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 keep calm and eat pizza (zach)

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MessageSujet: keep calm and eat pizza (zach)   Mar 9 Sep - 23:33

ZACHARIA & SIDNEY




La vie était tellement injuste… C’était le constat qui tournait en boucle dans l’esprit de Sidney. En même temps, comment pouvait-il en être autrement ? Pourquoi certaines personnes avaient de quoi se nourrir et pas d’autres ? Pourquoi tout souriait à certaines, alors que d’autres enchaînaient les galères ? Pourquoi les gens se trompaient-ils ? Pourquoi les gens perdaient-ils ceux qu’ils aimaient alors que leur heure n’avait pas vraiment sonnée ? Pourquoi certaines personnes étaient-elles malades alors que d’autres non ? Depuis qu’elle était revenue, tout lui semblait différent. La guerre, ça vous change, c’était ce qu’on disait, et ceux qui en étaient revenus ne pouvaient que confirmer. Elle le faisait, elle aussi. Elle confirmait. Avant, elle était optimiste, elle voulait y croire, croire qu’elle pouvait aider, changer un peu les choses, faire de son mieux pour que les autres aillent mieux, pour ceux qui se battaient corps et âme. Maintenant ? Ca n’avait plus aucun sens. Pourquoi lui et pas un autre ? Elle se posait des questions existentielles, des questions sans réponses aussi, mais c’était tout ce qu’elle pouvait faire à l’heure actuelle. Parce qu’elle n’était capable de rien d’autre. Sa famille ne la comprenait pas. Ils voyaient bien qu’elle était différente, et elle savait qu’ils étaient au courant, on avait forcément dû les mettre au courant de ce stress post-traumatique dont elle souffrait. Oui, ils devaient savoir qu’elle allait voir un psy, pour aller mieux. Mais ils ne disaient rien, ils faisaient comme si de rien n’était, comme si la vie était belle, que les oiseaux chantaient, que le ciel était bleu. Ils se leurraient en se donnant l’impression de vivre dans un monde de bisounours, dans un petit paradis où tout ne serait que bonheur et joie. Ce n’était pas ça, la vie. Elle en avait vu des horreurs qui contrebalançaient avec leur vision des choses. Peut-être bien que les oiseaux chantaient et que le ciel était bleu, mais ça, on ne le remarquait que quand on allait bien. Aux yeux de la brunette, c’était comme si dehors il y avait un orage permanent, une tempête, une pluie torrentielle. Le ciel était gris, les oiseaux s’étaient réfugiés. Et ses parents ne pouvaient pas comprendre. Ils l’avaient invitée plusieurs fois à venir déjeuner chez eux, en compagnie de son frère, marié, réussissant bien sa vie, et ayant un enfant. Sa vie à lui puait le bonheur alors qu’elle était au fond du trou. Et il lui envoyait ça en pleine figure, il étalait son bonheur comme pour lui prouver qu’il avait eu raison, qu’elle n’aurait jamais dû y aller, qu’elle avait échoué. Parce que ça, cette vie parfaite, c’était celle qu’elle aurait pu avoir si elle n’avait pas fait le choix d’aller au front. Jared lui montrait ce qu’elle avait loupé, comme si ce qu’elle avait vécu ne lui suffisait pas. Et ses parents l’énervaient à lui parler de la voisine qui avait décidé de prendre un petit chihuahua alors que son mari détestait les chiens. Qu’est-ce que ça pouvait bien lui faire, en fin de compte ? Elle avait d’autres soucis que ça…

Comme cette lettre, entre ses mains. Ces mots-là auraient dû avoir du sens, et dans une autre situation ils en auraient eu. Mais là, Sidney avait l’impression que ça ne voulait strictement rien dire. Parce que ça rendait la mort d’Eric encore plus concrète, encore plus réelle. Ca ne devait pas se passer comme ça… Tous ces efforts, toute cette retenue, pour… Rien. Des mots sur un papier. Des mots prononcés dans un souvenir, juste avant de… mourir. Ça devait être différent, ça l’aurait été, s’ils avaient eu un peu plus de temps… C’était injuste. La brunette se leva de son canapé et posa la lettre sur la table tandis que la télé tournait en boucle depuis ce matin. Pas une seule fois, elle n’avait posé les yeux sur l’écran, mais le bruit de fond la rassurait. Bien sûr, elle avait veillé à ce que ce soit une chaîne qui ne la perturberait pas d’avantage. Une chaîne sans bruit de coup de feu, sans cri de douleur. Une chaîne passant des émissions de déco toute la journée, une valeur sûre. Mais en attendant, l’estomac de la brunette criait famine, et instinctivement, elle attrapa le combiné du téléphone et composa le numéro de la pizzeria qu’elle avait fait depuis quelques jours. Trois ? Quatre ? Elle ne savait même plus. Et elle s’en moquait. De toute façon, ce n’était que pour combler cet impératif biologique. Rapidement, elle commanda sa pizza avant de raccrocher. À force, elle débitait sa commande un peu comme un robot. Ça devenait une habitude, et elle ne voyait pas l’intérêt de s’attarder. D’ici une quinzaine de minutes à peu près, elle aurait sa pizza, se nourrirait, laisserait traîner le carton avec les autres, et retournerait à ses questions existentielles sans réponses. Peut-être qu’elle devrait en parler à son psy ? Parce que si elle refusait de lui parler de la guerre, il pourrait peut-être l’aider à obtenir ces réponses ? Peut-être qu’elle essayerait le lendemain, quand elle le verrait. En attendant, elle se levait et cherchait déjà l’argent dans son portefeuille qu’elle déposa sur le guéridon à côté de la porte. Ça, c’était fait. L’espace d’un instant, elle hésita à aller dans la salle de bain s’arranger un peu, ayant une vague idée de ce à quoi elle ressemblait, mais ça lui parut tellement vain qu’elle rejeta rapidement l’idée. Elle devait avoir une tête de zombie, les cheveux en bataille et bourrés de nœuds çà et là, et ce qui lui faisait office de pyjama ne devait ressembler à rien. Mais Sidney s’en moquait royalement. Là encore, c’était le cadet de ses soucis. Sans s’en rendre compte, elle avait regagné son canapé et jouait nerveusement avec la lettre entre ses doigts. C’était comme s’il lui manquait un bout du puzzle, comme si elle était à deux doigts de résoudre un mystère alors qu’elle se sentait si loin. Elle fut sortie de ses pensées lorsque la sonnette de l’interrupteur retentit, et sans dire un mot, elle se contenta de permettre au livreur de pizza d’entrer dans l’immeuble. Parce que ça ne pouvait être que lui, de toute façon. Qui d’autre ? Son frère ? Il avait autre chose à faire, et de toute façon, ils ne se parlaient plus vraiment, outre les repas de famille où ils n’avaient pas vraiment le choix. Ses parents ? Aucune chance, ils ne quitteraient pas leur petite bulle de bonheur pour affronter la triste réalité de la vie. Elle en était là dans ses réflexions inutiles lorsqu’on toqua à la porte. Juste devant celle-ci, elle attendit tout de même un peu avant d’ouvrir, histoire de. Pour la forme, pour ne pas trop effrayer le livreur, en fin de compte. Et quelques instants plus tard, la jeune femme se décida enfin à ouvrir la porte. « Bonsoir. » Ce livreur-là, elle le voyait depuis quelques jours. Ils ne changeaient jamais ? Il ne pouvait pas être seul sachant que lors de ses deux premières commandes ce n’était pas à lui qu’elle avait eu affaire. Le pauvre, il devait se poser des questions à force, ou il devait en avoir marre de venir chaque soir chez elle depuis quelques jours maintenant. Enfin bon, ce « problème » n’était rien comparé aux autres. « Et voilà pour vous. » dit-elle en lui tendant la somme qu’elle lui devait et qu’elle venait d’attraper sur le guéridon. Comme quoi, ça servait de préparer la chose à l’avance, histoire que ce soit plus rapide, plus organisé. Ça lui évitait de fouiller pendant des heures jusqu’à ce que le compte soit bon, tandis que le livreur s’impatienterait.
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MessageSujet: Re: keep calm and eat pizza (zach)   Mer 10 Sep - 18:09

Être livreur de pizza ne déplaisait pas à Zach, il avait choisi ce job étudiant parce que ça bougeait un minimum et que se balader dans Manchester en scooter lui plaisait. Le contact client aussi il appréciait, même si certains étaient des vrais cons, voir la mine satisfaite des gens attendant leurs pizzas être servit en temps et en heure il trouvait ça cool. Ça faisait maintenant un an et demi qu’il travaillait chez Paolo, un italien purz souche arrivé une dizaine d’années en arrière à Manchester pour les beaux yeux d’une anglaise qui l’avait largué quelques temps après parce qu’il était bien trop dragueur, enfin Italien quoi. Son patron était parfois un peu bourru et amateur de tragédie à l’italienne il pouvait faire un battage pas possible d’un manque d’oignons pour une garniture. Le pire c’est qu’il arrivait même à se faire plaindre parfois, mais Zach trouvait ce côté de sa personnalité plutôt amusant. Dans un même temps il s’avérait être quelqu’un de droit pour ce qui était du traitement de ses employés, ce qui était un point non négligeable pour un étudiant comme lui bossant pour alléger un peu la charge financière de ses parents.
Paolo préparait vraiment de bonnes pizzas, il disposait d’un noyaux de clients vraiment fidèles qui ne commandaient que chez lui et le conseillaient à des amis qui à leur tour devenaient clients réguliers. L’affaire marchait bien tout en restant à taille humaine, avec seulement deux livreurs et quelques places en salle ainsi qu’une petite terrasse il valait mieux que les choses restent ainsi. Jane sa compagne du moment se chargeait de prendre les commandes au téléphone et du service en salle, Doug un gamin de la trentaine quant à lui était l’autre livreur de pizza. Un soir par semaine il assurait la tournée seul et de même pour Zach, alors que le reste du temps ils se répartissaient les livraisons par secteurs. Revenant d’une série de livraisons, le jeune homme attendait la prochaine fournée de pizza, en profitant pour manger et boire un peu. « Tu vas avoir une impression de déjà vu gamin, cette nana qui a commandé hier ou y’a deux jours, elle a encore appelé. » il se mettait à rire « Ce genre de clientes faut bien les soigner, tu lui feras une réduc de 4 livres. » le livreur hochait la tête « C’est pas au bout de dix pizzas une gratuite ? » Paolo balayait la remarque d’un revers de main avant de sortir une série de pizzas du four « Et bah elle l’aura, mais ce soir tu lui fais une réduc. Compris gamin ? » Zach adressait un sourire à son patron et fit oui de la tête « Je suis pas débile. ».

