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 Comme un boomerang

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Elio S. Auditore
Elio S. Auditore

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MessageSujet: Comme un boomerang   Comme un boomerang EmptyVen 11 Oct - 22:18


Comme un boomerang

Axel & Elio




La chaleur de l’eau s’abattait sur mon corps. Je soupirai, profitant comme il se devait de cet instant me semblant hors du temps. Les yeux fermés, la tête basse, les gouttes s’abattaient sur mon dos sans s’arrêter, traçant les courbes de mon corps devenu si maigres  au court de ses derniers moi. Mes doigts glissèrent sur mes côtes apparentes, remontant jusqu’à mon torse pour mieux passer dans mes cheveux que je projetai en arrière en relevant enfin la tête. Déjà deux mois. Cela faisait déjà deux mois que j’avais quitté Rome pour changer de vie. Deux mois depuis que j’avais quitté l’hôtel où logeais Axel, pour rentrer chez moi préparer mes affaires, réservant un vol pour Manchester l’après-midi même. J’avais été à bout, ce jour là. Je n’avais pas vu d’autres possibilités que celle de fuir, une fois de plus. Fuir Axel et son putain d’amour. Axel qui n’avait rien trouver de mieux que de venir me rejoindre à Rome pour m’offrir ses putains d’excuses. Il ne comprenait rien. Rien de ce que je pouvais vivre ou ressentir. Putain d’égoïste. Et moi, j’avais compris cette nuit là à quel point j’étais incapable de lui résister. C’était impossible. Il suffisait que je me mette la tête à l’envers pour que je fonce le retrouver, comme si rien ne s’était passé. Comme s’il ne m’avait pas abandonné, il y avait maintenant plus d’un an. Qu’est-ce que j’aurais pu faire d’autre que de fuir dans une autre ville ? Essayer de tout recommencé sur de bonnes bases  ? Rien du tout, j’en étais persuadé.

J’avais heureusement trouvé une université de médecine susceptible de m’accepter en cours d’année. Merci les parents et leur appui. Sans ma mère, ça n’aurait jamais pu se faire. C’était elle qui avait tout arrangé. Elle qui m’avait trouvé cet appartement en quatrième vitesse, elle qui avait fait livré mes affaires. J’avais senti son inquiétude lorsqu’elle avait commencé à me poser des questions auquelles je n’avais jamais voulu répondre. Par honte. Par faiblesse. Je ne voulais pas qu’elle s’inquiète d’avantage. Elle avait même fait venir mon piano, trônant à présent dans ma chambre, prenant la poussière. Je n’avais toujours pas joué une seule note. Pas une seule, depuis des mois et des mois. A croire que je n’en était simplement plus capable. Ca me rappelait trop Axel. Une fois de plus. Encore. Toujours.

Malgré tout, j’avais quand même réussi. J’avais changé de vie. M’étais fait de nouveaux amis avec qui je sortais et qui n’avait aucune idée de ce que j’avais pu vivre auparavant. J’avais même un copain, qui avait du mal à me suivre et à essuyer mes crises, mais qui était là quand même, même quand je ne lui parlais plus pendant des jours. Je revenais toujours. Lui aussi. Il était adorable. Il était ce dont j’avais le plus besoin pour le moment. Un peu plus que du sexe. Pas de réels sentiments. Mon coeur appartenait toujours à Axel. Et il le savait, même si nous n’en parlions jamais. Il gardait espoir qu’avec le temps, je finirais par oublier. Que la plaie finirait par cicatriser. Je l’espérais autant que lui. Sincèrement.

« Elio ? Tu es prêt ? On va être en retard ! »
« J’arrive ! »

Je rouvrais les yeux pour m’emparer du savon que je glissais rapidement sur mon corps. J’avais déjà perdu un temps dingue sous cette douche, il devait m’attendre depuis longtemps. Je me rinçai, sortant pour attraper une serviette avec laquelle je m’essuyais à la va vite, finissant par mes cheveux. Enfin, je la glissais autour de ma taille, ouvrant la porte de la salle de bain pour prendre la direction de ma chambre. Je le découvrais sur mon lit, les yeux plongés dans son dernier bouquin, ses lunettes sur le nez. Je le trouvais toujours craquant comme ça. Même si il me faisait un peu penser à Axel. Il releva les yeux sur moi, enlevant ses lunettes dans un automatisme pour me sourire ensuite.

