourrais me faire dire, niais-je en levant les yeux au ciel, passablement amusée. Tu veux un bisou magique pour me faire pardonner ?

Je lançai ça sur un ton plutôt taquin en reprenant mes distances. A vrai dire, je préférai ne pas y penser, mais si j'avais dit ça dix ans plus tôt, nous aurions très certainement fini la conversation en nous roulant dans un lit, en train de s'échanger une trentaine de ces fameux « bisous magiques ». J'évitai de peu de rougir et concentrai plutôt mon esprit sur la mise en place des assiettes et couverts.

Un sourire franc filtra sur mes lèvres lorsque je surpris le grand écart qu'il fit, simplement à cause de mon coude qui l'avait à peine effleuré. Voilà l'une des grandes faiblesses d'Aiden, l'arrogant et énervant Aiden. Pour être honnête, ça n'avait pas été le but de mon geste au départ. J'avais simplement voulu lui donner un petit coup pour l'embêter, rien de plus. Mais à présent, il venait de remettre ce détail en place dans ma mémoire. Et il ravivait aussi certains souvenirs. Avant, dès lors qu'il s'amusait trop à me taper sur les nerfs, il m'arrivait de le coincer dans un coin et de le chatouiller là où c'était le plus efficace. Les côtes n'étaient pas trop mal. Mais j'adorais aussi déclarer la guerre sans qu'il ne s'y attende, en passant le bout de mes doigts avec une lenteur et une douceur particulièrement horrible sur l'intérieur de ses avant-bras. La peau y est fine et vraiment très sensible. Et c'était toujours très drôle de le voir faire des sauts de cabri pour échapper à mes mains sournoises alors que nous étions confortablement installés devant un film l'instant précédent, par exemple. Enfin, encore une fois, ce genre de situation aboutissait à un échange salivaire assez impressionnant en travers du canapé. Pourquoi fallait-il que tout me ramène à ça ce soir ? Sans plus attendre, je chassai rapidement ces pensées de ma tête avant qu'il ne remarque que j'étais dans les nuages. Je sautai d'ailleurs sur son prochain commentaire pour me détourner pour de bon de ces embarrassants souvenirs.

- Eh ! Je suis humaine, et j'ai faim ! Protestais-je. Tu ne m'interdirais pas de me nourrir tout de même.

Je m'assis sagement sur ma chaise et joins les mains devant moi, lui laissant le loisir de couper plusieurs parts égales dans la pizza. Mon regard affamé suivis avec attention les longs doigts blancs d'Aiden s'occuper de retirer le premier morceau, grignotant visuellement les grands fils de gruyères qui pendaient. Une fois les deux assiettes remplies et la mienne placée sous mon nez, je pris le soin de humer son odeur délicieuse avant de me saisir de ma fourchette. Je pris également le temps de découper proprement un petit triangle de nourriture et de le porter délicatement à ma bouche, me doutant très bien qu'Aiden attendait un verdict de ma part. Ce fut l'explosion sur ma langue. La pâte était moelleuse, un vrai bonheur. Les ingrédients parfaitement cuits et associés. Putain, c'était vraiment trop bon !

- Hmf. Cha va, déclarais-je de mauvaise foi, la bouche pleine, en retenant de peu un « Mmmmh » rempli d'extase.

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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Lun 8 Sep - 22:28

Kaylee & Aiden : Les fins heureuses sont des histoires inachevées.