Connaissant la ville par cœur, ses raccourcis, ses zones les plus perturbées, Zach gérait son itinéraire à l’instinct choisissant avec un quasi automatisme le chemin le plus court sans que cela ne lui demande d’effort de réflexion. Quatre pizzas à livrer avant que la différence entre l’heure de la commande et la livraison n’excède trente minutes. Il était largement dans les temps et cette tournée avait comme attrait supplémentaire qu’elle était la dernière de la soirée. Ensuite il irait rejoindre son groupe d’amis dans un bar avant d’aller à une soirée où beaucoup d’étudiants de Manchester se retrouveraient pour faire la fête jusque tôt demain matin. Lui il serait assez raisonnable il avait cours à onze heures et ne se permettait pas vraiment de rater un cours pour cause de grosse fête la veille. De toute façon il n’y était pas encore pensait-il en empochant la monnaie tendue par un homme qui pour sa santé devrait éviter de manger deux pizzas à lui tout seul. Deuxième adresse, un homme d’affaire à son bureau visiblement pas prêt de rentrer chez lui malgré sa mine fatiguée. Le livreur faisait toujours ce genre de petits constats sur les gens à qui il livrait des pizzas, c’était drôle de voir à quel point il existait des profils différents.
Enfin il se trouvait sur le chemin de la dernière commande à honorer. Ça faisait plusieurs fois en peu de temps qu’il amenait une pizza à cette jeune femme. Elle avait l’air de vivre seule, de sortir assez peu et de se nourrir uniquement des créations de Paolo. Chaque fois elle avait eu cette même attitude un peu absente bien qu’elle eut été polie. C’était étrange comme impression pour Zach parce qu’il n’arrivait pas à faire de constat sur elle, son comportement était un mystère. Bon pas besoin d’être une lumière pour voir que la lumière justement, en tout cas celle du jour elle ne devait pas la voir souvent. Peut-être ce soir en saurait-il plus… Quoi que après tout ça ne le regardait pas, pourtant il était curieux sans même savoir ce qui le poussait à l’être. Un drôle de feeling qu’il ne s’expliquait pas. Arrivé au bas de l’immeuble il pressait le bouton de l’interphone, un bruit de buzzer plutôt fatigué lui indiquait que la porte était désormais ouverte.  

Préférant prendre les escaliers plutôt que l’ascenseur, Zach montait les marches rapidement jusqu’au bon étage et frappait à la porte de l’appartement qui avait déjà subit ses coups les jours précédents. Sautillant légèrement sur la pointe des pieds en attendant qu’on lui ouvre, il s’arrêtait instantanément et adressait un sourire à la jeune femme qui se tenait dans l’encadrement de la porte « Bonsoir. » il lui tendait la boite de sa pizza, constatant dans un même temps qu’un bon nombre de ses congénères trainaient plus loin. Ok c’était mal d’être curieux comme ça mais il n’y pouvait rien si c’était plus ou moins dans son champ de vision. La jeune femme était dans la même tenue que la veille, pas plus coiffée mais elle ne sentait pas mauvais. Son appartement était paradoxalement plutôt bien rangé hormis les boites vides qui trainaient, un peu comme si elle ne vivait que sur son canapé et sa table basse.
Une dépressive. C’était la conclusion qu’il venait de faire dans sa tête, ressentant une petite pointe de dépit. Sans doute que cette fille là pouvait vraiment s’arranger, elle semblait se laisser dépérir ou quelque chose comme ça. Peut-être une sorte de Bridget Jones post rupture. Instinctivement il cherchait la trace d’un pot de glace du regard avant de se rendre compte que c’était définitivement impoli d’agir ainsi même discrètement. Elle lui tendait la somme exacte du montant de la commande, normal qu’elle le connaisse par cœur à force sauf que Zach était chargé de lui faire une réduc. Il se sentait presque mal à l’aise de la contrarier en le lui disant mais elle serait sans doute contente de faire des économies. « Il y a trop. Vous avez une réduction de 4 livres, ça fera donc 6 livres 50 cents. » déclarait il en souriant toujours et lui rendant sa monnaie. Se balançant légèrement du talon à la pointe de ses pieds il fit une moue embarrassée « Vous voulez que je vous débarrasse ? » demandait-il sur un coup de tête avant de se reprendre avec un air désolé « Non.. Pardon c’est mal poli de ma part… » il baissait les yeux sur ses baskets, il avait envie d’en changer d’ailleurs. Le jeune homme tapotait ses deux mains l’une contre l’autre gêné de son attitude mais poussé par une force inconnue « Je parlais des cartons vides. Je peux les jeter en bas si vous voulez. » simplement pour rendre service, se montrer agréable avec cette jeune femme qui ne respirait pas la joie de vivre.
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MessageSujet: Re: keep calm and eat pizza (zach)   Dim 14 Sep - 15:55

Ce soir, comme un certain nombre de soir ces derniers temps, c’était pizza pour la brunette. Pourquoi ? Tout simplement parce que le frigo était pas mal vide, et que de toute façon, elle n’avait pas la force ni l’envie de faire la cuisine. C’était franchement ridicule. Faire la cuisine alors qu’elle savait ce qu’il se passait dans ce pays dont elle n’arrivait même plus à prononcer le nom. Ça n’avait tout simplement pas de sens d’être ici alors que d’autres se battaient, souffraient, avaient peur, et tant de sentiments dont elle se rappelait comme si c’était hier. En même temps, ce n’était pas en six mois qu’on effaçait presque six années de sa vie. Et quand on revenait de la guerre, peu importe son statut, on en sortait pas indemne. Elle en avait la preuve à présent, pour l’avoir vécue, pour avoir perdu trop de gens là-bas. Des soldats à qui elle avait fini par s’attacher, pour différentes raisons. Et ça restait injuste vis-à-vis de ceux qu’elle ne connaissait pas non plus. Ici, tout le monde menait sa petite barque dans une insouciance incroyable de ce qu’il se passait là-bas. Ils avaient même tendance à oublier… Et certains, comme sa famille, choisissaient tout simplement d’ignorer ces événements. Sauf qu’elle, elle ne pouvait pas. Alors comment arriver à cuisiner un repas quand ce genre de pensée ne quittait pas votre esprit ? C’était impossible. Parce qu’elle trouvait cela injuste qu’elle se trouve ici. Et elle avait du mal à s’acclimater à cette vie à Manchester, celle qu’elle avait quitté des années plus tôt. Rien que par rapport au confort qui l’entourait, à cette insouciance des gens qu’elle ne supportait pas de voir quand elle se promenait dehors. Ils étaient heureux, avaient des projets, souriaient, riaient. Et d’autres se disputaient pour des broutilles, des trucs vraiment ridicules. « Mais chéri c’était à toi d’emporter le vin pour nos hôtes ! On va arriver sans cadeau maintenant, de quoi on aura l’air ? » Ridicule, vraiment. Voilà pourquoi elle préférait aussi rester chez elle, là où elle était encore le plus tranquille, où elle se comprenait, n’avait à s’expliquer à personne. Sauf que ce serait trop facile si elle pouvait continuer sa barque comme ça, en essayant de digérer, de reprendre un peu contrôle, à sa façon, progressivement, en trouvant des réponses à ses questions existentielles. Enfin bref, tout ça pour dire que la pizza c’était la meilleure option pour se nourrir. Bon, il lui arrivait d’alterner un peu en commandant chinois ou autre, mais depuis un moment ce genre d’alimentation était son quotidien ou presque. Elle se dépensait en s’activant chez elle, ou elle sortait parfois faire un footing de bon matin là où elle était sûre de ne rencontrer que peu de gens, ce qui expliquait qu’elle maintenait sa ligne, mais sans cela, elle aurait non seulement changé intérieurement mais physiquement aussi.

Le livreur arriva plus vite que ce à quoi elle s’était attendue, ou peut-être n’avait-elle seulement pas fait attention du tout à l’heure et n’avait pas vu le temps passer. Oui, ça devait sûrement être ça. En même temps, chaque jour c’était la même chose. Les heures passaient sans qu’elle s’en rende vraiment compte. Sauf quand elle était chez ses parents où là, elle comptait les secondes, mais c’était une autre histoire. Sidney ouvrit alors au livreur en se demandant l’espace de quelques instants à peine lequel des deux elle verrait. Ou peut-être un nouveau ? Suspens. Non, pas de nouveau. Celui-ci, elle l’avait déjà vu un certain nombre de fois cette semaine. « Bonsoir. » Et il souriait toujours à s’en péter la mâchoire. Ca la laissait perplexe quand même, parce qu’elle se demandait bien pourquoi un tel sourire. Pour la forme ? Parce qu’il était vraiment heureux de livrer des pizzas ? Parce qu’il souriait tout le temps ? Parce qu’il était heureux tout court ? Elle se disait que si c’était le cas, il devait avoir oublié les horreurs qui se passaient un peu partout dans le monde, lui aussi. Mais la jeune femme broyait du noir, elle qui s’était toujours montrée positive et enthousiaste, optimiste et qui essayait de relativiser les choses comme elle le pouvait… Là, elle n’y arrivait plus, elle était défaitiste, fataliste, négative. Sauf que remonter une telle pente était une ascension on ne peut plus périlleuse et difficile à supporter. Et à l’heure actuelle, Sidney ne savait absolument pas comment gérer la chose. Son psychiatre était censé l’aider et tenir ce rôle mais il ne pouvait pas vraiment le faire si elle ne s’ouvrait pas à lui. Sauf que là encore, elle n’en était pas capable. Bref, tout ça pour dire qu’elle ne connaissait absolument pas le jeune homme et qu’elle s’imaginait déjà des choses. « Vous… Vous souriez tout le temps comme ça ? » ne put-elle s’empêcher de demander en essayant de ne pas grimacer. Ca l’énervait d’avoir ce genre de réaction, mais elle avait tellement de mal à supporter de tels sourires vis-à-vis du cauchemar qu’elle avait vécu. Il fallait la comprendre… Et les jours précédents, elle n’avait pas vraiment fait attention, se contentant d’être polie et de prendre sa pizza le plus vite possible. D’ailleurs, elle avait eu l’intention de faire la même chose aujourd’hui, mais là, la question lui avait échappé sans qu’elle s’en rende vraiment compte, parce qu’elle tournait en boucle dans son esprit depuis qu’il avait souri. La question était un peu devenue une question existentielle à ses yeux, d’où sa curiosité peut-être déplacée.