« Hum, en voyant comme ça, ça me donnerait presque envie d’annuler la soirée. »

Je lui offris un léger sourire, glissant ma main dans ses cheveux en m’approchant avant de prendre mes affaires sur le lit pour m’habiller.

« Amalia nous en voudrait, on lui a déjà fait le coup la dernière fois... »
« C’est vrai, t’as raison. »
« Et ce bouquin ? »

Son sourire s’illumina alors qu’il me montrait la couverture. Je déchantais aussitôt en voyant le portrait d’Axel au dos, enfilant mon pull en levant les yeux au ciel. Manquait plus que ça tient. Même avec un autre mec, mon ex me poursuivait toujours.

« Il est excellent ! Ce mec a vécu des trucs de fous ! C’est génial ! »
« Je te crois sur parole... »

Il me dévisagea d’un air interrogateur tandis que je glissais mes pieds dans mes chaussettes, cherchant mes chaussures du regard.

« Tu n’aimes pas ? Tu l’as déjà lu ? »
« Non, c’est juste que c’est pas mon genre de bouquin. »
« Oh crois moi, tu aimerais. Ce mec à une plume extraordinaire. J’adore quand il parle de... »
« On y va ? On est déjà en retard. »

Je me levais d’un bon, fin prêt, cherchant mon paquet de cigarettes que je rangeais dans ma poche avant de lui faire signe qu’il était vraiment temps de partir. Il glissa son livre dans son sac avant de le jeter sur son épaule tandis que j’allumais ma clope. Un dernier regard autour de nous pour vérifier que nous n’avions rien oublier et nous claquions la porte derrière nous.

Nous allions à pieds jusqu’à la soirée, à seulement quelques minutes de chez moi. Durant tout le trajet, Isaac n’arrêta pas de parler de son bouquin, pour ensuite faire le pitre pour essayer de me dérider, moi qui me contentait de fumer tranquillement ma cigarette. J’adorais ce mec, sa joie de vivre en toutes circonstances, sa manière de rire et de vouloir en permanence me remonter le moral. Mais parfois, comme maintenant, j’aurais juste voulu qu’il se taise un peu, histoire de pouvoir profiter de la soirée à venir comme il se devait. Au final, c’est un baiser de ma part qui lui fit comprendre le problème. Il suffit juste de ça pour lui faire comprendre le message, heureusement.

« Elio ! Isaac ! Par ici ! »

C’était Dan, nous faisant de grands signes de la main pour nous inviter à rejoindre nos amis devant notre bar favori. Tout le monde semblait déjà là, sauf Amalia et sa copine. Main dans la main, nous nous approchions du groupe, saluant tout le monde, le sourire aux lèvres. J’étais heureux de tous les retrouver, cela présageait vraiment une belle soirée. Dan nous offrit déjà une bière, qu’il avait prit soin de planquer sur un rebord de fenêtre dans son dos. Nous trinquions ensemble, Isaac me réclamant un baiser avant de nous enfiler notre première gorgée.

« Alors.. Des nouvelles d’Amalia ? »
« Ouais, elle arrive ! Elle vient avec sa copine et un autre gars, un pote, de ce qu’elle m’a dit. J’ai hâte de voir quel genre de spécimen elle va nous ramener cette fois ! »
« Eh ! La dernière fois, c’était moi je te rappelle ! »
« Justement ! »

Faussement vexé, je lui envoyai un poing dans l’épaule alors qu’il se mit à rire à gorge déployée. La soirée promettait d’être géniale !

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Axel Stormhunter
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MessageSujet: Re: Comme un boomerang   Comme un boomerang EmptyMer 30 Oct - 19:14


Comme un boomerang

Elio & Axel



C’est ma première soirée depuis bien longtemps. J’ai une boule au ventre. J’ai perdu le goût des rencontres surprises. Dès que je suis dans la rue, je le cherche. Lui. Encore et encore, mes yeux veulent le voir à chaque intersection, à chaque regard qui croise le mien. Les silhouettes longilignes attirent obligatoirement mon attention. La vision de boucles brunes accélère le rythme de mon coeur brutalement, le gonfle d’espoir jusqu’à ce qu’il ne se ratatine comme un ballon crevé. Ce n’est jamais lui. Je sais pourtant qu’il est dans cette ville, quelque part. Elio.