J'avais oublié que Kaylee avait la tête aussi dure. Sans déconner. Rien qu'un petit coup involontaire, m'avait fait perdre la moitié de mes neurones là. Au moins ! Et heureusement que ce n'était pas volontaire. Je n'osais pas imaginer la douleur que ça aurait pu être si elle m'avait volontairement mit un coup de tête de ce genre. Enfin peu importait. Là pour le coup, je marquai un temps d'arrêt quand elle me proposa un bisou magique. Mais elle ne devait pas vraiment le penser. Ce n'était pas sérieusement, qu'elle voulait me faire un bisou magique. Soit, c'était tout à fait innocent. Un bisou sur la tempe, je ferais mine que ça va beaucoup mieux et puis ce serait terminé. Mais le simple terme me ramenait dix ans plus tôt. Quand les bisous magiques finissaient toujours par déraper. On était jeunes. On découvrait notre sexualité. On ne pensait qu'à ça quand on se retrouvait seuls, rien que tous les deux, chez l'un ou chez l'autre. Or, ce n'était plus du tout d'actualité. Et je du me racler la gorge et détourner le regard pour chasser les pensées un peu moins innocentes qui commençaient à s'installer dans mon esprit. Ce n'était franchement pas le moment de me laisser ainsi aller. C'était certain. « Je n'ai déjà plus mal. Tu n'as pas la tête si dure que ça finalement ! » Répondis-je en tentant de garder un ton le plus léger possible, pour ne pas prendre trop le risque de la vexer. Ce serait dommage tout de même.

Heureusement, elle parvint à me faire penser à toute autre chose, dès lors qu'elle me donna un léger coup dans les côtes qui me fit me reculer vivement. J'étais trop chatouilleux pour supporter que l'on me touche les côtes. Avec violence, ça faisait mal. Mais aussi mollement, ça chatouillait. Beaucoup trop pour moi qui ne supportais pas ça du tout ! Nous prîmes finalement place à table, une fois que j'eus sortis la pizza du four. Kaylee semblait vraiment avoir faim. Ou juste hâte de pouvoir goûter à cette pizza pour donner son avis. Dans le fond, j'espérais vraiment ne pas l'avoir raté. Je serais vraiment déçu si c'était le cas. Quand bien même il n'y aurait rien de bien étrange à ça, vu que je n'avais pas cuisiné depuis une éternité maintenant ! « Je te taquinerais bien en te disant qu'il faut faire attention à ta ligne, mais je n'aurais pas l'air vraiment sérieux. » Remarquai-je en haussant les épaules, tout à fait désinvolte. Ce fut donc avec une certaine nervosité, que je servis nos deux parts de pizza, dans nos assiettes respectives. J'attendis ensuite qu'elle ait goûté, sans même toucher à ma propre part. Ce n'était pas que je n'avais pas confiance en mes "talents" en matière de cuisine. Mais je préférais vraiment avoir son avis avant toute chose. En priant silencieusement pour qu'elle soit contente du résultat. Je serais déçu si elle même l'était. J'attendis donc et la regardai porter sa part à ses lèvres, tentant d'éliminer toute éventuelle pensée salace de mon esprit.

« Juste, ça va ? » M'étonnai-je, un peu déçu. Je ne m'attendais pas non plus à ce qu'elle me complimente plus que de raison. Mais quand même. Je pensais que ça mériterait mieux qu'un "ça va". Enfin, je l'espérais surtout. Mais tant pis ! Je haussai les épaules et récupérai ma propre part de pizza, que je portai à mes lèvres. Je n'éprouvais pas encore le même plaisir que je pouvais ressentir par le passé, quand il était question de manger. Je ne mangeais que parce qu'il le fallait. J'engloutis donc ma propre part de pizza, sans grande émotion. C'était quand même la meilleure chose que j'avais mangé en dix ans. Mais peut-être que c'était surtout à cause du fait que c'était le premier "fait maison" que je mangeais depuis une éternité. Quand j'en eus terminé de ma part, je repoussai mon assiette et repoussai mon assiette sans éprouver l'envie ou le besoin de me resservir. Et reposai les yeux sur Kaylee. Elle semblait quand même beaucoup aimer ce qu'elle était en train de manger, pour un simple "ça va", remarquai-je avec un sourire au coin des lèvres.

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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Mer 10 Sep - 21:47

Aiden & Kaylee
Les fins heureuses sont des histoires inachevées.