Enfin bon, la brunette ne tarda pas à se saisir de l’argent qu’elle avait préparé et donnait le tout au jeune homme. « Il y a trop. Vous avez une réduction de 4 livres, ça fera donc 6 livres 50 cents. » Quelle ne fut pas sa surprise à cet instant. Sidney dû écarquiller un peu les yeux, d’ailleurs, ne s’y attendant pas du tout. Une réduction ? Qui sortait d’où ? Elle avait eu un bon de réduction dont elle avait parlé au téléphone ? Non, pas possible, elle aurait dû le donner, et elle n’était pas folle aux dernières nouvelles. Du moins, pas totalement. « Une… Réduction ? » La jeune femme fronça les sourcils en essayant de trouver une réponse logique à ce mystère. « Non, non, il doit y avoir une erreur, je n’ai pas de bon de réduction ni rien. Et je ne vois pas d’où elle pourrait venir. » C’était quand même le genre de truc dont on était au courant, quand même, non ? Mais il lui avait déjà rendu la monnaie qu’elle contemplait dans sa main comme un merlan frit. « Je ne comprends vraiment pas. » lâcha-t-elle tout bas en ayant l’impression qu’elle n’était plus capable de comprendre quoi que ce soit. Le truc le plus bateau qui soit lui semblait à présent être un mystère et une nouvelle question sans réponse à l’heure actuelle venait de se frayer un chemin parmi les autres, même si son importance était moindre. Le pire c’est qu’il avait encore sourit en plus. « Vous savez quoi ? Gardez la monnaie. » finit-elle par dire en la lui tendant à nouveau. Voilà, ça lui ferait un pourboire, c’était une bonne idée ça. « Vous voulez que je vous débarrasse ? » Qu’il la débarrasse ? De quoi ? De la pizza ? Non, c’était bête comme réflexion. La brunette affichait une mine perplexe, et l’incompréhension se lisait clairement sur son visage. « Me débarrasser... ? » En même temps, elle n’avait pas vu qu’un peu plus tôt le regard du jeune homme s’était fixé sur les boites de pizza qu’elle avait laissé traîner. « Non.. Pardon c’est mal poli de ma part… » Impoli ? Mais de quoi parlait-il au juste ? Elle était encore plus perdue qu’avant maintenant. « Je… Je ne suis pas sûre de comprendre… » Sidney se dit qu’elle devait passer pour une idiote pour le coup, parce qu’elle ne comprenait rien ce soir. Ni la réduction, ni ce qu’il voulait dire. D’autant qu’il semblait gêné de son audace, de sa proposition. « Je parlais des cartons vides. Je peux les jeter en bas si vous voulez. » Aussitôt son visage s’illumina de compréhension et elle se retourna pour regarder les cartons en question. « Oh… » La débarrasser des cartons, mais bien sûr. Ca prenait tout son sens maintenant. « Euh oui, si vous voulez, enfin non. Je… J’en sais trop rien, je ne voudrais pas vous embêtez non plus, et… je crois que ça me gênerait un peu. » Non, en fait, elle en était quasiment certaine. C’était bizarre, comme situation, non ? « N’allez pas croire que je me gave tout le temps de pizzas, c’est juste… » Elle s’interrompit pour se retourner et regarder à nouveau les cartons avant de soupirer. « Une mauvaise passe. » Quel bel euphémisme. Une sacrée mauvaise passe qui durait déjà depuis six mois. Enfin, au début, elle arrivait encore à cuisiner jusqu’à ce qu’elle réalise que c’était ridicule. « Bon, c’est vrai que les cartons s’entassent un peu, mais vraiment, je ne voudrais pas vous importuner. » Et s’ils s’entassaient, c’était parce que le seul fait de descendre les jeter en bas lui demandait un véritable effort, qu’elle risquait de croiser les voisins et des conversations interminables sur le fait qu’on ne la voyait pas beaucoup ces derniers temps risquaient également d’apparaître. « Et… je ne suis pas sale non plus, enfin, vous voyez. Je n’ai simplement pas eu la foi de les descendre. » Le courage en réalité. Son niveau de courage était à zéro depuis son retour, et ça pouvait se comprendre.
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MessageSujet: Re: keep calm and eat pizza (zach)   Lun 15 Sep - 15:33

Les clients à qui il faisait les livraisons se contentaient généralement des simples formules de politesse. Les plus habitués poussait jusqu’à lui demander comme il allait et d’autres, mais c’était rare, prenaient leur pizza lui donnait la monnaie et claquait la porte. Inutile de dire que la dernière catégorie était celle qu’il n’appréciait pas franchement, mais ça faisait parti du truc et Zach faisait avec. Cependant il y avait bien jamais une remarque qu’on lui ai faite, c’était sur son sourire. La jeune femme venait de totalement le prendre au dépourvu et il n’avait pas pu se retenir d’afficher un air surpris « Sauf quand je suis mécontent et endormis j’imagine. Mais là je ne suis ni l’un ni l’autre. » répondait-il pour la plaisanterie mais toujours un peu abasourdi par cette question. En plus dans sa réponse il y avait du faux, ça devait sans doute lui arriver de sourire dans son sommeil. Après ce bref échange un peu bizarre, le livreur prit la monnaie en échange des pizza de la brunette. Discipliné il lui fit part de la réduction dont elle bénéficiait et lui rendit ce qu’il y avait en trop.
Là encore Zach n’avait jamais eu affaire à une telle réaction face à l’annonce d’une réduction. La cliente venait de réagir comme si c’était là le truc le plus improbable qui puisse arriver. À la suite de quoi elle s’empressait d’argumenter n’avoir aucun bon qui lui fasse bénéficier d’un tarif avantageux. Elle ne comprenait pas, et à cet instant le jeune homme non plus ne la comprenait pas. Il arquait un sourcil et ouvrait la bouche pour lui répondre avant de la refermer, ils devaient avoir l’air un peu con tout les deux à cet instant. « Bah… C’est une réduction. C’est mon boss qui a dit que… et donc voilà. » finissait-il quand même par expliquer. Qu’est-ce qui la perturbait dans le fait de payer sa pizza moins chère ? Par les temps qui courent n’importe qui aurait accepter sans ciller et plutôt deux fois qu’une. Pas cette jeune femme qui déjà lui redonnait la monnaie qu’il lui avait rendu en lui disant de la garder « Euh… merci. » répondait-il poliment en glissant les pièces dans la poche de son jean, au moins il aurait un petit peu plus de monnaie pour se payer à boire à sa soirée.

Elle venait de lui donner un pourboire plutôt pas mal, il pouvait bien faire quelque chose en retour. Aussi après avoir constaté qu’elle ne manquait pas de cartons de pizza vides il lui proposait de la débarrasser de ceux-ci avant de se raviser. Qu’est-ce qui lui prenait d’être si familier ? Elle pourrait vraiment mal prendre qu’il ai regardé dans son appartement, même si la curiosité est humaine… elle pourrait croire à un certain voyeurisme et Zach ne voulait pas ça. Mais décidément totalement à côté de la plaque la brunette répliquait ne pas comprendre, bon ok il n’avait pas été super clair sur son intention. Exprimant plus précisément le service qu’il proposait de lui rendre le jeune homme affichait un petit air gêné. S’il avait vu les cartons c’est qu’il avait regardé et elle était en droit de ne pas apprécier. Sauf qu’elle ne fit aucune remarque là dessus, au lieu de cela elle s’embrouillait entre accord et désaccord avec la proposition. Il la voyait plus paumé que jamais et cela renforçait sa perplexité. Le livreur comprenait que ça la mettait mal à l’aise même si cela lui rendrait service et il hochait la tête tout en répondant « C’est juste que je vais redescendre et passer devant le local des poubelles donc c’est sur mon chemin. » il lui adressait un nouveau sourire « Ça me dérange pas, j’ai proposé. » toujours prêt à rendre service.
Zach s’en voulait un peu de la mettre mal à l’aise car c’était loin d’être son intention. Mais à quoi pensait-il ? C’était pourtant logique que suite à cette remarque la jeune femme se sentirait gênée qu’il fut témoin de ce désordre chez elle. Pourtant il ne la jugeait aucunement, sauf que ça pouvait en avoir l’air et il regrettait d’être si maladroit. Un sentiment qui ne fit que s’accroitre quand en plus d’avouer qu’elle traversait une mauvaise passe, elle justifiait l’état de son appartement en affirmant ne pas être sale. Paniquant légèrement à l’idée qu’elle croit qu’il la critiquait indirectement ou faisait des conclusions hâtives, le jeune livreur secouait vivement la tête « Non, non, non… Je vous jugeais pas du tout. Vous avez vos raisons… ça me regarde pas et je suis désolé si ça vous a embarrassé… ». Néanmoins il était véritablement intrigué par ce qui pouvait faire qu’elle soit ainsi cloitré chez elle. Aussi voulant faire passer son indélicatesse et finir sur une meilleure note il affirmait en riant « On a tous nos gros moments de flemme. J’ai mis quinze jours à me décider à ranger ma chambre l’autre fois. Ma mère devenait comme folle. » bon raconter sa vie ça il aurait pu s’abstenir, il affichait à nouveau un petit sourire désolé « Pardon… On s’en fout. » ses tracas de jeune adulte flemmard devaient être bien insignifiant pour cette jeune femme à l’air morose.