Il y a quelques semaines, j’ai appelé chez lui. C’est Isabella qui a décroché et j’ai tout de suite senti son inquiétude pour son fils. Elle m’a fait comprendre qu’elle ne voulait pas qu’il soit blessé davantage, qu’il avait besoin de se reconstruire. Je ne sais pas si elle me demandait d’agir ou au contraire, de m’éloigner. Je crois qu’elle est aussi perdu que moi. Ce dont je suis sûr, c’est cette culpabilité qui me ronge, celle d’avoir brisé le coeur d’Elio. Pire encore, je sais qu’elle ne m’en veut pas, même si elle le sait aussi bien que moi. Si j’avais su, il y a un an, tout le mal que ça ferait à Elio, je n’aurais jamais agit ainsi. Maintenant il est trop tard, et si la vie me permet de réparer les pots cassés, je me jetterais à corps perdu dans le processus.

Amalia. Amalia est mon phare dans tout ce bordel. Le hasard a fait que mon amie se retrouve dans la même ville que lui. Celui que je rêve de revoir. Le destin a voulu qu’elle devienne son amie aussi. Maintenant, elle prend des pincettes, que ce soit avec lui ou avec moi, elle est particulièrement réticente à me parler de lui. Pourtant je vois qu’elle en meurt d’envie, mais elle respecte sa vie privée. La seule chose dont elle m’a informé, c’est qu’il a un petit ami. Pas un simple plan cul. Plus que ça. Elle voulait me permettre d’encaisser le choc. Elle pense que ça m’aidera à passer à autre chose. J’aimerais être aussi positif. Mais l’idée qu’il s’attache à quelqu’un d’autre me fait peur. Affreusement. Mais s’il le rend heureux, vraiment heureux, alors, oui, j’abandonnerais.

Trouver une nouvelle excuse pour me trouver à Manchester n’a pas été si difficile. C’est la même que d’habitude. Là où le bas blesse, c’est que ma mère a compris que quelque chose n’allait pas. Si Lisbeth m’a couvert pour mon passage à tabac et mon mensonge éhonté à Rome, elle m’en veut toujours, et je la comprends. Elle a expliqué à ma mère que l’on s’était disputés et qu’elle avait besoin de prendre ses distances. Ma mère est persuadée que l’on va se rabibocher. Je lui ai demandé de laisser Lisbeth tranquille avec ses questions. Que cela nous regardait nous, et seulement nous. Je crois que je l’ai un peu blessée, mais elle a finit par accepter pour profiter des quelques jours de nos retrouvailles avant que je ne reparte pour l’Angleterre.

Si ma mère voit d’un mauvais oeil ma colocation avec Amalia, je sais qu’il en est autrement pour Lisbeth, et je sais qu’elle demande de mes nouvelles auprès d’elle plutôt que de m’en demander directement. Je respecte ça. Pourtant, ça me fait me sentir affreusement seul, et sans Amalia, je ne sais pas où je serais en ce moment. Cette dernière se rapproche de moi en ce moment même, scrutant mon visage perdu. Je finis par la regarder dans les yeux.

« Ah c’est bon il est vivant ! »

Je laisse échapper un petit sourire.

« Oui, tu ne te débarrasseras pas de moi comme ça, tu sais bien Amamour... »

J’insistais sur le surnom mielleux fièrement attribué par sa chérie. Elle et Mary adorent s’emmerder comme ça, avec des surnoms aussi pourris que mignons.

« Je proteste, c’est un label déposé par bibi Choupinou ! »

Et voilà Mary qui rapplique. Nous sommes fin prêts à rejoindre la bande d’amis des deux filles. Personne que je ne connais m’a-t-elle dit. Je n’arrive pas à savoir si je suis déçu ou soulagé. Un peu des deux sûrement. Nous ne mettons guère de temps à rejoindre le QG des joyeux lurons. Le bar semble déjà bien rempli. Mais c’est la silhouette qui se tient dos à moi, riant aux éclats qui me fige.

