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 Avec toi j'ai pris perpette. | Charlie M. Mclaren ♥

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MessageSujet: Avec toi j'ai pris perpette. | Charlie M. Mclaren ♥   Jeu 2 Oct - 19:20


⊱ Avec toi j'ai pris perpette.



Les jours s’enchainaient et se ressemblaient, je me levais, avalais un truc quand mon estomac le voulait bien et le garage devenait comme une seconde maison, j’avais ce goût amer que l’on a quand les regrets nous rongent, le passé était resté coincé quelque part dans un coin de ma gorge et ne voulait pas s’en aller, il restait collé à ma peau, j’essayais de m’en défaire, mais rien n’y faisais, j’étais prisonnier.
Le soleil était à son zénith, j’avais décidé de commencer plus tard, tout bonnement parce que j’étais épuisé, fatigué de tout et de rien à la fois, je me couchais chaque soir en grinçant des dents, le silence comme seule compagne. Cannelle sortait, s’amusait, vivant en marge de la société, elle n’était pas méchante, non, mais elle m’insupportait un peu plus chaque jour, son sourire niais, ses yeux pétillant d’un bonheur à m’en faire vomir, elle était la seule personne heureuse ici, vivant dans un monde probablement bien loin de cette vie réelle.  Je m’étais adossé à la fenêtre du salon, sirotant un chocolat chaud malgré les températures plutôt douces pour la saison. Elle était là, planté devant moi comme une fleur, souriant à s’en décrocher la mâchoire ses yeux encore plus brillants que les autres jours. Elle s’était approchée de moi, me serrant dans ses bras maigrichons déposant un baiser sur ma joue avant de se retirer dans la cuisine. J’avais fermé les yeux, son geste m’était bien égal, elle n’était rien d’autre qu’une colocataire à mes yeux, les échanges étaient rares, nous n’étions qu’un couple déchiré depuis le premier jour, mais elle ne voyait pas les choses comme moi, bien au contraire. J’avais déposé ma tasse dans la cuisine, traçant le plus vite possible pour ne pas avoir à subir les déboires de ses précédentes soirées, j’avais claqué la porte, soupirant un bon coup avant de reprendre ma marche. Mon boulot n’était pas le meilleur, mais il m’apportait du réconfort, il me changeait les idées, j’avais appris à prendre une certaine distance avec les étrangers, à ne dire que le strict minimum pour ne pas les ennuyer, pour ne pas m’ennuyer, mais ils étaient en quelque sorte les piliers qui me permettaient de tenir debout malgré tout, un contact humain indispensable à cette vie de misère que je menais. J’avais posé mon cul sur le petit muret de pierre qui entourait le garage, cigarette en bouche, j’avais basculé ma tête en arrière fermant les yeux pour profiter des derniers rayons de soleil avant que l’automne ne s’installe définitivement, la pluie, le vent, le froid, j’en frissonnais déjà. Deux, trois lattes, j’esquissais un sourire, la journée semblait être sous le signe de la chaleur et de la bonne humeur, aucune ombre au tableau si ce n’était des clients surement grincheux qui allaient faire leur possible pour transformer cette matinée en un terrible moment. J’avais mis ma tenue depuis mon arrivée déjà, mais personne ne se pressait, tout était vide, j’en avais profité pour prendre une pause avant même de commencer à travailler. Je m’étais retiré dans le bureau, faire la paperasse, un boulot qui ne me convenait pas, que je détestais, mais il fallait s’y coller. Une voiture avait passé le petit portail, mes yeux se posèrent sur la cliente qui s’en extirpait, mon cœur manqua un battement, ma respiration s’était coupée, j’avais l’impression d’étouffer, je succombais petit à petit mais je ne pouvais décrocher mon regard de cette jolie brune qui m’était tant familière, Charlie, ma belle Charlie était là, à quelques mètres de ma petite personne comme un fantôme du passé qui venait de me mettre une claque en pleine figure. Mon patron m’avait appelé, une fois, deux fois, je ne sortais pas, je ne voulais pas, je ne devais pas. Je m’étais fourré dans un coin de la pièce, les yeux fixant le vide, j’étais perdu, incapable d’effectuer le moindre mouvement, je devais me calmer. Mon regard filait sur la fenêtre avant de revenir sur le sol à plusieurs reprises, j’essayais de me contrôler, mais rien n’y faisais, je me sentais mal, j’allais tourner de l’œil, j’étais pâle, complètement pâle, merde, qu’est-ce qu’elle faisait là ? Elle devait me croire mort, six pieds sous terre ou complètement pété dans un coin de Cherokee mais non, j’étais là comme au départ, dans un garage de misère, le patron chiant exécrable en moins. On m’avait cherché à l’intérieur de cette pièce qui me protégeait de tout à ce moment-là, j’avais pris une grande inspiration avant de finalement me sortir de ce trou, l’air de rien, je maîtrisais mes sentiments qui ne demandaient qu’à être exposés au grand jour, mais je ne devais pas non, je devais l’oublier, elle n’était plus rien, je n’étais plus rien. Ça allait être ma cliente, elle était avec Teegan, ma fille, non pardon, mon ancienne fille, oui elle s’était barré avec elle, je lui en voulais terriblement, c’était peut-être cette haine qui m’avait empêché d’éclater devant elle. J’avais salué d’abord la petite ignorant totalement le regard pesant de Charlie avant de lui lancer un bref « Bonjour. » Ce mot avait donné le ton de cette rencontre, rien de plus qu’une cliente et son garagiste, non, rien de plus que ça. Bon sang ce qu’elle était belle.
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MessageSujet: Re: Avec toi j'ai pris perpette. | Charlie M. Mclaren ♥   Lun 6 Oct - 23:08


⊱ Avec toi j'ai pris perpette.