Plutôt que d’aggraver son cas à dire des conneries plus grosses que lui, Zach devrait sans doute prendre congé et laisser sa cliente dépressive en tête à tête avec sa pizza et les boîtes vides de ses congénères. Sauf qu’il n’avait toujours pas bougé du pas de porte, sans vraiment savoir pourquoi. Son côté serviable le poussait à vouloir insister pour descendre les cartons, il pouvait parfois être un peu buté. Et puis de toute façon au point où il en était niveau boulette ça n’aggraverait pas tant son cas. « Vous êtes sûre pour les cartons ? » de nouveau il souriait, c’est vrai qu’en fait il souriait beaucoup... Il se mordait légèrement la lèvre inférieure « Sérieusement ça m’embête pas. Et je sais que vous êtes pas sale. Je veux dire ça se voit… C’est juste que comme Bridget Jones vous laissez un peu votre peine vous démotiver et voilà. » mais qu’est-ce qu’il venait encore de dire là ?! Il fit une moue se rendant compte de son propos « C’est euh… ma meilleure amie qui m’a fait regarder ce film là. Je regarderais pas ça sinon… » argumentait-il cette jeune femme était dépressive et pas au mieux niveau présentation mais elle avait du potentiel et ça l’emmerdait de passer pour un mec qui regarde des films de filles et pourrait être nian-nian, il avait sa fierté quand même !
Avec cette justification stupide Zach n’avait même pas rectifier le point le plus important de sa remarque potentiellement déplacée. Décidément il les accumulait, les bourdes. Souriant de toutes ses dents histoire de faire passer un peu mieux le changement de sujet il lançait avec entrain « Alors je les embarque ces boites ? ». Finalement il eu la satisfaction qu’elle cède enfin et lui permette de lui rendre ce service. Prenant tout les cartons, et il y en avait une bonne quantité, il lui adressait un dernier sourire « Bon appétit et bonne soirée. » il se mit à rire « À demain peut-être. » sait-on jamais qu’elle veuille encore manger la même chose. Ou alors il l’avait complètement dégouté de commander chez Paolo et ce dernier allait le tuer. Cette fois il prendrait l’ascenseur pour descendre, se dirigeant vers celui-ci il s’arrêtait net faisant volte face avant que la jeune femme ne referme la porte « Attendez ! ». Un carton lui échappait et tombait « Merde. » jurait-il en le ramassant aussitôt avant de reporter son attention sur la jolie brune « Désolé… Y’a pas besoin d’une clé pour accéder au local poubelle au moins ? » il venait d’y penser, parfois dans certains immeubles il était nécessaire d’utiliser une clé afin d’aller jeter ses déchets, pour que seuls les habitants de l’immeuble le puissent.
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MessageSujet: Re: keep calm and eat pizza (zach)   Mer 17 Sep - 23:06

« Sauf quand je suis mécontent et endormis j’imagine. Mais là je ne suis ni l’un ni l’autre. » Donc oui, grosso modo, il souriait tout le temps. D’un côté, elle ne comprenait pas pourquoi, ce qui pouvait bien le faire sourire aussi souvent, et de l’autre, elle avait un peu tendance à être nostalgique. Un vrai sourire, non forcé, non contraint, ça ne lui était pas arrivé depuis un moment. En fait, ça semblait remonter à une éternité. En guise de réponse, elle hocha un peu la tête sans lui dire quoi que ce soit. Qu’y avait-il à dire, de toute façon ? Arriva ensuite cette histoire de réduction qu’elle ne comprenait pas le moins du monde. Ca perturbait vraiment la jeune femme qui avait l’impression qu’une nouvelle question sans réponse s’ajoutait à sa longue liste. De quoi la rendre encore plus chèvre et plus paumée. « Bah… C’est une réduction. C’est mon boss qui a dit que… et donc voilà. » Le patron avait dit que… ? C’était tout ? Mais… En quel honneur ? C’était la journée ? Tout le monde avait droit à une ristourne aujourd’hui ? « Euh… D’accord. Vous… Vous pourrez le remercier, dans ce cas ? » Le remercier d’une réduction sortie de nulle part. Franchement, ça la perturbait énormément. Au final, elle décida de lui rendre la monnaie. Ça lui faisait bizarre, et elle était incapable de l’expliquer, ni à une tierce personne, ni à elle-même. Le jeune homme la remercia alors, et d’un petit geste de la main, elle lui fit comprendre que ce n’était pas grand-chose. Elle pensait en rester là, sur cette note de politesse, mais il lui proposa alors de débarrasser ses cartons de pizzas usagés. Si au début elle ne comprit pas du tout à quoi il faisait référence, avec une explication plus concrète, l’engrenage se mit en route après cette précision. Pour répondre à sa question, elle hésitait vraiment, ne sachant si c’était approprié, si c’était une bonne idée, si ça ne la gênerait pas autant qu’elle ne le pensait, etc… Le jeune homme lui rétorqua alors que ça ne lui posait pas de souci et que c’était sur son chemin. Une façon de faire d’une pierre deux coups, en quelques sortes. Mais Sidney ne savait toujours pas quoi lui répondre, et préféra embrayer avec d’autres précisions qui la concernait, comme cette accumulation de cartons pizza qui pouvait laisser penser certaines choses, et sa tenue également, ses cheveux débraillés, son air de zombie et compagnie. « Non, non, non… Je vous jugeais pas du tout. Vous avez vos raisons… ça me regarde pas et je suis désolé si ça vous a embarrassé… » Ce fut à son tour de secouer la tête suite à cette réplique. « Je voulais juste vous le préciser… » Pourquoi ? Ça, c’était une bonne question. « Ne vous en faites pas, j’ai connu pire. » Même si ça l’avait quand même embarrassé un tantinet, elle devait l’avouer. « On a tous nos gros moments de flemme. J’ai mis quinze jours à me décider à ranger ma chambre l’autre fois. Ma mère devenait comme folle. » Si seulement ce n’était qu’une simple flemme… Oh, qu’est-ce qu’elle aurait aimé que ce soit le cas. Mais la vérité était tout autre. Sauf qu’elle ne pouvait pas l’évoquer, voilà pourquoi ce petit mensonge, au final. Mais ça n’avait pas d’importance, ils ne se connaissaient pas vraiment, n’est-ce pas ? « Je vois tout à fait ce que vous voulez dire. » se contenta-t-elle de répondre pour ne pas avoir à lui mentir une nouvelle fois en prétendant que c’était son propre cas. Quelques instants plus tard, il s’excusa de sa réplique, et la jeune femme haussa les épaules. « Ce n’est pas grave. » En fait, c’était là la discussion la plus longue qu’elle ait eu avec un inconnu depuis qu’elle était de retour et étrangement, ça ne lui posait pas plus de souci que ça à l’heure actuelle. Oh bien sûr, elle serait incapable de tenir pendant une heure, mais c’était déjà un petit progrès. Elle en était là dans ses pensées lorsqu’il la fit redescendre sur terre.

« Vous êtes sûre pour les cartons ? » Nerveusement, Sidney se mordilla la lèvre, hésitante. Elle réfléchissait tandis qu’elle constatait qu’il était à nouveau en train de sourire. Le problème, c’était que ça la gênait encore plus, parce que la jeune femme était tout simplement incapable de lui rendre son sourire. « Sérieusement ça m’embête pas. Et je sais que vous êtes pas sale. Je veux dire ça se voit… C’est juste que comme Bridget Jones vous laissez un peu votre peine vous démotiver et voilà. » Oh, c’était pire que ça… Elle laissait sa peine la rendre l’ombre d’elle-même… Mais elle n’arrivait pas à savoir comment gérer tout ça, et si son psy était capable de lui fournir une réponse, il fallait qu’elle parcourt un bon bout de chemin avant d’en arriver là. N’empêche qu’en quelques minutes à peine, il avait réussi à comprendre que sa peine était tellement profonde qu’elle l’empêchait d’avancer. Mais allez avouer ça à un inconnu. « Je… Oui, peut-être. » D’un autre côté… Bridget Jones ? Il avait vraiment cité un personnage emblématique pour les femmes ? « C’est euh… ma meilleure amie qui m’a fait regarder ce film là. Je regarderais pas ça sinon… » Il venait tout juste de se rattraper, lui confirmant bien qu’elle ne devrait pas encore bonne pour l’asile. Ca pouvait encore venir, ceci dit… Sidney opina de la tête en le regardant. « Je n’en doute pas, ne vous en faites pas. Elle vous a fait connaître, c’est tout. » Et ça pouvait être utile pour comprendre les Madame tout le monde des temps modernes. Parce qu’il y avait un peu de n’importe quelle femme en Bridget. N’empêche que la jeune femme nota que Zach aussi lui ressemblait un peu, de par son côté maladroit. Bon, maintenant qu’elle pensait à Bridget, peut-être qu’elle se ferait le film ou qu’elle irait lire le livre en priant pour que ça lui change un peu les idées. Enfin bref. « Alors je les embarque ces boites ? » Vu son insistance, il était difficile de résister une nouvelle fois ? Peut-être même serait-il capable d’insister un moment. Au fond, elle savait que ça partait d’un bon sentiment, d’une proposition cordiale. Voilà pourquoi elle finit par lui répondre. « Oui, c’est… C’est d’accord. Merci à vous. » Ce après quoi, elle alla chercher les fameuses boites de pizzas en déposant au passage celle contenant son repas du soir sur la table basse. Après avoir procédé à l’échange, elle retourna vers le jeune homme et les lui tendit, gênée malgré tout.