Le regard impatient d'Aiden m'apparut comme une délicieuse vengeance. Je prenais bien soin de le faire patienter et faire mine de mâcher le morceau de nourriture, alors que je savais depuis longtemps que c'était tout bonnement délicieux. J’eus malgré tout pitié de sa petite moue déçue. J'ai toujours été faible devant ses mines un peu enfantines de toute façon. C'était assez surprenant qu'il tombe dans le panneau aussi facilement. J'étais peut-être devenue une comédienne hors pair depuis tout ce temps, si bien que ma mauvaise foi était passée comme un comportement tout à fait naturel. En tout cas, il s'était simplement mis à manger sa part sans rien retrouver à dire. Le temps d'une seconde, il me sembla revoir le Aiden fantôme trop passif réapparaître. Ce qui me fit lâcher ma fourchette un peu trop bruyamment.

- Tu déconnes ? C'est super bon. Finalement, oublie cette histoire de mécano, je pense que tu ferais fureur en ouvrant un restaurant ! Arguais-je en saisissant ma pizza à mains nues pour croquer dedans à pleines dents.

Il devait tout de même avoir plus ou moins compris que je l'avais mené en bateau, parce que l'une des commissures de ses lèvres s'était légèrement relevée par rapport à l'autre. Il faisait de beau progrès niveau sourire. Pour peu, je le féliciterais en lui tapotant solennellement l'épaule. Mais ça l'aurait sûrement déstabilisé et son côté froid serait aussitôt ressortie pour rattraper ce laisser-aller de sa part.

J'achevai rapidement d'engloutir ma part, sans éprouver la moindre gêne à me couvrir les doigts de graisse devant lui. Une grimace m'échappa lorsque j'avalai ma dernière bouchée un peu trop vite, et qu'elle resta douloureusement coincée dans ma gorge. Ça m'apprendra à manger si vite tiens. Pas découragée pour autant, je me penchai l'air de rien vers la pizza pour en prendre un autre morceau. Aiden l'avait dit lui-même, la gourmandise faisait partie de mes défauts, et je l'assumais particulièrement bien. Surtout devant lui qui le savait mieux que quiconque. Mon regard tomba finalement sur son assiette vide alors que je m'essuyai les mains. J'arquai un sourcil contrarié.

- Tu ne manges pas ? M'étonnais-je bien que le fait que ses couverts soient repoussés était plutôt explicite.

Pas du tout d'accord avec ce comportement, je fis claquer ma langue contre mon palais. Il ne faisait même pas honneur à son propre repas, lui qui avait dû manger une sorte de mixture à peine comestible et très industrielle pendant toute une décennie. Il n'aimait pas finalement ? Ou alors c'était ma façon de me gaver comme une vache qui lui avait coupé l'appétit ? J'étais sûre qu'il avait vu bien pire de toute façon. Déterminée à le raisonner, je me levai et soulevai ma chaise tout en commentant :

- Je n'arrive pas à croire que tu me parles de garder ma ligne. Tu as vu la tienne ? Encore un peu, et tu vas devenir anorexique ! Je crois qu'il est temps de te remplumer.

Ce faisant, je transportai mon siège vers un autre côté de la table, de sorte à être assise perpendiculairement à lui. Je reposai mes fesses à leur place initiale avant de tirer ma propre assiette devant moi d'un geste ferme. Je savais à quel point il pouvait faire sa tête de cochon et rester borné comme pas possible. Alors autant employer la manière forte tout de suite. Mes couverts suivirent bientôt le mouvement. Je découpai rapidement un petit triangle de pizza avant de lever mon bras vers lui et de lui faire un grand sourire.

- Ouvre la bouche, enjoignais-je malgré en lui fourrant ma propre fourchette devant le nez.

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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Jeu 11 Sep - 18:44

Kaylee & Aiden : Les fins heureuses sont des histoires inachevées.