Ce matin Teegan se réveille mal en point. Elle rechigne à sortir du lit, chose particulièrement anormale. Alors je pose ma main sur son front et constate avec angoisse qu’elle a de la fièvre. Je réveille Luke en panique. « Teegan est malade je crois qu’est-ce que je dois faire ? » Toujours aussi parfait, Luke prend mon visage entre ses mains et me regarde dans les yeux. Il prend le temps de m’expliquer qu’il n’y a pas de quoi paniquer, c’est des choses qui arrivent mais qu’il serait préférable de l’emmener chez un médecin. Un baiser posé sur mon front et il se recouche. Appliquant ses conseils à la lettre, je prends mon téléphone et compose le numéro de notre médecin traitant. Heureusement pour moi, il nous donne rendez-vous dans la matinée. Je prépare donc ma choupette pour la sortir. Je lui prépare un biberon de chocolat chaud que je lui apporte alors qu’elle est dans le canapé devant la télé. Je me calle avec elle en attendant l’heure du rendez-vous. Caressant ses longs cheveux bruns je suis pensive. Mais qu’est-ce que je fous là ? Je vis depuis quelques mois maintenant chez Luke alors que je n’arrive pas à ressentir de sentiment pour lui. Il est pourtant parfait mais rien n’y fait. Mon cœur est déjà pris. J’ai conscience de ma bêtise dans le sens ou Louis pourrait être n’importe où à l’heure qu’il est et surtout il ne doit surtout pas penser à moi. Je l’ai quitté salement, le laissant seul avec ses problèmes. J’ai fui je l’avoue mais l’amour que j’avais pour lui était plus destructeur qu’autre chose. Pour nous tous, il fallait que ça change. Mais c’est si dur sans lui … Le son de sa voix si particulier, légèrement écorché que j’adorais tant … Il me manque.

Chez le médecin, ma choupette est auscultée pour au final définir qu’elle avait attrapé une petite rhino’ qui passera rapidement avec quelques médicaments et du sommeil. Je le remercie chaleureusement et me dirige à la pharmacie. Je ne suis toujours pas à l’aise avec une population que je ne connais pas. Le départ de Cherokee a été particulièrement difficile pour moi qui n’étais jamais sortie de ma routine, de ma sécurité Cherokoise … L’attente me semble interminable mais enfin mon tour vient. Je donne l’ordonnance et attend patiemment que l’interne ouvre tous les tiroirs avant de trouver enfin ce qu’il me fallait. Il est lent. Trop lent. Aussi avant qu’il n’ait terminé de parler je le remercie et lui prends le sac des mains après avoir payé bien entendu. La journée avait mal commencé, c’est donc tout naturellement que sur la route ma voiture décide de me lâcher. J’avoue jurer quelque peu d’énervement. Au même moment un homme passe et je vais vers lui pour lui demander de l’aide afin de pousser ma voiture jusqu’au garage que l’on voyait au coin de la rue. Il accepte avec le sourire et je le remercie de sa bonté. Une fois au portail du garage, je le salue et lui affirme que tout ira bien à présent. Je sors Teegan de la voiture et la dépose par terre. Je prends sa main dans la mienne et nous avançons toutes les deux en direction du bureau.

Et là, tout à basculé. Il est sorti du bureau et s’est dirigé vers nous deux. Je n’en revenais pas. Louis, il était là, il était ici et je me ramenais dans son garage comme à l’époque de notre première rencontre. Je suis incapable de déterminée si je suis heureuse ou non. Mais une chose est sûre, cet homme est la personne que j’aime encore aujourd’hui au plus profond de mon être. Le voir ainsi me confirme que Luke n’est qu’un substitut à ma détresse. Mais c’est Louis que je veux, que j’aime et qu’il me faut. Il salut Teegan qui me regarde avec un air interrogateur. Je pense qu’elle se souvient de lui. Après tout il a été son papa durant une année environ, alors ça ne me choquerait pas qu’elle se souvienne de lui. Mais elle a malheureusement pris quelques traits de mon caractère et n’est donc pas très démonstrative et souvent timide voir apeurée. Sans même un regard il me lance un simple bonjour. Je n’arrivais pas à croire qu’il m’a salué de façon aussi … Simple. Je me stoppe net et le regarde intensément. Je ne sais pas ce que je veux, je ne sais pas ce que j’attends de lui mais je suis certaine que ce n’est pas ça. Alors je prends mon courage à deux mains, le cœur qui bat la chamade plus que jamais, j’ai l’impression qu’il va sortir de ma poitrine et s’exposer au grand jour, puis je lui dis : « C’est tout ? Comment peux-tu me dire simplement bonjour ? »
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MessageSujet: Re: Avec toi j'ai pris perpette. | Charlie M. Mclaren ♥   Jeu 30 Oct - 2:05


⊱ Avec toi j'ai pris perpette.