Amalia tire sur mon bras lorsqu’elle s’aperçoit que je n’avance plus. Je me laisse entraîner comme un robot. Je ne suis pas prêt. Je ne sais pas comment faire. Mon corps entier tremble de joie et de douleur. Elio est là, il semble heureux, et à ses côtés, ce garçon qui le regarde avec des yeux d’amour. Il a l’air gentil. Il a l’air d’être quelqu’un de bien. Je m’apprête à faire demi-tour. Amalia me retient puis siffle entre ses dents.

« Hors de question. C’est l’occasion pour vous de vous rabibocher. Et me regarde pas comme ça, je parle pas de vous remettre ensemble mais au moins de discuter. »

Pas sûr que j’ai réellement envie de discuter avec lui, devant ces personnes que je ne connais même pas. Devant son copain. Je suis clairement de trop. Mais il est trop tard. Les filles s’annoncent et toutes les têtes se tournent vers nous. Mon regard ne cherche que le sien. Je n’entends plus rien d’autre que le coeur qui bat à mes tempes.

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Elio S. Auditore
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MessageSujet: Re: Comme un boomerang   Comme un boomerang EmptyLun 4 Nov - 23:17


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Axel & Elio




Je me laissais totalement emporté par mon rire, accompagné par celui des autres face aux pitreries de Dan. Il faisait de son mieux pour faire rire la galerie, fidèle à lui même, tandis que nous sirotions tranquillement nos bières accompagnés de nos cigarettes dont la fumée envahissait l’air froid de la nuit. Isaac me dévorait des yeux, je pouvais le sentir alors qu’il aimait passer son bras dans mon dos, tandis que je lui accordais parfois de timide sourire. Son amour avait l’air de créer une bulle agréable dans laquelle j’adorais me lover, même si je regrettais de ne pas pouvoir le lui rendre à sa juste valeur. J’essayais de ne pas y penser, d’en faire abstraction pour mieux profiter de la soirée, m’enfilant une énième gorgée d’alcool.

Puis, brusquement, une voix connue résonna derrière moi. C’était Amalia, aucun doute là dessus. Enfin elles étaient là ! Je me retournais, imitant les autres en gardant un joyeux sourire sur mes lèvres, sourire qui s’effaça brusquement lorsque mes yeux tombèrent sur l’homme qui les accompagnait. J’eu l’impression que le temps se stoppa dans sa course folle tandis qu’ils approchaient. La chevelure d’or de mon ancien amant me broya le coeur en un instant. En une fraction de seconde, je sombrais, le souffle coupé tandis que ses yeux me happaient. Putain. Non. Pas ça. Un frisson désagréable traversa mon dos, finissant sa course au bord de mes yeux qui refusaient de croire à la vision d’Axel. A son regard azur qui avait le don de me rendre dingue. C’était impossible. Et j’étais foutrement incapable de réagir correctement à ça.

« Elio ? Elio, tout va bien ? »

Une main s’abattit sur mon épaule, me faisant brusquement reprendre conscience de la réalité, détournant enfin les yeux de mon ancien amant. C’était celle d’Isaac, me dévisageant avec une inquiétude palpable. Pendant un instant, je fus incapable de lui répondre. Totalement sous le choc, paralysé. C’était un cauchemar. Un putain de cauchemar.

« Tu es livide, tu es sûr que ça va ? »

« Je... »

Ma gorge et mes lèvres étaient horriblement sèches. Mon palpitant pulsant à cent à l’heure dans ma poitrine, pour mieux se répercuter dans ma tête à m’en faire mal. Non, ça n’allait pas. Ça n’allait plus. Et pendant ce court instant, j’étais persuadé que ça n’irait jamais.

« Faut que j’y aille... Je... Je suis désolé. Je t’appelle. »


Ma bière atterri au sol tandis que je m'éloignais déjà, que mes pas reculaient. Fuir. Je voulais fuir. Maintenant. Il le fallait.