C'était très certainement idiot de ma part d'accorder autant d'importance à l'avis que pouvait bien avoir Kaylee sur le goût qu'avait ma pizza. Mais c'était plus fort que moi. Je l'avais plus fait pour lui faire plaisir à elle, que pour autre chose. Alors forcément, son avis ne pouvait que vraiment compter. Mais ce n'était apparemment pas la hauteur de ses espérances vu sa réponse. Même si j'avais quand même comme un doute. Jusqu'à ce qu'elle en lâche sa fourchette. Elle venait de mordre un truc super dégueulasse ou quoi ? Je lui lançai un regard incertain, presque sûr qu'elle allait recracher un truc. Mais ce ne fut aucunement pour ça. Mais bien pour m'annoncer clairement à quel point c'était bon. De là à ouvrir un restaurant, sérieusement ? Elle exagérait tout de même ! « N'abusons pas, quand même ... » Rétorquai-je donc, avec tout de même un mince sourire sur les lèvres. Parce que c'était quand même très amusant qu'elle émette une telle idée. C'était sa façon à elle -assez particulière- de me complimenter. Et c'était quand même très agréable d'être complimenté. Même pour un détail de ce genre qui n'avait pas non plus de réelle importance en soit. Ce n'était pas comme si c'était ma passion première !

Je souris de plus bel en la voyant s'emparer de la pizza directement dans ses mains, pour la dévorer avec un bel appétit. C'était plaisant à voir. C'était une preuve, sans doute, qu'elle l'aimait vraiment. Elle eut le temps de s'emparer rapidement d'une seconde part, quand elle posa le regard sur mon assiette demeurée vide après ma première et unique part de pizza. « J'ai mangé ... » Tentai-je en affichant un air un peu coupable tout de même. parce que je ne m'attendais pas vraiment à ce qu'elle fasse attention à ça. Et que j'aurais préféré qu'elle ne s'en rende vraiment pas compte. Je ne voulais pas qu'elle s'inquiète pour moi. Et encore moins qu'elle tente de me forcer à manger. Je n'avais vraiment pas faim. C'était même rarement le cas. Je ne mangeais que parce qu'il le fallait pour vivre et non pas par envie. En même temps, qui mangerait avec envie, les plats qu'on nous servait en prison ? C'était juste impossible, pour sûr ! Elle me fit rapidement bien comprendre ce qu'elle pensait de ça et ça eut le don de me faire hausser les sourcils. Eh bien, c'était donc à ce point là !?

Soit, j'avais perdu du poids, je ne pouvais le nier. Ca devait faire peur à voir. D'autant plus que je n'avais jamais été du genre à être bien gras en plus. Toujours à la limite. Alors forcément, ces quelques kilos de moins ne passaient pas inaperçus. « Mais c'est pas la même chose ... » Marmonnai-je assez stupidement, bien incapable de formuler le moindre argument valable. C'est que je ne pouvais pas nier qu'elle avait entièrement raison quand même. C'était un fait. Je soupirai tout de même un peu quand je compris enfin pour quelle raison elle était en train de se déplacer, de sorte à se rapprocher un peu de moi. « Sérieusement ... ? » M'étonnai-je un peu, en levant les yeux au ciel histoire de marquer un tant soit peu le coup en lui faisant remarquer qu'elle en faisait tout de même un peu trop là. Mon regard alla du sien à la fourchette, à plusieurs reproches. Et finalement, je daignai enfin m'en approcher. Mais c'était uniquement pour lui faire plaisir, que je refermai mes lèvres autour de la fourchette, sans la quitter du regard. D'ailleurs, c'était pas un peu étrange ça ? Est-ce que ce n'était pas un peu provocateur et n'inspirait pas autre chose ? Je m'en rendis compte et pourtant, ne bronchai pas plus que ça. « Tu comptes vraiment le nourrir maintenant ? »

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MessageSujet: Re: Les fins heureuses sont des histoires inachevées. - ft Kaylee   Ven 12 Sep - 12:06

Aiden & Kaylee
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Visiblement, il n'avait pas l'air de trop aimer la tournure des choses. Mais, quoi qu'il dise, je n'allais pas lâcher le morceau. Il avait vraiment besoin de manger pour reprendre un peu de muscles. Heureusement que je n'étais pas bien forte moi-même, sinon j'aurais eu peur de le voir tomber en miettes en le bousculant un peu trop fort à cause de ma maladresse légendaire. Je pinçai légèrement des lèvres alors qu'il tentait vainement de protester à propos de cette histoire de ligne.