Je ne pouvais poser mon regard sur elle, j’avais peur de flancher, de me comporter en un gars qui était resté attaché à son ex alors que celle-ci l’avait probablement oublié depuis bien longtemps. Je voulais jouer le détaché, celui qui s’en fichait pas mal de ce qui avait bien pu se passer avant, c’était le mieux pour moi, mais surtout pour elle. Je l’avais regardé une fraction de seconde avant de faire le tour de la voiture, ses cheveux, les traits de son visage, rien n’avait changé, absolument rien, elle était resté la même, peut-être fiancée, mariée, des milliers de questions se bousculaient dans mon esprit tandis que j’essayais de calmer ma respiration, j’avais envie d’afficher un sourire radieux mais le moment n’était pas propice pour ce genre de rictus, une certaine tension flottait, des souvenirs qui remontaient et nous balayaient comme des claques que l’on nous mettrait pour nous dire « vous êtes à nouveau là, tous les deux, jetez-vous l’un sur l’autre et recommencez cette putain de belle histoire » mais rien n’y faisait, je restais de marbre face à cette situation venant tout droit de films américains à l’eau de rose. Un millier de personnes auraient pu se retrouver à sa place, un millier de personnes auraient pu se tenir là, devant moi, le regard fixe, le corps droit comme un pique, des gens sans sentiments qui ne connaitraient probablement jamais mon nom, mais non, c’était elle, Charlie, la seule, l’unique. Qu’est-ce qui avait bien pu l’amener ici, qu’est-ce qui avait bien pu nous réunir ? Notre histoire n’était-elle pas un livre fermé, brûlé que l’on tenterait d’oublier par-dessus tout ? Non, il était bien devant moi et attendait que l’on tourne une nouvelle page pour reprendre l’histoire où on l’avait laissé. J’évitais de croiser son regard, je ne voulais pas la reprendre, je ne voulais pas que nous nous déchirions à nouveau, non, je ne voulais rien de tout cela et pourtant je ne pouvais m’empêcher de la scruter discrètement tant elle était magnifique. « C’est tout ? Comment peux-tu me dire simplement bonjour ? » Sa voix me fit sursauter, des souvenirs remontaient à la surface et inondaient mon esprit, j’avais posé mon regard sur elle sans même réagir à ce qu’elle venait de dire. Elle ne m’avait pas oublié, mon cœur s’était soudainement relâché comme si un certain soulagement se faisait ressentir, c’était un reproche parmi tant d’autres mais elle m’avait bien reconnu, j’esquissais un très léger sourire avant de baisser les yeux pour m’atteler à mon travail sans même prendre le temps de répondre à sa question alors que des centaines se heurtaient à mon esprit sans que je ne trouve la force de les lui poser. « ça va ? », « qu’as-tu fait pendant ces années ? », mais rien ne sortait, aucun son, juste ce silence pesant, je sentais son regard insistant, elle était prête à me foutre au sol pour m’affubler de coup de poings ou d’injures, je le sentais, je le savais, je l’avais abandonné lâchement pour quelques grammes de coke et des seringues à m’en faire brûler les veines, cette famille, cette femme que j’aimais, tout était parti en fumée et alors que la vie nous offrait une seconde chance, je lui répondais pas, je jouais la carte de l’ignorance comme je savais si bien le faire. Je l’aimais d’amour à mort, je l’aimais encore et encore, j’essayais de faire des efforts mais rien n’y faisait, je n’arrivais pas à poser mon regard sur elle de peur que ce sentiment étrange s’accentue, les papillons de la première fois, le cœur qui s’accélère en ratant un battement de temps en temps, ce sourire qu’on voudrait décrocher de nos putain de lèvres et qui nous fait passer pour des idiots, alors je restais au sol, observant son automobile de haut en bas, de gauche à droite pour finalement me plonger sous le capot. Je jetais des coups d’œil à Teegan, elle n’avait pas l’air de me reconnaître, je pinçais mes lèvres avant de finalement retourner à mon boulot. La batterie avait lâché, rien de grave, mais elle allait probablement devoir rester là quelques heures, est-ce que sa propriétaire allait elle aussi attendre ? J’espérais que non et pourtant mon cœur le voulait, oh oui, il le voulait sincèrement. Je m’étais retourné vers elle après avoir pris une grande inspiration. « Votre batterie a lâchée » J’avais soupiré en jetant un œil au capot ouvert avant de reposer mon regard sur elle, un frisson me parcouru, il était agréable, doux, quelque chose de bien, qui nous fait sentir vivant et qui prouve que rien n’est terminé, que cette petite étincelle est encore là, quelque part. « Il nous faudra probablement un petit moment pour la réparer, je ne peux pas vous dire combien de temps, faudra voir avec l’patron, vous pouvez rester ici ou faire un tour, on vous passera un coup de fil quand on aura terminé. » Les mots s’étaient enchaînés pour former une longue phrase tandis que je ne pouvais décrocher mon regard sur sien, j’étais hypnotisé, les moments passés ensemble défilaient dans mon esprit alors que le silence s’était à nouveau installé. J’avais le souffle coupé, le temps semblait s’être arrêté, j’avais pris une grande inspiration avant de secouer la tête. J’espérais qu’elle s’en irait, que la vie reprendrait comme avant, mais lui, mon putain de cœur ne souhaitait qu’une chose, lui parler, lui déballer mes connards de sentiments, à quel point elle m’avait manqué, à quel point je me sentais misérable, à quel point je voulais qu’elle reste.
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MessageSujet: Re: Avec toi j'ai pris perpette. | Charlie M. Mclaren ♥   Lun 24 Nov - 1:53


⊱ Avec toi j'ai pris perpette.