« Quoi ? Attends... Attends, Elio ! »

Pardon Isaac. Mais je ne peux pas. Et je ne veux pas que tu me suives. Je les abandonnais là, dans l'incompréhension la plus totale, sans me retourner. Je me sentais exploser. Mes pas accéléraient la cadence sans attendre, la tête basse, je traversais la rue droit devant moi. Je n'entendis même pas les klaxons à ma rencontre, je ne vis pas les phares de la voiture à quelques mètres à peine avant qu'ils ne m'aveuglent brusquement, me stoppant brusquement dans ma course. Ma tête était ailleurs. Le bruit du klaxon retenti plus fort encore, j'eu à peine le temps de comprendre, glissant mes mains devant moi dans un réflexe incontrôlable. J'allais mourir.
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MessageSujet: Re: Comme un boomerang   Comme un boomerang EmptyLun 11 Nov - 11:20


Comme un boomerang

Elio & Axel



Comme je m'y attendais, je viens de pourrir l'ambiance. Le visage d'Elio change du tout au tout sous mon regard inquiet et désolé. Mon cœur se serre. C'était une putain de mauvaise idée. Une très mauvaise idée. Son regard se perd sur moi. La tristesse se peint sur mon visage. Il est loin, tellement loin, le temps où ses pupilles s'éclairaient en m'apercevant. Loin le temps où son sourire resplendissait en prononçant mon nom. La voix de son copain nous sort de cet échange muet. Il s'inquiète avec raison du visage blême de son amant. Je n'arrive pas à détacher mes yeux d'Elio, à détacher mon regard de son expression perdue, choquée. Je m'en veux. Terriblement.

Le bruit de la bouteille de bière qui éclate sur le bitume me fait sursauter. Il veut partir, il recule, de plus en plus, comme une biche cherche à détaler. Je fais un pas en avant. La voix d'Amalia me chuchote quelque chose que je crois comprendre comme une mise en garde mais je ne l'écoute pas, je me lance à la poursuite d'Elio. Mes longues jambes me permettent de réduire rapidement la distance entre nous. Mais pas assez, pas encore pour le rattraper. Mon sang ne fait qu'un tour lorsque je comprend ce qui se trame. Le bruit du klaxon se synchronise avec mon saut désespéré.

Comme un boulet de canon, je m'élance sur la route, attrape Elio contre moi et dans un roulé-boulé, je l’entraîne sur le trottoir d'en face. Le bruit de crissements de pneus se fait entendre. Puis la voix du conducteur nous assène.

« Nan mais ça va pas ! Vous êtes complètement tarés ! »

Je serre Elio contre mon cœur. J'ai les coudes douloureux, les corps qui tremble, mais ce n'est rien, rien à côté de la peur d'avoir perdu Elio pour de bon. Je m'écarte un peu pour pouvoir le regarder. Est-il conscient ? Blessé ?

« Elio ? Tu vas bien ? T'es blessé ? »

J'ai les larmes au yeux, l'inquiétude de le savoir mal et le soulagement qu'il ne soit pas mort percuté par ce véhicule se mêlent dans ma poitrine. Après m'être assuré qu'il n'avait aucune blessure importante je le serre à nouveau contre moi, pleurant contre son épaule.

« J'ai eu si peur de te perdre. »

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MessageSujet: Re: Comme un boomerang   Comme un boomerang EmptyLun 11 Nov - 12:10


Comme un boomerang

Axel & Elio




Tout se passe beaucoup trop vite. Les coups de klaxons, la lumière aveuglante, mon corps refusant de bouger, tétanisé par la peur. Je vais mourir. Je vais mourir percuté par une foutue voiture. Et étrangement, cette pensée, aussi fugace soit-elle, ne m'est pas dérangeante. Elle fait écho à tant d'autres que j'ai pu avoir cette année, à tout ce que j'ai tenté pour y arriver, finalement, à ce moment précis. A la fin de ma vie. Alors finalement, peu importe non ? Le résultat est le même. Mais non. La voiture ne me percute pas. A la place, c'est un corps qui le fait, de plein fouet, m'atterrissant dessus en un souffle. J'ai fermé les yeux, je n'entends que mon coeur se répercutant douloureusement dans mes oreilles. Les crissements des pneus m'arrivent à peine. On me gueule dessus. Je ne comprends pas. J'ai mal, mes genoux me font souffrir mais je ne suis pas mort. Bordel, je ne suis pas mort.