- Non, bien sûr que ce n'est pas la même chose, bientôt je vais presque faire le double de ton poids, rétorquai-je aussitôt avec une pointe de sarcasme. Allez, ne me laisse pas manger cette pizza toute seule. De quoi j'aurais l'air sinon ?

De toute façon, il aurait pu trouver n'importe quoi pour me faire changer d'avis, j'étais déjà installée à côté de lui. Pour peu, j'aurais presque été tenté de faire ces petits yeux de cocker adorable comme lui savait si bien les faire. Mais il y avait peu de chances pour que ma tentative soit efficace. Dans le meilleur des cas, il aurait certainement explosé de rire devant ma face complètement ridicule. Alors autant rester camper sur mes positions et le forcer à prendre soin de lui, que ça lui plaise ou non. Et même s'il roulait des yeux d'un air profondément exaspéré, j'étais bien déterminée à lui faire avaler ce satané bout de nourriture.

- J'ai l'air de rire ? Lançais-je pour toute réponse, lui signifiant bien que j'étais on ne peut plus sérieuse.

Et pour bien souligner mes propos, j'agitai ma fourchette devant son nez et la lui désignai d'un coup de menton pour l'encourager à manger. Enfin. Si je me plaisais à me prendre pour une maman obligeant son fils à finir son assiette, ma vision des choses changea brusquement. Aiden finit par céder en plantant son regard dans le mien. Je ne m'étais pas encore réhabituée à l'intensité de celui-ci, mais je le soutins avec résolution. Et puis, il se pencha lentement vers ma main. Ses lèvres s'ouvrirent et se refermèrent soigneusement autour du morceau de pizza. Après quoi, il se retira et se laissa retomber contre le dossier de sa chaise. Le tout sans me lâcher un seul instant de ses yeux renversants. Je déglutis. Et là, un frisson incontrôlable explosa le long de mon échine. Toute mon assurance s'était soudainement envolée. J'étais comme tétanisée sur place. Mes doigts qui tenaient une fourchette désormais vide semblaient plus mous à présent. J'avais presque l'impression de me liquéfier sur place tant ce qui venait de se passer m'avait électrisée et m'avait collée KO. Il … venait vraiment de faire ça ? De me regarder de cette façon en refermant sa bouche sur ce morceau de nourriture ? Bon sang, sur le coup j'avais presque regretté de ne pas être cette foutue pizza ! Ça c'était vraiment déstabilisant. Et le pire était d'ignorer s'il l'avait fait exprès ou si ça avait été tout à fait naturel. En tout cas, il menait bien son jeu. Parce qu'il n'avait pas l'air d'être si dérangé que ça par ce qui venait de se passer, ce qui rendait les choses deux fois plus perturbantes. Comment j'étais censée réagir moi ? Faire comme si de rien n'était ? Sérieusement, tout mon épiderme était encore hérissé de partout ! Je n'étais même pas sûre d'être capable de manger avec cette même fourchette maintenant.

Soudain sa question me sortit de cet étrange état de confusion dans lequel il m'avait envoyée. Je cillai à plusieurs reprises, indécise quant à ce que je devais répondre ou non. Et puis finalement mon instinct prit le dessus. J'aurais presque pu l'en remercier d'ailleurs, sans quoi je serais restée bien bête à le regarder comme s'il venait de descendre du ciel. Mais ça aurait peut-être été préférable tout compte fait, parce que j'ignorai ce qui me passa par la tête lorsque je lui dis d'un ton presque trop provocant, en l'observant de la même manière que lui :

- Je ne sais pas. A toi de voir si tu vas finir cette part tout seul ... Ou si tu préfères que je te force à le faire.

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