Son ignorance me déclenche une sorte de crise d'angoisse. Je suis angoissée à l'idée de ne pas savoir comment réagir. J'aimerai lui sauter dessus, lui arracher tous les membres, les manger puis les vomir pour toute la douleur que j'éprouve simplement en le voyant et d'un autre côté j'ai envie de lui sauter dans les bras, le serrer fort, sentir son odeur, entendre à nouveau le son de sa voix, plonger mon regard dans le sien et rire jusqu'à l'aube avec lui. Notre histoire était belle, mais elle est finie. Je suis partie avec Teegan pour ne plus souffrir mais qu'est ce que je croyais ? Pouvoir reprendre une vie normale en ayant laissé l'homme de vie derrière moi dans la merde ? Je suis accro c'est aussi simple que ça. Finalement j'ai le droit à un regard jeté à la va-vite. Putin ses yeux, son regard est toujours aussi intense qu'avant. Je loupe un battement. Je ne m'attendais pas à ce coup d'oeil furtif ... Je ne m'attendais pas à ce qu'il me fasse autant d'effet. Il s'occupe de faire le tour de ma voiture d'un air complètement détaché. Je souffre de son silence mais je ne sais pas ce que je veux. Au moment où je finis par prendre la parole je capte enfin son attention. Il me fixe et immédiatement mon regard soutien le sien et je connais Louis. Je le connais par coeur et il souffre. Je crois que c'est de ma faute. Je débarque comme ça dans sa vie sans crier gare. Je sais qu'il m'a aimée, j'en suis certaine. Mais qu'en est-il aujourd'hui ? Il me semble si loin de moi et pourtant si proche. Putin j'suis paumée. Il ne dit rien, un rictus qu'il ne peut cacher s'affiche sur son visage quelques secondes. Il retourne à l'inspection de mon véhicule sans même un regard. De mon côté je ne peux m'empêcher de l'observer. J'ai toujours aimé le regarder travailler la mécanique. Je le trouve tellement attirant quand il fait ce travail. Ca fait parti de lui, de nous. Finalement il se relève et me regarde. Il me déballe alors son discours comme si j'étais une simple cliente. Est-ce le cas ? Ne suis-je qu'une simple cliente à ses yeux ? Il m'avait même vouvoyée ... Je laisse un moment de vide. Puis finalement ..."J'ai des choses à faire en ville. Voici mon numéro, appelez moi quand ma voiture sera prête." Je lui tends un petit bout de papier avec mon nom et mon numéro de portable écrit dessus. Je ne lui adresse même pas un regard supplémentaire. Je prends Teegan dans les bras et je tourne les talons.

De retour à mon appartement, je suis seule. Luke est encore au boulot et il ne va pas tarder à rentrer. Je dépose ma choupette dans sa chambre et vais dans la cuisine pour m'allumer une cigarette. Je tire une première latte salvatrice. La deuxième est un plaisir malsain. Tout se bouscule dans ma tête. Luke est vraiment quelqu'un de bien, un bon père pour Teegan, un bon parti puisqu'il gagne bien sa vie. Il me soutien dans tous mes projets, il est stable ... Mais je n'arrive pas à l'aimer. Ce n'est pas lui que je veux. Ce n'est pas cette vie que je veux. C'est Louis. Comment puis-je être à ce point attachée à cette personne ? Finalement Luke rentre du travail. Enfin mon téléphone sonne. Ma voiture est prête. J'explique la situation à mon compagnon -berk ça sonne faux !- et lui laisse la petite.

J'arrive au garage, il est relativement tard. Il n'y a plus aucun client, il ne reste plus que quelques voitures devant. Je devine la plus luxueuse être celle du patron. J'espère que la seconde est celle de Louis. Pourquoi est-ce que j'espérai qu'il soit là ? Il m'a fait comprendre cet après-midi qu'il ne voulait pas de moi alors à quoi je m'attends ? J'entre dans le garage mais il n'y a personne. Je lance un appel à voix haute. Finalement je vois le boss sortir du bureau en trombe. "Je suis désolé je suis pressé. Je laisse mon employé s'occuper de votre encaissement. Bonne soirée à vous Madame." Je lui adresse un sourire et me dirige dans le bureau. J'entre et de nouveau mon coeur loupe un battement. Il est là, penché sur le bureau, sur les papiers. Je toussotte pour lui montrer que je suis là. Il relève la tête. Je le vois sortir la facture pour les réparations de mon véhicule. Mais je m'en fous. Nous ne sommes que tous les deux c'est le moment de briser la glace. Je pose ma main sur la sienne, farfouillant dans les papiers. Il se stoppe. J'ai enfin son attention. "Louis ..." J'hésite ... Est ce que je peux le faire ? Ais-je ne serait-ce que le droit ? Tant pis pour les conventions, je dois suivre mon instinct. Je déplace très lentement mes mains jusqu'a son visage et les dépose très délicatement sur chacune de ses joues, le forçant à relever la tête pour me regarder dans les yeux. "Regarde-moi dans les yeux et dis moi de partir si c'est ce que tu veux." J'hésite à nouveau. Mais putin je dois terminer, je ne peux pas m'arrêter là. Je ferme les yeux, prend une grande inspiration comme si ça me donnait du courage et me lance. " Mais tu n'as qu'une phrase à dire et je resterai ici." Les cartes sont entre tes mains Louis, j'attends avec impatience ta décision parce qu'elle va tout changer.
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MessageSujet: Re: Avec toi j'ai pris perpette. | Charlie M. Mclaren ♥   Mer 26 Nov - 19:36


⊱ Avec toi j'ai pris perpette.