« Bon appétit et bonne soirée. » La brunette hocha lentement la tête. « Merci, bonne soirée à vous aussi. Et encore merci pour les cartons. » On ne disait jamais assez merci, de toute façon. Il avait beau lui sourire, elle était vraiment incapable de le lui rendre. Oh, elle aurait aimé pouvoir ne serait-ce qu’essayer. « À demain peut-être. » répondit-il en riant, tandis qu’elle se contenta d’un nouveau hochement de tête. Honnêtement, il y avait fort à parier que ce serait le cas. Enfin, dans pas trop longtemps, c’était certain. Sidney allait se retourner et fermer la porte pour manger sa pizza en songeant que ce serait une bonne idée de le faire devant Bridget, quand la voix du jeune homme résonna à nouveau, avec une certaine urgence. « Attendez ! » La jeune femme s’immobilisa sur le coup, s’effrayant presque. Elle fit volte-face pour le regarder et connaître le problème et le vit laisser tomber un carton par terre, jurer sur le coup, et ramasser ledit carton. Oh oui, il était définitivement maladroit. « Désolé… Y’a pas besoin d’une clé pour accéder au local poubelle au moins ? » L’ampoule s’alluma au-dessus de la tête de la brunette. Si, bien sûr que si, il y avait besoin d’une clé ! Quelle idiote ! « Oh ! Si… Pardon, j’avais complètement oublié... Je… Je vais la chercher et vous accompagner. » Cette fois-ci elle fit volte-face pour chercher son trousseau de clé. Mince alors, elle allait devoir descendre jusqu’au local. C’était bête, mais ça lui demandait déjà un effort surhumain. Finalement, Sidney sortit de son appartement avec le trousseau et referma derrière elle, jusqu’à retrouver près de l’ascenseur et appuyer sur le bouton d’appel puisqu’il avait déjà les mains occupées. « Je suis désolée de ne pas y avoir pensé plus tôt… » Ce n’était pourtant pas compliqué de penser à cela, ça ne demandait pas vraiment d’efforts. « Bon, puisque je descends avec vous, on peut partager le portage. » En fin de compte, elle ne lui laissait pas vraiment le choix et prenait déjà la moitié des cartons de pizzas. Sidney n’était pas très à l’aise à l’idée de descendre, déjà là, elle ne se sentait pas de la meilleure façon qui soit… Elle se racla un peu la gorge, ne sachant quoi dire, et finalement, décida d’attendre simplement l’ascenseur en silence. Jusqu’à ce que celui-ci arrive, et qu’ils ne rentrent à l’intérieur.

Sidney pressa sur le bouton au passage et se mordilla un peu la lèvre inférieure. « Pardonnez-moi de vous avoir presque fait descendre pour rien. Si vous n’y aviez pas pensé, je ne l’aurais sans doute pas fais moi-même… » Elle lui lança un regard désolé après cette réplique, imaginant le jeune homme en bas, et se rendant compte de la situation avant de remonter pour le lui dire. Non, franchement, ça aurait été embêtant. « Je suis un peu étourdie en ce moment. » L’ascenseur arriva en bas, la porte s’ouvrit, mais Sidney ne bougea pas tout de suite, et laissa le jeune homme sortir en premier. Sortir de chez elle c’était affronter la vie normale, et sa vie n’était plus normale depuis longtemps. Alors oui, ça lui demandait un effort incroyable pour passer outre et elle prenait vraiment sur elle pour mettre un pied devant l’autre et sortir de l’ascenseur. Rapidement ils sortirent et se rendirent au local. La brunette déposa sa pile de cartons par terre afin de trouver la bonne clé de son trousseau et d’ouvrir le local. Le problème c’était qu’elle tremblotait, et laissa tomber le trousseau. Ca l’avait tellement stressé de sortir alors qu’elle ne l’avait pas prévu… La brunette se baissa à nouveau pour reprendre le trousseau, trouver enfin la bonne clé et ouvrir le local. « Dites ? Je sais que c’est… idiot, mais… » Elle s’interrompit avant de reprendre la pile de cartons. « A propos de cette réduction, c’est une nouveauté ? Une réduction pour tout le monde aujourd’hui ? Ou… Pas du tout. » Ce qu’elle devait avoir l’air idiote à être perturbée de la sorte pour rien… « C’est que… Comment dire, c’est quand même un peu bizarre, et… c’est bête mais j’ai besoin d’un peu plus de précisions… » Oh oui, elle devait vraiment avoir l’air bête.
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MessageSujet: Re: keep calm and eat pizza (zach)   Jeu 18 Sep - 15:07

S’étonner d’avoir une réduction et demander à remercier le patron… Définitivement cette jeune femme avait un comportement bien différent de tous les autres clients que Zach voyait. Il avait simplement acquiescé sa requête par un signe de tête, néanmoins cette attitude le surprenait vraiment. Un truc étrange émanait de cette discussion, cet air un peu absent que la brunette avait et cette gêne palpable n’y étaient pas pour rien. Le jeune livreur, curieux de nature ne pouvait s’empêcher de se questionner sur son état. Lourde dépression ? Peine de cœur ? Un peu ou beaucoup des deux ? Deuil ? Finalement les hypothèses étaient très nombreuses et encore une fois le jeune homme se fit la réflexion que ça n’était vraiment pas ses oignons. Déjà qu’il accumulait un peu les maladresses, même si il voulait juste rendre service, c’était peut-être déjà trop.
Sans savoir pourquoi Zach avait du mal à partir comme ça en ignorant avoir vu cette femme très loin d’aller bien. Il ne comptait pas s’improviser sauveur, après tout ils ne se connaissaient pas et puis elle devait se demander pourquoi il était un gamin aussi chiant. Mais au fond il espérait que le simple fait d’être souriant et serviable pourrait être le moment le moins pire de sa journée, une petite trêve dans sa période sombre dont il ne savait rien. Cependant l’étudiant en art théâtrale pouvait se vanter de faire preuve de beaucoup d’empathie et de sentir les signaux de détresses, si l’on peut appeler ça comme ça. Sensible, à l’écoute, normal que ça soit difficile pour lui de faire comme si de rien était.

Quelques bourdes plus tard il réussissait finalement à obtenir de lui rendre ce maigre service de descendre les cartons vides des pizzas qu’elle avait pu commander auparavant. Si elle laissait autant s’entasser les boîtes vides c’est sans doute que même sortir de son appartement lui coûtait trop pour qu’elle le fasse. Triste constat, mais au moins Zach pouvait la débarrasser un peu et qui sait ça lui donnerait peut-être envie d’un peu de rangement ou de sortir ou… Enfin un truc quoi. Mais son plan fut compromis par un détail technique auquel le jeune homme pensait au dernier moment : une clé était-elle nécessaire pour accéder au local poubelle ?. Avant que la brune n’ai refermé la porte il l’interpellait afin de poser la question. Et il avait bien fait de le faire, puisque effectivement il en fallait une. Il allait proposer de prendre la clé et de remonter la lui ramener mais cette fois il eu raison de se taire un peu plus longtemps.
La jeune femme avait pris son trousseau de clés et déclarait qu’elle allait l’accompagner. Bon du coup au final il ne servait plus qu’à porter les cartons et son service n’était plus tout à fait aussi avantageux pour la jeune femme mais le petit plus c’est qu’elle sortait de chez elle. Zach avec sa spontanéité habituelle faillit lui demander en plaisantant depuis combien de temps elle n’était pas sortie de sa grotte, mais cette fois il prit le temps de penser qu’il valait mieux se taire. La brunette le rejoignait sur le palier, appuyant sur le bouton de l’ascenseur avant de s’excuser pour son oubli « Oh c’est pas grave. » répondait-il en haussant les épaules. C’est alors qu’elle décidait de partager la tâche de portage des cartons et le livreur n’eut pas son mot à dire. Prenant la moitié des cartons elle entrait dans l’ascenseur lorsque les portes de celui-ci s’ouvrirent et il fit de même.

Encore des excuses, encore des vouvoiements et ça faisait vraiment bizarre à Zach. Secouant doucement la tête et toujours le sourire aux lèvres il répondait « Je serais remonté c’est pas bien compliqué avec l’ascenseur. » et même si ça soirée de boulot était terminée qu’il voulait rentrer, ce n’était pas cinq minutes de plus qui changeraient grand chose. C’était la deuxième fois que la jeune femme se justifiait, ou peut-être même la troisième le livreur n’avait pas vraiment tenu les comptes. Mais cela suffisait à comprendre que la brunette traversait une période ou son esprit était trop occupé par des pensées intenses qui prenaient toute la place, l’obsédaient peut-être. « Aucuns problèmes. » ajoutait-il en ayant à cœur qu’elle dédramatise la situation. Rez-de-chaussée atteint Zach sortait de l’ascenseur voyant que la jeune femme n’allait pas s’engager la première à l’extérieur. Est-ce qu’elle était une sorte s’asociale ? Une phobique de la foule ? Pas impossible. En tout cas la brune n’était pas sereine du tout et le livreur fut tenter de l’aider avec ses clés tant elle semblait en difficulté avec ce simple geste. Était-ce lui qui la stressait ? Elle se sentait menacée ? Non c’était stupide sinon elle l’aurait vite fait virée de chez elle. Ou alors elle s’était fait des films dans l’ascenseur comme quoi il voulait la faire descendre pour la kidnapper ou abusé d’elle ou… Ok trop d’imagination Zach. Elle est juste stressée, dépressive et… c’est déjà pas mal.
Elle réussit à ouvrir le local, reprenant la parole en commençant d’entrée de jeu par dire que c’était sans doute stupide. Ça devait être dur d’avoir aussi peu foi en son discours et l’intérêt qu’il pouvait représenter. Mais le jeune homme compris où elle voulait en venir quand elle poursuivit revenant sur le sujet de la réduction. Quoi elle était encore bloquée là dessus ?? Le livreur cru avoir mal compris et la regardait avec perplexité « Euh… Non pas tout le monde. » il arquait un sourcil « Ok je vais vous avouer que généralement c’est le genre de truc pour lequel on dit merci, qu’on accepte et voilà, on est content. » mais pas pour elle, non elle voulait des précisions. Zach se mit à rire légèrement, c’était plus fort que lui, la situation était amusante finalement « Ça fait trois jours de suite que vous commandez des pizzas à mon patron. Vous êtes le genre de cliente en qui il voit une bonne source de recette vous voyez ? Du coup il veut que vous vous fidélisez encore plus à la pizzeria, d’où la réduction. » jamais depuis ses débuts comme livreur de pizza il n’avait eu à expliquer la raison d’une réduction. Jetant les cartons dans la poubelle adéquat il ajoutait ensuite « Croyez moi, Paolo n’a aucun manque à gagner à vous faire une réduc de 4 livres. Vous pouvez dormir tranquille sur vos deux oreilles. Ça lui a fait plaisir de le faire. » il trouvait son discours presque surréaliste sur le moment. Adoptant un peu le même ton qu’elle lorsqu’elle lui avait demandé s’il souriait toujours ainsi il demandait « Vous demandez toujours des explications comme ça quand vous avez une promo sur quelque chose ? » c’était pour plaisanter, mais il ne voulait pas paraître moqueur « J’espère que j’ai répondu à vos interrogations. » faisant une petite moue il ajoutait « Ça vous embêterais de me tutoyer ? J’ai l’impression d’avoir 40 ans là… » la politesse voulait cela mais c’était étrange. Voilà il avait accompli sa mission de livraison et rendu service, même partiellement à cette jeune femme « Vous vous sentirez moins à l’étroit dans votre salon maintenant. » plaisantait-il à nouveau.
Tenant la porte du local alors que la brune en sortait il fit de même, sortant les clés du scooter de sa poche « Votre pizza vous attend là haut. J’espère qu’elle aura pas trop refroidie à cause de mes bavardages. ». Petit signe de la main en guise d’au revoir, un dernier sourire et il s’éloignait vers la sortie avant de se stopper « Juste une question, vous aimez le théâtre ? » son sourire s’élargissait légèrement « Et ça serait indiscret de vous demander votre prénom ? » sans doute que oui mais c’était plus simple pour lui de mettre un nom sur un visage plutôt que de se dire « la dépressive mangeuse de pizza » ou autre chose du genre. Et puis Zach est curieux, ça n’est pas une nouveauté alors tant pis si ça faisait deux questions.
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MessageSujet: Re: keep calm and eat pizza (zach)   Jeu 18 Sep - 17:44