C'est sa voix à lui que j'entends. Bien plus clairement que l'autre. C'est elle qui me fait ouvrir les yeux sur son visage à quelques maigres centimètres du mien. Si je vais bien ? Comment je pourrais aller bien au juste ? Même ça, il me l'a enlevé. Je tremble aussi, tout comme lui, sentant mes larmes rouler sur mes joues en écho avec les siennes qui finissent par me tomber dessus. Je te déteste. Je te déteste de me serrer dans tes bras avec une telle force. Je me déteste d'aimer ça. D'en vouloir plus encore. De vouloir à se point te repousser. Dégage bordel. Lâche moi. Tes mots me torturent. Serrent ma gorge et bloque mon souffle dans ma poitrine. Tu m'as déjà perdu. Depuis longtemps. Dans ce putain d'aéroport. Lâche moi. Putain lâche moi.

Je le repousse de mes mains tremblantes. Je le repousse autant que je peux en activant mes jambes pour échapper à son emprise, pour glisser sous son corps qui m'écrase de son amour. Je veux arrêter de pleurer. Je veux oublier. Je veux tout oublier de ce qui se passe. Faire comme si ça n'avait jamais existé. J'insiste, arrive à me sortir de sa chaude emprise, à ne pas me laisser avoir alors que je suis sous le choc. J'ai envie de vomir. J'ai mal partout, ça ne va pas du tout. Mon regard se perd sur la rue, sur Isaac qui court vers nous comme si il s'agissait d'une question de vie ou de mort, puis sur Amalia et les autres qui semblent sous le choc. Sortez moi de la. Il faut que je sorte. Que je parte. Maintenant.

« Lâche moi ! LACHE MOI ! »

Je ne sais pas comment j'ai réussi à me redresser, comment mes muscles fonctionnent encore, comment j'arrive à courir. J'ai la tête qui tourne, je vacille dangereusement mais fini par arriver à mes fins. Je pleure, encore et encore. Je n'ai aucune idée d'où je vais, mais j'y vais, les yeux troublés des larmes qui dégringolent sur mes joues encore et encore, tremblant de tout mon être. Je veux mourir.
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MessageSujet: Re: Comme un boomerang   Comme un boomerang EmptyLun 11 Nov - 16:45


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Elio & Axel



Son regard me foudroie. Nos larmes se mêlent. Il ne réponds rien, mais il vit. A cet instant j'oublie tout de notre désaccord, je ne réalise pas qu'il ne veut probablement pas de cette étreinte. Que je suis la dernière personne qu'il souhaite voir. Je suis trop heureux qu'il soit vivant. Je ne sens pas tout de suite ses mains qui poussent sur mon torse. Et puis son cri. Je le laisse s'échapper comme si je m'étais électrocuté.

« Pardon Elio. »

Ma voix n'est qu'un murmure. Je reste assis sur le sol tandis qu'il se lève, l'air complètement fou, paniqué. Il se remet à courir sous mon regard larmoyant. Des jambes apparaissent dans mon champ de vision, je tourne la tête pour apercevoir son copain qui me regarde avec incompréhension, réprobation. Je baisse la tête. C'est à lui de prendre le relais. A lui. Mon cœur se serre durement lorsque je l'aperçois s'élancer. Crier son nom.

Je relève la tête vers Amalia et Mary qui sont les plus proches. Les autres, je ne sais même pas qui ils sont. Sympa comme première rencontre. Amalia me regarde consternée.

« Raaah Axel, je ne sais pas si je dois être fâchée ou triste pour toi ! Mais à quoi tu joues au juste ! »

« Tu voulais que je fasse quoi ? Que je le laisse partir ? Il a faillit se faire écraser Amalia ! Il a faillit mourir ! »

Ma gorge se serre une fois de plus alors que mon amie s'accroupit pour se mettre à ma hauteur. Même si elle sait ses paroles dures, elle m'annonce.

« Isaac va s'occuper de lui, t'en fais pas. Toi tu rentres. »

Le ton était sans appel pendant que je sanglotais, m'essuyant la morve qui coulait à flots dans mon t-shirt. Je devais être on ne peut plus pitoyable. L'idée qu'un autre puisse être meilleur pour Elio que moi, si elle est tout à fait véridique, elle est inacceptable pour moi. Je n'entends pas ce qui se passe ensuite. Mary et Amalia m'aident à me relever et me guide jusqu'à leur appartement. Le trajet se déroule dans le silence le plus complet, me laissant ruminer ce bref instant de retrouvailles. Pourquoi fallait-il toujours que ce soit aussi compliqué ?


THE END

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