Elle n’était pas une cliente, elle était celle pour qui la mort ne représentait plus rien, elle était l’unique raison qui me raccrochait à la vie, elle s’était envolé bien loin de moi. Ce n’était pas ne cliente, une fille avec qui l’on échange deux trois soupirs dans un lit avant de l’oublier, c’était Charlie, ma Charlie. Je ne pouvais m’empêcher de me noyer dans son regard, mon cœur avait loupé un battement, il s’emballait dangereusement chaque fois qu’elle effectuait un mouvement, pire encore, il a recommencé à battre, je ressentais quelque chose pour la première fois depuis longtemps, quelque chose de beau, de fort, quelque chose qui vous secoue, un feu d’artifice, une explosion de sentiments qui ne m’étaient pas inconnus. Elle n’avait pas l’air d’avoir apprécié mon ignorance face à cette situation quelque peu étrange pour ne pas dire totalement incroyable. Deux êtres déchirés qui se retrouvent comme au premier jour, le hasard fait parfois son boulot merveilleusement bien, mais, est-ce réellement une bonne chose que ma petite personne se retrouve à piétiner dans sa vie à nouveau ? Elle ne m’avait pas laissé répondre à cette question me tendant un petit papier où son nom et son numéro apparaissaient dans une police soignée comme elle savait si bien le faire. Comment interpréter ce geste ? Etait-ce un signe qu’elle voulait me faire ? Est-ce que je devais retourner vers elle ? L’appeler, lui dire de venir et me jeter dans ses bras, lui caresser les cheveux tout en déblatérant des conneries à l’eau de rose ? M’avait-elle laissé le choix ? Un bout de papier avec quelques mots et chiffres gribouillés dessus comme pour dire, est-ce qu’on va se laisser une chance ou continuer de s’ignorer ? Je ne savais plus trop où je pouvais en être, je n’avais plus tellement les pieds sur terre, elle s’en était allé en appelant Teegan sa fille, un coup dans l’estomac me montrant clairement que la petite n’était plus ma fille mais bien la sienne. Je l’avais vu s’éloigner du garage, de moi, un goût amer qui remontait petit à petit me rappelant que la vie pouvait être cruelle, vous donner des coups dans la figure pour vous faire tomber  à terre et continuer de vous affubler de coups et vous ne pouvez qu’observer votre vie s’effriter autour de vous, sans rien y faire. Le boulot m’avait vite ramené à la réalité sans me faire oublier pour autant cette rencontre peu ordinaire, mon esprit se tournait et se retournait, qu’est-ce que j’aurais bien pu faire ? Qu’est-ce que j’aurais pu dire ? Tant de questions qui allaient rester sans réponse pour mon plus grand malheur, j’étais de ceux qui pouvaient reconstruire le monde avec des « si », de ceux qui essayaient de reconstruire leur journée pour pouvoir ce qui aurait été possible de faire ou non, de ceux qui regrettent leurs gestes et leurs paroles. Le soleil déclinait petit à petit à l’horizon, les clients avaient désertés le garage, je remplissais la paperasse à la place de mon boss, le sale boulot comme on l’appelait, mais il apportait une certaine sérénité, il marquait la fin d’une journée épuisante, c’était le petit battement entre la vie active et le retour au quotidien reposant. La porte s’était ouverte, je ne daignais même pas lever la tête, mon boss entrait et sortait en coup de vent sans même ouvrir sa bouche, j’avais l’habitude. Un toussotement attira mon attention, j’avais relevé la tête et mon cœur loupa à nouveau un battement, il claquait à en rompre ma poitrine, elle était comme un fantôme qui revenait vous hanter à chaque moment calme de votre vie, pour vous secouer, je farfouillais dans les papiers pour en sortir une facture sans même lui prêter attention, du moins, j’essayais. Sa main s’était posé sur la mienne comme celle d’un ange sur un mort, j’avais stoppé net tout ce que je pouvais faire, mon esprit s’était vidé de tout, les questions, les doutes, tout s’était envolé. J’entendais mon prénom résonner, elle m’avait appelé, elle voulait me parler, mais moi je ne voulais pas, je ne pouvais pas, elle avait assez souffert. Ses mains avaient glissées jusqu’à mon visage me forçant à supporter son regard suppliant, elle voulait des réponses, réponses que je n’avais pas. Elle m’avait mis au pied du mur, la laisser partir ou lui dire de rester, qu’est-ce que je pouvais bien faire, qu’est-ce que je pouvais bien dire ? J’avais envie de la repousser, lui hurler dessus que rien ne se fera, que cette rencontre n’était que le fruit du hasard, qu’il avait mal fait les choses, j’avais envie de la mettre à la porte, pas par pur égoïsme mais par protection, Cannelle allait finir par découvrir la vérité, elle avait beau avoir le nez poudreux et l’esprit embrumé tous les jours, elle savait se montrer féroce quand quelqu’un d’autre me tournait autour. Mais quelque chose me poussait à la garder près de moi, mon corps voulait tendre les bras et les resserrer autour d’elle pour sentir son odeur, sa peau contre ma peau et sentir sa chaleur se mêler à la mienne. J’eu un mouvement de recul, détournant la tête en déglutissant avec beaucoup de mal, le soleil était bien loin à présent, la nuit s’était étalée de tout son long sur la ville et nous étions là, devions nous déchirer à nouveau ? J’étais perdu, je lui avais tourné le dos sans dire un mot, pour ne plus supporter son regard, mon reflet dans ses yeux, je m’en voulais, oui, terriblement. « Charlie. » Ma voix ne laissait paraître aucune émotion, les mots voulaient sortir, se déverser en un flot à en noyer n’importe qui, j’avais tant de choses à dire et pourtant rien ne sortait. « Charlie, tu… J’aimerais que tu restes. » Je m’étais tourné vers elle n’osant pas la regarder dans les yeux. « Mais tu ne peux pas. » Je ne lui avait pas laissé le temps de placer un mot ou une expression, j’avais enchaîné sur un ton beaucoup plus rapide, je perdais totalement le fil de la conversation, mes émotions m’avaient totalement inondés, balloté entre la colère et la tristesse, je ne savais plus où donner de la tête. « J’ai merdé de ouf, j’ai pas assuré, j’ai faillis crevé plus d’une fois, j’me suis retrouvé dans de sales états, t’es partis, c’est tout. » Pourquoi est-ce que j’avais dit ça ? Moi-même je me le demandais, mais je continuais. « Si tu t’es barré c’est qu’il y a une raison et cette raison c’est que j’suis bancale, un peu bizarre, j’vis dans le blizzard et je m’en sortirais pas. » Je m’étais dirigé vers la porte d’entrée, me postant au pas de la porte, plantant mon regard dans le sien. « T’as souffert, Teegan, ta fille, aussi, alors retourne à ta vie enfin parfaite. » Je n’avais pas envie qu’elle parte, je savais qu’au moment où elle allait franchir le grillage du garage, j’allais le regretter amèrement, j’allais m’en mordre les doigts, me retourner l’esprit mais rien n’y faisait, je ne voulais pas qu’elle souffre, je ne voulais pas qu’elles souffrent. J’avais laissé la porte ouverte, me dirigeant vers le lavabo au coin de la pièce qui nous servait de salle de pause. Je m’étais appuyé dessus, la tête baissée comme pour ne pas voir son départ, le dos tourné je retenais mes larmes, je ne devais pas craquer, je n’avais pas envie, pas devant elle. Mon esprit me criait de courir vers elle, la prendre dans mes bras, lui caresser les cheveux, la serrer fort et ne jamais la laisser partir, mais la raison m’empêchait de commettre cette erreur qui pourrait nous détruire une fois encore. « Charlie… » avais-je à peine murmuré « Je t’aime même si c’est fini, même si j’ai tort. »
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MessageSujet: Re: Avec toi j'ai pris perpette. | Charlie M. Mclaren ♥   Jeu 25 Déc - 2:48