« Je serais remonté c’est pas bien compliqué avec l’ascenseur. » Certes, mais il y aurait eu un aller pour rien, et c’était peut-être insignifiant, mais elle s’en serait voulue. Oui, elle l’imaginait bien remonter pour le lui dire, et là, elle aurait piqué un fard, serait vraiment devenue rouge tomate ou rouge écrevisse –au choix- et aurait sûrement insisté pour qu’il laisse tomber. Bon, au final, ce comportement l’aurait fait remonter pour pas grand-chose. Mais de toute façon ce n’était pas arrivé. « Si on peut éviter quelque chose autant tenter de le faire… » Sa voix s’était presque brisée à cette réplique, lorsqu’elle se rendit compte qu’il y avait un paquet de chose qu’elle aurait pu éviter en Afghanistan. Comme de distraire Eric, par exemple. Oui, il aurait peut-être vu l’autre sniper avant que… Bref. Ce n’était pas le moment de penser à cela, non, vraiment pas. Elle aurait tout le loisir de le faire une fois qu’elle serait seule, comme… et bien tous les jours et tous les soirs. Étonnamment, elle réussit à laisser ses pensées de côté et à préciser au jeune homme qu’elle avait tendance à être étourdie. Disons qu’il lui était compliqué de se focaliser sur autre chose que toutes ces horreurs de la guerre. Et si parler pouvait être libérateur, ce n’était vraiment pas le genre de chose qu’on pouvait balancer comme ça, comme si de rien n’était. L’impact psychologique était réel et important. Pour elle, comme pour la personne qui entendrait tout ça. Ça changerait toute la donne. « Aucuns problèmes. » En guise de réponse, elle lui fit un petit sourire un peu forcé, parce qu’elle n’allait pas non plus rester immobile sans rien dire. C’aurait été encore plus bizarre. Heureusement, ils arrivèrent en bas, et malgré les efforts que cela lui demandait, la brunette réussit à sortir de l’ascenseur et à aller jusqu’au local. Bon, ce qui était plus compliqué c’était de ne pas trembler en cherchant la bonne clé pour l’ouvrir, après ses pensées de tout à l’heure. Autant, elle arrivait à les laisser un peu de côté, autant elle savait qu’elles étaient là, et quand elle se retrouverait seule dans son appartement, elle craquerait, c’était certain. Mais là, ce n’était vraiment pas le moment.

Sans compter qu’il y avait autre chose qu’elle avait ignoré mais qui lui trottait toujours en tête. Cette fameuse histoire de réduction sortie de nulle part. Il fallait bien une raison pour en donner une, non ? Alors oui, peut-être que le patron l’avait décidé, mais… Pourquoi ? Et la jeune femme fut un peu hésitante avant de lui parler de ce sujet qui la perturbait. L’avantage, c’était qu’elle savait combien c’était ridicule. Enfin, pas pour elle. Ça avait un sens parce qu’il s’agissait là d’une question sans véritable réponse. Et ce genre de questions, elle les enchaînait trop en ce moment. Une de plus c’était de la torture. Alors, elle lui demanda si c’était général, parce que c’était tout à fait plausible, des prix « fous » tel ou tel jour pouvaient attirer du monde. Bon, là, c’était sûr, le jeune homme devait vraiment la prendre pour une cinglée échappée de l’asile. Qui ferait une fixette sur quelque chose d’aussi insignifiant qu’une folle ? « Euh… Non pas tout le monde. » Ah… Du coup, elle était à court d’hypothèses. Si son cerveau ne fonctionnait pas au ralenti elle aurait pu en trouver d’autres sans souci, mais ce n’était pas le cas. « Vraiment… ? Alors… Et bien, je ne vois pas vraiment pourquoi j’ai pu en bénéficier. » Non, vraiment, là, ça la dépassait. Le patron avait pris un nom au hasard sur toutes les commandes de la soirée et c’était tombé sur elle ? Non, quand même, si elle était chanceuse, cela se saurait… « Ok je vais vous avouer que généralement c’est le genre de truc pour lequel on dit merci, qu’on accepte et voilà, on est content. » Là, c’était officiel, elle passait pour… quelqu’un de complètement timbré. « Oh mais j’apprécie… Enfin, ça ne se voit pas sans doute pas, mais c’est vraiment sympa. » Sauf qu’elle avait besoin de savoir le pourquoi du comment, c’était comme ça, elle ne pouvait pas l’expliquer. Et… ça le faisait légèrement rire. Est-ce qu’elle était vexée ? Non, pas vraiment. Elle aurait pu l’être et l’aurait sans doute été six ans plus tôt. Mais pas maintenant, sans doute parce qu’elle se rendait compte que c’était ô combien particulier comme situation. Ceci dit, le jeune homme lui donna tout de même une explication. La fréquence de ses commandes. A bien y réfléchir, ça se tenait, c’était une bonne méthode pour qu’elle continue de commander. Même si elle l’aurait fait quoi qu’il arrive, pour être franche. La jeune femme jeta les cartons de pizzas après le beau brun en se sentant tout de même vachement conne. « C’est vrai que ça paraît logique maintenant… » Mais elle n’avait pas été foutue de trouver cette réponse. Son cerveau laissait à désirer, il n’y avait pas à dire. « Votre patron n’a plus qu’à espérer que je ne prenne pas trop de poids et ne devienne pas une baleine, sinon je serais forcément contrainte d’arrêter les pizzas… » Ça pouvait sonner comme une blague, mais le pire dans l’histoire c’était sur Sidney était sérieuse dans sa réflexion. Décidément spéciale, la brunette.

« Croyez moi, Paolo n’a aucun manque à gagner à vous faire une réduc de 4 livres. Vous pouvez dormir tranquille sur vos deux oreilles. Ça lui a fait plaisir de le faire. » Elle hocha la tête en guise de réponse à cette réplique. Maintenant qu’il avait éclairé sa lanterne, cette question ne trotterait plus dans sa tête. Quant à savoir si elle allait dormir tranquille, ça, c’était une autre histoire. « Tout comme ça m’a fait plaisir de vous les donner à vous. » Ce fut la première fois depuis bien longtemps qu’un sourire sincère et spontané naquit sur son visage. Oh il était petit, léger, devait à peine se voir, mais pourtant, il était bien là. « Vous êtes gentil, je vous aime bien. Enfin, je vous préfère à l’autre livreur, il est… » Elle s’interrompit pour tenter de trouver le mot qui correspondait le plus à la sensation qu’il dégageait mais finit par balayer sa phrase d’un revers de main. N’empêche que ça l’avait comme libéré d’un poids. Et même si les poids pesant sur sa conscience ne manquaient vraiment pas, c’était déjà ça de gagné. « Vous demandez toujours des explications comme ça quand vous avez une promo sur quelque chose ? » Sidney dû l’avouer, sa question la prit totalement au dépourvue, bien qu’elle fut légitime. Que répondre à cela ? Oui ? Et passer encore un peu plus pour une nana flippante à éviter comme la peste ? Non ? Et passer cette fois pour une idiote qui tout à coup se pose des questions stupides ? C’était moyen… « Disons que… que je n’aime pas les questions sans réponses. Et c’en était une. » La vérité avait été la meilleure option, et elle pouvait même omettre qu’elle n’avait pas trouvé de réponse cohérente à des dizaines de questions. « C’est ridicule, je le sais bien… » continua-t-elle en haussant les épaules, résignée. « J’espère que j’ai répondu à vos interrogations. » Lentement, elle hocha la tête en le regardant. « Oui, merci beaucoup. » La pensée que le jeune homme se souviendrait sans doute pendant un moment de cette drôle de brunette qu’elle était et qui lui avait posé une question des plus surprenante la prit. Au moins, il aurait une anecdote à raconter, et il fallait avouer que celle-là était quand même pas mal… « Ça vous embêterais de me tutoyer ? J’ai l’impression d’avoir 40 ans là… » Là encore, Sid fut prise au dépourvu. Un peu gênée, elle se gratta la nuque avant de prendre la parole. « Vous avez quoi, 25 ans ? Vous avez le temps avant d’arriver à 40. » Une sacrée marge, même. Et elle réalisa qu’elle venait de la vouvoyer une nouvelle fois, et plaqua immédiatement la main sur sa bouche en réalisant la chose avant de faire une petite grimace. « Pardon… Je vais essayer, mais je ne v… te garantit rien. » Sidney devait avouer que ça lui avait fait bizarre, mine de rien, de le tutoyer alors qu’elle ne savait pas grand-chose de lui, mais elle pouvait comprendre ce sentiment et ne voulait pas le mettre mal à l’aise.