⊱ Avec toi j'ai pris perpette.



Lorsque j'arrive au garage, j'ai une boule dans le ventre, cette fameuse boule qui vous habite avant une situation que vous redoutez, et clairement je redoute de tomber sur Louis. Je ne sais comment réagir en sa présence, mais d'un autre côté j'ai tellement hâte de revoir son visage, d'entendre à nouveau le son de sa voix, j'ai besoin de ça, de ce petit sourire en coin qui lui est propre. Je prends conscience à ce moment précis de mon égoïsme. Je vis avec un homme merveilleux qui m'aime, qui est stable mentalement, finanicèrement, qui ferait un bon père pour Teegan mais rien n'y fait. Je me cherche des excuses, mais c'est évident, c'est Louis que je veux, il n'y a que lui qui compte. En entrant dans le garage, je ne sais trop vers où avancer, vers où aller, dois-je continuer, dois-je m'arrêter et faire demi-tour, retourner à ma vie d'avant, cette vie stable que tout le monde rêverait d'avoir ? Au fil de mes reflexions, je continue malgré tout d'avancer dans l'enceinte du garage. Je croise le propriétaire en coup de vent. Je vois la lumière du bureau et je vois une silhouette, mais rien de précis, impossible de savoir s'il s'agit d'un employé ou de lui. Mais putain de merde faites que ce soit lui. Délicatement je pose mes doigts un à un sur la poignée froide, j'abaisse le morceau de fer et entre dans l'office. Mon regard se pose sur ce corps que je connais par coeur, sur cette chevelure sauvage bien à lui, cette manière de tenir son stylo, de passer sa main dans ses cheveux lorsqu'il se concentre ... Il ne réagit pas à mon entrée, alors d'un petit toussortement, je lui fait part de ma présence. Finalement il relève la tête et nos regards se croisent. Son indifférence à mon égard me tue. Je ne lis rien dans son regard. Alors, il se met à farfouiller dans ses papiers cherchant je ne sais quoi, certainement une excuse pour eviter tout contact visuel ou oral avec moi. Mais pas cette fois Louis. Prenant les devants, j'initie ce contact physique qui me plait tant avec lui. Je ressens immédiatement la chaleur de sa peau exactement comme avant. Vous me direz, c'est exactement la même avec n'importe quel être humain, nous avons le sang c'est tout ce qu'il y a de plus normal, mais là, c'est de lui qu'il s'agit. A mon contact, il se fige. Ais-je été trop loin ? Je l'appelle. Ma voix s'étrangle à moité dans ma gorge ... Cela faisait si longtemps que je n'avais pas prononcer ce nom. Mais il ne réagit toujours pas. Naturellement mes doigts glissent jusqu’à son visage que j'aime tant. L'amour que j'ai pour lui est si passionnel, rien que d'y penser ma gorge, mon coeur, mon ventre, tout se serre ... Finalement, avec une voix étranglée comme précédemment, je lui laisse le choix, me retenir ou me laisser partir. Je ne veux rien lui imposer. C'est son choix. J'ai conscience des risques que je prends. Je connais Luke par coeur malgré moi, il est possessif, jaloux et ne supporterai pas l'idée que je retourne avec Louis, l'homme pour qui l'amour que lui portait avait failli nous détruire ... Et lui ! Il avait certainement refais sa vie aussi ... Rien que l'idée de le savoir avec une autre me retourne le coeur. Comment aller à l'encontre des sentiments ? Je le regarde et le vois s'éloigner. Notre contact est rompu, mon coeur se serre plus que jamais et indéniablement, les larmes me montent aux yeux, ma vision se trouble un peu plus chaque seconde. Ne me fais pas ça Louis. Dans l'obscurité de la nuit tombée, sous la simple lumière vascillante du bureau, je le vois déchiré. La vision de son dos m'éloigne de lui un peu plus à chaque instant ... J'aimerai lui dire quelque chose, le convaincre mais je me retiens, c'est son choix et je ne peux plus l'influencer. Puis finalement j'entends mon prénom. Le son de sa voix ... Mais le ton neutre qu'il prend ne me rassure pas ... Il m'inquiète. Je le connais, je sais ce qu'il s'apprête et je ne veux l'entendre. Mes yeux déjà remplis de larmes ne peuvent en contenir d'avantage et je commence à pleurer dans le plus grand des silences. Oui il aimerait que je reste ... Il se retourne vers moi mais je n'ai toujours pas son regard. Je le vois me parler sans vraiment me voir. Ses mots sortent et je les écoute de moins en moins. Il ne veut pas, il ne peut pas ... Nous nous sommes tellement déchirés par le passé ... Mais je ne peux imaginer ma vie sans lui. « T’es partie, c’est tout. » Cette accusation résonne en moi un million de fois. Il ne s'arrête pas, il continue et il a raison. Je suis partie, je l'ai quitté, je l'ai laissé seul sans jamais me retourner. Le regret que j'éprouve n'effacera jamais mon départ ... Il passe devant moi sans même me froler, sans un regard et se poste au pied de l'entrée. Finalement, il finit par enfin me gracier d'un regard froid, neutre. « T’as souffert, Teegan, ta fille, aussi, alors retourne à ta vie enfin parfaite. » Je crois que l'on s'est tout dit. Je cherche dans ses yeux la lueur qui me dit que je peux tenter une dernière fois mais je ne la vois pas. Alors, sans baisser les yeux. « Très bien. » Je lui en veux. Je m'en veux. Je le vois aller vers le lavabo et feinter de se laver les mains. Je ravale ma tristesse et tourne le dos à l'homme que j'aime le plus au monde. Je fais un pas, puis un second ... Je m'éloigne encore de lui. J'ai envie de lui crier de ne pas me laisser partir mais c'est son choix et je dois m'y tenir. Puis mon nom résonne à nouveau. Je continue de m'éloigner. « Je t’aime même si c’est fini, même si j’ai tort. » Cette fois je me stoppe. S'en est trop ... Comment peut-il me dire ça alors qu'il ne veut pas de moi dans sa vie ? Sans même me retourner je lui réplique d'une voix lasse, fatiguée, emplie de peine. « Si tu m'aimes vraiment Louis ne me laisse pas partir. »Je déglutis tant la boule que j'ai dans la gorge me dérange. « J'ai tant besoin de toi ... Tu es le seul qui puisse me comprendre, répondre à mes appels inaudibles, le seul avec qui je veux vivre ma vie. » Je prends mon courage à deux mains. Mon visage est inondé de larmes, mes yeux son rouges, mon maquillage à coulé ... Je me dévoile à lui dans toute ma détresse et ma peine. Entre deux sanglots, ma voix à moitié noyée par mes larmes je finis par lui avouer. « Je t’aime Louis. »
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MessageSujet: Re: Avec toi j'ai pris perpette. | Charlie M. Mclaren ♥   Jeu 25 Déc - 23:56


⊱ Avec toi j'ai pris perpette.



Je lui avais tourné le dos comme je l’avais fait de nombreuses fois auparavant, je l’avais abandonné bien avant qu’elle ne le fasse, et je le savais, je ne pouvais m’en prendre qu’à moi-même, elle était mon tout et elle m’avait filé entre les doigts sans que je ne puisse m’en rendre compte. Le lavabo était la seule chose qui me retenait dans ce putain de bureau, mes jambes tremblaient, mes bras semblaient pouvoir céder à tout moment, la chute allait être rude, personne n’allait pouvoir me rattraper, j’allais terminer à nouveau seul, comme avant, comme à Cherokee, je ne le voulais pas non, ma tête me disait de rester accroché à ce putain d’objet sans vie, froid et dur comme je l’ai été de nombreuses fois avec elle, mais mon cœur me criait de courir vers elle, prendre son visage entre mes mains et plonger mon regard noyé de larmes dans le sien, m’excuser jusqu’à ce que  mes cordes vocales flanchent, jusqu’à ce que les mots ne puissent plus sortir et ne m’exprimer que par le silence qui en disait déjà beaucoup. Aucun de nous ne parlait, mes derniers mots avaient fait échos dans nos têtes, nous avait secoués et avait fait resurgir des émotions trop longtemps enterrées, enfouies qui ne demandaient qu’à sortir pour recréer une nouvelle histoire, un nouveau départ. Sa voix m’avait fait l’effet d’un électrochoc, je m’étais retourné soudainement, sans trop comprendre pourquoi mon corps avait réagi de la sorte, elle me tournait le dos, les rôles étaient inversés, elle allait franchir le seuil de la porte pour l’éternité et j’allais rester là, les bras ballants à la regarder s’en aller, j’étais une loque, incapable de me décider, de bouger, il ne fallait pas que je craque, il ne fallait pas que je me jette sur elle, je déglutissais avec beaucoup de mal, ravalant cette peine qui me serrait la gorge comme des mains essayant de vous étrangler, j’essayais de rester fort, peut-être même fier, égoïste comme je l’étais, je ne voulais pas dévoiler au grand jour ces regrets et cette tristesse qui me broyaient le ventre, bloquaient mes poumons et m’empêchaient de placer des mots les uns derrière les autres pour ne faire qu’une putain de phrase. « J'ai tant besoin de toi ... Tu es le seul qui puisse me comprendre, répondre à mes appels inaudibles, le seul avec qui je veux vivre ma vie. » Mon cœur se serra un peu plus fort, me forçant à lui tourner le dos pour ne pas me laisser envahir par les émotions, ne pas me laisser noyer par cette vague de sentiments qui me ballottaient entre haine et tristesse, un cocktail explosif qui pouvait remonter à tout moment, j’avais besoin d’ouvrir les vannes, de laisser la pression d’échapper, mais je ne pouvais flancher maintenant. « Je t’aime Louis. » La détresse, la peine, la haine, des sentiments qui pouvaient se lire sur son visage comme s’ils étaient inscrits sur son front, ils m’avaient secoué, je grimaçais de douleur, parce que oui, je souffrais, je souffrais terriblement de la voir comme ça, je n’avais qu’une envie, laisser mes jambes céder sous le poids de mon corps, tomber au sol et regarder le sol pour ne plus voir Charlie dans cet état, je l’aimais, de tout mon corps, de tout mon âme, elle m’était indispensable, j’avais la sensation de revivre en sa présence et de mourir en son absence, ces années à ne plus la voir, ne plus la sentir, de plus entendre son rire, sa voix, j’étais un sac à viande déambulant dans les rues, compagnon d’une femme pour qui je ne ressentais absolument rien, parce que personne ne pouvait la remplacer, j’étais un fantôme, je n’avais plus d’âme et elle avait finalement débarqué dans ce garage merdique, au beau milieu d’une ville hasardeuse, me redonnant une infime lueur d’espoir de pouvoir enfin revivre, avoir une deuxième chance de construire quelque chose de beau, qui allait durer, des mois, des années, éternellement.  