« Vous vous sentirez moins à l’étroit dans votre salon maintenant. » Ca, c’était pas si sûr, mais elle se contenta d’opiner de la tête avant de sortir du local tandis qu’il lui tenait la porte. Une fois chose faite, elle le referma rapidement à clé en constant qu'elle tremblait bien moins. Encore un peu, mais c'était tout. « Votre pizza vous attend là haut. J’espère qu’elle aura pas trop refroidie à cause de mes bavardages. » Sa pizza ! Elle l’avait presque oublié ! Quelque chose ne tournait vraiment pas rond avec elle… Il faudrait qu’elle en parle à son psy. Et peut-être qu’elle pourrait lui raconter ce drôle d’échange ? Après tout, cela n’avait aucun rapport avec la guerre… « Ne vou... » Immédiatement elle s’interrompit en inspirant et expirant fortement, le tout en fermant les yeux. Le tutoyer. Ce n’était pourtant pas sorcier. « Ne t’en fais pas, je pourrais toujours la réchauffer un peu. » Et puis, ça avait été agréable pour elle d’avoir une discussion avec quelqu’un. Plus que ce qu’elle avait imaginé, en fin de compte, et ce, même si la discussion avait pris de drôles de tournures par moments. Le jeune homme s’éloignait alors en la saluant d’un geste de la main, geste qu’elle imita avant de se retourner. « Juste une question, vous aimez le théâtre ? » La brunette fit volte-face, en ne pouvant s’empêcher de penser au fait que cette situation lui rappelait vaguement quelque chose, le fait d’entendre sa voix quand elle se retournait. Sidney fronça les sourcils à sa question. Le théâtre ? Bon, lui aussi il sortait de drôles de questions de nulle part. « Le… Théâtre ? Euh… Oui, oui, j’aime beaucoup ça. Pourquoi cette question ? » Et voilà qu’elle recommençait à vouloir savoir le pourquoi du comment… Parfois, elle pourrait s’auto-baffer. Avouez quand même que là, ça faisait très déjà vu. « Et ça serait indiscret de vous demander votre prénom ? » Ça aurait dû lui paraître indiscret, mais ce qu’elle considérait vraiment comme indiscret c’était la questionner à propos de l’Afghanistan. Alors non, ça ne la dérangeait pas. Aussi, elle secoua la tête avant de prendre la parole. « Non, ça ne l’est pas. Mais si je te donne mon prénom, tu devras me donner le tien en échange. » Ce qui paraissait assez logique en fin de compte. « Et me tutoyer aussi, parce que ça me fait bizarre que ce ne soit que dans un sens. » Sans compter qu’elle comprenait ce qu’il avait ressenti plus tôt, sauf que lui avait eu l’impression d’avoir 40 ans, en ce qui la concernait elle, elle avait la sensation d’en avoir bien 70. Et c’était craignos.

« Je m’appelle Sidney. » répondit-elle en le regardant. « Et j’espère que tu ne m’a pas prise pour une folle… Même si c’est l’impression que je donne. » Normalement, elle s’en moquerait, ne ferait même pas attention, mais elle le trouvait sympa, et il y avait de fortes chances que leur route se croise à nouveau. Oh, d’ailleurs, en parlant de ça, la brunette avait une nouvelle question à lui poser. « Dis ? Est-ce que tu pourrais me dire les jours où tu travailles ? Parce que, vraiment, ton collègue il est un peu spécial, non ? Enfin, je sais pas trop… » En fait, il lui donnait un peu la chair de poule, sans qu’elle puisse expliquer pourquoi. Non, vraiment, elle préférait que ce soit le jeune homme qui lui ramène sa pizza. « C’est… plus agréable quand c’est toi, en fait. » Petit haussement d’épaules pour accompagner sa réplique. Grâce aux sourires ou même malgré eux ? Ça, elle ne le savait pas trop. Mais une certaine bonté émanait de lui. Cela faisait bien trop longtemps qu’on ne lui avait pas proposé de faire quelque chose pour elle. Juste un petit service. Oh, elle ne s’attendait pas à ce qu’il recommence à chaque fois, mais si ça l’avait d’abord gênée, ça l’avait aussi touchée. « Et, au risque d’être vraiment très chiante, est-ce que je peux faire quelque chose pour te remercier ? » se risqua-t-elle un peu mal à l’aise quand même à l’idée qu’il refuse. Il le pouvait sans souci, mais voilà, elle préférait qu’il accepte quand même. « Pour ton aide pour les cartons. C’était peut-être pas grand-chose, mais tu n’avais pas à le faire. » La jeune femme croisa les bras sur sa poitrine en attendant une réponse assez étonnée de la tournure de cette soirée.
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MessageSujet: Re: keep calm and eat pizza (zach)   Lun 22 Sep - 16:51

Une chose était certaine Zach garderait cette histoire de réduction en tête. C’était tellement inhabituelle qu’on lui demande le pourquoi du comment. En réalité la jeune femme n’avait pas vraiment économisé d’argent puisqu’elle le lui avait laissé en pourboire mais au moins le geste commercial avait été fait et ça l’encouragerait sans doute à continuer de commander ses pizzas chez Paolo. Heureusement qu’elle était tombée sur lui comme livreur, parce que s’il avait pris le temps de répondre à sa question ça n’était pas moins sûr que Doug se donne cette peine. Enfin sans doute n’aurait-il pas autant trainé, ni proposé de rendre service à la brunette. En fait il aurait pris l’argent et serait parti pour finir sa soirée de travail au plus vite. Et c’est pour ça que lui, Zach avait le droit à des compliments et pas son collègue. Généralement il était toujours plus agréablement reçu que l’autre livreur qui se contentait de faire son boulot et surtout pas plus.
Peut-être que sur ce coup là le jeune homme en avait même fait un peu trop ? Certes elle était la dernière cliente de sa journée, mais est-ce que son attitude n’avait pas été trop déplacée ? Il espérait que si ça avait été le cas la jeune femme le lui aurait dit, quoi que à en croire son attitude plutôt incertaine, elle manquait sans doute de répondant. Mais contrairement à ce qu’elle sous-entendait, Zach ne trouvait pas son comportement ridicule. Après tout il ne savait rien d’elle alors qui était-il pour juger quoi que ce soit ? Et puis avec sa maladresse et son trop plein de spontanéité il n’avait sans doute pas franchement aidé. Lui même ne comprenait pas cette envie qu’il avait eu d’insister afin de lui apporter son aide, le fait que même en sachant qu’on l’attendait à une soirée il n’était même pas pressé de prendre congé.

Et voilà que ça continuait, les cartons jetés il retrouvait encore quelque chose à dire qui alimentait cette discussion. C’était assez inconstant et plutôt banal, mais ils discutaient quand même un peu. D’ailleurs pour être un peu plus à l’aise Zach demandait à la jeune femme de bien vouloir le tutoyer. Encore quelque chose de nouveau, parce que bien souvent soit ça se faisait spontanément soit il se laissait vouvoyer… Mais là en sachant qu’ils seraient amenés à se revoir à chaque livraison ou presque, il préférait. Il secouait la tête quand la brune lui donnait 25 ans et répondait toujours avec le sourire « Presque, encore trois ans à attendre. ». Bon cette fois il était sans doute temps d’arrêter de jouer au bavard et laisser la jeune femme aller manger sa pizza, qu’il l’espérait ne serait pas trop froide. Sauf qu’au moment de partir il eu cette dernière question qui lui brûlait les lèvres. C’était presque incontrôlable, il voulait en savoir plus sur elle. Et finalement il posait même deux questions, la seconde s’étant imposée d’elle même mais aussitôt prononcé il espérait que ça ne passe pas pour de la drague.
En fait la jeune femme pouvait refuser de lui dire son prénom, elle aimait le théâtre et cette seule information suffisait à le faire sourire un peu plus. Il haussait les épaules « Oh comme ça pour savoir. » mais en fait ça n’était pas aussi innocent que ça, sauf qu’il lui fallait trouver le courage nécessaire à exprimer sa pensée. Le livreur n’eut pas le temps de poursuivre que la brunette réclamait en échange de son prénom qu’il lui donne le sien et la tutoie également, d’un petit hochement de tête il acquiesçait. Le prénom de la jeune femme était original, enfin pour lui en tout cas et comme promit il se présentait également « Zach, enchanté. ». Sidney puisque c’était ainsi qu’elle s’appelait, semblait réellement soucieuse de l’impression qu’il avait pu avoir d’elle. Le jeune homme secouait doucement la tête « Non pas du tout. » un peu peut-être parce que c’était un peu déroutant ces histoires de questions sans réponses qui la perturbaient et ce mystère entier qu’elle représentait malgré elle. Il allait poursuivre mais elle passait déjà à autre chose, finalement elle devenait un peu plus bavarde et c’était plutôt un constat agréable à faire.

Zach faillit rougir. Ok c’était con, juste une histoire de préférence de qui lui livrait ses pizzas mais ça avait suffit à presque lui faire piquer un fard. « Je euh… C’est gentil. Je travaille le mardi, mercredi, vendredi et samedi. » il se passait la main dans les cheveux un peu gêné « Doug est pas un mauvais gars, mais il est un peu étrange parfois. » totalement dans son monde et accro aux jeux en ligne lorsqu’il ne travaille pas. Alors est-ce qu’il allait oser lui dire pourquoi il l’avait questionné sur le théâtre ? Jusque là il n’avait réfléchit qu’une fois ses paroles dites, à une ou deux exceptions près. Sidney le sortit alors de son hésitation en lui demandant si elle pouvait faire quelque chose en contre partie de son aide.
Sans le savoir la jeune femme venait de lui tendre la perche parfaite. Il accueillait la question avec un large sourire et faisant preuve d’un peu de courage se lançait « Demain en fin d’après midi à 18h45 il y a un groupe d’improvisation que joue à la salle du parc, l’entrée est libre. » il haussait les épaules « Ça te dirais de venir ? » malgré tout il ne voulait rien imposer et ajoutait « À 18h j’attendrais en bas de l’immeuble. À 18h20 je partirais pour aller au spectacle… Libre à toi de venir ou non. » reculant vers la porte de l’immeuble il terminait en riant « Si tu viens pas, je le prendrais pas mal. C’est promis. » Zach ignorait totalement ce qui le poussait à agir ainsi, ils étaient des parfaits inconnus et voilà qu’il l’invitait à sortir…
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MessageSujet: Re: keep calm and eat pizza (zach)   Mar 23 Sep - 0:16

« Presque, encore trois ans à attendre. » Tr… Trois ans ? À… Attendre… ? La brunette tenta de ne pas laisser paraître sa surprise, mais pour le coup, elle ne s’y attendait pas vraiment. Ça lui faisait donc… Vingt-deux ans ! Et bah dit-donc, elle s’était bien loupé sur ce coup. En même temps, elle n’avait jamais été douée pour donner un âge à quelqu’un. C’était tellement variable selon les personnes… N’empêche qu’il faisait plus vieux que son âge, mine de rien. En guise de réponse elle se contenta de hocher la tête en se pinçant les lèvres, un peu gênée. Si certaines personnes aimaient faire plus âgées, d’autres n’aimaient pas du tout cela. Allez savoir dans quelle catégorie se situait le jeune homme. Mais à voir le sourire qu’il avait affiché en lui répondant, il ne semblait pas vexé. Bon, c’était déjà ça. Parce que les bourdes, elle les avait un peu enchaînées, mine de rien. Enfin, elle ne voulait pas le faire fuir non plus, elle appréciait leur petite discussion. Ça pouvait sembler bizarre mais ça comptait beaucoup pour elle. Le jeune homme venait de lui offrir un semblant de normalité, et elle lui en était vraiment reconnaissante. L’heure était à retourner à ses occupations jusqu’à ce que le jeune homme lui demande si elle aimait le théâtre. Question surprenante qui la dérouta légèrement avant qu’elle n’y réponde par l’affirmative. Voyant qu’il souriait à nouveau, elle réalisa à quel point il avait eu raison lorsqu’il lui avait avoué qu’il souriait tout le temps. Mais ça lui plaisait assez en fin de compte. Ça lui changeait. Curieuse comme elle l’était, Sidney ne put s’empêcher de demander au jeune homme pourquoi cette question. C’était légitime, non ? « Oh comme ça pour savoir. » Hum… Ça ne la renseignait pas d’avantage, mais ayant déjà eu l’impression d’être vraiment bizarre, elle préféra ne rien dire et chercher intérieurement des réponses à cette question. Non, vraiment, elle n’avait aucune envie de le faire fuir et se fit vraiment violence pour ne rien dire. Pas si facile que ça en avait l’air, croyez-la. Et puis le jeune homme lui demanda son prénom, et elle n’avait vraiment rien contre l’idée de le lui donner, à condition qu’il fasse de même, et que le tutoiement s’applique dans les deux sens. Ce à quoi il assentit d’un signe de tête et provoqua chez la jeune femme un nouveau petit sourire sincère bien que toujours aussi discret. « Zach, enchanté. » Son sourire ne s’était pas encore dissipé et elle était bien contente de connaître aussi son prénom. Parce que bon, elle n’allait pas arrêter de commander des pizzas, et ce serait plus sympa comme ça. Et puis bon, elle l’aimait bien. « Je le suis aussi. » répondit-elle sincèrement. Parce que oui, elle l’était, enchantée. Et une fois les présentations faites, la brunette ne put s’empêcher de parler de son comportement, et de l’impression qu’elle avait pu lui donner. Ce n’était peut-être pas la première fois qu’ils se voyaient, mais c’était la première fois qu’ils discutaient. « Non pas du tout. » Ca la rassurait de le savoir. Enfin, il pouvait aussi le dire juste pour lui faire plaisir ou la rassurer, justement. Chassant ses pensées de sa tête, elle préférait ne pas se prendre la tête.

Avec tout ça, elle jugea bon de lui demander, maintenant qu’elle en avait l’occasion, quels étaient les jours où il livrait. Parce qu’à choisir entre son collègue et Zach, il n’y avait pas photo. « Je euh… C’est gentil. Je travaille le mardi, mercredi, vendredi et samedi. » Elle répéta mentalement les jours pour ne pas les oublier jusqu’à ce qu’elle puisse les noter sur un bout de papiers une fois retournée à son appartement. Bon, et bien, dorénavant elle commanderait de la pizza de chez Paolo ces jours-là, et chinois ou n’importe quoi d’autres les autres jours, voilà. « Merci, et c’est surtout vrai. » Oui parce qu’avec l’autre livreur, elle n’était pas aussi à l’aise. En fait, elle n’était aussi à l’aise actuellement avec personne… Triste constat, mais elle était sur la retenue suite à son retour. Toute relation commencée avant son départ connaissait un changement inévitable. Et la seule nouvelle relation où la brunette était également sur la retenue c’était celle avec son psychiatre, mais ça ne comptait pas. Alors oui, elle ressentait comme l’envie que de temps en temps un semblant de normalité lui apparaisse à nouveau, d’où l’envie de commander des pizzas quand Zach serait présent, et non son collègue. « Doug est pas un mauvais gars, mais il est un peu étrange parfois. » La brunette se sentit un peu gênée d’avoir utilisé le mot spécial en parlant de ce Doug alors qu’elle devait l’être encore plus… Oui, ce n’était pas vraiment logique en fin de compte. « C’est juste que quelqu’un d’étrange face à une autre personne étrange c’est pas forcément l’idéal. » répondit-elle en haussant un peu les épaules. Disons que de toute façon, Doug et Sidney se montraient expéditifs lors de leurs entrevues. En soit, ce n’était pas dramatique et c’était finalement assez pratique, mais après cette discussion, elle se rendait compte que ce n’était pas génial, et à choisir, vraiment, la jeune femme préférait avoir affaire à Zach. Et de loin. Après tout, il avait réussi à la faire sourire. Deux fois ! Ce qu’elle avait cru impossible depuis un moment. Bon d’accord, ce n’était pas le sourire étalé sur tout le visage, mais c’était un énorme progrès, un grand pas vers l’avant quand on connaissait la situation de Sidney. « Enfin bref. » continua-t-elle en secouant un peu la tête pour chasser ses pensées et réalisant que le moment de se quitter pour de bon arrivait.

Mais avant cela, elle ne put s’empêcher de lui demander si elle pouvait faire quelque chose pour lui, pour le remercier de son geste. Et pour être franche, elle ne s’attendait certainement pas à ce qui allait suivre, ah, ça non. « Demain en fin d’après midi à 18h45 il y a un groupe d’improvisation qui joue à la salle du parc, l’entrée est libre. » Si elle s’était concentrée sur son sourire, elle aurait zappé tout ce qu’il venait de dire. Mais elle avait bien écouté, et comprenait du coup la question sur le théâtre. « Oh c’est chouette ! J’imagine que tu y vas. » dit-elle sans voir où il voulait en venir. Et la suite était logique, quand on y pensait. Mais comme ça ne lui avait pas effleuré l’esprit une seule seconde. « Ça te dirais de venir ? » Alors là, le cerveau de la brunette bugua complètement, et la surprise s’afficha sur son visage. Sid ne parvint pas à la dissimuler parce que c’était tellement inattendu… Elle avait un peu de mal à assimiler ce qu’il venait de lui dire. Est-ce qu’il l’avait seulement vraiment dit ou est-ce qu’elle était vraiment devenue cinglée ? « Je… Qu… » Oui, elle en perdait totalement ses mots. En même temps, il y avait de quoi. Cela faisait des années qu’on ne l’avait pas invité, hormis sa famille pour un repas chez eux, la grande affaire. Ca remontait à avant son départ pour l’Afghanistan, autrement dit, des lustres. Et… Elle devrait sortir de chez elle. Bon, ça lui arrivait de temps en temps mais ça lui demandait également un sacré effort et de prendre énormément sur elle. « De… Demain ? » Oui, c’était bien ce qu’il avait dit. Voilà qu’elle passait en plus pour une sourde. Génial… Mais la question était finalement rhétorique, elle avait bien compris ce qu’il avait dit, juste que la surprise était toujours présente. « À 18h j’attendrais en bas de l’immeuble. À 18h20 je partirais pour aller au spectacle… Libre à toi de venir ou non. » Il… Il attendrait en bas ? Alors… Est-ce que… Non, elle devait se tromper et mal interpréter, non ? Si au début elle avait pensé à une simple sortie, le fait qu’il l’attende juste en bas de son immeuble signifiait tout autre chose… Non ? Sidney ouvrit la bouche mais la referma aussitôt, complètement prise au dépourvue par cette proposition. « C’est un… Vingt minutes ?! » D’accord, ça n’avait pas le moindre sens. Dans un premier temps elle avait voulu lui demander si c’était effectivement ce qu’elle pensait être, donc un rencard. Et ensuite, elle était surprise du nombre de minutes où il l’attendrait. En fait, Sidney était complètement sonnée, pour le coup et secoua la tête de droite à gauche. « Si tu viens pas, je le prendrais pas mal. C’est promis. » Et c’est maintenant qu’il choisissait de se reculer en direction de la sortie, alors qu’il la laissait surprise comme ça, bouche bée, ne sachant quoi répondre, ne sachant quoi penser. La pensée qu’il ne lui en voudrait pas de trop si elle refusait la rassurait un peu, mais quand même… ! « D’accord… Je… Je vais y réfléchir… » dit-elle complètement perturbée, ne pouvant lui donner aucune autre réponse que celle-ci. Et voilà que des dizaines de questions tourbillonnaient dans son esprit, la perturbant de plus en plus. Pour être franche, la brunette sentit ses mains trembler. Le stress. Elle était complètement stressée et paniquée. Finalement, elle le regarda s’en aller en lui disant au revoir en se contentant de lever la main, incapable de faire quoi que ce soit d’autre. D’ailleurs, lorsqu’il fut parti, elle ressentit le besoin de s’asseoir quelques minutes pour essayer de comprendre ce qui venait de se passer, ce qu’elle n’avait pas vu venir le moins du monde. Ce ne fut qu’après une dizaine de minutes qu’elle remonta, un peu groggy, à son appartement, réalisant qu’elle avait complètement oublié la pizza. Et Sidney ne prit même pas la peine de la réchauffer, chercha un DVD dans la pile, le mit en route, et s’installa sur le canapé en mangeant sa pizza. Peut-être que Bridget pourrait l’aider à comprendre ce qui venait de se passer ?


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