C’était avec elle que je voulais passer les années qui me restaient à vivre, peut-être deux, dix ou quarante, la mort pouvait me faucher dans les mois à venir, ça m’importait peu, je voulais terminer dans ses bras et lui dédier mon dernier souffle, oui, j’étais décidé. J’avais plongé mes yeux dans les siens, j’esquissais un sourire qui témoignait de cette détresse que nous partagions et finalement j’avais ouvert la bouche, d’une voix tremblante, j’avais finalement fait mon choix. « Charlie, retourne toi, prends ta voiture et barre toi, ne reviens jamais tu m’entends, jamais. » À quoi bon rêver d’une vie parfaite quand on est bancal, quand un putain de blizzard nous embrume l’esprit, j’aimais Charlie c’est vrai, mais je ne pouvais me résigner à être avec elle, elle allait le prendre probablement contre elle, elle allait s’énerver, peut-être même pleurer et au bout du compte m’oublier, c’est ce que je voulais oui, qu’elle m’oublie comme on balaye son premier amour d’un revers de la main, elle allait reconstruire sa vie, trouver son mari et sourire à nouveau tandis que je continuerai de vivre dans mon trou, dans cet appartement de merde à boire des pintes de mousse bien fraîche pour me rafraichir le gosier et peut-être essayer de l’oublier en vain, elle était bien ancrée de mon esprit et ça, rien n’allait pouvoir l’enlever, ni une autre femme, ni des amis, ni même la mort. J’avais attendu qu’elle disparaisse avant de m’écrouler au sol, posant mon front contre le parquet crasseux et froid laissant cette putain de vague d’émotions m’inonder, me noyer, j’espérais mourir ici, mon estomac, ma gorge et mon cœur étaient plus noués que jamais et des gémissements s’échappaient d’entre mes lèvres, j’étais miséreux, une loque humaine, j’allais nourrir des regrets jusqu’à à la fin de mes jours. J’entendais le moteur vrombir, un bruit qui m’était insupportable, je m’étais relevé avec beaucoup de mal, essayant de distinguer la voiture floue qui s’en allait doucement au loin, mon cœur loupa un battement, mon sang ne fit qu’un tour, un dernier coup d’accélérateur et mes jambes se mirent à bouger, je courais à en perdre haleine, l’air entrait dans mes poumons avec beaucoup de mal, coupés par les sanglots, j’avais l’impression de suffoquait, mais rien n’y faisait, je ne pouvais pas la laisser s’en aller non, je m’en fichait, j’allais tenter le tout pour le tout, me jeter devant sa voiture pour l’arrêter, j’allais peut-être mourir mais sans elle, j’étais déjà condamné. « CHARLIE ! » J’avais crié d’une voix brisées par la peine et la souffrance. J’avais continué de courir jusqu’à l’entrée du garage avant de me jeter littéralement devant sa voiture, trébuchant sur quelque chose au sol, me ramassant la gueule sur le béton comme un idiot mais fier et heureux d’être arrivé à temps, éraflé mais en vie, je m’étais relevé, éclairé par les phares de sa voiture, je ne distinguais pas totalement Charlie. « Je me suis trompé, j’suis un con, j’suis peut-être égoïste et pas totalement fiable, mais c’est avec toi que je veux être Charlie. Tu le sais, depuis le début, je te promets pas de plus te faire souffrir parce qu’il y aura forcément des merdes qui nous arriveront, mais t’es MA cliente, MA folle du volant. » Les souvenirs de Cherokee remontaient en même temps que cette tristesse qui revenait à l’assaut. Je me rappelais de ce jour, notre rencontre, celle de notre petit jeu à s’envoyer des piques, des surnoms désagréables mais affectueux, passant du « mademoiselle » à « Madame McLaren » pour terminer par « Charlie », une évolution rapide, nous n’avions cessé de monter et descendre dans notre relation jusqu’à l’ultime chute qui était suspendue à ce moment même. « Charlie, j’suis là putain, devant ta voiture, t’as un choix à faire, partir ou rester, c’est à ton tour, j’ai fait le miens ! » Ma voix commençait à faiblir, je n’avais plus de souffle, cette course infernale m’avait complètement essoufflé. Je ne voulais pas qu’on recolle les morceaux, non, repartir de zéro, réapprendre à nous connaître, devenir complice et terminer par fonder cette famille dont nous avions toujours rêvé. « Sors de cette putain de voiture ou appuie sur l’accélérateur et fait en sorte de pas me manquer parce que si je ne suis pas avec toi, je survivrai pas ! »
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